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  • : Le blog des Grande-et-petites-histoires-de-la-thaïlande.over-blog.com
  • : Bernard, retraité, marié avec une femme de l'Isan, souhaite partager ses découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires, culturelles, politiques,sociales ...et de l'actualité. Alain, après une collaboration amicale de 10 ans, a pris une retraite méritée.
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Pourquoi ce blog ?

  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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Merci d’être venu consulter ce blog. Si vous avez besoin de renseignements ou des informations à nous communiquer vous pouvez nous joindre sur alainbenardenthailande@gmail.com

2 janvier 2023 1 02 /01 /janvier /2023 05:44

 

 

Le site

 

La ville est située sur le territoire du village actuel de Ban Sema (บ้านเสมา), sous-district de Nong Paen (ตำบลหนองแปน), district de Kamalasai (อำเภอกมลา), province de Kalasin (จังหวัดกาฬสินธุ์). Elle est située dans le bassin de la rivière Lam Pao (แม่น้ำลำปาว)

 

 

...qui alimente l’immense lac artificiel qui porte son nom.

 

 

C’est une alternance de plaines et de collines parsemée d’étendues d’eau naturelles alimentées par de nombreuses sources naturelles. La région est riche en sel de terre (เกลือสินเธาว์) dont les habitants connaissent l’utilité, pour la santé d’abord, la cuisine et la conservation des aliments ensuite et lui attribuent en outre des vertus thérapeutiques. Il existe en  forêt des espèces végétales appelées Teng Rang (เต็งรัง) ou Tabak (ตะแบก) et dans la langue locale plueai (เปลือย) qui sont de la famille des hévéas (ต้นไม้ตระกูลยาง).
 

 

Ces forêts ont plus ou moins disparu mais elles apparaissent dans la toponymie, yang c’est le latex et song c’est une rangée d’arbres en continu. Ainsi Fa Daet Song Yang  devient la ville au ciel resplendissant et aux rangées d’hévéas. Je ne site que Ban Songplueai (บ้านสงเปลือย) ou Ban Songyang (บ้านสงยาง), le  village aux rangées d’hévéas qui ne sont pas loin de notre site.

 

 

La région est fertile car la rivière Lam Pao transporte les alluvions. C'est donc une zone propice à l'installation de communautés et d'habitations humaines depuis l'Antiquité et également de passage depuis la région de transport pratique car la rivière traverse les provinces d’Udonthani (อุดรธานี) à Kumphawapi (กุมภวาปี) ou elle alimente le grand lac situé sur le district de Nonghan (หนองหาน), un haut lieu du tourisme thaï ou il est connu sous le nom de thale buadaeng (ทะเลบัวแดง), la mer aux lotus rouges,
 

 

La ville de Fa Daet Song Yang est située à une altitude d'environ 120 mètres au-dessus du niveau de la mer. La ville est de forme rectangulaire, d'environ 1 075 sur  2 000 mètres, avec un mur d'enceinte et deux fossés, un remblai de 25 à 30 mètres de large,

 

 

...entourée de douves de 20 mètres de large.

 

 

Nous trouvons un étang rectangulaire à l'extérieur de la ville au nord-est, de 400 mètres de large, 650 mètres de long,

 

 

et un étang rectangulaire à Nong nok phuet (หนองนกผืด) au sud, de 480 mètres de large et 995 mètres de long.

 

 

On trouve trois collines dans Don Muang ou Don Karma (ดอนเมืองเก่า – ดอนกรรม), Non Wat Sung  (โนนวัดสูง) au sud et Don Mueang kao (ดอนเมืองเก่า) au centre de la ville. La partie orientale est le village de Ban Sema (หมู่บ้านเสมา) incluant le Temple

 

 

... et l’école de Phothichai Semaram (วัดโพธิชัยเสมาราม – โรงเรียนโพธิชัยเสมาราม) tout  au plus quelques centaines d’habitants

 

 

Le site fait l’objet de culte depuis des siècles par les populations locales. Sa découverte par le monde savant a un siècle seulement. Le premier à en avoir signalé l’existence sans la visiter est Erik Seidenfaden en 1922, responsable de la réorganisation de la gendarmerie siamoise et érudit de haut niveau dans son article « Complément à l'Inventaire descriptif des monuments du Cambodge pour les quatre provinces du Siam Oriental ». In: Bulletin de l'Ecole française d'Extrême-Orient. Tome 22, 1922. pp. 55-99. Il baptisa alors la cité du nom légendaire de Kanok nakhon (กนกนคร) la légendaire cité de l’or.

 

 

Le site est devenu lieu historique national depuis 1936. La protection couvre environ 50 hectares ce qui ne couvre pas la totalité de la superficie de l’enceinte qui est d’environ 200 hectares. Il a immédiatement été identifié comme un site majeur de l’empire du Dvaravati. L’écroulement de cet empire – sur lequel on ne sait que peu de choses a partiellement au moins un lien avec  cette légende. Lors de son classement, le site comportait 2000 monolithes, ces bai sema qui ont donné leur nom au village. Un  grand nombre comportait des motifs religieux et se trouvent dans de nombreux temples de la région utilisé comme bornes sacrées pour marquer les huit points cardinaux des  chapelles d’ordination. On peut penser que les pierres qui ne comportaient pas de motifs religieux  ont été utilisés par les habitants à des fins profanes, bornes de délimitation de territoires ou de propriétés, soubassements de constructions voire même piège à tigres ? Le temple  
 

 

...et le  musée du temple dans son enceinte en conservent 172 dont 20 seulement ont des motifs religieux

 

 

La superficie de la ville ancienne abritée derrière ses remparts permet de penser qu’elle abritait au moins 8000 habitants sur 2 hectares autant que tout le sous district actuel qui regroupe 11 villages sur 65 kilomètres carrés c’est-à-dire 6500 hectares en regroupe autant.

 

Les douves entourant la cité ont été remarquablement conservées ainsi que l’enceinte en terre même si elle a été arasée par les siècles, ni urbanisation sauvage ni envahissement par la jungle.

 

 

Le chedi principal, Phrathatyaku (พระธาตูยากุ), est l’objet principal de la vénération les fidèles et des cérémonies au mois de mai. La base est incontestablement daté de l’époque du Dvaravati mais il a fait l’objet d’améliorations ultérieures. Il est censé abriter les cendres du fondateur de la cité à moins que ce ne soit celles des deux amoureux ?

 

 

Nous trouvons encore les soubassements du chedi abritant les cendres de la princesse Fa Yat (ฟ้าหยาด), celle par qui le scandale est arrivé, goutte de rosée,

 

 

...d’un autre abritant les cendres du seigneur de la ville Phaya Fa Daet (พญาฟ้าแดด) c’est-à-dire Phaya Chan. (พญาจันทร์)

 

 

et un autre celles de Nang Khiao khom (นางเขียวค่อม).

 

 

Le gendarme danois, inventeur du site, écrivait en 1951 : « Il est à désirer que le Service archéologique du Département des Beaux-Arts de Bangkok prenne les mesures nécessaires pour que cet ancien site soit correctement et soigneusement exploré le plus tôt possible. Un plan exact de la vieille ville devrait être établi et de bonnes et claires photographies prises de toutes les pierres sculptées. Dans le cas où les photographier ne soit pas possible, un artiste familier avec l'iconographie bouddhique (ce qui ne doit pas être difficile à trouver parmi les artistes siamois) pourrait les copier à l'encre et au crayon. Espérons que cela sera réalisé dans un avenir proche ! » (« Kanôk Nakhon, an ancient Mon Settlement in Northeast Siam (Thailand) and its treasures of art ». In : Bulletin de l'Ecole française d'Extrême-Orient. Tome 44 N°2, 1951. pp. 643-648).

A l’extérieur de l’enceinte près du lac au sud de la ville, se trouve une colline historique dont nous parlerons plus bas se trouve un sanctuaire en forme de  Chedi Non Sao-E (เจดีย์โนนสาวเอ้) abritant une statue de Bouddha. Il a été construit en 1956.

 

 

La Légende (ou l'histoire ?) de Mueang Fa Daet Song Yang

 

Elle marque probablement une étape de l’écroulement de l’empire du Dvaravati au XIe siècle. On ignore le nom originaire de la cité, celui de  Mueang Fa Daet Song Yang est donné par les diverses variantes de la légende. On connait l’une sous le nom de légende Chanarat (ตำนาน จันทราช) et l’autre de légende Chantha Devi (ตำนานจันทาเทวี) :

La souveraine de Fa Daet Song Yang s’appelait Nang Khiao khom (นางเขียวค่อม). Dans une autre version, elle est dirigée par Phaya Chan. (พญาจันทร์) son époux. Ils avaient une très belle fille appelée Fa Yat (ฟ้าหยาด), Il y avait trois cités aux environs, Chiang Som (เมืองเชียงโสม),  Chiang Sa (เมืองเชียงสา) et Muang Soi (เมืองสร้อย). Elles étaient dirigées par trois frères, le Phraya Chiang Som (พระยาเชียงโสม), l’aîné, le Phaya Chiang Sa (พญาเชียงสา) et le Phaya Chiang Soi (พญาเชียงสร้อย). Toutes ces cités étaient paisibles et prospères.

Un jour, Phaya Chiang Soi partit à la chasse à la poule sauvage. Son chemin le conduisit au bord d’un lac ou se baignait Fa Yat. Quand elle sortit du bain, elle s’assit, ils tombèrent amoureux et se promirent de se marier. Ce dialogue amoureux eut lieu sur une petite colline situé près du lac au sud de l’enceinte. Elle porte le nom de Non Sao-E (โนนสาวเอ้), เอ้ est un terme de la langue locale signifiant « magnifiquement habillé », traduisons simplement par colline de la belle jeune fille. Le chédi qui y est édifié est également un lieu de pélérinage.

 

 

Phaya Chiang Soi envoya son frère aîné demander la main de la belle Fa Yat. Phaya Chan, considérant que sa fille était trop jeune, refusa. Phaya Chiang Soi, de rage, leva une armée pour combattre Phaya Chan et la ville de Fa Daet Song Yang. Il y perdit la vie.

 

 

Lorsqu’elle l’apprit, Fay Yat mit fin à ses jours.

 

 

Lorsque Phraya Chiang Som et Phaya Chiang Sa apprirent la mort de leur frère dans la bataille avec Phaya Chan, ils menèrent tous deux une armée pour attaquer  Mueang Fa det, rasèrent la ville et tuèrent Phaya Chan et son épouse  Nang Khiao khom. Les cités disparurent au fil des siècles mais non dans la mémoire des habitants et il ne subsista plus que cette légende pieusement transmise pendant des siècles et la persistance d’un culte à tel point que la Ville de Kalasin a depuis 2016  organisé un spectacle son et lumière.

 

 

Le Centre de services universitaires de l'Université de Chulalongkorn (จุฬาลงกรณ์มหาวิทยาลัย) en 2010 a tenté de faire la synthèse sur les légendes sur la ville de Fa Daet en ironisant sur la réalité des faits qu’elles  narrent. C’est peut-être forfanterie de distingués universitaires. Cette lutte fratricide entre des  cités voisines et les destructions qui s’ensuivirent ont pu marquer les esprits et se transmettre pendant des siècles en les embellissant évidemment.

 

 

Lorsqu’on est en présence de ces légendes sur fond historique, il ne faut jamais perdre de vue un exemple remarquable dans notre monde gréco-latin. Homère aurait vécu du VIIIe siècle avant Jésus-Christ. L’épopée qui chantait ou psalmodiait et les aèdes après lui n’a initialement pas laissé de traces écrites. Ils furent ensuite écrits sur papyrus, les fragments les plus anciens sont datés du IIIe siècle avant Jésus – Christ. 500 ans ont passé. Les premiers manuscrits écrits datent du moyen-âge, IXe siècle après Jésus-Christ. 1700 ans ont passé. La légende de cette guerre de 10 ans entre les cités grecques et la ville de Troie entra dans la littérature  comme légende. Et puis au XIXe siècle, un archéologue amateur, Henrich Schliemann, une espèce d’Indiana Jones avant la lettre, crut en la véracité de ces légendes et s’attacha à découvrir l’antique cité en Turquie.et il la découvrit. Les fouilles seront reprises et poursuivies selon des méthodes plus rigoureuses par des savants américains sous la direction de Carl Blegen, de 1932 à 1938. Elles démontrèrent que la septième installation humaine sur le site de Troie, avait été incendiée vers 1250-1240 av. J.-C. précisément à l'époque de la guerre de Troie7 selon la datation fournie par Hérodote qui écrivit aux alentours de 450 avant Jésus-Christ, quelques siècles après Homère

 

 

Sources

 

Nos précédents articles

INSOLITE 6 - AU CŒUR DE LA PROVINCE DE KALASIN, LA CITÉ MYSTÉRIEUSE DE KANOK NAKHON (กนกนคร) « LA VILLE D’OR », CITÉ MAJEURE DU DVARAVATI.

https://grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-blog.com/2016/11/insolite-6-au-coeur-de-la-province-de-kalasin-la-cite-mysterieuse-de-kanok-nakhon-la-ville-d-or-cite-majeure-du-dvaravati.html

A 213- LES ORIGINES MYSTÉRIEUSES DES BORNES SACRÉES (BAÏ SÉMA) DES TEMPLES DE L’ISAN EN THAILANDE

https://grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-blog.com/2016/05/a-213-les-origines-mysterieuses-des-bornes-sacrees-bai-sema-des-temples-de-l-isan-en-thailande.html

Le site de la ville de Kalasin

ตำนานเมืองฟ้าแดดสงยาง sur le site de la ville de Kalasin

http://www.kalasin-mu.go.th/sj/images/pdf/Presentation1.pdf

Le spectacle son et lumières organisé par la ville

https://kalasin.prd.go.th/th/content/category/detail/id/33/iid/95404

La brochure   

 

 

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4 décembre 2022 7 04 /12 /décembre /2022 04:04

 

 

Il ne s’agit pas d’un temple mais d’un chédi accolé à une chapelle d’ordination de construction récente remplaçant un bâtiment en bois d’origine délabré au milieu d’une enceinte   Son nom thaï signifie « Saint chédi en l’honneur de deux amours » mais ne révèle pas les raisons de sa construction. C’est en réalité un monument en l’honneur de l’amitié entre deux pays et haine à la guerre. Cela est si vrai que dans l’enceinte, il est interdit de porter des vêtements rouges, ou de porter quel qu’objet rouge que ce soit, 

 

 

...couleur qui rappelle celle du sang que font couler les guerres.

 

 

 

L’accès en est interdit aux femmes.

 

 

Elle abrite une petite statue de Bouddha.

 

 

Il n’y pas de moines présents et l’entretien en est assuré par les habitants car il s’agit d’un lieu de culte parmi les vénéré du Nord-est. Il est le symbole de la province de Loei (เลย).

 

 

Situé à une vingtaine de kilomètres au sud de la frontière actuelle avec le Laos, là où la frontière se situait à l’époque, dans le district de Dansaï (ด่านซ้าย) qui fut sn partie occupé par les Français jusqu’au traité du 23 mars 1907.

 

 

Le royaume du Lan Xang occupait alors toute une partie de la rive droite du Mékong, aujourd’hui thaïe.

 

 

Il est classé comme monument historique depuis 1935 non tant pour son aspect architectural qui rappelle le Phrathat Phanom (พระธาตุพนม), que pour sa valeur symbolique.

 

 

.  

 

La légende

 

Il serait dommage qu’une légende ne soit pas attachée à ce monument.  C’est celle de  Chao Phokuan et son épouse  Chao Maenangthiem (เจ้าพ่อกวน -  เจ้าแม่นางเทียม) : Entrés dans le tunnel établi lors de la construction des fondations du monument, ils furent oubliés par les artisans qui fermèrent le tunnel où ils moururent. Ce sont leurs esprits qui veillent et gardent le chédi. Cette légende explique que des couples s’y rendent en pèlerinage pour confirmer leur amour commun ou des célibataires espérant trouver l’âme sœur.

 

 

La réalité historique

 

La stèle qui raconte les circonstances de l’événement et la cérémonie de l’inauguration a été reconnue et sommairement déchiffrée par Aymonier qui l’a datée de 1563. (Le groupe d’Angkor et l’histoire – 1904). C’est la déclaration de l’amitié entre le royaume thaï, le royaume du million d’éléphants (Lan Chang - ล้านช้าง) c’est-à-dire le Laos. La stèle porte du côté du Laos des caractères de l’alphabet Dhamma (อักษรธรรม) et de l’autre du côté d’Ayutthaya des  caractères khmers (อักษรขอม). Il marque les limites entre les deux royaumes. La stèle, ce qui est précieux mais rare en matière d’épigraphie, marque sa date, l’année du pigeon, le sixième mois de la lune croissante. Ce qui se traduit plus clairement par 1563. Quelles reliques ont été enfouies dans le chédi ? De l’or probablement et probablement aussi des reliques de Bouddha. Elle  est un appel à la paix en termes très hyperboliques entre les descendants des descendants et leurs petits-enfants. Cette alliance était aussi destinée à unir les forces des deux royaumes face à l’expansionnisme des Birmans.

 

 

Elle correspond au règne de Chetthathirat (Phrachaochaichetthathirat - พระเจ้าไชยเชษฐาธิราช) au Laos

 

 

....et de Chakraphat à Ayutthaya (somdetphramahachakraphat – สมเด็จพระมหาจักรพรรดิ).

 

 

La stèle fut emportée part Pavie alors que Dansaï appartenait encore au Laos français et se trouve actuellement....

 

 

...en petits morceaux au Musée Ho Phrakaeo (พิพิธภัณฑ์หอพระแก้ว) à Vientiane,

 

 

un ancien temple devenu musée de l’art religieux, là où se trouvait le  célèbre Bouddha d’émeraude présentement à Bangkok.

 

 

Celle qui se trouve dans l’enceinte est une reproduction à l’identique que’ l’on  doit à Phra Kru Lun (พระครูลุน) abbé du temple voisin de Ban Na Thum (วัดบ้านนาทุ่ม). Elle est connue sous le nom de Charuek Wat Phrathat sisongrak (จารึกวัดพระธาตุศรีสองรัก)

 

 

La cérémonie annuelle, le festival de Phrathat sisongrak, (งานสมโภชพระธาตุศรีสองรัก) est célébrée le 15e jour de la lune croissante du 6e mois lunaire c’est-à-dire en mai. Les habitants du district de Dan Sai et de toute la province viennent honorer les reliques.

 

 

Ils  apportent en procession ce qu’on appelle en dialecte local le petit arbre à abeilles ou le grand arbre à abeilles  (tonphueng ou tondokphoeng - ต้นผึ้ง ou ต้นดอกเผิ่ง). Il s’agit d’un petit édifice en bambou dont la forme peut varier. 

 

 

Il est décoré de fleurs d’abeille (dokphung – ดอกผึ้ง) formées à partir de tranche de bougies rondes arrangées en pétales.

 

 

Ainsi gagne-t-on des mérites.

 

 

L’enceinte du monument est trop petite pour contenir la foule.

 

 

Les querelles frontalières entre les deux pays se sont terminées avec la « guerre des collines » en 1987-88. Aujourd'hui ?  Il règne l'harmonie la plus douce entre les deux pays.

Ils sont maintenant reliés étroitement par des ponts sur le grand fleuve Mékong qualifiés de « ponts de l'amitié » (สะพานมิตรภาพ), le premier construit en 1994. 5 Sont aujourd’hui construits et deux autres en projet 

 

 

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30 octobre 2022 7 30 /10 /octobre /2022 06:13

 

 

La présence ancienne de royaumes ou principautés khmers dans le nord-est est attesté par la présence de nombreux vestiges inventoriés par le s par le commandant Lunet de Lajonquière dans son Inventaire descriptif des monuments du Cambodge, tome II (1902) partiellement consacré à ce qu’on appelait alors le Laos siamois. Il a été complété par Erik. Seidenfaden : Complément à l'Inventaire descriptif des monuments du Cambodge pour les quatre provinces du Siam Oriental. In: Bulletin de l’École française d'Extrême-Orient. Tome 22, 1922. pp. 55-99. Vestiges architecturaux dont peu sont remarquablement conservés, comme le site de Phimai ou vestiges épigraphiques dont le défrichement pose des difficultés aux érudits, ils nous apprennent peu de choses sur l’histoire de ces royaumes, il nous reste les légendes qui reflète peut-être une vérité souvent mêlée à de l’invraisemblable. Telle est celle qui s’attache au lieu le plus sacré du bouddhisme dans la province de Sakonnakhon (สกลนคร), le temple Wat Phrathat Choeng Chun (วัดพระธาตุเชิงชุม) souvent appelé dans le langage familier le temple aux quatre empreintes (วัดพระพุทธบาทสี่รอย). Cette légende est probablement liée à celle liée à la cité engloutie dans le grand lac de Sakon, le lac Nong Han (ทะเลสาบหนองหาน),

 

 

duquel émerge seulement une île, Ko Donsawan (เกาะ ดอนสวรรค์) « l'île du paradis »  sur laquelle subsistent quelques vestiges que Seidenfaden  considère comme incontestablement khmers. Nous avons conté en son temps l’histoire de cette cité disparue, légendaire ou pas (1).

 

La légende

 

 


 

Il existait un grand prince khmer, Phraya Khom (พระยาขอม), qui régnait sur une grande ville du nord-est appelée Nakhon Ekkachathita (นครเอกชะทีตา), Elle semblerait avoir été située dans l'actuel district de Phonnakaeo (อำเภอ โพนนาแก้ว) situé face à la ville actuelle de Sakon Nakhon sur la rive Est du grand lac. D’autres versions de la légende du temple parlent de la ville d’Indraprasat (อินทรปรัสถ์) le temple d’Indra et attribuent un autre nom au monarque mais le fonds reste le même

 

 

Ce roi avait deux fils auquel il dit un jour « Vous êtes maintenant assez âgé pour quitter mon palais. Je voudrais que vous fondiez tous les deux de nouvelles villes ». L’un d’entre eux construisit sa ville là où se trouve aujourd'hui la ville de Kumpawapi (กุมภวาปี). Le second sur les rives du lac. Un jour Bouddha vint sur ces rives. Il trouva la ville belle et paisible et s’y attarda pour dispenser son enseignement. Quelque temps plus tard, des habitants découvrirent des empreintes de pas sur une colline et furent surpris car elles étaient gravées dans la pierre et non dans le sable. Ils allèrent alors en informer le roi. Celui-ci trouva la chose étrange et décida d’interroger le maître en lui demandant si c’étaient ses empreintes ? Le Bouddha regarda le prince et répondit : « Une seule des empreintes de pas est la mienne. Les autres appartiennent aux trois illuminés qui m'ont précédé ». Nous savons que Bouddha par les Jataka qui sont canoniques (ชาดก) a connu 547 vies terrestres soit sous forme humaine, prince ou mendiant, prêtres ou artisan, soit sous forme animale. D’autres textes non canoniques nous apprennent qu’il a été précédé par d’autres sains qui ont atteint le stade le plus élevés dans l’évolution spirituelle, il en est de multiples versions mais l’une d’entre elle donne une liste de 28 dont les 3 derniers, des pré-bouddha en quelque sorte le précédent auraient été Phra Tanhangkon (พระตัณหังกร), Phra Methangkon (พระเมธังกร) et Phra Kkonakmon (พระโกนาคมน), lui-même étant Phra Gotama (พระโคตม).

 

D’autres versions tout aussi peu canoniques font référence à un nombre de bouddhas incalculable et attribuent aux trois précédents des vocables différents.

 

 

Bouddha ajouta alors « la quatrième est la mienne car je suis le quatrième homme éclairé dans ce monde. Ils doivent rappeler à votre peuple l'histoire passée du monde, et aussi l'avenir du monde. Car, avant que le cinquième éclairé, Siaryanetai (ศรีอารยานไต) puisse venir, ce monde doit être détruit pour que le monde puisse renaître ».

 

N’allons pas plus avant, Bouddha lui-même a dit qu’il est de choses que l’on ne peut appréhender avec une logique ordinaire.

 

La construction du temple

 

Le prince fut impressionné et voulut faire connaître à son peuple cette histoire et afin que nul ne l’oublie, il fit construire un sanctuaire à l’emplacement des empreintes. On l’appela le temple aux quatre empreintes, il est aujourd’hui situé dans l’enceinte du Wat Phrathat Choeng Chun. On y trouve un prasat khmer (ปราสาท) daté du 10e ou 11e siècle et partiellement abrité et recouvert sous l’actuel chedi.

 

 

L’aspect le plus sacré des lieux est marqué par le nom du monastère qui fait explicitement référence au chedi (Phrathat – พระธาตุ). Ce chedi qui fait 24 mètres de haut recouvre sous sa structure blanche l’ancienne construction khmère abritant les quatre empreintes. Les vestiges khmers sont pratiquement invisibles. Le sommet est en or pur et pèse 247 bahts soit très exactement 3 kilos 744,52 grammes (2)

 

 

Signe de son prestige pour le royaume, une représentation du Phrathat figure au verso des pièces de dix centimes de bahts (satang - สตางค์) qui existent mais ne sont pas en circulation effective au quotidien (3).

 

 

Il existe encore dans l’enceinte du temple un puits sacré (bonamsaksit- บ่อน้ำศักดิ์สิทธิ์) qui serait relié au lac. Le temple enfin vit sous la protection d’un naga qui vit dans les entrailles de la terre mais parfois rejoint le lac par cet intermédiaire sans passer sur terre, le lac étant tout proche.

 

 

Le temple est d’ailleurs tout proche de la rive Est du lac. Certains prétendent d’ailleurs l’avoir vu batifoler dans les eaux du lac et d’autre, avoir jeté un seau dans le puits et l’avoir retrouvé quelques temps plus tard dans le lac.

 

 

Que conclure de cette légende ? Sakonnakhon fut de toute évidence un puissant royaume khmer dont le roi pouvait envoyer l’un de ses fils créer ou plutôt envahir un nouveau royaume à Kumpawapi qui est à plus de 100 kilomètres vers l’ouest. La structure même de la ville ancienne, en forme d’un carré de plus d’un kilomètre de côté laisse à penser que cela correspond à une vaste enceinte fortifiée sur laquelle s’est construite la cité actuelle.

 

 

Les vestiges d’un pont de pierre khmer, malheureusement vandalisés par l’un des maires de la ville, d’une longueur de 16 mètres sur 4 de large et dont il reste 5 arches connu sous le nom de pont de pierre (Saphan himสะพานหิน) ou pont khmer (Saphan khonสะพานขอม)

 

 

.... annonce le départ d’une voie de circulation importante vers l’est en direction du That Phanom (ธาตุพนม) sur les rives du Mékong, ou les vestiges khmers sont nombreux.

 

 

Sans un autre registre, la croyance prophétique en la venue d’un nouveau bouddha aussi appelé Maitriya (ไมตรียา) qui semble n’être apparue dans le bouddhisme théravada que tardivement rappelle évidemment la croyance des chrétiens au retour du Christ sur terre et tout comme chez les chrétiens surgissent de « faux Christs et de faux prophètes », que ce soit au Népal

 

 

....ou à Montfavet dans le Vaucluse, ce ne sont que des exemples

 

 

NOTES

 

(1) A 310 - NAKHON EKKACHATHITA, LA CITÉ KHMÈRE ENGLOUTIE DANS LE GRAND LAC DE SAKON NAKHON : MYTHE OU RÉALITÉ ?

https://grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-blog.com/2019/03/a-309-nakhon-ekkachathita-la-cite-khmere-engloutie-dans-le-grand-lac-de-sakon-nakhon-mythe-ou-realite.html

(2) Le système métrique n’est pas utilisé pour la mesure de l’or et de l’argent. L’unité de compte est le bath qui équivaut à 15 ,16 grammes

 

(3) Les pièces de monnaie sont de 10, 5, 2 et 1 bath et pour les centimes, de 50, 25, 10, 5 et 1 satang. Elles comportent à l’avers le portrait du roi et au revers, systématiquement un monument religieux.

 

 

Les pièces de 1, 5 et 10 satangs ne sont généralement pas mises en circulation mais utilisées dans les systèmes comptables uniquement. Elles sont vendues dans des boutiques de numismates beaucoup plus cher que leur valeur faciale.

 

 

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23 octobre 2022 7 23 /10 /octobre /2022 07:49

 

Le voyage que firent le roi, son épouse et leur fils adoptif en Europe en 1934, n’a pas connu la couverture médiatique forcenée que connurent les voyages de son père Rama V, en France en particulier. Il est vrai qu’il n’avait probablement aucune connotation politique quoiqu’on en ait dit. En France, la situation politique est chaotique et la république tremble sur ses bases. La seule allusion que j’ai trouvée à ce périple européen est une longue visite aux Usines Citroën lors de son passage en France en avril 1934. Enthousiasmé, le couple commanda pour chacun d’eux un 7 cv,  la mythique Traction Avant qui vient de naître.

 

 

 

En octobre 1933, le coup d’état du Prince Borowadeth pour revenir au régime antérieur au coup d’état de 1932 a échoué. Les liens que le roi aurait eu avec la rébellion n’ont jamais été démontrés. Le couple royal se réfugia à Songkhla, dans l'extrême sud puis quitta le pays pour entreprendre une tournée européen mais il est certain que les raisons de santé ne furent pas absentes compte tenu des difficultés de vision du roi nécessitant de délicates opérations aux yeux. Sur les photographies qui illustrent cet article, qui ne sont pas des photographies officielles, nous le voyons toujours porter des lunettes fumées ce qu’on ne voit pratiquement JAMAIS sur les photographies ou portraits. Le voyage en Allemagne du roi faisait partie de sa tournée en Europe de 1933 à 1934, qui comprenait l'Allemagne, le Portugal, la Suisse, la France, la Tchecoslovaquie, l'Irlande et le Danemark. Il arriva en Allemagne par bateau depuis Birmingham et arrive depuis Hambourg à Berlin le 2 juillet 1934 après avoir fait une brève escale à Copenhague. Le roi était accompagné de sa femme, la reine Rambhai Barni. Le roi Prajadhipok et la reine Rambai Barni à leur arrivée à Berlin furent accueillis par le ministre des Affaires étrangères du Reich Von Neurath et le secrétaire d'État Hans Heinrich Lammers. Le ministre est à droite sur la photographie et Lammers à gauche, en uniforme SS. Aucun des deux ne furent des nazis forcenés. Cette réception se serait déroulée à l’hôtel de ville de Berlin.

 

 

Ils logent à l'hôtel Adlon.  Le ministère des Affaires étrangères utilisait l'hôtel comme « pension de famille non officielle », car il n'avait pas de résidence appropriée pour héberger les visiteurs étrangers de haut rang.

 

 

Il rencontra ensuite Hitler le 5 juillet et rendit en sa compagnie visite au vieux Président, le maréchal Hindenburg le 5 juillet en son manoir de Neudec, le « Versailles de Haute-Silésie ». Le Maréchal y mourut un mois plus tard. Le couple avait été reçu la veille par le Dr. Heinrich Sahm, maire de Berlin

 

 

Ce voyage n’a rien d’officiel. Je n’ai pas consulté la presse allemande, n’ayant de la langue de Goethe que des souvenirs embryonnaires mais j’ai eu le bonheur de découvrir un article d’un universitaire allemand, Martin Hoeck, qui prépare une thèse sur ce passage en Allemagne et qui nous en livre une portion, certes ponctuelles et localisée mais d’un grand intérêt Der Besuch des Königs von Siam 1934 in Eberswalde, Niederfinow und der Schorfheide (La visite du roi de Siam en 1934 à Eberswalde, Niederfinow et la Schorfheide) assorti de photographies provenant d’un journal local de l’époque. Nous y voyons quelles furent les centres d’intérêt du couple lors de ce voyage. L’article est numérisé.

https://martin-hoeck.de/wp-content/uploads/2022/02/Hoeck-Martin-Der-Besuch-des-Koenigs-von-Siam_Eberswalder-Jahrbuch-2021.pdf

Le couple royal resta dans la capitale jusqu'au 10 juillet 1934. Un voyage à travers différentes villes du pays l’aurait conduit notamment à Dresde, Iéna, Stuttgart, Nuremberg, Munich, Francfort-sur-le-Main, Cologne et Leverkusen. Le couple royal a visité partout des entreprises importantes et s'est informé des derniers développements techniques. D'importantes entreprises berlinoises ont été visitées, telles que l'usine Siemens ou la grande centrale électrique de Klingenberg.

 

 

Mais musées, universités et événements culturels étaient également au programme. Nous trouverons le couple en visite dans le Brandebourg, à Schorfheide, à Potsdam, à Eberswalde, alors une importante ville industrielle,

 

 

Niederfinow, célèbre pour son ascenseur à bateaux qui a vivement impressionné le roi et la reine

 

 

... et la non moins célèbre forêt Schorfheide où il rencontre Goering. C’est là en effet que celui-ci a sa somptueuse résidence préférée Karinhall. Celui-ci est alors président du Reichstag et premier ministre du land de Prusse. Une somptueuse réception est donnée en présence du Reichsfuhrer des SS Heinrich Himmler, du général forestier von Keudell, du ministre du Reich chargé des affaires religieuses Hanns Kerrl et du prince Philip de Hesse. Goering et le roi rivalisent au tir à l’arc.

 

 

La reine est fascinée par le lion qui sert de chien de garde. Une promenade à cheval conduit à l’enclos des bisons que Goering voulait réintroduire en Europe.

 

 

En dehors du concours de tir à l’arc, on peut penser que le roi qui avait reçu une solide formation militaire mais ne pouvait voler en raison de sa vue déficiente, a trouvé de l’intérêt à rencontrer l’un des as de l’aviation allemande pendant la guerre précédente puisque Goering avait 22 victoires homologuées.

 

 

Le couple quitte Karinhall pour le lac Werbellinet et visite l'auberge de jeunesse « Brunoldhaus » à Altenhof. Construite en 1925, elle est un modèle du genre et le roi s’attarda longuement et s'intéressa beaucoup au système allemand des auberges de jeunesse.

 

 

Le couple se rendit ensuite visiter le pavillon siamois de Bad Hombourg : Le bâtiment offert par le roi Rama V, en forme de temple, recouvert de feuilles d'or, a été fabriqué à Bangkok et démonté en pièces détachées et transporté à Bad Homburg par bateau. Il a été réhabilité en 2007 pour le 100e anniversaire de la visite du roi Chulalongkorn.

 

 

Partout où il passe, le couple est accueilli par Le Deutschlandlied et l'hymne national siamois. Point de Deutchland uber alles ni de foison de drapeaux à croix gammée.

Le 26 juillet 1934, le couple royal quitta l'Allemagne en train depuis Aix-la-Chapelle pour Bruxelles.

Voyage politique ? Il n’avait pas vocation à régner et ne dut sa montée sur le trône qu’à une succession de décès. Son père Rama V l’avait envoyé suivre une formation militaire en Angleterre d’abord puis à l‘école de guerre à France. Il déclarait volontiers « Dans mon palais de Bangkok où je garde les trésors de mes ancêtre, il est un trésor qui m’est particulièrement précieux : c’est mon brevet d'état-major ». Il n’avait pas reçu la formation spécifique d’un héritier devenu roi par hasard, ce qui fit peut-être son malheur.

 

 

La poignée de main en Hitler ? C’est une photographie que l’on trouve reproduite à suffisance mais qui n’est ni datée avec précision ni située bien qu’elle ait probablement été prise à Berlin. Il est difficile d’en tirer quelques conclusions que ce soit sur un éventuel secours demandé à l’Allemagne pour un rétablissement de son pouvoir absolu. Nul n’a jamais reproché à Daladier d’avoir serré la main du führer à Munich.

 

 

Il en est des raisons évidentes.

Le roi tout d’abord n’avait aucune sympathie particulière pour le régime fasciste qui avait réduit le roi d’Italie au rôle de soliveau d’autant qu’il suscitait l’admiration du Maréchal Pibun, l’un des plus actifs auteurs du coup d’état de 1932.

Ensuite et surtout, Hitler avait bien d’autres soucis en tête, le couple royal est arrivé le jour où se terminait ce que l’on a appelé « la nuit des longs couteaux » (30 juin – 2 juillet) et préparait la prise complète du pouvoir en attendant la disparition du Maréchal Hindenburg qui était alors inéluctable, âgé et aux portes de la mort.

 

 

Il est difficile de penser que les moindres discussions politiques aient pu avoir lieu lors de la journée passée à Karinhall compte tenu de la haine farouche que Goering, le prince de Hesse...

 

 

....et Hanns Kerrl vouaient à Himmler lequel le leur rendait avec intérêts.

Nul ne pouvait alors soupçonner, pas même le roi siamois, que, désigné comme chancelier après les dernières élections à peu près libres de 1933, Hitler deviendrait rapidement infréquentable. Tous les dirigeqnts occidentaux le fréquentèrent jusqu'en 1939.

 

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18 septembre 2022 7 18 /09 /septembre /2022 06:15

 

Les trésors réels ou imaginaires suscitent les rêves les plus fous. Nous vous avons parlé de ce trésor transporté par le « Soleil d’Orient » transportant en 1681 les ambassadeurs du Roi Naraï auprès de Louis XIV. Il fit naufrage le 1er novembre 1681 au large de Madagascar et gît présentement par 3500 mètres de fond. Le contenu de ses « trésors » est bien connu. Il a suscité un certain nombre d’articles de presse purement et simplement imbéciles et l’imagination d’un aigrefin qui a réussi à soutirer deux millions de francs pour financer une expédition à une naïve dame Belge vivant sur la Riviera (1)

 

Il est un  autre trésor qui a agité la Thaïlande entre 1995 et 2001 et dont l’histoire vient de revenir sur le tapis de la presse, celui du trésor de guerre de l’armée japonaise, immense comme il se doit.

 

L’histoire de cette quête est rappelée dans un article en thaï du journal numérisé thairath, la nation thaïe, le média le plus lu du pays, du 20 février de l’an passé (2)

 

 

Pour les candidats à la course au trésor, je suis je suis désolé de ne pouvoir être plus précis, celui-ci se trouve en particulier dans la grotte de Lichia (ถ้ำลิเจีย) et dans d’autres grottes situées dans des districts montagneux de la province de Kanchanaburi (กาญจนบุรี) jalonnant le chemin de fer de la mort, district de Tha Muang (อ.ท่าม่วง, district de Mueang (อ.เมือง) district de Sai Yok (อ.ไทรโยค), district de Thong Pha Phum (อ.ทองผาภูมิ) et le district de Sangkhla Buri (อ.สังขละบุรี)  et peut-être d’autres encore.

 

L’histoire a commencé le 8 décembre 1995,  anniversaire du débarquement nippon en Thaïlande (le 8 décembre 1941).

 

 

Le 8 décembre 1995 (correspondant exactement au jour où l'armée japonaise a débarqué et capturé la Thaïlande), un diseur de bonne aventure aurait découvert un lingot d'or dans une montagne et plusieurs vieillards se souvinrent alors avoir vu des Japonais transporter des lingots d’or et des objets précieux dans les grottes.

 

Le 26 septembre 1995 déjà, M. Sanguan Ongsombat (นายสงวน อ่องสมบัติ) âgé de 82 ans à l'époque, écrivit une lettre au Département des Beaux-Arts pour demander l’autorisation de dégager et explorer grottes dans la province de Kanchanaburi afin d’en ramener les trésors des soldats japonais et les remettre à son gouvernement. Il faisait à l’époque du commerce avec les soldats japonais et avait constaté leur trafic. Il situait le trésor dans le village de Ban Lichia (บ้านลิเจียข), sous-district de Prang Phe (ต.ปรังเผล), district de Sangkhla Buri (อ.สังขละบุรี) et les autres districts mentionnés ci-dessus.

 

Le 18 décembre 1995, le lieutenant-colonel Chaowarin Latthasak Siri (ร.ต.ท.เชาวรินธร์ ลัทธศักดิ์ศิริ) accorda un entretien à la presse  rappelant qu’il avait entendu parler de ces trésors et avoir vérifié sur place la possibilité de son  existence, de quoi enrichir le pays pour 20 ans ! Il considérait qu’il était de son devoir de s’en préoccuper.

 

 

Des hommes d’affaires s’intéressèrent à cette recherche et l’on commença à démolit les montagnes. Une dame appelée Nanla (หนานหล้า) qui aurait été la compagne d’un soldat japonais donna diverses précisions et indiqua qu’après avoir procédé à l’inhumation du trésor, les japonais avaient fait exploser les entrées pour effacer toutes traces de leur passage. D’autres vieilles femmes qui avaient été les compagnes des soldats japonais, donnèrent des explications peu ou prou similaires.

 

 

Le 20 décembre 1995, le lieutenant-général Chamrat Mangalarat, (พล.ต.ท.จํารัศ มังคลารัตน์) longtemps député de la province, évoqué le témoignage d’un moine nommé Luang Por Abhisit (พระภิกษุชื่อหลวงพ่ออภิสิทธิ์) qui parlait en particulier de lingots d’or et d’épées de samouraï.

 

Le paranormal va évidemment s’en mêler. Le 21 décembre 1995, de nombreux habitants des villages proches des grottes entendaient quand ils passaient à proximité des hurlements de femmes torturées et sorte qu’ils n’osaient plus s’en approcher.

 

C’est alors que Yuenyong Opakul  (นายยืนยง โอภากุล), un chanteur du Groupe Carabao (คาราบาว) protesta contre ce massacre à la pelle mécanique de la flore et de la faune ainsi que du fragile équilibre naturel.

 

 

Le 24 novembre 1998 le Secrétaire de l'Ambassade du Japon en Thaïlande ironisa sur ces légendes auxquelles  nul ne croyait au Japon mais ajouté pour refroidir les chercheurs d’or que si par impossible ces légendes correspondaient à une quelconque vérité, cet or appartenait à son pays et non à la Thaïlande.

 

Pour sa part, le lieutenant-colonel Chaowarin Latthasak Siri rendi hommage au patriarche suprême pour solliciter les prières du clergé.

 

5 décembre 1998 M. Plodprasop Surasawadi (นายปลอดประสพ สุรัสวดี), directeur général du Département royal des forêts (อธิบดีกรมป่าไม้) fit un voyage à la grotte de Lichia pour faire une cérémonie, encens et bougies pour rendre hommage à Bouddha.

 

 

Le premier ministre Taksin (พ.ต.ท.ทักษิณ ชินวัตร) se rendit en personne sur les lieux, il n’en ramena que de la boue sur son costume.

 

 

Le 15 avril 2001 Lieutenant-colonel Chaowarin Latthasak Siri annonça la découverte de bons du trésor américain d'une valeur de 100 millions de dollars, de 250 pièces, pièces d'or et de 2 500 tonnes d'or !

 

Pour les bons du trésor, le département américain  du trésor annonça qu’il s’agissait probablement de faux. Quelques jours plus tard une procédure fut d’ailleurs ouverte pour crime de faux et escroquerie.

 

 

Pour les 2500 tonnes d’or, c’est un monumental mensonge, c’est à peu près exactement la taille de la réserve d’or de la Banque de France. Notons que les wagons chinois les plus modernes permettent de transporter 155 tonnes de fret. Il aurait donc fallu une procession de 16 wagons et beaucoup plus dans les années 40 !

 

Le 7 avril 2001 M. Plodprasop Surasawadi déclara à la presse que le trésor n’avait pas été découvert et que toutes recherches ultérieures seraient interdites.

 

Le bilan à ce jour était de six morts parmi les chercheurs d'or tous étouffés dans des boyaux par absence d'oxygène.

 

 

L’affaire surgit à nouveau 20 ans plus tard dans un article du très sérieux Bangkok Post du 21 février 2021, nous ne sommes plus à Kanchanaburi mais au fond de la montagne de Sukhothai (3). Il s’y trouve une grotte avec un système de chambres qui pourrait déclencher une nouvelle chasse au trésor pour l'or de guerre japonais.

Un résident a conduit un journaliste local visiter l'une des grottes où les soldats japonais de la Seconde Guerre mondiale auraient construit un système de chambres encore inexplorées où ils auraient caché leurs trésors.

Kliang dont le nom de famille n’est pas révélé, âgé de 64 ans, a déclaré que sa fascination pour l'or de la guerre avait commencé alors qu'il était un jeune garçon lorsque son grand-père lui interdisait d'aller dans la montagne pour récupérer ce qu'il pensait être des objets antiques enterrés. Il disait au jeune Kliang que des tonnes d'or avaient été déchargées par les soldats à la gare de Sawankalok et transportées par éléphants ou des chariots tirés par des buffles jusqu’à des cavernes existantes. Celles-ci avaient plusieurs entrées qui avaient ensuite été dynamitées.  Quelques années après la fin de la guerre, les villageois virent environ 200 japonais parcourir la montagne pendant des semaines, en  vain.  M. Kliang déclara que lorsqu'il était jeune, il s'est glissé dans l'une des grottes dans lesquelles les troupes japonaises avaient construit des cheminées d’aération. Pour quelles raisons sinon pour y cacher quelque chose ? Le chef du sous-district, également historien  pensait que cette histoire ne devrait pas être rejetée d'emblée. Il était  logique que les troupes aient à leur disposition de l'or qu'elles pourraient utiliser pour acheter des produits de première nécessité et de la nourriture mais qu’il fallait prendre cette affaire avec des pincettes.

 

Dès 1995, M. Heinwich, un ingénieur allemand et son équipe d’experts en travaux publics considéraient que ces grottes aménagées auraient constitué des bunkers pour d se protéger des attaques aériennes ?

NOTES

 

1 – voir notre article

R2. 84. Le trésor englouti de la 1ère ambassade du Roi Naraï auprès De Louis XIV en 1681 ?

https://grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-blog.com/article-84-la-1ere-ambassade-du-roi-narai-aupres-de-louis-xiv-en-1681-118035147.html

 

2 – voir l’article

อาถรรพณ์! ย้อนมหากาพย์ ล่าขุมทองทหารญี่ปุ่น รถไฟสายมรณะ สมบัติลับถ้ำลิเจีย!

Mystère! Revivez l'épopée, partez à la recherche du trésor d'or des soldats japonais, le chemin de fer de la mort, le trésor secret de la grotte de Lichia !

https://www.thairath.co.th/news/local/central/1424723

3 – voir l’article

Cave discovery rekindles hidden gold tales

https://www.bangkokpost.com/thailand/special-reports/2071755/cave-discovery-rekindles-hidden-gold-tales

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4 septembre 2022 7 04 /09 /septembre /2022 05:30

 

Le roi Naraï régna de 1656  à 1688 et eut auprès de lui comme premier ministre un aventurier de génie, Phaulkon.  Nous avions dans un article déjà ancien envisagé l’hypothèse d’une origine marseillaise du premier ministre et presque vice-roi de Naraï le grand.  Ce n’était qu’une hypothèse fondée essentiellement sur l’une des versions des Chroniques royales d’Ayuthaya laissant penser qu’il aurait pu appartenir à cette diaspora grecque toujours présente sinon omni présente notamment dans les activités maritimes depuis 600 ans avant Jésus-Christ. Elle reposait sur la relation des Chroniques royales d’Ayutthaya traduites par Wyatt qui relatait l’arrivée d’ « un Français, capitaine d’un vaisseau qui transportait des marchandises dans la capitale du céleste empire ».  Le nom paronymique originaire de Phaulkon sous forme de Gérakis ou Yérakis est toujours porté à Marseille et dans ses environs. Nous fumes alors en rapports avec un érudit grec qui nous permis de nous corriger puisqu’il s’est livré à de savantes études sur Phaulkon Monsieur Panayotis D. Cangelaris dont les recherches confirmaient que les origine se situaient bien dans une famille noble ou notable de Céphalonie. Dont acte, Phaulkon était bien grec avant sa montée en puissance au Siam.

 

 

Une thèse de Walter J. Strach III publiée à l’Université d’Hawaï en 2004 « Constatine Phaulkon and Somdet Phra Narai = Dynamic policy of courts politices in seventeeth century Siam » nous donnent des éléments fondamentaux non seulement sur les origines de Phaulkon qui se situent bien dans une famille de notable de Céphalonie mais encore qu’une partie de sa descendance se retrouve à Marseille.  L’américain a été en rapport avec Jean-Claude Gérakis à Marseille et à Panakis Gérakis, actuellement décédé et homme fort de la politique à Céphalonie.

 

 

Dans la revue (exclusivement en thaï) « L’art et la culture » (ศิลปวัฒนธรรม) numéro d’avril 1997, le professeur Phuthon Phumathon (อาจารย์ภูธร ภูมะธน) nous apprend l’histoire de sa rencontre avec les descendants de celui que les Siamois appelaient okyawichaiyen (ออกญาวิไชเยนทร์) et les Français Constance Faulcon ou Phaulcon, « noble étranger » sous le règne du roi Naraï le grand (พระนารายณ์มหาราช) de 1656 à 1688 dont le nom grec était Κωνσταντίνος Γεράκης qui en romaïque se lit Constantinos Gérakis. Gérakis est un faucon en grec d’où la transcription en Phaulkon ou Falcon.

 

 

La thèse de Walter J. Strach III est une bonne synthèse sur le rôle de Phaullkon en cette époque au Siam. Elle repose sur une abondante  bibliographie. Ne revenons pas sur le rôle majeur qu’il a joué et intéressons-nous à sa descendance.

 

 

Sur les origines

 

Messieurs Panayotis D. Cangelaris,  Walter J. Strach III et  le professeur Phuthon Phumathon s’accordent à considérer qu’il s’agissait d’une famille noble de Céphalonie. 

Le fait qu’en 1689 le roi Louis XIV  lui ait accordé post mortem, ce dont bénéficiait donc sa famille, la nationalité française, peut donc nous permettre d’exclure la supposition qu’il était Français d’origine. Ses lettres de naturalisation ont été régulièrement enregistrées au parlement de Paris.

Par contre, l’attribution  d’un  titre de comte et le collier de l’ordre de Saint-Michel est une erreur, ne reprochons pas à un américain, Walter J. Strach III et à un thaï le professeur Phuthon Phumathon d’ignorer les subtilités du droit nobiliaire français, c’est en  tous cas une erreur que ne commet par Panayotis D. Cangelaris,  Le  sceau  de Phaulcon porte bien le dessin d’un faucon, surmonté de ce qui semble une couronne de comte et entourée de ce qui semble aussi être le collier de l’ordre de Saint-Michel  est donc de pure fantaisie.

 

 

Au demeurant, l’attribution du collier de Saint Michel était à cette époque aussi totalement déprécié que la Légion d’honneur au XXIe siècle. Ces deux distinction accordées à un étranger auraient dû être enregistrées au Parlement de Paris et ne l’ont pas été.

 

 

Si des doutes ont été  émis sur les origines noble, elles émanèrent du seul Chevalier de Forbin qui le détestait et plus encore.

 

 

La descendance directe

 

Après la mort de son mari en 1688, Maria Guyomar fut relâchée et  affectée à la confection des pâtisseries au Palais tout en vivant à Bangkok dans le quartier portugais de Sante-Cruz. Elle mourut en 1703.

 

 

Phaulkon eut deux fils, Jean ou Joao et Jorge ou Georges, le premier mort en 1688. Jorge ou Georges fut missionné » par le roi Boromakot en 1748 pour lui procurer une orgue  mécanique qu’il obtint par l’évêché. Il partit ensuite pour Pondichéry et épousa une portugaise qui mourut en 1754. Ils eurent un fils Joao revenu au Siam. Il  fut emmené en captivité par les Birmans après la chute d’Ayutthaya en 1767, relâché en 1769 il revint au Siam s’installer à Santa Cruz.  Il eut aussi plusieurs filles dont l’une épousa Jean Chi, un officier portugais de l’armée birmane originaire de Macao et une autre fille Philippa marié à Ta Vian qui vivait encore en 1861. Angelina Sap leur autre fille née en 1805 fut mariée à un anglais Robert Hunter en 1825. Leur fils Robert Junior épousa Rosa Ribeiro en 1849 et eurent deux fils, autre Robert (1851 -1889) et Jean (1853 -1891). Leur  fils ainé Robert fut envoyé faire des études en Angleterre et revint au Siam ou il devint interprète officiel de la cour sous le règne de Rama III. Il mourut en 1865 à l’occasion d’une beuverie et se noyant en tombant à l’eau depuis les quais. Robert Harper senior était l’un des amis et des conseillers de Rama III mais fut expulsé du royaume en 1844 pour infraction à la législation sur l’opium. Il retourna en Angleterre et mourut en 1848.

Il existe probablement dans le quartier Siamo-Portugais de Santa –Cruz tout une descendance directe de Phaulkon qui y vit sans fastes loin de la cour.

 

 

Une descendance collatérale en France

 

Dans la revue (exclusivement en thaï) « L’art et la culture » (ศิลปวัฒนธรรม) numéro d’avril 1997, le professeur Phuthon Phumathon (อาจารย์ภูธร ภูมะธน) nous apprend l’histoire de sa rencontre avec les descendants de celui que les Siamois appelaient okyawichaiyen (ออกญาวิไชเยนทร์) et les Français Constance Faulcon ou Phaulcon, « noble étranger » sous le règne du roi Naraï le grand (พระนารายณ์มหาราช) de 1656 à 1688.

Cette rencontre, fruit du hasard, se déroula à Marseille. Le professeur visitait  1990 le Musée national du roi Naraï (พิพิธภัณฑสถานแห่งชาติสมเด็จพระนารายณ์) à Lopburi. Il y rencontra le Directeur qui marchait en compagnie d’un étranger. Il le lui présenta comme un homme qui s’intéressait à  okyawichaiyen. Il lui expliqua qu’il portait le même nom que celui-ci, Gérakis, le nom du premier ministre du roi Naraï en romaïque se lit Constantinos Gérakis  (Κωνσταντίνος Γεράκης).. « Gérakis », signifie en grec « faucon » d’où viendrait la transcription de son nom en « Phaulkon » ou « faulkon ». Je ne reviens pas sur l’Issoire de ce Grec devenu premier ministre du roi Naraï. Nous lui avons consacré de nombreux articles. Nous le savons né à Céphalonie et qu’il en partit à 13 ans pour chercher fortune dans le monde et finit par se retrouver à Ayutthaya. En 1680, il obtint un poste dans l’administration royale et fit la connaissance du roi Naraï jusqu’à en devenir son premier ministre au moins officieux et l’inciter à entrer en rapport avec le royaume de France. Il y trouva la mort après que le trône siamois ait été usurpé par Phétracha (พระเพทราชา) le 5 juin 1688. Notre professeur et le visiteur échangèrent leurs cartes de visite. Il put en 1994 se rendre en France fin 1994 pour y effectuer des recherches sur les relations franco-thaïlandaises et pensa alors à contacter ce français de Marseille qui portait le nom de Gérakis. Il fut accueilli par le coupe et se retrouvèrent dans leur villa avec leur fille passionnée d’histoire. Quel était donc le lien avec Constance Gérakis alias Phaulcon ? Nous connaissons la descendance de Georges.

Les armoiries parlantes que l’on attribue à une  famille Gerachi (la même ?) porte évidement un faucon ce que nulle loi n’interdit mais sont surmontée d’une couronne de comte, ce qui est fantaisiste car « le grand aïeul » n’a jamais été fait comte par Louis XIV comme on le lit trop souvent.

 

 

Monsieur Jean-Claude Gérakis qui entretient – ce qui fort louable – une traduction familiale explique que son grand-père était grec ce qui nous amène donc dans le courant du XIXe siècle, et possédait une ligne maritime entre la Grèce et l'Europe du Nord. Son grand-père avait émigré à Marseille avant la Première Guerre mondiale et son père y était né. A cette époque, la famille ne parlait plus grec. Son occupation consistait dans le commerce du bois entre l'Est et l'Europe. y compris le commerce du teck de Thaïlande.

 

 

Monsieur Jean-Claude Gérakis recueille pieusement tous les éléments sur celui qu’il pense être sinon son ancêtre du moins un arrière-arrière-arrière grand-oncle. Dans une généalogie manuscrite qu’il a remise au professeur et dont l’américain a eu connaissance nous voyons que Constantin eu deux frères et une sœur ce que nous ignorions. Nous ignorons tout des rapports qu’il avait avec eux ? Son frère Andréa, né en 1665, a eu deux enfants dont un autre Constantin né en 1665 eut un fils né en 1766. Celui-ci eut plusieurs enfants dont un autre fils né en 1807. Celui-ci eut plusieurs enfants, des mâles sans descendance, une fille et un Andréa né en 1832. Il est probablement le grand-père armateur dont parle Jean-Claude Gérakis, lui-même dans le négoce du bois. A cette époque, il y eut une forte immigration grecque vers Marseille en raison des persécutions ottomanes.

 

Gérakis possède de famille une peinture ancienne accrochée dans son salon  représentant la réception par le roi Naraï de l’ambassade française au grand palais d’Ayutthaya le 28 octobre 1685 différente des gravures que l’on trouve partout.  Il la tenait de son père et aurait été l’œuvre d’un moine d’Ayutthaya et depuis lors conservée dans la famille en Grèce d’abord puis à Marseille. Le professeur prit de nombreuses photographies qui se sont perdues avec ses bagages lors du vol de retour.

 

 

 

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28 août 2022 7 28 /08 /août /2022 06:17

 

J’ai la semaine dernière parlé de la présence des eunuques dans le Siam ancien. Ils furent peut-être présents avant le règne du roi Naraï, sous l’influence probable des Perses et des Chinois, omni présents à Ayutthaya sous le règne de Naraï et à la cour de sa fille Yothathep et disparurent par la suite. Il ne fallait pas les confondre – disais-je – avec les travestis qui, eux, ne manquaient pas. Il faut encore savoir ce que parler veut dire, le terme « travesti » n’a aucune connotation sexuelle, c’est tout simplement l’acte d’une personne qui se déguise pour quelque raison que ce soit. Le terme de kathoei (กะเทย) qui leur est consacré est traduit par Monseigneur Pallegoix dans son premier dictionnaire thaï-français-latin-anglais de 1854 par le terme hermaphrodite qui me paraît parfaitement adapté à ce que sont ces « garçons-filles ». Le vocabulaire a d’autres mots pour ces déviances sexuelles. Le terme de bando (ou บันเฑาะก์) est plus parlant puisqu’il s’agit du tambour des brahmanes sur lequel on tambourine des deux côtés.

 

Constatons que les déviances masculines portent le nom de « lensawat » (เล่นสวาท) pour les hommes, « jouer à se faire plaisir » et « lenphuean » (เล่นเพื่อน) pour les femmes « jouer entre amies ». La seule utilisation du préfixe « len » (jouer) démontre que tous les termes n’ont aucun caractère négatif, un jeu n’est pas une déviance !

 

 

Mais nous sommes en pays bouddhiste theravada. Le bouddhisme ne s’intéresse pas à la sexualité en tant que telle mais bien seulement comme à un aspect du désir, il n'y a donc pas de discours bouddhiste particulier sur la sexualité : seul importerait le fait de ne faire souffrir ni soi-même ni autrui.

La réalité est beaucoup plus nuancée en ce qui concerne par contre le clergé. La casuistique des bouddhistes vaut bien celle des jésuites. Je ne vais pas vous faire un cours de droit canonique bouddhiste, je n’en ai ni l’envie ni les compétences mais j’ai découverte avec amusement une distinction entre ces diverses déviances et leur incidence sur la possibilité de porter la robe safran :

 

Asittabando (อาสิตตบัณเฑาะก์ข) est un homme qui lèche les organes génitaux d’un autre homme. Il n’a pas accès à la prêtrise à moins de renoncer à ses goûts.

 

Usuiyabando (อุสุยยบัณเฑาะก์) est un homme qui aime regarder les activités sexuelles entre hommes et hommes. Il n’a pas non plus accès à la prêtrise à moins de renoncer à ses goûts.

 

Opakkamiyabando (โอปักกมิยบัณเฑาะก์) est un eunuque 1ui ne peut pas recevoir la robe. Restons-en là même s’il y a d’autres distinctions subtiles.

 

De nombreuses décorations dans les temples illustrent ces comportements depuis les époques les plus anciennes mais il n’est pas facile de deviner s’il s’agit d’eunuques, d’homosexuels ou d’hermaphrodites, avouons-le. Les hommes et les femmes ne sont vétus qu'à parrtir de la ceinture d'habillements similaires et les siamoises n'ont pas la réputation n'ont pas des mamelles de vaches à lait

 

 

Nous avons trace de quelques événements historiques significatifs.

 

En l'an 1634, un ancien directeur du comptoir hollandais à Ayutthaya Joosts Schouten fut condamné à mort par le gouvernement néerlandais de Batavia. Il plaida coupable et affirma avoir été initié à ces comportement par des habitants d'Ayutthaya. Dénoncé par un hallebardier français qu’il poursuivit de ses assiduités, il avoua son crime, bien qu’il ait toujours eu, dit-il, « le rôle passif », adepte de la sodomie passive » comme aurait dit le Marquis de Sade ce qui laisse à penser qu’il avait volontiers à faire avec des hermaphrodites. Condamné à être brûlé vif, ses juges, compte tenu des grands services rendus à la Compagnie lui accordèrent la grâce insigne d’être étranglé avant d’être grillé. Trois de  ses complices furent condamnés à être enfermé dans des sacs et jetés dans les flots. La société calviniste néerlandaise n’était pas réputée pour son goût de la gaudriole et l’intolérance y était totale. La république de Calvin à Genève fut éclairée par des dizaines de bûchers (1).


 

 

Sous le premier règne de la dynastie présente, l’histoire a retenu le nom du prince Krom Luang Raksanaresorn (กรมหลวงรักษรณเรศร) qui eut des liens avec des acteurs du théâtre royal, probablement comme Joost Schouten, adepte de la sodomie passive ? Il fut déchu de son titre de Krom Luang, rebaptisé du titre inférieur de « mom kraison » (หม่อม ไกรสร), un titre réservé aux femmes de sang royal ce qui indique ses préférences. Il fut condamné à mouroir sous les coups du bâton de santal au Wat Pathumkhongkha (วัดปทุมคงคา) mercredi, le troisième mois lunaire, l'année du singe, le 13 décembre 1848 à 56 ans. Il fut le dernier membre de la dernière famille royale à avoir été exécuté de cette manière. Ce ne sont pas ses déviances sexuelles qui furent à l’origine de sa mort et il est loin de mériter le titre de martyr de la cause pédérastique ! Il semble qu’ait pesé sur lui une double accusation de corruption et de complot concocté avec l’aide de ses gitons pour conquérir le trône ?

 

 

Dans la Chronique de Rattanakosin, deuxième règne (พระราชพงศาวดารกรุงรัตนโกสินทร์ ร.2- référence est faite à un moine du Wat Mahathat qui eut un comportement déplacé avec un jeune novice dont il caressait les organes génitaux. Il fut défroqué et chassé du temple.
 

 

 

Passèrent les années. Faut-il voir dans le code pénal de l’année Rathanakosin 127 (1908) une répression pénale de l’homosexualité ? C’est aller un peu vite en besogne et plus encore. N’oublions pas que ce code fut l’œuvre de juristes français. Ce sont les articles 240 et suivants qui sont les bons essentiellement le 242. 

 

Je donne la version française de Georges Padoux qui en fut le rédacteur principal :

 

 

Encore faudrait-il savoir si ce texte effectivement répressif a entraîné des condamnations sur le terrain ? Ce me semble peu probable compte tenu de la montée sur le trône de son fils Rama VI en 1910. Aucun exemple n'en est jamais cité en tous cas.

 

Ce texte suscite deux réflexions :

 

Il réprime la bestialité ce qui est singulier même à cette époque.

 

Les peines sont en définitive légères, nous sommes loin de la peine de mort ! On peut penser sans trop de risque d’erreurs qu’avant la promulgation de ce code, et pour autant que les sodomites, les tribades et les travestis aient été sanctionnés, les tribunaux infligeaient la bastonnade sur le dos avec un rotin. Il en est d’ailleurs toujours ainsi en Malaisie voisine.

 

Voilà bien un domaine où les occidentaux n’ont pas de leçons à donner puisque par exemple l’homosexualité est restée jusqu’en 1967 un délit en Grande Bretagne.

 

Rama VI a été élevé en Angleterre, pays où, derrière l’hypocrisie victorienne, l’homosexualité semble avoir été élevée au rang d’une institution dans la haute société. Il a en la matière les idées plus larges que son père. Dans son journal « Dusit samit » (หนังสือพิมพ์ ดุสิตสมิต) on lui prête la paternité d’un article intitulé « Kathoei » (กะเทย) ou il écrit « Pourquoi les bisexuels en savent-ils autant sur les maris et les femmes ? » (หนังสือพิมพ์ ดุสิตสมิต), tout un programme ! Ceci dit, même s’il est indulgent à leur égard, il ne semble pas que le monarque n’ait jamais appartenu à la « confrérie » même si elle le revendique.

 

 

Quoiqu’il en soit, le code de 1908 est resté en application jusqu'au 13 novembre 1956 même s'il ne fut probablement jamais appliqué, devenu obsolète tout autant que les dispositions celles qui interdisent la prostitution.

 

En définitive, la morale bouddhiste n'a rien à voir avec la notre, imprégnée de judéo-chistianisme et, en dehors du clergé, l'existence des travestis n'a guère posé de difficultés dans la société.

 

 


 

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21 août 2022 7 21 /08 /août /2022 04:12

 

Les eunuques ont joué un rôle important dans les cours asiatiques. Nombreux ou pas, ils étaient présents à la cour du roi Narai (1657-1688). Ayant découvert avec étonnement leur existence en lisant le Chevalier de La Loubère,  je me suis penché sur les éléments concernant la présence d'eunuques avant, pendant et après le règne du roi Narai. La Loubère, fut l’observateur le plus attentif parmi les français venus en ambassade au Siam au temps de Louis XIV. La seule lecture du Chevalier de La Loubère, l’observateur le plus attentifs parmi les français venus en ambassade au Siam m'en avais fait découvrir avec étonnement l'existence (« Du royaume de Siam » de 1691)

 

 

 

Des eunuques indiens ont très probablement été conduits à Ayutthaya sous le règne du roi Narai.  En existait-il avant lui ? S’il en était, ils étaient probablement d'origine chinoise. Les eunuques auraient peut-être encore servi sous le règne du roi Rama IV (1851-1868) non pour surveiller les harems que défendre le roi et ses épouses ?

 

 

Une étude exhaustive a été publiée sous la signature de Katherine Bowie de l’Université de Wisconsin-Madison dans la livraison du Journal de la Siam Society, volume 110-1 de 2022 sous le titre « Eunuchs in Siam: Before, During and After the Reign of King Narai in Ayutthaya »

 

 

Leur présence à la cour siamoise ne semblait pas avoir fait jusqu'alors l’objet d’études attentives circonstanciées sinon quelques-unes en langue thaïe  difficiles d'accès apr exemple une thèse de l'Université Silapakorn de 2012 :

ขันทีในราชสำนักสยามจากหลักฐานทางโบราณคดี

(Eunuques à la cour siamoise à partir de preuves historiques)

 

 

 

 

 

 

 

Pourtant, ils  ont joué un rôle important dans les Cours à travers l'Asie, notamment dans les Cours chinoises, mogholes, ottomans et persanes du XVIIe siècle. On estime que la Cour safavide de Perse en 1666-1667 comptait quelque 3.000 eunuques;

 

 

la Cour chinoise en comptait quelque 100.000 vers la fin de la dynastie Ming, souvent  partenaires sexuels pour les hommes et les femmes du palais. La plupart du temps on se contente de parler d’un rôle de surveillance des épouses et des concubines du roi.

 

 

Malgré leur importance dans de nombreux autres palais asiatiques,  peu d'attention a été accordée à la présence ou à l'absence relative des eunuques dans les cours siamoises. H.G. Quaritch Wales,  éminent spécialiste de la vie du palais siamois, a affirmé péremptoirement en 1931 dans son « Siamese State Ceremonies » qu’il  n'y avait pas d'eunuques alors qu’ils étaient certainement présents à Ayutthaya pendant le règne du roi au XVIIe siècle 

 

 

Les eunuques remplissaient un large éventail de fonctions, allant de rôles publics en tant que fonctionnaires de la cour, spécialistes des rituels, administrateurs provinciaux et commandants militaires aux rôles privés. On ne se concentre en général que sur l'aspect un peu caricatural dans les harems dans lesquels ils servaient à surveiller et à contrôler les épouses et les concubines du roi, un  rôle qui fut assurément secondaire au Siam.

 

Sous le règne du roi Naraï au XVIIe siècle, une grande partie du fonctionnement interne du palais reste inconnue, mais quelques éléments  peuvent nous éclairer sur leur rôle. Nous savons qu'il y avait une différenciation en fonction de leur origine raciale, indienne ou chinoise.  Ce n'est pas contradictoire avec ce qu'écrit La Loubère  « On dit qu’il y a huit ou neuf eunuques seulement tant blancs que noirs »

 

 

Ces différences ethniques correspondaient-elles à une différentiation de leurs fonctions, entre Indiens et Chinois, garde rapprochée du roi et protecteurs des femmes ?

 

Leur nombre total était donc faible mais il est  possible aussi que des hommes et des femmes du palais ou de hauts fonctionnaires en aient à eu leur disposition. Claude Céberet du Boullay note dans son journal en 1687 que la princesse Yotathep, enfant unique du roi Narai, avait des eunuques « extrêmement insolents ». Il appartenait à la seconde ambassade et nous lui devons un «  Journal du Voyage de Siam de Claude Céberet, Envoyé extraordinaire du Roi en 1687 et 1688 » resté inédit jusqu'en 1992.

 

 

La question se pose de savoir pourquoi en utiliser s’ils n’avaient aucune utilité et pourquoi disparurent-ils s’ils avaient une utilité ?

 

Si leur  présence était antérieure au règne du roi Narai, ils étaient probablement chinois en raison des rapports anciens entre la Cour d'Ayutthaya et la Chine et auraient alors supervisé les rituels du palais et ses activités commerciales.

 

Ce règne  a été fortement influencé par la Perse safavide et parce que les eunuques indiens semblent avoir été présents ils ont très probablement été amenés à Ayutthaya pendant son règne, bien que les eunuques chinois aient pu précéder, ils peuvent également être arrivés pour la première fois après 1644 à la suite de l'effondrement de la dynastie Ming et de l'expansion spectaculaire du commerce sous la dynastie Qing.

 

 

Ils ne doivent pas être confondus avec les travestis que l'on trouvait aussi – paraît-il - dans de nombreuses cours de l'Asie du Sud-Est.

 

Les panneaux du Pavillon de laque du Palais Suan Pakkad à Bangkok dont l’un est reproduit en tête de cet article  représentent-ils  des eunuques ou des travestis ? Ce trésor provient en tous cas incontestablement du milieu du XVIIe à Ayutthaya.

 

 

Les eunuques des cours asiatiques subissaient une castration radicale, une procédure traumatisante impliquant l'ablation chirurgicale du pénis et des testicules. En raison du taux de mortalité important, la chirurgie était généralement pratiquée dans des centres de castration en Chine, au Vietnam, à Java, au Bengale et dans le nord-est de l'Afrique liés à la rive ouest de l'océan Indien, le rétablissement prenait généralement environ 100 jours. Il n'y a aucune preuve que la castration ait été pratiquée au Siam, que ce soit pour les captifs de guerre ou les criminels, ou  toute autre raison ; nous pouvons donc en déduire que tous les eunuques trouvés au Siam ont été importés..Les Chinois semblent avoir été les maîtres en la matière, les âmes sensibles peuvent se dispenser de la lecture d'une opération (1)

 

 

 

En plus des sites de castration en Europe et  en Asie centrale il y avait des centres en Chine, au Vietnam, à Java et au Bengale. Bien que ni la Chine ni le Vietnam ne semblent avoir exporté d'eunuques vers les marchés d'esclaves extérieurs, Java et le Bengale auraient été les sources d’origine ?  Ludovico di Varthema note de son voyage à Java en 1505 que « dans cette île il y a une sorte de marchands, qui ne suivent aucun autre commerce sauf celui d'acheter des petits enfants, dont ils ont tout coupé dans leur enfance, et ils restent comme des femmes …Des marchands indiens viennent dans cette province, et achètent les eunuques dont j'ai parlé, et aussi beaucoup d'esclaves, et puis ils les emmènent dans divers autres pays pour les revendre » (2).

 

 

 

Duarte Barbosa, compagnon de Magellan, écrit en 1518 que les eunuques n'étaient pas seulement castrés au Bengale, mais y suivaient également une formation spéciale, de sorte qu'ils étaient tenus en haute estime en tant qu'hommes de caractère droit et vendus plusieurs fois le prix d'un esclave ordinaire, les principaux acheteurs de ce marché spécialisé d'eunuques indiens et africains étaient des commerçants musulmans. et européenne (« The book of Barbosa » fut publié une première fois en portugais en 1812 et ultérieurement traduit en anglais.

 

 

Selon Tomé Pires  qui a visité Ayutthaya au cours de ses voyages de 1512-1515, « La marchandise principale » que Siam importait de Malacca était « des esclaves mâles et femelles, qu'ils emportaient en quantité ainsi que des épices, des tissus, des tapis » (3).

 

 

Cependant, les relations commerciales et tributaires entre Ayutthaya et la Chine étaient beaucoup plus robustes et anciennes. Parmi les nombreux marchands étrangers qu'il a vus, Pires a ajouté « la plupart de ces étrangers sont chinois, car le Siam fait beaucoup de commerce avec la Chine.

 

Les dirigeants d'Ayutthaya ne pouvaient dès lors ignorer l’importance de l'institution des eunuques à la cour chinoise, impliqués dans la supervision du commerce maritime et des rituels.

 

Pourquoi une Cour intéressée à gagner des esclaves de grande compétence aurait donné la priorité à la catégorie la plus chère d'eunuques qui n'auraient pas eu la capacité de se reproduire reste obscur.

 

Y eut-il des eunuques à Ayutthaya avant le règne de Narai est une possibilité et non une certitude et s'ils y étaient présentes, ils auraient probablement été Chinois non pas affectés à la fonctionne gardes du sérail mais de conseils spécialisés sur les rituels de cour appropriés tels qu'exécutés à la cour chinoise et auraient facilité les négociations commerciales, en particulier avec les marchands chinois. Comme les femmes de la cour étaient généralement impliquées dans la préparation des rituels et dans la gestion du commerce, elles étaient les femmes étaient susceptibles d'être en rapports étroits  avec les eunuques.

 

 

Règne du roi Narai (1656 - 1688)

 

 

C’est une période de stabilité politique. Ayutthaya contrôle les ports de la côte ouest de Tenasserim vers le sud, la Birmanie contrôlant ceux de Tavoy vers le nord. Dans les premières années qui suivirent son avènement en 1605, le roi Ekathotsarot prit contact avec les Portugais, les Anglais et les Hollandais. Au début des années 1610, des musulmans japonais, chinois et indiens faisaient régulièrement du commerce à Ayutthaya. Après la prise de contrôle de la Chine par les Mandchous en 1644, l'empereur chinois interdit tout commerce extérieur, mais le il reprit en 1652. Ayutthaya gagna en importance, produisant à la fois des biens destinés à l'exportation et servant d'entrepôt majeur dans le commerce entre la Chine, le Japon et les Philippines, l'est et la Turquie ottomane, la Perse safavide et l'Inde moghole à l'ouest.

 

Les Perses dominèrent ce mélange de commerçants étrangers, Leur influence date de 1602 lorsque deux frères, Shaykh Ahmad et son jeune frère Muhammad Said, sont arrivés à Ayutthaya venant du golfe Persique et ont épousé des femmes locales. Ahmad fut bientôt nommé en charge du commerce avec le monde indonésien et la région occidentale de l'océan Indien. En 1620, Ahmad  contribué à organiser le coup d'État qui a mis le roi Songtham au pouvoir. Sous son règne, il fut promu au poste de Phra Khlang et plus tard premier ministre. Sous le règne du roi Prasat Thong (1629-1656), les musulmans chiites en vinrent à dominer les bureaux commerciaux du Siam. Le fils aîné d'Ahmad, Chun, avait  été nommé premier ministre de 1630 jusqu'en 1670, le règne du roi Narai ayant commencé en 1656.

 

 

Bien qu'il n'y ait eu qu'une trentaine de Perses présents alors ils étaient influents.  Ils participèrent activement à la montée de Naraï sur le trône. Celui-ci navigua entre eux et les Chinois comme contrepoids aux hollandais. Le commerce du royaume se transforma et des relations plus fortes se nouèrent avec Surat, Masulipatnam et le golfe Persique à l'aide des navires royaux sous le commandement de capitaines perses. Dans les années 1670, des Perses furent nommés gouverneurs de toutes les villes portuaires et un Turc gouverneur à Bangkok. Cette époque vit  une croissance des relations diplomatiques entre Ayutthaya et le reste du monde, y compris la Perse et tous les royaumes d'Asie du Sud ; Narai envoya des ambassades en Perse en 1668 et 1682. Dès le début de son règne toutes les affaires importantes et les questions d'État étaient entre les mains des Perses.

 

La cour était imprégnée de culture perse. Le roi lui-même adopta  leur cuisine et leur habillement. Le palais de Lopburi fut construit par des architectes ou des ingénieurs persans et sa salle d'audience au palais d'Ayutthaya, laissait apparaître une probable imitation des palais persans d'Ispahan. Or, la pratique d’émasculer les hommes existait en Perse depuis des temps immémoriaux.

 

Certains de ses serviteurs et gardes du corps pouvaient avoir été des eunuques ou être supervisés par des eunuques. L’arrivée d’eunuques noirs ou musulmans débuta probablement sous son règne même si leur présence fut possible auparavant.

 

Narai rechercha des alliances avec les cours les plus prestigieuses au monde, d'abord avec la Perse safavide, puis avec la France.

 

Compte tenu de la présence des eunuques sous son règne, la question se pose de savoir quand et pourquoi ont-ils disparu ? Après la mort du roi Narai en 1688, pendant ou après la vie de Yothathep morte en 1735, ou après la conquête birmane d'Ayutthaya en 1767 ?

 

 

Phetracha usurpa le trône après avoir fait assassiner deux des frères de Naraï, il est peu probable qu’il ait fait confiance à des eunuques qui avaient servi Narai, tués ? Enfuis ? Ont-ils cherché la protection de la puissante fille de Narai, Yothathep que Phetracaha épousa ainsi que Yothathip, la reine et la demi-sœur de Narai ?

 

Yothathep ayant été impliquée à plusieurs reprises dans des complots contre Phetracha, il est probable que ses eunuques ont été tués s’ils n’avaient pas réussi à prendre la fuite ?

 

 

Si des eunuques restaient à la cour d'Ayutthaya au moment de la chute de la ville  en 1767 ils auraient probablement été emmenés en Birmanie avec des princes, des princesses et leurs suites, plus de 2 000 personnes.

 

Subsistaient-ils au palais at temps du roi Rama IV ? Monseigneur Pallegoix qui fut intime avec le monarque n’en touche pas un mot ni aucun de ceux qui ont eu l'occasion d'avoir des entretiens avec le roi, l'ambassadeur de Montigny en particulier.

 

Le récit d'Anna Leonowens, qui a servi comme professeur d’anglais à la cour de Bangkok de 1862 à 1867 citée par Katherine Bowie, fait référence à leur présence mais ne présente aucun caractère de sérieux. Pour autant que ce récit soit exact, quand les eunuques seraient-ils revenus à la Cour ? Ce n’était pas le style du roi Taksin ni de ses successeurs et aucun autre des nombreux visiteurs qui ont visité le Siam à cette époque n’y fait la moindre allusion ?

 

 

Pour comprendre leur présence éventuelle, encore faudrait-il savoir quelles étaient leurs fonctions. On se focalise sur leurs rôles de garde et de surveillance des harems sur la base d’un argument d’évidence.

 

Or, il semblerait que les changements hormonaux consécutifs à la castration entraîneraient des membres plus longs, de sorte que les eunuques étaient plus grands que la moyenne. Et pouvaient être inclus dans  des gardes d'honneur hyper-masculines et donc idéales ?

 

Par ailleurs, ceux qui avaient acquis la confiance royale et gagné des postes civils ou militaires mettaient le souverain à l’abri d’une tentative de coup d’état d’un eunuque qui ne pourrait pas assurer une suite dynastique. Tel aurait été leur rôle principal à Ayutthaya, servir le roi plutôt que de surveiller les femmes,  largement développé par La Loubère

 

Narai n’a pas la réputation de bénéficier d’un grand harem, confiant plutôt un pouvoir considérable à sa fille et préférant chasser les éléphants à la vie de cour. Les eunuques l’accompagnaient lors de ses longues périodes de chasse dans son palais de Lopburi. Au début des années 1670, il y passait quatre à cinq mois par an, mais au début des années 1680, il y passait huit à neuf mois, ne retournant à Ayutthaya que pour les fêtes religieuses organisées.

 

Nous devons à La Loubère un plan du palais «  dans la forêt de l'arrière-pays ». Il est divisé en trois sections principales, avec une seule entrée à l'avant. La salle d'audience du roi est située au milieu. Derrière la salle d'audience se trouvent six « chambres des dames du roi » et « chambres des femmes esclaves ». Tout au fond de la cour se trouvent sept logements marqués comme « cuisines et logements des eunuques ».

 

Quant à Yothathep, Outre ses fonctions principales, notamment l'organisation des cérémonies au sein du palais, était chargée d'organiser et de faciliter la réinstallation royale lorsque le roi Narai devait se rendre à Lopburi, et partait à l’avance accompagnée de ses Éléphants, de ses balons, et quelques Officiers pour prendre soin d'elle et l'accompagner mais personne d'autre que ses femmes et ses eunuques ne la voyait. Les eunuques la protégeaient.

 

Ses eunuques ont peut-être été directement impliqués dans la surveillance de ses terres ou de ses entreprises commerciales.

 

Les eunuques furent présents à la cour du roi Narai influencé par la Perse safavide. On y faisait la différence entre les eunuques indiens et chinois. Les eunuques de Narai étaient plus probablement des Indiens et ceux de Yotathep étaient plus probablement des Chinois.

 

Bien que leur fonction semble avoir changé au fil du temps, il n'y a aucune preuve qu’ils aient servi à surveiller les femmes du palais. Au lieu de cela, les eunuques semblent avoir servi à la fois les rois et les femmes du palais dans des rôles de courtiers linguistiques, culturels, politiques et économiques. Les eunuques chinois étaient probablement impliqués dans des rituels de cour et des entreprises commerciales, des rôles supervisés par des femmes du palais. Les eunuques indiens servaient plus probablement le roi, en particulier comme gardes d'honneur et comme signes de son statut sacré. Les eunuques indiens et chinois servaient respectivement de messagers royaux et de gardes d'honneur pour les femmes du palais.

 

La question fondamentale est de savoir les raisons profondes de cette mutilation puisqu’elle n'était pas destinée systématiquement à fournir des castrats pour les chœurs du roi, des gardiens pour son harem ou de jeux sexuels aux habitants du Palais. Cette pratique vient de Perse où elle était pratiquée de tous temps. Nous sommes chez les Perses au VIe avant notre ère. Des généraux reprochèrent à Cyrus d'utiliser des eunuques dans son armée, accusés de l’acheté,  il répondit

« Des chevaux fougueux qu'on a coupés, cessent de mordre, paraissent moins fiers, et n'en sont pas moins propres à la guerre; les taureaux perdent leur férocité, souffrent le joug, sans perdre de leurs forces pour le  travail; les chiens sont moins sujets à quitter leurs maîtres, et n'en sont pas  moins bons pour la garde ou pour la chasse..... » (XÉNOPHON, Cyropédie,  VII, 3). Tout est dit.

 

 

NOTES

 

(1) Tiré de Mohamed A.  El Guindy « Les eunuques, étude anatomo-physiologique et sociale » : thèse présentée à la Faculté de médecine en 1910.

« On commence par faire prendre un bain très chaud au futur eunuque, et parfois on lui fait absorber une drogue spéciale destinée à lui procurer une anesthésie relative. Il est ensuite étendu sur une planche à demi inclinée. Un aide lui maintient fortement le torse, tandis que deux autres assistants immobilisent les jambes et les tiennent écartées. On lui entoure étroitement le ventre et les cuisses par des bandes de toile. Les parents, s'il s'agit d'un enfant, l'homme, si c'est un adulte, sont alors solennellement interrogés pour savoir s'ils regrettent la décision prise. Si le patient semble indécis, il est détaché et renvoyé. Mais, s'il montre du courage, et c'est le cas en général, les parties génitales, empoignées et tordues, afin d'en chasser le plus de sang possible, sont rapidement tranchées au ras du pubis à l’aide d'un couteau recourbé. Quelquefois le châtreur emploie, mais rarement, des ciseaux, une  hachette, ou un couteau à lame droite rappelant les couteaux d'autopsie. Quelquefois avant de faire l'amputation, l'opérateur exerce sur la verge et les bourses un massage graduellement croissant pour endormir la sensibilité. Ramassant ensuite les organes à poignée, il les entoure d'une petite bande de soie régulièrement roulée de l'extrémité à la base et, progressivement serrée jusqu'à donner aux parties l'aspect d'un boudin allongé. Les organes une fois sectionnés, on introduit dans le canal la petite cheville de bois ou d'étain, qui sera maintenue en permanence, pendant les premiers mois, et retirée seulement au moment des mictions. La blessure, lavée à l'eau poivrée, est recouverte de compresses de papier imbibées d'eau froide et, le tout est bandé soigneusement. Ou bien encore, un aide applique immédiatement sur la plaie sa main remplie d'une poudre styptique, à base d'agaric, d'alun et de résines aromatiques. Lorsque l'hémostase semble à peu près  complète, on place un bandage compressif. A ce moment, deux aides saisissent le blessé sous les bras et le font marcher autour de la salle pendant deux ou trois heures, après quoi il est autorisé à se coucher. Ce n'est qu'au bout de trois jours, pendant lesquels le malade est privé de boisson, et souffre non seulement de sa plaie, mais encore et surtout de la rétention d'urine par obstacle, que le pansement est enlevé ainsi que la cheville urétrale, et que le malade peut pisser ou tout au moins essayer de le faire, car il ne réussit pas toujours. S'il peut uriner, il est considéré comme guéri et félicité de ce chef. Mais, si la miction ne peut pas se faire, l'opéré est destiné à mourir au milieu de souffrances atroces. Il y a rétention d'urine, avec toutes ses conséquences, et les Chinois ne se servent point de cathéters. Après l'amputation, il reste une large plaie généralement triangulaire, à sommet inférieur. La réparation se fait par bourgeonnement et demande en moyenne cent jours. Il faut que la cicatrice soit absolument plane, pour que l'opération soit considérée comme parfaite. Il n'en est pas toujours ainsi, et si l'inspecteur des précieux (nom des organes sacrifiés) trouve que les bourgeons charnus, 'après la cicatrisation définitive, rappellent trop la verge, l'eunuque porteur de cette déformation est réprimandé et tenu à s'en débarrasser sous peine d'expulsion. Malgré le procédé très primitif de cette opération, les accidents, quoique cela puisse paraître paradoxal, sont rares. La mort, d'après Matignon, ne surviendrait que dans 3 à 4 pour 100 des cas. Suivant d'autres auteurs, au contraire, l'opération ne réussirait guère que deux fois sur trois chez les enfants, et moitié moins chez les adultes. L’incontinence de l'urine est la complication la plus fréquente; plus tard la rétention viendra. Et c'est chez les sujets jeunes qu'on la verrait de préférence. Le premier de ces accidents est toléré par l'opérateur pendant quelque temps, mais bientôt, si l'incontinence se prolonge, le patient reçoit des coups. Ce traitement est considéré comme efficace et excellent et, en conséquence, il continue jusqu'à la disparition de l'infirmité »

 

 

(2) Ecrivain et voyageur de Bologne, il fit son grand périple en 1500. Nous lui devons «  Les voyages de Ludovico di Varthema ou le Viateur, en la plus grande partie d'Orient  »  traduit de l'italien en français par J. Balarin de Raconis,. publié. et annoté. par M. Ch. Schefer, 1888.

             

  1. Pires était apothicaire du Roi du Portugal et ambassadeur en Chine.  Son journal manuscrit, la « Suma Oriental »  était considéré comme perdu et fut retrouvé en 1944 dans le fond ancien de la bibliothèque de l'Assemblée nationale à Paris. Il fut traduit en anglais en 1944 puis en version portugaise contemporaine.

 

 

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26 juin 2022 7 26 /06 /juin /2022 05:10

 

 

La construction d’un réseau de voies ferrées au Siam  se situe dans le cadre de la politique de modernisation entreprise sous le règne du roi Rama V. Il en est évidemment un motif économique puisque le réseau routier quand il existait était impraticable en saison des pluies. Le motif politique est tout aussi évident, la politique centralisatrice exige que les déplacements depuis la capitale soient facilités.

 

 

Les travaux, sous responsabilités d'ingénieurs et de sociétés allemandes, débutèrent en 1891 en direction de Khorat puis en direction d'Ayuthaya quelques années plus tard et continuèrent ensuite vers le nord, nécessité  de désenclaver efficacement la région de Chiang Maï , non alors totalement siamisée !

Dans les années  1905 - 1909, le département des chemins de fer entreprit la construction de la prolongation vers le nord de la ligne au départ d'Uttaradit (อุตรดิตถ์)

 

 

Tous ces travaux ont été entrepris par l'entreprise d'état  créée en 1890  par le roi Chulalongkorn,  « Chemin de fer national de Thaïlande »  (การรถไฟแห่งประเทศไทย)  créé en 1890 et entreprise d'état. Les ingénieurs et les techniciens sont des allemands.

 

 

 

Mon propos n’est pas d’écrire l’histoire des chemins de fer siamois mais celle des tristes événements qui se déroulèrent sur un tronçon qui part du  pont ferroviaire sur la rivière Nan (แม่น้ำน่าน) dans le sous district de Ban Dara  (ตำบลบ้านดารา)  et dans le district de Phichai (อำเภอพิชัย) au sud de la province. Il se situe à une trentaine de kilomètres au sud de la capitale et porte le nom de Pont Poramin (สะำพาน  ปรมีนทร์).

 

 

Construit de 1906 à 1909, il est le plus grand pont ferroviaire du  nord et a été inauguré par le roi lui-même le 7 décembre 1909. Il lui donné son nom qui signifie « le plus grand ». 

 

 

C'est  un grand pont cantilever en acier en forme de pont suspendu. Cette technique venue d'Allemagne était alors considérée comme d'avant-garde. Bombardé au cours de la deuxième guerre mondial, il n'en subsiste plus que des soubassements et un nouveau pont a été édifié non loin de l'ancien.

 

 

De là la voie ferrée se poursuit en direction d'Uttaradit, passe par le village de ThaSao  (ท่าเสา) et continue vers le nord jusqu'aux gares de Maephuak (แม่พวก)  

 

 

puis Pakpan  (ปากปาน),

 

 

toutes deux au sud de la province de Phrae (แพร). Nous en resterons géographiquement là.

 

 

Sur ce tronçon de quelques dizaines de kilomètres seulement en aval du pont jusqu'à Pakpan et peut-être au-delà, des milliers de travailleurs venus  du Siam  du Cambodge, du Laos,  de Chine, y furent employés, coolies ou esclaves (l'esclavage n'était alors pas aboli), peu importe. La province est la plus chaude du pays et quand il ne fait pas chaud, il pleut pendant six mois de l'année de mai à octobre.

 

 

Si nous connaissons le coût des travaux d'aménagement ferroviaires entrepris par le roi Rama V, des millions de ticals, nul ne parle de leur coût en vies humaines. Si  j'ai cité le petit village de Tha Sao, c'est que nous y trouvons une réponse au moins ponctuelle.

A l'entrée du temple (วัดดอยท่าเสา)
 

 

....est érigé un stupa
 

 

avec un panneau indiquant ; 

อนุสรณ์สถานรำลึกผู้มีคุณต่อการรถไฟไทย

(anusonsathanramluek phumi khuntokanrotfaithai)

ce que je traduis plus ou moins bien par  « à la mémoire de ceux qui ont contribué aux chemins de fer thaïs »

C'est un bel euphémisme. Probablement 5000 de ces travailleurs sont morts de paludisme, de variole, de choléra ou tout simplement d'accidents. Ils mourraient probablement comme des mouches à tel point qu'une famille chinoise, la famille Siphlakit (ครอบครัว ศรีพลากิจ)  était chargée de ramasser les corps et de les bruler, on préfère ne pas savoir  comment. Ce sont leurs cendres que contient le Stupa. Ce monument a été réhabilité en 2005 par le gouverneur de la province Pricha Butsi (ปรีชา บุตรศรี) qui a alors rendu hommage à ceux qui avaient sacrifié leur vie pour fournir au peuple des moyens de transport commodes. Il est un « éléphant » dans la politique du  nord.

 

 

Il était lui était difficile d'ajouter  qu'on ne leur avait pas demandé leur avis.

Nous savons que la construction de la ligne de chemin de fer depuis Bangkok jusqu'à Khorat commencée en 1897 ne s’est terminée que trois ans plus tard. Elle a coûté la vie à plus de huit mille coolies chinois et à trente-huit ingénieurs ou techniciens européens.

N'épiloguons pas, le roi Chulalongkorn est considéré unanimement comme le père des chemins de fer siamois et il s'agit là de ce l'on pourrait appeler pudiquement des dommages collatéraux.

 

Rappelons sans autre commentaire que l’autre chemin de fer de la mort, celui de Kanchanaburi a coûté la vie à environ 13.000 prisonniers britanniques, australiens, néerlandais et américains et probablement à 90.000 travailleurs locaux qui n’y ont pas leur cimetière et le canal de Suez a probablement 120.000 fellahs qui n’y ont ni cimetière ni monument.

 

 

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29 mai 2022 7 29 /05 /mai /2022 04:28

 

 

Nicolas Gervaise fut missionnaire jésuite au Siam entre 1681 et 1685. Nous lui devons une «  Histoire naturelle et politique du royaume de Siam » publiée en 1688. Il consacre un long chapitre au sultanat de Patani, aujourd'hui province thaïe du même nom qui débute ainsi : « Patany n’est pas plus étendu que les trois autres (Johore, Jambi, et Kedah :Jambi est situé sur l'île de Sumatra, Johore est un sultanat malais à la pointe sud de la péninsule malaise et Kedah, autre sultanat est situé au nord à la frontière de la Thaïlande), mais il est bien plus fameux, & mieux connu par l’Histoire de ses révolutions & par l’état présent de son Gouvernement. On dit que ses Peuples lassez d’obéir a des Rois qui les maltraitent, secouèrent le joug, & qu’ayant fait descendre du Trône celui qui régnait alors; ils y firent monter à sa place une Princesse à qui ils donnèrent le Titre de Reine sans lui en donner l’autorité, ils firent choix des plus habiles d’entre eux pour gouverner en son nom & sans sa participation, car elle n’entre point dans le secret des affaires, & elle se doit contenter des respects & des hommages que chacun lui rend extérieurement comme à sa Souveraine, ils ne lui laissent pas même le liberté du choix de ses premiers Officiers, mais ils ne lui refusent jamais rien de tout ce qui peut contribuer à ses plaisirs, rien ne l’empêche de s’y abandonner tout entière & sans réserve, car s’il ne lui est pas permis de se marier, il ne lui est pas aussi défendu d’avoir des galants, elle en a autant qu’il lui en plaise, & elle a même de quoi leur faire des présents considérables; il y a un fond qui est destiné pour fournir à la dépense de ses habits & à l’entretien de sa maison: Elle demeure ordinairement dans Patany qui est la Ville Capitale de son Royaume; la fleur d’or qu’elle paye tous les ans au Roy de Siam se présente toujours en son nom, & non point de la part des Ministres qui ont le gouvernement du Royaume »

 

 

Or, Patani n'a pas eu qu'une seule reine, elle en a eu quatre successivement à partir de 1584 jusqu'à un date en réalité inconnue . La situation est singulière dans un état entièrement musulman. Il est peu de cas dans l'histoire du monde en cette période que soit comme à Patani institutionnalisée la domination féminine. Les sources historiques sont toutefois suffisamment floues sinon contradictoires pour que l'on puisse déterminer avec certitude si elles étaient des reines de façade comme l'écrit Gervaise ou si elles exercèrent effectivement le pouvoir régalien. Qui furent-elles donc ?

Au temps de sa plus grande expansion, le royaume s'étendait sur les provinces actuelles de Patani, Yala, Narathiwat et Satun

 

 

Racha Hichao  (ราชาฮิเชา)

 

 

Elle fut souveraine malaise de Patani  de 1584 à 1616. Son nom signifie « la reine verte », elle est aussi la « la grande reine de Patani». Son règne fut celui de l'âge d'or de Patani. Elle était l'aînée des trois filles du sultan Mansur Shah. Fut-elle mariée ? Il n'en est aucune mention dans les récits historiques, mais il est possible qu’elle ait épousé le tout puissant pirate chinois Lin Daoqian dont les chroniques chinoises disent qu'il aurait épousé la fille d'un sultan à Patani ?

 

 

Son jeune frère Bahdur succéda au sultan Mansur Shah à l'âge de 10 ans, mais fut assassiné en 1584 par son demi-frère qui le fut à son tour la même année.

Fut-elle à l'origine de ses meurtres ? Devons-nous croire la version de Gervaise ? Sa montée sur le trône est-elle due à un mouvement populaire – ce qui est difficile à penser – ou au manque d'héritiers mâles après qu'ils aient tous été tués dans la période turbulente précédente ? Elle devint la première reine de Patani et reconnut l'autorité siamoise d'Ayutthaya en adoptant le titre de Phra Chao (พระเจ้า). Au début de son règne, elle dut faire face à une tentative de coup d'État de son premier ministre, Bendahara Kayu Kelat. Nous savons que le début de son règne fut marqué par le creusement d'un canal provenant d'une rivière endiguée pour d'assurer l'approvisionnement en eau de Patani.

Elle régna pendant 32 ans en apportant la stabilité au pays. Pendant son règne, le commerce avec l'extérieur prospéra entraînant la prospérité de Patani. Elle développa le commerce avec le monde extérieur augmenta et des négociants européens, essentiellement Portugais et Néerlandais vinrent ouvrir des comptoirs au port. Toutefois, la majorité des marchands étaient chinois dont les plus importants s'étaient convertis à l'islam et avaient adopté les mœurs malaises.


La situation du sultanat qui a accés au golfe de Thaïlande et à la mer d'Andaman et la situation privilégiée de la baie qui abrite le port explique la venue  de tous ces commerçants

 

 

Le royaume devint aussi un centre de culture, produisant des œuvres de qualité de musique, danse, théâtre et d'artisanat. Peter Floris, un négociant néerlandais, nous a laissé ses souvenirs qui ont été traduits et publiés en 1934.

Le périple de Floris

 

 

Il a visité Patani en 1612-1613 et décrit en particulier une danse exécutée à Patani comme la plus belle qu'il ait vue aux Indes orientales Les visiteurs européens à Patani étaient impressionnés par la reine, le faste et la splendeur de sa cour. Ne citons que Peter Floris qui la décrivit comme une ` « vieille femme avenante et une grande de personne et pleine de majesté » ajoutant qu'il n'en avait vu aucune dans toutes les Indes orientales qui puisse lui être comparée. Lorsqu'elle partait à la chasse, elle était accompagnée de plus de 600 bateaux. Au cours d'une procession à Patani, elle fut accueillie par environ 4 000 hommes en armes, et la procession comprenait 156 grands éléphants richement harnachés. Son palais était superbement décoré de panneaux dorés et d'ornements en bois sculpté.

 

 

Elle mourut le 28 août 1616 après 32 ans de règne. Tous les hommes reçurent l'ordre de se raser les cheveux et toutes les femmes de les couper en signe de deuil.

Elle avait maintenu la relation de vassalité avec Ayutthaya établie au début de l'histoire du royaume et réaffirmée par le sultan Manzur Syah en 1572.

 

 

Ces relations étaient complexes, elles devaient être fondées sur un équilibre délicat entre les intérêts commerciaux, la politique interne de Patani et ses relations avec ses voisins malais.

Elle a été remplacée par sa sœur cadette Racha Biru sans que cela semble avoir posé de difficultés, elle est la « reine bleue ».

 

 

Racha Biru (ราชาบีรู)

 

La prospérité de Patani continua. En termes de commerce international ce fut la période où les Portugais avaient définitivement perdu leur emprise sur le commerce même du détroit de Malacca et pendant laquelle la route commerciale alternative basée sur Acheh, Bantam et Patani était la plus rentable. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si les premiers commerçants d'Europe du Nord à entrer dans la région au tournant du XVIIe siècle se soient précisément dirigés vers ces trois ports). Ce fut, en outre, une période (1589-1641) au cours de laquelle les Japonais s'ouvrirent brièvement à un vaste commerce outre-mer, stimulant l'exportation de peaux de cerf et de bois de sappan de la péninsule malaise et de Thaïlande en échange d'argent, de cuivre et de soies. Peter Floris a observé que Patani faisait du commerce avec pratiquement toute l'Asie du Sud-Est, avec des navires arrivant et partant pour Ayuttaya, Brunei, Jambi, les ports de la côte nord de Java, Makasar, les Moluques, la Chine, le Japon, le Cambodge et Sumatra, en plus de traiter avec les Hollandais, les Anglais et les Portugais, le premier navire hollandais atteignant Patani en 1601 et les Anglais en 1612.

 

 

Ce fut sans aucun doute le commerce prospère de Patani qui y avait attiré vers 1580 le célèbre pirate chinois Lin Daoqian.

 

 

Confrontée à une hypothétique menace siamoise, elle aurait selon les légendes locales, sollicité ou ordonné à un homme d'origine chinoise de fondre trois énormes canons dont l'un est toujours au fond la mer et les deux autres servirent de trophée au Siam et se trouvent aujourd'hui à Bangkok. Ils sont toutefois l'orgueil de la province actuelle puisqu'ils figurent sur son sceau officiel.

 

 
Le roi Song Tham (1610-1628) avait probablement l'intention de se montrer plus présent dans la péninsule malaise. Pour Floris, l’expansion du Siam portait sur le Cambodge, le Laos, Chiangmai,บีรู Ligor (Nakhon Sri Thammarat), le Tenasserim en sus de Patani. Patani avait certainement des ennemis à craindre : Aceh, Johore et Pahang étaient ainsi que les Portugais et les Siamois.

 

 
La ville fut d('ailleurs brûlée par des mercenaires néerlandais au début du XVIIe siècle et encore en 1613 par une rébellion d'esclaves javanais en 1613.

Sur ces canons, des précisions dans deux articles :

voir l'article de Pierre Le Roux « Bedé Kada ou les derniers canons de Patani » in Bulletin de l'école française d’Extrême orient, 1998, tome 85 , pp 125-162

voir l'article de Seymour Sewell « Note on some old siamese guns » in Journal of the Siam Society, volume XV, 1622-1

Racha Biru mourut en 1623 ou 1624 et fut remplacée par sa jeune sœur Racha Ungu

 

 

 

Racha Ungu (ราชาอุงกู)

 

 

La « la reine pourpre » entra en conflit avec le Siam et a abandonna son titre siamois de Phra Chao et se baptisa en toute modestie « son excellence dirigeante du monde ». Elle était la troisième et dernière fille du sultan Mansur Shah.

Elle était mariée au roi de Pahang. Après la mort du roi, Racha Biru sa sœur lui demanda de revenir à Patani. Lorsque Racha Biru mourut vers 1624, Racha Ungu lui succéda sans difficultés à la tête de Patani. Hostile aux Siamois plus que sa sœur, elle cessa de payer l'hommage « Bunga mas » (la fleur d'or et d'argent) au Siam....

 

 

...et forma une alliance avec Johore, mariant sa fille Racha Kuning avec leur souverain le Sultan Abdul Jalil Shah III. Cependant, elle était déjà mariée au roi de Patalung, Okphaya Déca qui incita alors les Siamois à attaquer Patani avec l’aide du sultan de Ligot en 1633-1634 mais le Siam échoua alors à prendre Patani. Une attaque ultérieure du Siam en 1634 devait être conjointe avec les Néerlandais, mais les navires de ces derniers arrivèrent trop tard et l'attaque de nouveau échoua. Elle avait elle-même lancé une attaque sur le Siam en 1624 et au début de 1625 avec 3 000 hommes, qui se serait terminée apparemment avec succès car le Siam renonça provisoirement à exercer sa souveraineté sur Patani.

Il est une version différente de l'histoire. Le défunt sultan de Johore (1580-1597) avait marié son deuxième fils à la fille de la reine de Patani à la demande de cette dernière. Le plus jeune frère du prince l'avait accompagné pour vivre à Patani mais il s'était s'est mal conduit avec la femme de son frère aîné que le mari bafoué le fit tuer Là-dessus, la reine de Patani fit à son tour tuer le frère aîné. Tout cela est nébuleux et les récits sont obscurs quand ils ne sont pas contradictoires mais démontre une relation étroite de Patani avec Johore au milieu de laquelle Pahang semblent avoir été quelque peu désavantagé. Johore chercha à plusieurs reprises l'aide néerlandaise contre Patani, tandis que Patani semble n'en avoir eu besoin d'aucune. De plus, Patani était suffisamment puissant pour pouvoir bloquer le commerce de Pahang : Ainsi en 1613, obligeant le sultan de Johore à se rendre à Patani avec sa femme, Racha Ungu de Patani. Lorsqu'il mourut l'année suivante, Racha Ungu retourna vivre à Patani. Lors de la visite de Floris à Patani en 1612-1613, la fille de la troisième des sœurs royales de Patani était mariée à un autre prince de Johore. Malgré, ou peut-être à cause de ces liens étroits, Les relations de Patani avec Johore étaient loin d'être pacifiques, et elles ont certainement été intenses sur une période allant du début du siècle aux années 1640 et au-delà.

Racha Ungu mourut en 1634, sa fille va lui succéder

Sur ces péripéties, voir notre article  H 40  « POUR MIEUX COMPRENDRE LE PRÉSENT DE LA PROVINCE THAÏE DE PATTANI, UN PEU D'HISTOIRE ».

https://grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-blog.com/2019/07/h-40-pour-mieux-comprendre-le-present-de-la-province-thaie-de-pattani-un-peu-d-histoire.html

Racha Kuning (ราชาคุนหนิง)

 

 

Elle est « reine jaune ». Elle succéda à sa mère, morte en après 18 mois après la guerre avec Ayutthaya,. Elle fut la dernière des quatre femmes souveraines à avoir régné sans interruption sur le royaume de Patani depuis 1584. Elle est la dernière reine régnante reconnue comme légitime dans les chroniques de Patani.

Elle était fille de Racha Ungu et du sultan de Pahang.

Lorsqu'elle monta sur le trone, Ayutthaya se préparait également à repartir en guerre en 1636, mais le Racha de Kedah intervint pour aider aux négociations avec Patani. Elle choisit de ne pas continuer la guerre et de rétablit la relation avec Ayutthaya en reprenant l'envoi de bunga mas.

 

 

Cependant, elle ne sembla pas avoir exercé un pouvoir politique significatif et les décisions importantes étaient prises par les aristocrates du pays ? Le pouvoir de la reine avait diminué à cette époque et elle ne semblait exercer aucun pouvoir politique significatif ce qui confirme la version de Gervaise.

Patani est devenu moins attrayant au niveau international pour les commerçants à la fin du XVIIe siècle. Les sources sur l'histoire de Patani sont rares à cette époque. Il y a un différend sur la fin de son règne et sur qui lui a succédé.

Selon des sources Kelantanese, Racha Kuning aurait été déposé en 1651 par le Raja de Kelantan, qui avait installé son fils comme dirigeant de Patani, Ainsi débute la période de la dynastie dite de Kelantan. La présence d'autres reines issues de cette dynastie entre 1670 et 1718 n'a jamais été démontrée.

Son nouveau mari semble avoir usurpé son trône en 1644. Après que le prince de Johore ait insulté la noblesse de Patani en exigeant que leurs femmes et leurs filles soient amenées au palais pour le servir et menacé de les mettre à mort, la noblesse de Patani a attaqua le prince de Johore, massacra les membres de son entourage et le repoussa à Johore. En 1646, Patani rejoignit d'autres états tributaires pour se rebeller contre Ayutthaya, puis rejoignit Songkla en 1649 pour s'emparer de Ligor (Nakhon Si Thammarat). Les Siamois ripostèrent et soumirent les sultanats du sud.

 

 

Lorsque Phetracha prit le contrôle d'Ayutthaya en 1688, Patani refusa de reconnaître son autorité et se rebella. Les armées d'Ayutthaya, 50.000 hommes, soumirent Patani.

 

 

L'âge d'or de Patani était terminé, l'anarchie s'y installa et les marchands étrangers abandonnèrent le commerce avec Patani. Vers la fin du 17ème siècle, Patani est décrite dans les sources chinoises comme peu peuplée et barbare.

Contrairement à sa mère, Racha Kuning se fit de nouveau appelée Phra Chao et elle-même a même visité Ayuthaya en 1641 pour consolider la paix. Son royaume resta donc tributaire du Siam.


 

Les sources sur l'histoire de Patani sont tout aussi nébuleuses que celles concernant l'histoire du Siam à cette époque.

En dehors des ouvrages ou articles que je cite et qui sont tous numérisés, A. TEEUW et D. K. WYATT ont publié en 1970 une compilation remarquable des diverses sources manuscrites ou imprimées, malaises, arabes ou thaïes sous le titre HIKAYAT PATANI - THE STORY OF PATANI que j'ai bien évidemment consulté dans la partie concernant ces quatre reines. Il reste qu'il plane de nombreux doutes, par exemple sur la seule question de savoir quand la dernière de ces reines a quitté le pouvoir.

J'ai aussi consulté l'article deStefan Amirell : The blessings and perils of female rule: New perspectives on the reigning queens of Patani, c. 1584–1718  publié dans Journal of Southeast Asian Studies, 42(2), pp 303–323 June 2011.

            J'utilise pour les reines le terme de Racha, transcription du mot ราชา et pour les Malais celui de Raja, l'un et l'autre signifiant « roi » dans leurs langues respectives.

***

La  place de la femme dans l’Islam ? Voilà bien un sujet déroutant, suscitant souvent des réflexes islamophobes et des flots de quiproquos et de polémiques. Je ne connais de l’Islam que le Coran que j’ai feuilleté et qui devrait à mon sens être la seule source de la doctrine. J’y trouve en particulier ces quelques lignes : « Quiconque fait une mauvaise action ne sera rétribué que par son pareil; et quiconque, mâle ou femelle, fait une bonne action tout en étant croyant, alors ceux-là entreront au Paradis pour y recevoir leur subsistance sans compter ». Les déguisements, burqa et tchador,  ne sont pas prescrits par le prophète.  L'excision ne vient pas de l'Islam mais de l'Afrique noire, pratiquée tant par les mahométans que par les chrétiens ou les animistes. La polygamie n'est pas affaire d'Islam, elle n'est interdite en Thaïlande que depuis à peine un siècle. La vision que donne de l'Islam l’Iran et l’Afghanistan ou le terrorisme qui sévit chez nous doit-elle être généralisée ? J’en doute.

Je pense évidemment aux mahométans de Thaïlande, nombreux surtout dans le sud et à l’origine de problèmes qui ne sont pas forcément réglés. Ils suscitent également des réactions islamophobes virulentes à tel point qu’un internaute que je préfère ne pas citer, préconise pour régler cette question, celle des bandits du sud comme les nomme la presse lorsqu’elle cite leur incontestables méfaits, une solution « à la  Birmane ». Le fait que certains (combien ?) de ces autonomistes forcenés soient partis combattre en Afghanistan et en Syrie ou soient entraînés (encore?) dans des camps palestiniens ne plaide pas en leur faveur.

 

 

En ce qui concerne la Malaisie d'aujourd'hui, précisons qu'elle bénéficie d'un régime constitutionnel unique : fédération de 13 états, 4 de ceux-ci sont dirigés par un gouverneur civil et 9 par des souverains héréditaires, sultans ou rajas. Le chef d'état de la fédération (qui n'a pas d'autre pouvoir que représentatif) est choisi pour la conférence des dirigeants, tous les 5 ans mais parmi l'un des neuf sultans héréditaires et en suivant un ordre cycllique obligatoire. Il n'y plus que des sultanes consort

 

 

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