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  • : Le blog des Grande-et-petites-histoires-de-la-thaïlande.over-blog.com
  • : Bernard, retraité, marié avec une femme de l'Isan, souhaite partager ses découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires, culturelles, politiques,sociales ...et de l'actualité. Alain, après une collaboration amicale de 10 ans, a pris une retraite méritée.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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Merci d’être venu consulter ce blog. Si vous avez besoin de renseignements ou des informations à nous communiquer vous pouvez nous joindre sur alainbenardenthailande@gmail.com

18 septembre 2022 7 18 /09 /septembre /2022 06:15

 

Les trésors réels ou imaginaires suscitent les rêves les plus fous. Nous vous avons parlé de ce trésor transporté par le « Soleil d’Orient » transportant en 1681 les ambassadeurs du Roi Naraï auprès de Louis XIV. Il fit naufrage le 1er novembre 1681 au large de Madagascar et gît présentement par 3500 mètres de fond. Le contenu de ses « trésors » est bien connu. Il a suscité un certain nombre d’articles de presse purement et simplement imbéciles et l’imagination d’un aigrefin qui a réussi à soutirer deux millions de francs pour financer une expédition à une naïve dame Belge vivant sur la Riviera (1)

 

Il est un  autre trésor qui a agité la Thaïlande entre 1995 et 2001 et dont l’histoire vient de revenir sur le tapis de la presse, celui du trésor de guerre de l’armée japonaise, immense comme il se doit.

 

L’histoire de cette quête est rappelée dans un article en thaï du journal numérisé thairath, la nation thaïe, le média le plus lu du pays, du 20 février de l’an passé (2)

 

 

Pour les candidats à la course au trésor, je suis je suis désolé de ne pouvoir être plus précis, celui-ci se trouve en particulier dans la grotte de Lichia (ถ้ำลิเจีย) et dans d’autres grottes situées dans des districts montagneux de la province de Kanchanaburi (กาญจนบุรี) jalonnant le chemin de fer de la mort, district de Tha Muang (อ.ท่าม่วง, district de Mueang (อ.เมือง) district de Sai Yok (อ.ไทรโยค), district de Thong Pha Phum (อ.ทองผาภูมิ) et le district de Sangkhla Buri (อ.สังขละบุรี)  et peut-être d’autres encore.

 

L’histoire a commencé le 8 décembre 1995,  anniversaire du débarquement nippon en Thaïlande (le 8 décembre 1941).

 

 

Le 8 décembre 1995 (correspondant exactement au jour où l'armée japonaise a débarqué et capturé la Thaïlande), un diseur de bonne aventure aurait découvert un lingot d'or dans une montagne et plusieurs vieillards se souvinrent alors avoir vu des Japonais transporter des lingots d’or et des objets précieux dans les grottes.

 

Le 26 septembre 1995 déjà, M. Sanguan Ongsombat (นายสงวน อ่องสมบัติ) âgé de 82 ans à l'époque, écrivit une lettre au Département des Beaux-Arts pour demander l’autorisation de dégager et explorer grottes dans la province de Kanchanaburi afin d’en ramener les trésors des soldats japonais et les remettre à son gouvernement. Il faisait à l’époque du commerce avec les soldats japonais et avait constaté leur trafic. Il situait le trésor dans le village de Ban Lichia (บ้านลิเจียข), sous-district de Prang Phe (ต.ปรังเผล), district de Sangkhla Buri (อ.สังขละบุรี) et les autres districts mentionnés ci-dessus.

 

Le 18 décembre 1995, le lieutenant-colonel Chaowarin Latthasak Siri (ร.ต.ท.เชาวรินธร์ ลัทธศักดิ์ศิริ) accorda un entretien à la presse  rappelant qu’il avait entendu parler de ces trésors et avoir vérifié sur place la possibilité de son  existence, de quoi enrichir le pays pour 20 ans ! Il considérait qu’il était de son devoir de s’en préoccuper.

 

 

Des hommes d’affaires s’intéressèrent à cette recherche et l’on commença à démolit les montagnes. Une dame appelée Nanla (หนานหล้า) qui aurait été la compagne d’un soldat japonais donna diverses précisions et indiqua qu’après avoir procédé à l’inhumation du trésor, les japonais avaient fait exploser les entrées pour effacer toutes traces de leur passage. D’autres vieilles femmes qui avaient été les compagnes des soldats japonais, donnèrent des explications peu ou prou similaires.

 

 

Le 20 décembre 1995, le lieutenant-général Chamrat Mangalarat, (พล.ต.ท.จํารัศ มังคลารัตน์) longtemps député de la province, évoqué le témoignage d’un moine nommé Luang Por Abhisit (พระภิกษุชื่อหลวงพ่ออภิสิทธิ์) qui parlait en particulier de lingots d’or et d’épées de samouraï.

 

Le paranormal va évidemment s’en mêler. Le 21 décembre 1995, de nombreux habitants des villages proches des grottes entendaient quand ils passaient à proximité des hurlements de femmes torturées et sorte qu’ils n’osaient plus s’en approcher.

 

C’est alors que Yuenyong Opakul  (นายยืนยง โอภากุล), un chanteur du Groupe Carabao (คาราบาว) protesta contre ce massacre à la pelle mécanique de la flore et de la faune ainsi que du fragile équilibre naturel.

 

 

Le 24 novembre 1998 le Secrétaire de l'Ambassade du Japon en Thaïlande ironisa sur ces légendes auxquelles  nul ne croyait au Japon mais ajouté pour refroidir les chercheurs d’or que si par impossible ces légendes correspondaient à une quelconque vérité, cet or appartenait à son pays et non à la Thaïlande.

 

Pour sa part, le lieutenant-colonel Chaowarin Latthasak Siri rendi hommage au patriarche suprême pour solliciter les prières du clergé.

 

5 décembre 1998 M. Plodprasop Surasawadi (นายปลอดประสพ สุรัสวดี), directeur général du Département royal des forêts (อธิบดีกรมป่าไม้) fit un voyage à la grotte de Lichia pour faire une cérémonie, encens et bougies pour rendre hommage à Bouddha.

 

 

Le premier ministre Taksin (พ.ต.ท.ทักษิณ ชินวัตร) se rendit en personne sur les lieux, il n’en ramena que de la boue sur son costume.

 

 

Le 15 avril 2001 Lieutenant-colonel Chaowarin Latthasak Siri annonça la découverte de bons du trésor américain d'une valeur de 100 millions de dollars, de 250 pièces, pièces d'or et de 2 500 tonnes d'or !

 

Pour les bons du trésor, le département américain  du trésor annonça qu’il s’agissait probablement de faux. Quelques jours plus tard une procédure fut d’ailleurs ouverte pour crime de faux et escroquerie.

 

 

Pour les 2500 tonnes d’or, c’est un monumental mensonge, c’est à peu près exactement la taille de la réserve d’or de la Banque de France. Notons que les wagons chinois les plus modernes permettent de transporter 155 tonnes de fret. Il aurait donc fallu une procession de 16 wagons et beaucoup plus dans les années 40 !

 

Le 7 avril 2001 M. Plodprasop Surasawadi déclara à la presse que le trésor n’avait pas été découvert et que toutes recherches ultérieures seraient interdites.

 

Le bilan à ce jour était de six morts parmi les chercheurs d'or tous étouffés dans des boyaux par absence d'oxygène.

 

 

L’affaire surgit à nouveau 20 ans plus tard dans un article du très sérieux Bangkok Post du 21 février 2021, nous ne sommes plus à Kanchanaburi mais au fond de la montagne de Sukhothai (3). Il s’y trouve une grotte avec un système de chambres qui pourrait déclencher une nouvelle chasse au trésor pour l'or de guerre japonais.

Un résident a conduit un journaliste local visiter l'une des grottes où les soldats japonais de la Seconde Guerre mondiale auraient construit un système de chambres encore inexplorées où ils auraient caché leurs trésors.

Kliang dont le nom de famille n’est pas révélé, âgé de 64 ans, a déclaré que sa fascination pour l'or de la guerre avait commencé alors qu'il était un jeune garçon lorsque son grand-père lui interdisait d'aller dans la montagne pour récupérer ce qu'il pensait être des objets antiques enterrés. Il disait au jeune Kliang que des tonnes d'or avaient été déchargées par les soldats à la gare de Sawankalok et transportées par éléphants ou des chariots tirés par des buffles jusqu’à des cavernes existantes. Celles-ci avaient plusieurs entrées qui avaient ensuite été dynamitées.  Quelques années après la fin de la guerre, les villageois virent environ 200 japonais parcourir la montagne pendant des semaines, en  vain.  M. Kliang déclara que lorsqu'il était jeune, il s'est glissé dans l'une des grottes dans lesquelles les troupes japonaises avaient construit des cheminées d’aération. Pour quelles raisons sinon pour y cacher quelque chose ? Le chef du sous-district, également historien  pensait que cette histoire ne devrait pas être rejetée d'emblée. Il était  logique que les troupes aient à leur disposition de l'or qu'elles pourraient utiliser pour acheter des produits de première nécessité et de la nourriture mais qu’il fallait prendre cette affaire avec des pincettes.

 

Dès 1995, M. Heinwich, un ingénieur allemand et son équipe d’experts en travaux publics considéraient que ces grottes aménagées auraient constitué des bunkers pour d se protéger des attaques aériennes ?

NOTES

 

1 – voir notre article

R2. 84. Le trésor englouti de la 1ère ambassade du Roi Naraï auprès De Louis XIV en 1681 ?

https://grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-blog.com/article-84-la-1ere-ambassade-du-roi-narai-aupres-de-louis-xiv-en-1681-118035147.html

 

2 – voir l’article

อาถรรพณ์! ย้อนมหากาพย์ ล่าขุมทองทหารญี่ปุ่น รถไฟสายมรณะ สมบัติลับถ้ำลิเจีย!

Mystère! Revivez l'épopée, partez à la recherche du trésor d'or des soldats japonais, le chemin de fer de la mort, le trésor secret de la grotte de Lichia !

https://www.thairath.co.th/news/local/central/1424723

3 – voir l’article

Cave discovery rekindles hidden gold tales

https://www.bangkokpost.com/thailand/special-reports/2071755/cave-discovery-rekindles-hidden-gold-tales

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4 septembre 2022 7 04 /09 /septembre /2022 05:30

 

Le roi Naraï régna de 1656  à 1688 et eut auprès de lui comme premier ministre un aventurier de génie, Phaulkon.  Nous avions dans un article déjà ancien envisagé l’hypothèse d’une origine marseillaise du premier ministre et presque vice-roi de Naraï le grand.  Ce n’était qu’une hypothèse fondée essentiellement sur l’une des versions des Chroniques royales d’Ayuthaya laissant penser qu’il aurait pu appartenir à cette diaspora grecque toujours présente sinon omni présente notamment dans les activités maritimes depuis 600 ans avant Jésus-Christ. Elle reposait sur la relation des Chroniques royales d’Ayutthaya traduites par Wyatt qui relatait l’arrivée d’ « un Français, capitaine d’un vaisseau qui transportait des marchandises dans la capitale du céleste empire ».  Le nom paronymique originaire de Phaulkon sous forme de Gérakis ou Yérakis est toujours porté à Marseille et dans ses environs. Nous fumes alors en rapports avec un érudit grec qui nous permis de nous corriger puisqu’il s’est livré à de savantes études sur Phaulkon Monsieur Panayotis D. Cangelaris dont les recherches confirmaient que les origine se situaient bien dans une famille noble ou notable de Céphalonie. Dont acte, Phaulkon était bien grec avant sa montée en puissance au Siam.

 

 

Une thèse de Walter J. Strach III publiée à l’Université d’Hawaï en 2004 « Constatine Phaulkon and Somdet Phra Narai = Dynamic policy of courts politices in seventeeth century Siam » nous donnent des éléments fondamentaux non seulement sur les origines de Phaulkon qui se situent bien dans une famille de notable de Céphalonie mais encore qu’une partie de sa descendance se retrouve à Marseille.  L’américain a été en rapport avec Jean-Claude Gérakis à Marseille et à Panakis Gérakis, actuellement décédé et homme fort de la politique à Céphalonie.

 

 

Dans la revue (exclusivement en thaï) « L’art et la culture » (ศิลปวัฒนธรรม) numéro d’avril 1997, le professeur Phuthon Phumathon (อาจารย์ภูธร ภูมะธน) nous apprend l’histoire de sa rencontre avec les descendants de celui que les Siamois appelaient okyawichaiyen (ออกญาวิไชเยนทร์) et les Français Constance Faulcon ou Phaulcon, « noble étranger » sous le règne du roi Naraï le grand (พระนารายณ์มหาราช) de 1656 à 1688 dont le nom grec était Κωνσταντίνος Γεράκης qui en romaïque se lit Constantinos Gérakis. Gérakis est un faucon en grec d’où la transcription en Phaulkon ou Falcon.

 

 

La thèse de Walter J. Strach III est une bonne synthèse sur le rôle de Phaullkon en cette époque au Siam. Elle repose sur une abondante  bibliographie. Ne revenons pas sur le rôle majeur qu’il a joué et intéressons-nous à sa descendance.

 

 

Sur les origines

 

Messieurs Panayotis D. Cangelaris,  Walter J. Strach III et  le professeur Phuthon Phumathon s’accordent à considérer qu’il s’agissait d’une famille noble de Céphalonie. 

Le fait qu’en 1689 le roi Louis XIV  lui ait accordé post mortem, ce dont bénéficiait donc sa famille, la nationalité française, peut donc nous permettre d’exclure la supposition qu’il était Français d’origine. Ses lettres de naturalisation ont été régulièrement enregistrées au parlement de Paris.

Par contre, l’attribution  d’un  titre de comte et le collier de l’ordre de Saint-Michel est une erreur, ne reprochons pas à un américain, Walter J. Strach III et à un thaï le professeur Phuthon Phumathon d’ignorer les subtilités du droit nobiliaire français, c’est en  tous cas une erreur que ne commet par Panayotis D. Cangelaris,  Le  sceau  de Phaulcon porte bien le dessin d’un faucon, surmonté de ce qui semble une couronne de comte et entourée de ce qui semble aussi être le collier de l’ordre de Saint-Michel  est donc de pure fantaisie.

 

 

Au demeurant, l’attribution du collier de Saint Michel était à cette époque aussi totalement déprécié que la Légion d’honneur au XXIe siècle. Ces deux distinction accordées à un étranger auraient dû être enregistrées au Parlement de Paris et ne l’ont pas été.

 

 

Si des doutes ont été  émis sur les origines noble, elles émanèrent du seul Chevalier de Forbin qui le détestait et plus encore.

 

 

La descendance directe

 

Après la mort de son mari en 1688, Maria Guyomar fut relâchée et  affectée à la confection des pâtisseries au Palais tout en vivant à Bangkok dans le quartier portugais de Sante-Cruz. Elle mourut en 1703.

 

 

Phaulkon eut deux fils, Jean ou Joao et Jorge ou Georges, le premier mort en 1688. Jorge ou Georges fut missionné » par le roi Boromakot en 1748 pour lui procurer une orgue  mécanique qu’il obtint par l’évêché. Il partit ensuite pour Pondichéry et épousa une portugaise qui mourut en 1754. Ils eurent un fils Joao revenu au Siam. Il  fut emmené en captivité par les Birmans après la chute d’Ayutthaya en 1767, relâché en 1769 il revint au Siam s’installer à Santa Cruz.  Il eut aussi plusieurs filles dont l’une épousa Jean Chi, un officier portugais de l’armée birmane originaire de Macao et une autre fille Philippa marié à Ta Vian qui vivait encore en 1861. Angelina Sap leur autre fille née en 1805 fut mariée à un anglais Robert Hunter en 1825. Leur fils Robert Junior épousa Rosa Ribeiro en 1849 et eurent deux fils, autre Robert (1851 -1889) et Jean (1853 -1891). Leur  fils ainé Robert fut envoyé faire des études en Angleterre et revint au Siam ou il devint interprète officiel de la cour sous le règne de Rama III. Il mourut en 1865 à l’occasion d’une beuverie et se noyant en tombant à l’eau depuis les quais. Robert Harper senior était l’un des amis et des conseillers de Rama III mais fut expulsé du royaume en 1844 pour infraction à la législation sur l’opium. Il retourna en Angleterre et mourut en 1848.

Il existe probablement dans le quartier Siamo-Portugais de Santa –Cruz tout une descendance directe de Phaulkon qui y vit sans fastes loin de la cour.

 

 

Une descendance collatérale en France

 

Dans la revue (exclusivement en thaï) « L’art et la culture » (ศิลปวัฒนธรรม) numéro d’avril 1997, le professeur Phuthon Phumathon (อาจารย์ภูธร ภูมะธน) nous apprend l’histoire de sa rencontre avec les descendants de celui que les Siamois appelaient okyawichaiyen (ออกญาวิไชเยนทร์) et les Français Constance Faulcon ou Phaulcon, « noble étranger » sous le règne du roi Naraï le grand (พระนารายณ์มหาราช) de 1656 à 1688.

Cette rencontre, fruit du hasard, se déroula à Marseille. Le professeur visitait  1990 le Musée national du roi Naraï (พิพิธภัณฑสถานแห่งชาติสมเด็จพระนารายณ์) à Lopburi. Il y rencontra le Directeur qui marchait en compagnie d’un étranger. Il le lui présenta comme un homme qui s’intéressait à  okyawichaiyen. Il lui expliqua qu’il portait le même nom que celui-ci, Gérakis, le nom du premier ministre du roi Naraï en romaïque se lit Constantinos Gérakis  (Κωνσταντίνος Γεράκης).. « Gérakis », signifie en grec « faucon » d’où viendrait la transcription de son nom en « Phaulkon » ou « faulkon ». Je ne reviens pas sur l’Issoire de ce Grec devenu premier ministre du roi Naraï. Nous lui avons consacré de nombreux articles. Nous le savons né à Céphalonie et qu’il en partit à 13 ans pour chercher fortune dans le monde et finit par se retrouver à Ayutthaya. En 1680, il obtint un poste dans l’administration royale et fit la connaissance du roi Naraï jusqu’à en devenir son premier ministre au moins officieux et l’inciter à entrer en rapport avec le royaume de France. Il y trouva la mort après que le trône siamois ait été usurpé par Phétracha (พระเพทราชา) le 5 juin 1688. Notre professeur et le visiteur échangèrent leurs cartes de visite. Il put en 1994 se rendre en France fin 1994 pour y effectuer des recherches sur les relations franco-thaïlandaises et pensa alors à contacter ce français de Marseille qui portait le nom de Gérakis. Il fut accueilli par le coupe et se retrouvèrent dans leur villa avec leur fille passionnée d’histoire. Quel était donc le lien avec Constance Gérakis alias Phaulcon ? Nous connaissons la descendance de Georges.

Les armoiries parlantes que l’on attribue à une  famille Gerachi (la même ?) porte évidement un faucon ce que nulle loi n’interdit mais sont surmontée d’une couronne de comte, ce qui est fantaisiste car « le grand aïeul » n’a jamais été fait comte par Louis XIV comme on le lit trop souvent.

 

 

Monsieur Jean-Claude Gérakis qui entretient – ce qui fort louable – une traduction familiale explique que son grand-père était grec ce qui nous amène donc dans le courant du XIXe siècle, et possédait une ligne maritime entre la Grèce et l'Europe du Nord. Son grand-père avait émigré à Marseille avant la Première Guerre mondiale et son père y était né. A cette époque, la famille ne parlait plus grec. Son occupation consistait dans le commerce du bois entre l'Est et l'Europe. y compris le commerce du teck de Thaïlande.

 

 

Monsieur Jean-Claude Gérakis recueille pieusement tous les éléments sur celui qu’il pense être sinon son ancêtre du moins un arrière-arrière-arrière grand-oncle. Dans une généalogie manuscrite qu’il a remise au professeur et dont l’américain a eu connaissance nous voyons que Constantin eu deux frères et une sœur ce que nous ignorions. Nous ignorons tout des rapports qu’il avait avec eux ? Son frère Andréa, né en 1665, a eu deux enfants dont un autre Constantin né en 1665 eut un fils né en 1766. Celui-ci eut plusieurs enfants dont un autre fils né en 1807. Celui-ci eut plusieurs enfants, des mâles sans descendance, une fille et un Andréa né en 1832. Il est probablement le grand-père armateur dont parle Jean-Claude Gérakis, lui-même dans le négoce du bois. A cette époque, il y eut une forte immigration grecque vers Marseille en raison des persécutions ottomanes.

 

Gérakis possède de famille une peinture ancienne accrochée dans son salon  représentant la réception par le roi Naraï de l’ambassade française au grand palais d’Ayutthaya le 28 octobre 1685 différente des gravures que l’on trouve partout.  Il la tenait de son père et aurait été l’œuvre d’un moine d’Ayutthaya et depuis lors conservée dans la famille en Grèce d’abord puis à Marseille. Le professeur prit de nombreuses photographies qui se sont perdues avec ses bagages lors du vol de retour.

 

 

 

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28 août 2022 7 28 /08 /août /2022 06:17

 

J’ai la semaine dernière parlé de la présence des eunuques dans le Siam ancien. Ils furent peut-être présents avant le règne du roi Naraï, sous l’influence probable des Perses et des Chinois, omni présents à Ayutthaya sous le règne de Naraï et à la cour de sa fille Yothathep et disparurent par la suite. Il ne fallait pas les confondre – disais-je – avec les travestis qui, eux, ne manquaient pas. Il faut encore savoir ce que parler veut dire, le terme « travesti » n’a aucune connotation sexuelle, c’est tout simplement l’acte d’une personne qui se déguise pour quelque raison que ce soit. Le terme de kathoei (กะเทย) qui leur est consacré est traduit par Monseigneur Pallegoix dans son premier dictionnaire thaï-français-latin-anglais de 1854 par le terme hermaphrodite qui me paraît parfaitement adapté à ce que sont ces « garçons-filles ». Le vocabulaire a d’autres mots pour ces déviances sexuelles. Le terme de bando (ou บันเฑาะก์) est plus parlant puisqu’il s’agit du tambour des brahmanes sur lequel on tambourine des deux côtés.

 

Constatons que les déviances masculines portent le nom de « lensawat » (เล่นสวาท) pour les hommes, « jouer à se faire plaisir » et « lenphuean » (เล่นเพื่อน) pour les femmes « jouer entre amies ». La seule utilisation du préfixe « len » (jouer) démontre que tous les termes n’ont aucun caractère négatif, un jeu n’est pas une déviance !

 

 

Mais nous sommes en pays bouddhiste theravada. Le bouddhisme ne s’intéresse pas à la sexualité en tant que telle mais bien seulement comme à un aspect du désir, il n'y a donc pas de discours bouddhiste particulier sur la sexualité : seul importerait le fait de ne faire souffrir ni soi-même ni autrui.

La réalité est beaucoup plus nuancée en ce qui concerne par contre le clergé. La casuistique des bouddhistes vaut bien celle des jésuites. Je ne vais pas vous faire un cours de droit canonique bouddhiste, je n’en ai ni l’envie ni les compétences mais j’ai découverte avec amusement une distinction entre ces diverses déviances et leur incidence sur la possibilité de porter la robe safran :

 

Asittabando (อาสิตตบัณเฑาะก์ข) est un homme qui lèche les organes génitaux d’un autre homme. Il n’a pas accès à la prêtrise à moins de renoncer à ses goûts.

 

Usuiyabando (อุสุยยบัณเฑาะก์) est un homme qui aime regarder les activités sexuelles entre hommes et hommes. Il n’a pas non plus accès à la prêtrise à moins de renoncer à ses goûts.

 

Opakkamiyabando (โอปักกมิยบัณเฑาะก์) est un eunuque 1ui ne peut pas recevoir la robe. Restons-en là même s’il y a d’autres distinctions subtiles.

 

De nombreuses décorations dans les temples illustrent ces comportements depuis les époques les plus anciennes mais il n’est pas facile de deviner s’il s’agit d’eunuques, d’homosexuels ou d’hermaphrodites, avouons-le. Les hommes et les femmes ne sont vétus qu'à parrtir de la ceinture d'habillements similaires et les siamoises n'ont pas la réputation n'ont pas des mamelles de vaches à lait

 

 

Nous avons trace de quelques événements historiques significatifs.

 

En l'an 1634, un ancien directeur du comptoir hollandais à Ayutthaya Joosts Schouten fut condamné à mort par le gouvernement néerlandais de Batavia. Il plaida coupable et affirma avoir été initié à ces comportement par des habitants d'Ayutthaya. Dénoncé par un hallebardier français qu’il poursuivit de ses assiduités, il avoua son crime, bien qu’il ait toujours eu, dit-il, « le rôle passif », adepte de la sodomie passive » comme aurait dit le Marquis de Sade ce qui laisse à penser qu’il avait volontiers à faire avec des hermaphrodites. Condamné à être brûlé vif, ses juges, compte tenu des grands services rendus à la Compagnie lui accordèrent la grâce insigne d’être étranglé avant d’être grillé. Trois de  ses complices furent condamnés à être enfermé dans des sacs et jetés dans les flots. La société calviniste néerlandaise n’était pas réputée pour son goût de la gaudriole et l’intolérance y était totale. La république de Calvin à Genève fut éclairée par des dizaines de bûchers (1).


 

 

Sous le premier règne de la dynastie présente, l’histoire a retenu le nom du prince Krom Luang Raksanaresorn (กรมหลวงรักษรณเรศร) qui eut des liens avec des acteurs du théâtre royal, probablement comme Joost Schouten, adepte de la sodomie passive ? Il fut déchu de son titre de Krom Luang, rebaptisé du titre inférieur de « mom kraison » (หม่อม ไกรสร), un titre réservé aux femmes de sang royal ce qui indique ses préférences. Il fut condamné à mouroir sous les coups du bâton de santal au Wat Pathumkhongkha (วัดปทุมคงคา) mercredi, le troisième mois lunaire, l'année du singe, le 13 décembre 1848 à 56 ans. Il fut le dernier membre de la dernière famille royale à avoir été exécuté de cette manière. Ce ne sont pas ses déviances sexuelles qui furent à l’origine de sa mort et il est loin de mériter le titre de martyr de la cause pédérastique ! Il semble qu’ait pesé sur lui une double accusation de corruption et de complot concocté avec l’aide de ses gitons pour conquérir le trône ?

 

 

Dans la Chronique de Rattanakosin, deuxième règne (พระราชพงศาวดารกรุงรัตนโกสินทร์ ร.2- référence est faite à un moine du Wat Mahathat qui eut un comportement déplacé avec un jeune novice dont il caressait les organes génitaux. Il fut défroqué et chassé du temple.
 

 

 

Passèrent les années. Faut-il voir dans le code pénal de l’année Rathanakosin 127 (1908) une répression pénale de l’homosexualité ? C’est aller un peu vite en besogne et plus encore. N’oublions pas que ce code fut l’œuvre de juristes français. Ce sont les articles 240 et suivants qui sont les bons essentiellement le 242. 

 

Je donne la version française de Georges Padoux qui en fut le rédacteur principal :

 

 

Encore faudrait-il savoir si ce texte effectivement répressif a entraîné des condamnations sur le terrain ? Ce me semble peu probable compte tenu de la montée sur le trône de son fils Rama VI en 1910. Aucun exemple n'en est jamais cité en tous cas.

 

Ce texte suscite deux réflexions :

 

Il réprime la bestialité ce qui est singulier même à cette époque.

 

Les peines sont en définitive légères, nous sommes loin de la peine de mort ! On peut penser sans trop de risque d’erreurs qu’avant la promulgation de ce code, et pour autant que les sodomites, les tribades et les travestis aient été sanctionnés, les tribunaux infligeaient la bastonnade sur le dos avec un rotin. Il en est d’ailleurs toujours ainsi en Malaisie voisine.

 

Voilà bien un domaine où les occidentaux n’ont pas de leçons à donner puisque par exemple l’homosexualité est restée jusqu’en 1967 un délit en Grande Bretagne.

 

Rama VI a été élevé en Angleterre, pays où, derrière l’hypocrisie victorienne, l’homosexualité semble avoir été élevée au rang d’une institution dans la haute société. Il a en la matière les idées plus larges que son père. Dans son journal « Dusit samit » (หนังสือพิมพ์ ดุสิตสมิต) on lui prête la paternité d’un article intitulé « Kathoei » (กะเทย) ou il écrit « Pourquoi les bisexuels en savent-ils autant sur les maris et les femmes ? » (หนังสือพิมพ์ ดุสิตสมิต), tout un programme ! Ceci dit, même s’il est indulgent à leur égard, il ne semble pas que le monarque n’ait jamais appartenu à la « confrérie » même si elle le revendique.

 

 

Quoiqu’il en soit, le code de 1908 est resté en application jusqu'au 13 novembre 1956 même s'il ne fut probablement jamais appliqué, devenu obsolète tout autant que les dispositions celles qui interdisent la prostitution.

 

En définitive, la morale bouddhiste n'a rien à voir avec la notre, imprégnée de judéo-chistianisme et, en dehors du clergé, l'existence des travestis n'a guère posé de difficultés dans la société.

 

 


 

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21 août 2022 7 21 /08 /août /2022 04:12

 

Les eunuques ont joué un rôle important dans les cours asiatiques. Nombreux ou pas, ils étaient présents à la cour du roi Narai (1657-1688). Ayant découvert avec étonnement leur existence en lisant le Chevalier de La Loubère,  je me suis penché sur les éléments concernant la présence d'eunuques avant, pendant et après le règne du roi Narai. La Loubère, fut l’observateur le plus attentif parmi les français venus en ambassade au Siam au temps de Louis XIV. La seule lecture du Chevalier de La Loubère, l’observateur le plus attentifs parmi les français venus en ambassade au Siam m'en avais fait découvrir avec étonnement l'existence (« Du royaume de Siam » de 1691)

 

 

 

Des eunuques indiens ont très probablement été conduits à Ayutthaya sous le règne du roi Narai.  En existait-il avant lui ? S’il en était, ils étaient probablement d'origine chinoise. Les eunuques auraient peut-être encore servi sous le règne du roi Rama IV (1851-1868) non pour surveiller les harems que défendre le roi et ses épouses ?

 

 

Une étude exhaustive a été publiée sous la signature de Katherine Bowie de l’Université de Wisconsin-Madison dans la livraison du Journal de la Siam Society, volume 110-1 de 2022 sous le titre « Eunuchs in Siam: Before, During and After the Reign of King Narai in Ayutthaya »

 

 

Leur présence à la cour siamoise ne semblait pas avoir fait jusqu'alors l’objet d’études attentives circonstanciées sinon quelques-unes en langue thaïe  difficiles d'accès apr exemple une thèse de l'Université Silapakorn de 2012 :

ขันทีในราชสำนักสยามจากหลักฐานทางโบราณคดี

(Eunuques à la cour siamoise à partir de preuves historiques)

 

 

 

 

 

 

 

Pourtant, ils  ont joué un rôle important dans les Cours à travers l'Asie, notamment dans les Cours chinoises, mogholes, ottomans et persanes du XVIIe siècle. On estime que la Cour safavide de Perse en 1666-1667 comptait quelque 3.000 eunuques;

 

 

la Cour chinoise en comptait quelque 100.000 vers la fin de la dynastie Ming, souvent  partenaires sexuels pour les hommes et les femmes du palais. La plupart du temps on se contente de parler d’un rôle de surveillance des épouses et des concubines du roi.

 

 

Malgré leur importance dans de nombreux autres palais asiatiques,  peu d'attention a été accordée à la présence ou à l'absence relative des eunuques dans les cours siamoises. H.G. Quaritch Wales,  éminent spécialiste de la vie du palais siamois, a affirmé péremptoirement en 1931 dans son « Siamese State Ceremonies » qu’il  n'y avait pas d'eunuques alors qu’ils étaient certainement présents à Ayutthaya pendant le règne du roi au XVIIe siècle 

 

 

Les eunuques remplissaient un large éventail de fonctions, allant de rôles publics en tant que fonctionnaires de la cour, spécialistes des rituels, administrateurs provinciaux et commandants militaires aux rôles privés. On ne se concentre en général que sur l'aspect un peu caricatural dans les harems dans lesquels ils servaient à surveiller et à contrôler les épouses et les concubines du roi, un  rôle qui fut assurément secondaire au Siam.

 

Sous le règne du roi Naraï au XVIIe siècle, une grande partie du fonctionnement interne du palais reste inconnue, mais quelques éléments  peuvent nous éclairer sur leur rôle. Nous savons qu'il y avait une différenciation en fonction de leur origine raciale, indienne ou chinoise.  Ce n'est pas contradictoire avec ce qu'écrit La Loubère  « On dit qu’il y a huit ou neuf eunuques seulement tant blancs que noirs »

 

 

Ces différences ethniques correspondaient-elles à une différentiation de leurs fonctions, entre Indiens et Chinois, garde rapprochée du roi et protecteurs des femmes ?

 

Leur nombre total était donc faible mais il est  possible aussi que des hommes et des femmes du palais ou de hauts fonctionnaires en aient à eu leur disposition. Claude Céberet du Boullay note dans son journal en 1687 que la princesse Yotathep, enfant unique du roi Narai, avait des eunuques « extrêmement insolents ». Il appartenait à la seconde ambassade et nous lui devons un «  Journal du Voyage de Siam de Claude Céberet, Envoyé extraordinaire du Roi en 1687 et 1688 » resté inédit jusqu'en 1992.

 

 

La question se pose de savoir pourquoi en utiliser s’ils n’avaient aucune utilité et pourquoi disparurent-ils s’ils avaient une utilité ?

 

Si leur  présence était antérieure au règne du roi Narai, ils étaient probablement chinois en raison des rapports anciens entre la Cour d'Ayutthaya et la Chine et auraient alors supervisé les rituels du palais et ses activités commerciales.

 

Ce règne  a été fortement influencé par la Perse safavide et parce que les eunuques indiens semblent avoir été présents ils ont très probablement été amenés à Ayutthaya pendant son règne, bien que les eunuques chinois aient pu précéder, ils peuvent également être arrivés pour la première fois après 1644 à la suite de l'effondrement de la dynastie Ming et de l'expansion spectaculaire du commerce sous la dynastie Qing.

 

 

Ils ne doivent pas être confondus avec les travestis que l'on trouvait aussi – paraît-il - dans de nombreuses cours de l'Asie du Sud-Est.

 

Les panneaux du Pavillon de laque du Palais Suan Pakkad à Bangkok dont l’un est reproduit en tête de cet article  représentent-ils  des eunuques ou des travestis ? Ce trésor provient en tous cas incontestablement du milieu du XVIIe à Ayutthaya.

 

 

Les eunuques des cours asiatiques subissaient une castration radicale, une procédure traumatisante impliquant l'ablation chirurgicale du pénis et des testicules. En raison du taux de mortalité important, la chirurgie était généralement pratiquée dans des centres de castration en Chine, au Vietnam, à Java, au Bengale et dans le nord-est de l'Afrique liés à la rive ouest de l'océan Indien, le rétablissement prenait généralement environ 100 jours. Il n'y a aucune preuve que la castration ait été pratiquée au Siam, que ce soit pour les captifs de guerre ou les criminels, ou  toute autre raison ; nous pouvons donc en déduire que tous les eunuques trouvés au Siam ont été importés..Les Chinois semblent avoir été les maîtres en la matière, les âmes sensibles peuvent se dispenser de la lecture d'une opération (1)

 

 

 

En plus des sites de castration en Europe et  en Asie centrale il y avait des centres en Chine, au Vietnam, à Java et au Bengale. Bien que ni la Chine ni le Vietnam ne semblent avoir exporté d'eunuques vers les marchés d'esclaves extérieurs, Java et le Bengale auraient été les sources d’origine ?  Ludovico di Varthema note de son voyage à Java en 1505 que « dans cette île il y a une sorte de marchands, qui ne suivent aucun autre commerce sauf celui d'acheter des petits enfants, dont ils ont tout coupé dans leur enfance, et ils restent comme des femmes …Des marchands indiens viennent dans cette province, et achètent les eunuques dont j'ai parlé, et aussi beaucoup d'esclaves, et puis ils les emmènent dans divers autres pays pour les revendre » (2).

 

 

 

Duarte Barbosa, compagnon de Magellan, écrit en 1518 que les eunuques n'étaient pas seulement castrés au Bengale, mais y suivaient également une formation spéciale, de sorte qu'ils étaient tenus en haute estime en tant qu'hommes de caractère droit et vendus plusieurs fois le prix d'un esclave ordinaire, les principaux acheteurs de ce marché spécialisé d'eunuques indiens et africains étaient des commerçants musulmans. et européenne (« The book of Barbosa » fut publié une première fois en portugais en 1812 et ultérieurement traduit en anglais.

 

 

Selon Tomé Pires  qui a visité Ayutthaya au cours de ses voyages de 1512-1515, « La marchandise principale » que Siam importait de Malacca était « des esclaves mâles et femelles, qu'ils emportaient en quantité ainsi que des épices, des tissus, des tapis » (3).

 

 

Cependant, les relations commerciales et tributaires entre Ayutthaya et la Chine étaient beaucoup plus robustes et anciennes. Parmi les nombreux marchands étrangers qu'il a vus, Pires a ajouté « la plupart de ces étrangers sont chinois, car le Siam fait beaucoup de commerce avec la Chine.

 

Les dirigeants d'Ayutthaya ne pouvaient dès lors ignorer l’importance de l'institution des eunuques à la cour chinoise, impliqués dans la supervision du commerce maritime et des rituels.

 

Pourquoi une Cour intéressée à gagner des esclaves de grande compétence aurait donné la priorité à la catégorie la plus chère d'eunuques qui n'auraient pas eu la capacité de se reproduire reste obscur.

 

Y eut-il des eunuques à Ayutthaya avant le règne de Narai est une possibilité et non une certitude et s'ils y étaient présentes, ils auraient probablement été Chinois non pas affectés à la fonctionne gardes du sérail mais de conseils spécialisés sur les rituels de cour appropriés tels qu'exécutés à la cour chinoise et auraient facilité les négociations commerciales, en particulier avec les marchands chinois. Comme les femmes de la cour étaient généralement impliquées dans la préparation des rituels et dans la gestion du commerce, elles étaient les femmes étaient susceptibles d'être en rapports étroits  avec les eunuques.

 

 

Règne du roi Narai (1656 - 1688)

 

 

C’est une période de stabilité politique. Ayutthaya contrôle les ports de la côte ouest de Tenasserim vers le sud, la Birmanie contrôlant ceux de Tavoy vers le nord. Dans les premières années qui suivirent son avènement en 1605, le roi Ekathotsarot prit contact avec les Portugais, les Anglais et les Hollandais. Au début des années 1610, des musulmans japonais, chinois et indiens faisaient régulièrement du commerce à Ayutthaya. Après la prise de contrôle de la Chine par les Mandchous en 1644, l'empereur chinois interdit tout commerce extérieur, mais le il reprit en 1652. Ayutthaya gagna en importance, produisant à la fois des biens destinés à l'exportation et servant d'entrepôt majeur dans le commerce entre la Chine, le Japon et les Philippines, l'est et la Turquie ottomane, la Perse safavide et l'Inde moghole à l'ouest.

 

Les Perses dominèrent ce mélange de commerçants étrangers, Leur influence date de 1602 lorsque deux frères, Shaykh Ahmad et son jeune frère Muhammad Said, sont arrivés à Ayutthaya venant du golfe Persique et ont épousé des femmes locales. Ahmad fut bientôt nommé en charge du commerce avec le monde indonésien et la région occidentale de l'océan Indien. En 1620, Ahmad  contribué à organiser le coup d'État qui a mis le roi Songtham au pouvoir. Sous son règne, il fut promu au poste de Phra Khlang et plus tard premier ministre. Sous le règne du roi Prasat Thong (1629-1656), les musulmans chiites en vinrent à dominer les bureaux commerciaux du Siam. Le fils aîné d'Ahmad, Chun, avait  été nommé premier ministre de 1630 jusqu'en 1670, le règne du roi Narai ayant commencé en 1656.

 

 

Bien qu'il n'y ait eu qu'une trentaine de Perses présents alors ils étaient influents.  Ils participèrent activement à la montée de Naraï sur le trône. Celui-ci navigua entre eux et les Chinois comme contrepoids aux hollandais. Le commerce du royaume se transforma et des relations plus fortes se nouèrent avec Surat, Masulipatnam et le golfe Persique à l'aide des navires royaux sous le commandement de capitaines perses. Dans les années 1670, des Perses furent nommés gouverneurs de toutes les villes portuaires et un Turc gouverneur à Bangkok. Cette époque vit  une croissance des relations diplomatiques entre Ayutthaya et le reste du monde, y compris la Perse et tous les royaumes d'Asie du Sud ; Narai envoya des ambassades en Perse en 1668 et 1682. Dès le début de son règne toutes les affaires importantes et les questions d'État étaient entre les mains des Perses.

 

La cour était imprégnée de culture perse. Le roi lui-même adopta  leur cuisine et leur habillement. Le palais de Lopburi fut construit par des architectes ou des ingénieurs persans et sa salle d'audience au palais d'Ayutthaya, laissait apparaître une probable imitation des palais persans d'Ispahan. Or, la pratique d’émasculer les hommes existait en Perse depuis des temps immémoriaux.

 

Certains de ses serviteurs et gardes du corps pouvaient avoir été des eunuques ou être supervisés par des eunuques. L’arrivée d’eunuques noirs ou musulmans débuta probablement sous son règne même si leur présence fut possible auparavant.

 

Narai rechercha des alliances avec les cours les plus prestigieuses au monde, d'abord avec la Perse safavide, puis avec la France.

 

Compte tenu de la présence des eunuques sous son règne, la question se pose de savoir quand et pourquoi ont-ils disparu ? Après la mort du roi Narai en 1688, pendant ou après la vie de Yothathep morte en 1735, ou après la conquête birmane d'Ayutthaya en 1767 ?

 

 

Phetracha usurpa le trône après avoir fait assassiner deux des frères de Naraï, il est peu probable qu’il ait fait confiance à des eunuques qui avaient servi Narai, tués ? Enfuis ? Ont-ils cherché la protection de la puissante fille de Narai, Yothathep que Phetracaha épousa ainsi que Yothathip, la reine et la demi-sœur de Narai ?

 

Yothathep ayant été impliquée à plusieurs reprises dans des complots contre Phetracha, il est probable que ses eunuques ont été tués s’ils n’avaient pas réussi à prendre la fuite ?

 

 

Si des eunuques restaient à la cour d'Ayutthaya au moment de la chute de la ville  en 1767 ils auraient probablement été emmenés en Birmanie avec des princes, des princesses et leurs suites, plus de 2 000 personnes.

 

Subsistaient-ils au palais at temps du roi Rama IV ? Monseigneur Pallegoix qui fut intime avec le monarque n’en touche pas un mot ni aucun de ceux qui ont eu l'occasion d'avoir des entretiens avec le roi, l'ambassadeur de Montigny en particulier.

 

Le récit d'Anna Leonowens, qui a servi comme professeur d’anglais à la cour de Bangkok de 1862 à 1867 citée par Katherine Bowie, fait référence à leur présence mais ne présente aucun caractère de sérieux. Pour autant que ce récit soit exact, quand les eunuques seraient-ils revenus à la Cour ? Ce n’était pas le style du roi Taksin ni de ses successeurs et aucun autre des nombreux visiteurs qui ont visité le Siam à cette époque n’y fait la moindre allusion ?

 

 

Pour comprendre leur présence éventuelle, encore faudrait-il savoir quelles étaient leurs fonctions. On se focalise sur leurs rôles de garde et de surveillance des harems sur la base d’un argument d’évidence.

 

Or, il semblerait que les changements hormonaux consécutifs à la castration entraîneraient des membres plus longs, de sorte que les eunuques étaient plus grands que la moyenne. Et pouvaient être inclus dans  des gardes d'honneur hyper-masculines et donc idéales ?

 

Par ailleurs, ceux qui avaient acquis la confiance royale et gagné des postes civils ou militaires mettaient le souverain à l’abri d’une tentative de coup d’état d’un eunuque qui ne pourrait pas assurer une suite dynastique. Tel aurait été leur rôle principal à Ayutthaya, servir le roi plutôt que de surveiller les femmes,  largement développé par La Loubère

 

Narai n’a pas la réputation de bénéficier d’un grand harem, confiant plutôt un pouvoir considérable à sa fille et préférant chasser les éléphants à la vie de cour. Les eunuques l’accompagnaient lors de ses longues périodes de chasse dans son palais de Lopburi. Au début des années 1670, il y passait quatre à cinq mois par an, mais au début des années 1680, il y passait huit à neuf mois, ne retournant à Ayutthaya que pour les fêtes religieuses organisées.

 

Nous devons à La Loubère un plan du palais «  dans la forêt de l'arrière-pays ». Il est divisé en trois sections principales, avec une seule entrée à l'avant. La salle d'audience du roi est située au milieu. Derrière la salle d'audience se trouvent six « chambres des dames du roi » et « chambres des femmes esclaves ». Tout au fond de la cour se trouvent sept logements marqués comme « cuisines et logements des eunuques ».

 

Quant à Yothathep, Outre ses fonctions principales, notamment l'organisation des cérémonies au sein du palais, était chargée d'organiser et de faciliter la réinstallation royale lorsque le roi Narai devait se rendre à Lopburi, et partait à l’avance accompagnée de ses Éléphants, de ses balons, et quelques Officiers pour prendre soin d'elle et l'accompagner mais personne d'autre que ses femmes et ses eunuques ne la voyait. Les eunuques la protégeaient.

 

Ses eunuques ont peut-être été directement impliqués dans la surveillance de ses terres ou de ses entreprises commerciales.

 

Les eunuques furent présents à la cour du roi Narai influencé par la Perse safavide. On y faisait la différence entre les eunuques indiens et chinois. Les eunuques de Narai étaient plus probablement des Indiens et ceux de Yotathep étaient plus probablement des Chinois.

 

Bien que leur fonction semble avoir changé au fil du temps, il n'y a aucune preuve qu’ils aient servi à surveiller les femmes du palais. Au lieu de cela, les eunuques semblent avoir servi à la fois les rois et les femmes du palais dans des rôles de courtiers linguistiques, culturels, politiques et économiques. Les eunuques chinois étaient probablement impliqués dans des rituels de cour et des entreprises commerciales, des rôles supervisés par des femmes du palais. Les eunuques indiens servaient plus probablement le roi, en particulier comme gardes d'honneur et comme signes de son statut sacré. Les eunuques indiens et chinois servaient respectivement de messagers royaux et de gardes d'honneur pour les femmes du palais.

 

La question fondamentale est de savoir les raisons profondes de cette mutilation puisqu’elle n'était pas destinée systématiquement à fournir des castrats pour les chœurs du roi, des gardiens pour son harem ou de jeux sexuels aux habitants du Palais. Cette pratique vient de Perse où elle était pratiquée de tous temps. Nous sommes chez les Perses au VIe avant notre ère. Des généraux reprochèrent à Cyrus d'utiliser des eunuques dans son armée, accusés de l’acheté,  il répondit

« Des chevaux fougueux qu'on a coupés, cessent de mordre, paraissent moins fiers, et n'en sont pas moins propres à la guerre; les taureaux perdent leur férocité, souffrent le joug, sans perdre de leurs forces pour le  travail; les chiens sont moins sujets à quitter leurs maîtres, et n'en sont pas  moins bons pour la garde ou pour la chasse..... » (XÉNOPHON, Cyropédie,  VII, 3). Tout est dit.

 

 

NOTES

 

(1) Tiré de Mohamed A.  El Guindy « Les eunuques, étude anatomo-physiologique et sociale » : thèse présentée à la Faculté de médecine en 1910.

« On commence par faire prendre un bain très chaud au futur eunuque, et parfois on lui fait absorber une drogue spéciale destinée à lui procurer une anesthésie relative. Il est ensuite étendu sur une planche à demi inclinée. Un aide lui maintient fortement le torse, tandis que deux autres assistants immobilisent les jambes et les tiennent écartées. On lui entoure étroitement le ventre et les cuisses par des bandes de toile. Les parents, s'il s'agit d'un enfant, l'homme, si c'est un adulte, sont alors solennellement interrogés pour savoir s'ils regrettent la décision prise. Si le patient semble indécis, il est détaché et renvoyé. Mais, s'il montre du courage, et c'est le cas en général, les parties génitales, empoignées et tordues, afin d'en chasser le plus de sang possible, sont rapidement tranchées au ras du pubis à l’aide d'un couteau recourbé. Quelquefois le châtreur emploie, mais rarement, des ciseaux, une  hachette, ou un couteau à lame droite rappelant les couteaux d'autopsie. Quelquefois avant de faire l'amputation, l'opérateur exerce sur la verge et les bourses un massage graduellement croissant pour endormir la sensibilité. Ramassant ensuite les organes à poignée, il les entoure d'une petite bande de soie régulièrement roulée de l'extrémité à la base et, progressivement serrée jusqu'à donner aux parties l'aspect d'un boudin allongé. Les organes une fois sectionnés, on introduit dans le canal la petite cheville de bois ou d'étain, qui sera maintenue en permanence, pendant les premiers mois, et retirée seulement au moment des mictions. La blessure, lavée à l'eau poivrée, est recouverte de compresses de papier imbibées d'eau froide et, le tout est bandé soigneusement. Ou bien encore, un aide applique immédiatement sur la plaie sa main remplie d'une poudre styptique, à base d'agaric, d'alun et de résines aromatiques. Lorsque l'hémostase semble à peu près  complète, on place un bandage compressif. A ce moment, deux aides saisissent le blessé sous les bras et le font marcher autour de la salle pendant deux ou trois heures, après quoi il est autorisé à se coucher. Ce n'est qu'au bout de trois jours, pendant lesquels le malade est privé de boisson, et souffre non seulement de sa plaie, mais encore et surtout de la rétention d'urine par obstacle, que le pansement est enlevé ainsi que la cheville urétrale, et que le malade peut pisser ou tout au moins essayer de le faire, car il ne réussit pas toujours. S'il peut uriner, il est considéré comme guéri et félicité de ce chef. Mais, si la miction ne peut pas se faire, l'opéré est destiné à mourir au milieu de souffrances atroces. Il y a rétention d'urine, avec toutes ses conséquences, et les Chinois ne se servent point de cathéters. Après l'amputation, il reste une large plaie généralement triangulaire, à sommet inférieur. La réparation se fait par bourgeonnement et demande en moyenne cent jours. Il faut que la cicatrice soit absolument plane, pour que l'opération soit considérée comme parfaite. Il n'en est pas toujours ainsi, et si l'inspecteur des précieux (nom des organes sacrifiés) trouve que les bourgeons charnus, 'après la cicatrisation définitive, rappellent trop la verge, l'eunuque porteur de cette déformation est réprimandé et tenu à s'en débarrasser sous peine d'expulsion. Malgré le procédé très primitif de cette opération, les accidents, quoique cela puisse paraître paradoxal, sont rares. La mort, d'après Matignon, ne surviendrait que dans 3 à 4 pour 100 des cas. Suivant d'autres auteurs, au contraire, l'opération ne réussirait guère que deux fois sur trois chez les enfants, et moitié moins chez les adultes. L’incontinence de l'urine est la complication la plus fréquente; plus tard la rétention viendra. Et c'est chez les sujets jeunes qu'on la verrait de préférence. Le premier de ces accidents est toléré par l'opérateur pendant quelque temps, mais bientôt, si l'incontinence se prolonge, le patient reçoit des coups. Ce traitement est considéré comme efficace et excellent et, en conséquence, il continue jusqu'à la disparition de l'infirmité »

 

 

(2) Ecrivain et voyageur de Bologne, il fit son grand périple en 1500. Nous lui devons «  Les voyages de Ludovico di Varthema ou le Viateur, en la plus grande partie d'Orient  »  traduit de l'italien en français par J. Balarin de Raconis,. publié. et annoté. par M. Ch. Schefer, 1888.

             

  1. Pires était apothicaire du Roi du Portugal et ambassadeur en Chine.  Son journal manuscrit, la « Suma Oriental »  était considéré comme perdu et fut retrouvé en 1944 dans le fond ancien de la bibliothèque de l'Assemblée nationale à Paris. Il fut traduit en anglais en 1944 puis en version portugaise contemporaine.

 

 

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26 juin 2022 7 26 /06 /juin /2022 05:10

 

 

La construction d’un réseau de voies ferrées au Siam  se situe dans le cadre de la politique de modernisation entreprise sous le règne du roi Rama V. Il en est évidemment un motif économique puisque le réseau routier quand il existait était impraticable en saison des pluies. Le motif politique est tout aussi évident, la politique centralisatrice exige que les déplacements depuis la capitale soient facilités.

 

 

Les travaux, sous responsabilités d'ingénieurs et de sociétés allemandes, débutèrent en 1891 en direction de Khorat puis en direction d'Ayuthaya quelques années plus tard et continuèrent ensuite vers le nord, nécessité  de désenclaver efficacement la région de Chiang Maï , non alors totalement siamisée !

Dans les années  1905 - 1909, le département des chemins de fer entreprit la construction de la prolongation vers le nord de la ligne au départ d'Uttaradit (อุตรดิตถ์)

 

 

Tous ces travaux ont été entrepris par l'entreprise d'état  créée en 1890  par le roi Chulalongkorn,  « Chemin de fer national de Thaïlande »  (การรถไฟแห่งประเทศไทย)  créé en 1890 et entreprise d'état. Les ingénieurs et les techniciens sont des allemands.

 

 

 

Mon propos n’est pas d’écrire l’histoire des chemins de fer siamois mais celle des tristes événements qui se déroulèrent sur un tronçon qui part du  pont ferroviaire sur la rivière Nan (แม่น้ำน่าน) dans le sous district de Ban Dara  (ตำบลบ้านดารา)  et dans le district de Phichai (อำเภอพิชัย) au sud de la province. Il se situe à une trentaine de kilomètres au sud de la capitale et porte le nom de Pont Poramin (สะำพาน  ปรมีนทร์).

 

 

Construit de 1906 à 1909, il est le plus grand pont ferroviaire du  nord et a été inauguré par le roi lui-même le 7 décembre 1909. Il lui donné son nom qui signifie « le plus grand ». 

 

 

C'est  un grand pont cantilever en acier en forme de pont suspendu. Cette technique venue d'Allemagne était alors considérée comme d'avant-garde. Bombardé au cours de la deuxième guerre mondial, il n'en subsiste plus que des soubassements et un nouveau pont a été édifié non loin de l'ancien.

 

 

De là la voie ferrée se poursuit en direction d'Uttaradit, passe par le village de ThaSao  (ท่าเสา) et continue vers le nord jusqu'aux gares de Maephuak (แม่พวก)  

 

 

puis Pakpan  (ปากปาน),

 

 

toutes deux au sud de la province de Phrae (แพร). Nous en resterons géographiquement là.

 

 

Sur ce tronçon de quelques dizaines de kilomètres seulement en aval du pont jusqu'à Pakpan et peut-être au-delà, des milliers de travailleurs venus  du Siam  du Cambodge, du Laos,  de Chine, y furent employés, coolies ou esclaves (l'esclavage n'était alors pas aboli), peu importe. La province est la plus chaude du pays et quand il ne fait pas chaud, il pleut pendant six mois de l'année de mai à octobre.

 

 

Si nous connaissons le coût des travaux d'aménagement ferroviaires entrepris par le roi Rama V, des millions de ticals, nul ne parle de leur coût en vies humaines. Si  j'ai cité le petit village de Tha Sao, c'est que nous y trouvons une réponse au moins ponctuelle.

A l'entrée du temple (วัดดอยท่าเสา)
 

 

....est érigé un stupa
 

 

avec un panneau indiquant ; 

อนุสรณ์สถานรำลึกผู้มีคุณต่อการรถไฟไทย

(anusonsathanramluek phumi khuntokanrotfaithai)

ce que je traduis plus ou moins bien par  « à la mémoire de ceux qui ont contribué aux chemins de fer thaïs »

C'est un bel euphémisme. Probablement 5000 de ces travailleurs sont morts de paludisme, de variole, de choléra ou tout simplement d'accidents. Ils mourraient probablement comme des mouches à tel point qu'une famille chinoise, la famille Siphlakit (ครอบครัว ศรีพลากิจ)  était chargée de ramasser les corps et de les bruler, on préfère ne pas savoir  comment. Ce sont leurs cendres que contient le Stupa. Ce monument a été réhabilité en 2005 par le gouverneur de la province Pricha Butsi (ปรีชา บุตรศรี) qui a alors rendu hommage à ceux qui avaient sacrifié leur vie pour fournir au peuple des moyens de transport commodes. Il est un « éléphant » dans la politique du  nord.

 

 

Il était lui était difficile d'ajouter  qu'on ne leur avait pas demandé leur avis.

Nous savons que la construction de la ligne de chemin de fer depuis Bangkok jusqu'à Khorat commencée en 1897 ne s’est terminée que trois ans plus tard. Elle a coûté la vie à plus de huit mille coolies chinois et à trente-huit ingénieurs ou techniciens européens.

N'épiloguons pas, le roi Chulalongkorn est considéré unanimement comme le père des chemins de fer siamois et il s'agit là de ce l'on pourrait appeler pudiquement des dommages collatéraux.

 

Rappelons sans autre commentaire que l’autre chemin de fer de la mort, celui de Kanchanaburi a coûté la vie à environ 13.000 prisonniers britanniques, australiens, néerlandais et américains et probablement à 90.000 travailleurs locaux qui n’y ont pas leur cimetière et le canal de Suez a probablement 120.000 fellahs qui n’y ont ni cimetière ni monument.

 

 

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29 mai 2022 7 29 /05 /mai /2022 04:28

 

 

Nicolas Gervaise fut missionnaire jésuite au Siam entre 1681 et 1685. Nous lui devons une «  Histoire naturelle et politique du royaume de Siam » publiée en 1688. Il consacre un long chapitre au sultanat de Patani, aujourd'hui province thaïe du même nom qui débute ainsi : « Patany n’est pas plus étendu que les trois autres (Johore, Jambi, et Kedah :Jambi est situé sur l'île de Sumatra, Johore est un sultanat malais à la pointe sud de la péninsule malaise et Kedah, autre sultanat est situé au nord à la frontière de la Thaïlande), mais il est bien plus fameux, & mieux connu par l’Histoire de ses révolutions & par l’état présent de son Gouvernement. On dit que ses Peuples lassez d’obéir a des Rois qui les maltraitent, secouèrent le joug, & qu’ayant fait descendre du Trône celui qui régnait alors; ils y firent monter à sa place une Princesse à qui ils donnèrent le Titre de Reine sans lui en donner l’autorité, ils firent choix des plus habiles d’entre eux pour gouverner en son nom & sans sa participation, car elle n’entre point dans le secret des affaires, & elle se doit contenter des respects & des hommages que chacun lui rend extérieurement comme à sa Souveraine, ils ne lui laissent pas même le liberté du choix de ses premiers Officiers, mais ils ne lui refusent jamais rien de tout ce qui peut contribuer à ses plaisirs, rien ne l’empêche de s’y abandonner tout entière & sans réserve, car s’il ne lui est pas permis de se marier, il ne lui est pas aussi défendu d’avoir des galants, elle en a autant qu’il lui en plaise, & elle a même de quoi leur faire des présents considérables; il y a un fond qui est destiné pour fournir à la dépense de ses habits & à l’entretien de sa maison: Elle demeure ordinairement dans Patany qui est la Ville Capitale de son Royaume; la fleur d’or qu’elle paye tous les ans au Roy de Siam se présente toujours en son nom, & non point de la part des Ministres qui ont le gouvernement du Royaume »

 

 

Or, Patani n'a pas eu qu'une seule reine, elle en a eu quatre successivement à partir de 1584 jusqu'à un date en réalité inconnue . La situation est singulière dans un état entièrement musulman. Il est peu de cas dans l'histoire du monde en cette période que soit comme à Patani institutionnalisée la domination féminine. Les sources historiques sont toutefois suffisamment floues sinon contradictoires pour que l'on puisse déterminer avec certitude si elles étaient des reines de façade comme l'écrit Gervaise ou si elles exercèrent effectivement le pouvoir régalien. Qui furent-elles donc ?

Au temps de sa plus grande expansion, le royaume s'étendait sur les provinces actuelles de Patani, Yala, Narathiwat et Satun

 

 

Racha Hichao  (ราชาฮิเชา)

 

 

Elle fut souveraine malaise de Patani  de 1584 à 1616. Son nom signifie « la reine verte », elle est aussi la « la grande reine de Patani». Son règne fut celui de l'âge d'or de Patani. Elle était l'aînée des trois filles du sultan Mansur Shah. Fut-elle mariée ? Il n'en est aucune mention dans les récits historiques, mais il est possible qu’elle ait épousé le tout puissant pirate chinois Lin Daoqian dont les chroniques chinoises disent qu'il aurait épousé la fille d'un sultan à Patani ?

 

 

Son jeune frère Bahdur succéda au sultan Mansur Shah à l'âge de 10 ans, mais fut assassiné en 1584 par son demi-frère qui le fut à son tour la même année.

Fut-elle à l'origine de ses meurtres ? Devons-nous croire la version de Gervaise ? Sa montée sur le trône est-elle due à un mouvement populaire – ce qui est difficile à penser – ou au manque d'héritiers mâles après qu'ils aient tous été tués dans la période turbulente précédente ? Elle devint la première reine de Patani et reconnut l'autorité siamoise d'Ayutthaya en adoptant le titre de Phra Chao (พระเจ้า). Au début de son règne, elle dut faire face à une tentative de coup d'État de son premier ministre, Bendahara Kayu Kelat. Nous savons que le début de son règne fut marqué par le creusement d'un canal provenant d'une rivière endiguée pour d'assurer l'approvisionnement en eau de Patani.

Elle régna pendant 32 ans en apportant la stabilité au pays. Pendant son règne, le commerce avec l'extérieur prospéra entraînant la prospérité de Patani. Elle développa le commerce avec le monde extérieur augmenta et des négociants européens, essentiellement Portugais et Néerlandais vinrent ouvrir des comptoirs au port. Toutefois, la majorité des marchands étaient chinois dont les plus importants s'étaient convertis à l'islam et avaient adopté les mœurs malaises.


La situation du sultanat qui a accés au golfe de Thaïlande et à la mer d'Andaman et la situation privilégiée de la baie qui abrite le port explique la venue  de tous ces commerçants

 

 

Le royaume devint aussi un centre de culture, produisant des œuvres de qualité de musique, danse, théâtre et d'artisanat. Peter Floris, un négociant néerlandais, nous a laissé ses souvenirs qui ont été traduits et publiés en 1934.

Le périple de Floris

 

 

Il a visité Patani en 1612-1613 et décrit en particulier une danse exécutée à Patani comme la plus belle qu'il ait vue aux Indes orientales Les visiteurs européens à Patani étaient impressionnés par la reine, le faste et la splendeur de sa cour. Ne citons que Peter Floris qui la décrivit comme une ` « vieille femme avenante et une grande de personne et pleine de majesté » ajoutant qu'il n'en avait vu aucune dans toutes les Indes orientales qui puisse lui être comparée. Lorsqu'elle partait à la chasse, elle était accompagnée de plus de 600 bateaux. Au cours d'une procession à Patani, elle fut accueillie par environ 4 000 hommes en armes, et la procession comprenait 156 grands éléphants richement harnachés. Son palais était superbement décoré de panneaux dorés et d'ornements en bois sculpté.

 

 

Elle mourut le 28 août 1616 après 32 ans de règne. Tous les hommes reçurent l'ordre de se raser les cheveux et toutes les femmes de les couper en signe de deuil.

Elle avait maintenu la relation de vassalité avec Ayutthaya établie au début de l'histoire du royaume et réaffirmée par le sultan Manzur Syah en 1572.

 

 

Ces relations étaient complexes, elles devaient être fondées sur un équilibre délicat entre les intérêts commerciaux, la politique interne de Patani et ses relations avec ses voisins malais.

Elle a été remplacée par sa sœur cadette Racha Biru sans que cela semble avoir posé de difficultés, elle est la « reine bleue ».

 

 

Racha Biru (ราชาบีรู)

 

La prospérité de Patani continua. En termes de commerce international ce fut la période où les Portugais avaient définitivement perdu leur emprise sur le commerce même du détroit de Malacca et pendant laquelle la route commerciale alternative basée sur Acheh, Bantam et Patani était la plus rentable. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si les premiers commerçants d'Europe du Nord à entrer dans la région au tournant du XVIIe siècle se soient précisément dirigés vers ces trois ports). Ce fut, en outre, une période (1589-1641) au cours de laquelle les Japonais s'ouvrirent brièvement à un vaste commerce outre-mer, stimulant l'exportation de peaux de cerf et de bois de sappan de la péninsule malaise et de Thaïlande en échange d'argent, de cuivre et de soies. Peter Floris a observé que Patani faisait du commerce avec pratiquement toute l'Asie du Sud-Est, avec des navires arrivant et partant pour Ayuttaya, Brunei, Jambi, les ports de la côte nord de Java, Makasar, les Moluques, la Chine, le Japon, le Cambodge et Sumatra, en plus de traiter avec les Hollandais, les Anglais et les Portugais, le premier navire hollandais atteignant Patani en 1601 et les Anglais en 1612.

 

 

Ce fut sans aucun doute le commerce prospère de Patani qui y avait attiré vers 1580 le célèbre pirate chinois Lin Daoqian.

 

 

Confrontée à une hypothétique menace siamoise, elle aurait selon les légendes locales, sollicité ou ordonné à un homme d'origine chinoise de fondre trois énormes canons dont l'un est toujours au fond la mer et les deux autres servirent de trophée au Siam et se trouvent aujourd'hui à Bangkok. Ils sont toutefois l'orgueil de la province actuelle puisqu'ils figurent sur son sceau officiel.

 

 
Le roi Song Tham (1610-1628) avait probablement l'intention de se montrer plus présent dans la péninsule malaise. Pour Floris, l’expansion du Siam portait sur le Cambodge, le Laos, Chiangmai,บีรู Ligor (Nakhon Sri Thammarat), le Tenasserim en sus de Patani. Patani avait certainement des ennemis à craindre : Aceh, Johore et Pahang étaient ainsi que les Portugais et les Siamois.

 

 
La ville fut d('ailleurs brûlée par des mercenaires néerlandais au début du XVIIe siècle et encore en 1613 par une rébellion d'esclaves javanais en 1613.

Sur ces canons, des précisions dans deux articles :

voir l'article de Pierre Le Roux « Bedé Kada ou les derniers canons de Patani » in Bulletin de l'école française d’Extrême orient, 1998, tome 85 , pp 125-162

voir l'article de Seymour Sewell « Note on some old siamese guns » in Journal of the Siam Society, volume XV, 1622-1

Racha Biru mourut en 1623 ou 1624 et fut remplacée par sa jeune sœur Racha Ungu

 

 

 

Racha Ungu (ราชาอุงกู)

 

 

La « la reine pourpre » entra en conflit avec le Siam et a abandonna son titre siamois de Phra Chao et se baptisa en toute modestie « son excellence dirigeante du monde ». Elle était la troisième et dernière fille du sultan Mansur Shah.

Elle était mariée au roi de Pahang. Après la mort du roi, Racha Biru sa sœur lui demanda de revenir à Patani. Lorsque Racha Biru mourut vers 1624, Racha Ungu lui succéda sans difficultés à la tête de Patani. Hostile aux Siamois plus que sa sœur, elle cessa de payer l'hommage « Bunga mas » (la fleur d'or et d'argent) au Siam....

 

 

...et forma une alliance avec Johore, mariant sa fille Racha Kuning avec leur souverain le Sultan Abdul Jalil Shah III. Cependant, elle était déjà mariée au roi de Patalung, Okphaya Déca qui incita alors les Siamois à attaquer Patani avec l’aide du sultan de Ligot en 1633-1634 mais le Siam échoua alors à prendre Patani. Une attaque ultérieure du Siam en 1634 devait être conjointe avec les Néerlandais, mais les navires de ces derniers arrivèrent trop tard et l'attaque de nouveau échoua. Elle avait elle-même lancé une attaque sur le Siam en 1624 et au début de 1625 avec 3 000 hommes, qui se serait terminée apparemment avec succès car le Siam renonça provisoirement à exercer sa souveraineté sur Patani.

Il est une version différente de l'histoire. Le défunt sultan de Johore (1580-1597) avait marié son deuxième fils à la fille de la reine de Patani à la demande de cette dernière. Le plus jeune frère du prince l'avait accompagné pour vivre à Patani mais il s'était s'est mal conduit avec la femme de son frère aîné que le mari bafoué le fit tuer Là-dessus, la reine de Patani fit à son tour tuer le frère aîné. Tout cela est nébuleux et les récits sont obscurs quand ils ne sont pas contradictoires mais démontre une relation étroite de Patani avec Johore au milieu de laquelle Pahang semblent avoir été quelque peu désavantagé. Johore chercha à plusieurs reprises l'aide néerlandaise contre Patani, tandis que Patani semble n'en avoir eu besoin d'aucune. De plus, Patani était suffisamment puissant pour pouvoir bloquer le commerce de Pahang : Ainsi en 1613, obligeant le sultan de Johore à se rendre à Patani avec sa femme, Racha Ungu de Patani. Lorsqu'il mourut l'année suivante, Racha Ungu retourna vivre à Patani. Lors de la visite de Floris à Patani en 1612-1613, la fille de la troisième des sœurs royales de Patani était mariée à un autre prince de Johore. Malgré, ou peut-être à cause de ces liens étroits, Les relations de Patani avec Johore étaient loin d'être pacifiques, et elles ont certainement été intenses sur une période allant du début du siècle aux années 1640 et au-delà.

Racha Ungu mourut en 1634, sa fille va lui succéder

Sur ces péripéties, voir notre article  H 40  « POUR MIEUX COMPRENDRE LE PRÉSENT DE LA PROVINCE THAÏE DE PATTANI, UN PEU D'HISTOIRE ».

https://grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-blog.com/2019/07/h-40-pour-mieux-comprendre-le-present-de-la-province-thaie-de-pattani-un-peu-d-histoire.html

Racha Kuning (ราชาคุนหนิง)

 

 

Elle est « reine jaune ». Elle succéda à sa mère, morte en après 18 mois après la guerre avec Ayutthaya,. Elle fut la dernière des quatre femmes souveraines à avoir régné sans interruption sur le royaume de Patani depuis 1584. Elle est la dernière reine régnante reconnue comme légitime dans les chroniques de Patani.

Elle était fille de Racha Ungu et du sultan de Pahang.

Lorsqu'elle monta sur le trone, Ayutthaya se préparait également à repartir en guerre en 1636, mais le Racha de Kedah intervint pour aider aux négociations avec Patani. Elle choisit de ne pas continuer la guerre et de rétablit la relation avec Ayutthaya en reprenant l'envoi de bunga mas.

 

 

Cependant, elle ne sembla pas avoir exercé un pouvoir politique significatif et les décisions importantes étaient prises par les aristocrates du pays ? Le pouvoir de la reine avait diminué à cette époque et elle ne semblait exercer aucun pouvoir politique significatif ce qui confirme la version de Gervaise.

Patani est devenu moins attrayant au niveau international pour les commerçants à la fin du XVIIe siècle. Les sources sur l'histoire de Patani sont rares à cette époque. Il y a un différend sur la fin de son règne et sur qui lui a succédé.

Selon des sources Kelantanese, Racha Kuning aurait été déposé en 1651 par le Raja de Kelantan, qui avait installé son fils comme dirigeant de Patani, Ainsi débute la période de la dynastie dite de Kelantan. La présence d'autres reines issues de cette dynastie entre 1670 et 1718 n'a jamais été démontrée.

Son nouveau mari semble avoir usurpé son trône en 1644. Après que le prince de Johore ait insulté la noblesse de Patani en exigeant que leurs femmes et leurs filles soient amenées au palais pour le servir et menacé de les mettre à mort, la noblesse de Patani a attaqua le prince de Johore, massacra les membres de son entourage et le repoussa à Johore. En 1646, Patani rejoignit d'autres états tributaires pour se rebeller contre Ayutthaya, puis rejoignit Songkla en 1649 pour s'emparer de Ligor (Nakhon Si Thammarat). Les Siamois ripostèrent et soumirent les sultanats du sud.

 

 

Lorsque Phetracha prit le contrôle d'Ayutthaya en 1688, Patani refusa de reconnaître son autorité et se rebella. Les armées d'Ayutthaya, 50.000 hommes, soumirent Patani.

 

 

L'âge d'or de Patani était terminé, l'anarchie s'y installa et les marchands étrangers abandonnèrent le commerce avec Patani. Vers la fin du 17ème siècle, Patani est décrite dans les sources chinoises comme peu peuplée et barbare.

Contrairement à sa mère, Racha Kuning se fit de nouveau appelée Phra Chao et elle-même a même visité Ayuthaya en 1641 pour consolider la paix. Son royaume resta donc tributaire du Siam.


 

Les sources sur l'histoire de Patani sont tout aussi nébuleuses que celles concernant l'histoire du Siam à cette époque.

En dehors des ouvrages ou articles que je cite et qui sont tous numérisés, A. TEEUW et D. K. WYATT ont publié en 1970 une compilation remarquable des diverses sources manuscrites ou imprimées, malaises, arabes ou thaïes sous le titre HIKAYAT PATANI - THE STORY OF PATANI que j'ai bien évidemment consulté dans la partie concernant ces quatre reines. Il reste qu'il plane de nombreux doutes, par exemple sur la seule question de savoir quand la dernière de ces reines a quitté le pouvoir.

J'ai aussi consulté l'article deStefan Amirell : The blessings and perils of female rule: New perspectives on the reigning queens of Patani, c. 1584–1718  publié dans Journal of Southeast Asian Studies, 42(2), pp 303–323 June 2011.

            J'utilise pour les reines le terme de Racha, transcription du mot ราชา et pour les Malais celui de Raja, l'un et l'autre signifiant « roi » dans leurs langues respectives.

***

La  place de la femme dans l’Islam ? Voilà bien un sujet déroutant, suscitant souvent des réflexes islamophobes et des flots de quiproquos et de polémiques. Je ne connais de l’Islam que le Coran que j’ai feuilleté et qui devrait à mon sens être la seule source de la doctrine. J’y trouve en particulier ces quelques lignes : « Quiconque fait une mauvaise action ne sera rétribué que par son pareil; et quiconque, mâle ou femelle, fait une bonne action tout en étant croyant, alors ceux-là entreront au Paradis pour y recevoir leur subsistance sans compter ». Les déguisements, burqa et tchador,  ne sont pas prescrits par le prophète.  L'excision ne vient pas de l'Islam mais de l'Afrique noire, pratiquée tant par les mahométans que par les chrétiens ou les animistes. La polygamie n'est pas affaire d'Islam, elle n'est interdite en Thaïlande que depuis à peine un siècle. La vision que donne de l'Islam l’Iran et l’Afghanistan ou le terrorisme qui sévit chez nous doit-elle être généralisée ? J’en doute.

Je pense évidemment aux mahométans de Thaïlande, nombreux surtout dans le sud et à l’origine de problèmes qui ne sont pas forcément réglés. Ils suscitent également des réactions islamophobes virulentes à tel point qu’un internaute que je préfère ne pas citer, préconise pour régler cette question, celle des bandits du sud comme les nomme la presse lorsqu’elle cite leur incontestables méfaits, une solution « à la  Birmane ». Le fait que certains (combien ?) de ces autonomistes forcenés soient partis combattre en Afghanistan et en Syrie ou soient entraînés (encore?) dans des camps palestiniens ne plaide pas en leur faveur.

 

 

En ce qui concerne la Malaisie d'aujourd'hui, précisons qu'elle bénéficie d'un régime constitutionnel unique : fédération de 13 états, 4 de ceux-ci sont dirigés par un gouverneur civil et 9 par des souverains héréditaires, sultans ou rajas. Le chef d'état de la fédération (qui n'a pas d'autre pouvoir que représentatif) est choisi pour la conférence des dirigeants, tous les 5 ans mais parmi l'un des neuf sultans héréditaires et en suivant un ordre cycllique obligatoire. Il n'y plus que des sultanes consort

 

 

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15 mai 2022 7 15 /05 /mai /2022 05:06

 

La deuxième moitié du XIXe siècle et le premier quart du XXe virent le Siam passer d’un état bouddhiste quasiment féodal à un état-nation moderne sous le règne de deux grands monarques, Rama IV (1851-1868) le précurseur et surtout Rama V (1868-1910)

.

 

Un train de réformes

 

La Thaïlande d’aujourd’hui doit au roi Rama V un système d’organisation administrative territoriale centralisée, celui des Monthon (ระบบมณฑล) ou Thesaphiban (ระบบเทศาภิบาล) qui est encore très largement en place de nos jours. Il naquit en 1897 sous l’égide du Prince Damrong (พระยาดำรง) sur le modèle de l’organisation coloniale britannique en Birmanie et en Malaisie.

 

 

La création d'une armée permanente moderne fut organisée selon les modèles occidentaux, les rois envoyant les princes et les membres de la haute noblesse étudier dans les académies militaires prussiennes, anglaises et française.

 

 

Le système d’éducation fut réorganisé sur le modèle occidental. L'importance de la langue thaïe comme ciment de l'unité nationale fut concrétisé par l'érection du thaï central par les gouvernements successifs à partir du règne de Chulalongkorn comme langue nationale standard à utiliser dans les écoles et les bureaux du gouvernement, suivi d’un découragement simultané de l'utilisation de nombreux autres dialectes et langues en usage dans tout le royaume. Une enquête sur l'état de l'instruction religieuse dans tout le royaume ordonnée par le roi au tournant du siècle avait révélé les faibles capacités d'alphabétisation des moines en dehors de la capitale.

 

 

 

Ces efforts d'unification et de standardisation de la langue seront continués par Rama VI qui créa le 19 avril 1926 la «  Société – ou institut - royale de la Thaïlande » (Samnakngan ratchabandittayasathan - สำนักงานชบัณฑิตยถาน)  qui publiera en 1927 le premier « Dictionnaire de l'académie royale » qui fait l'objet de mises à jour régulières.

 

 

Fut également développé un système nationalisé d'administration religieuse et mis en œuvre un programme religieux normalisé pour l'enseignement monastique.

 

 

Une autre réforme fut peut-être moins spectaculaire, on en parle peu, elle a pourtant changé la vie des Siamois au quotidien, la création d'un service postal accessible à tous, suivant l’adhésion du Siam à l'Union postale universelle

 

 

Il faut aussi dater de cette époque la naissance d’un sentiment partagé de l'identité territoriale du pays, toujours au cœur des conceptions contemporaines de la nation thaïe. Il fut une évidente réaction du roi Rama V aux menaces coloniales contre l'intégrité territoriale du Siam. Les discours nationalistes du roi Rama VI en furent la suite, véritable vulgarisateur des notions officielles de l'identité nationale dont la monarchie était, avec le bouddhisme l'élément central.

 

 

Tous ces mouvements de réforme ont évidemment suscité une surabondante littérature

 

.

La bibliothèque nationale

 

 

Une autre institution a suscité moins d’attention alors que son rôle fut important dans le concept du développement de l*identité nationale, la Bibliothèque nationale de Thaïlande.

Elle fut fondée au début des années 1880 et formalisée en 1883 mais institutionnalisée en tant qu'organisme officiel du Siam officiel par décret royal du 12 octobre 1905, d'abord sous le nom de « Bibliothèque Wachirayan » (หอพระสมุดวชิรญาณ) en l'honneur du roi Rama IV, dont le nom monastique avant de devenir roi était « Wachirayan ».

 

 

Elle regroupe le contenu de trois bibliothèques :

la « Bibliothèque Wachirayan » initiale (ห้องสมุดวชิรญาณ), située dans l'enceinte du palais royal et contenant les collections du roi Mongkut,

 

la « Bibliothèque du Mandira Dharma » (ห้องสมุดมณฑิราธรรม) crée en 1883 dans l'enceinte du temple du Bouddha d’émeraude pour y regrouper les collections royales des saintes écritures,

 

 

et la « Bibliothèque Buddhasasana Sangaha » (หอสมุดพุทธสาสนาสังฆะ) fondée par le roi Rama V le 11 juillet 1900 dans l'enceinte du temple Benchama (วัดเบญจมาศ), le temple de marbre et regroupant non seulement des écrits bouddhistes mais des objets de culte.

 

 

Elle est placée sous le patronage royal. Elle fut placée sous celui du Ministère de la culture après le coup d'état de 1932.

 

 

Devenue « Bibliothèque nationale » (hosamut haengchat – หอสมุดแห่งชาติ) elle joua un rôle fondamental dans la formation d'un savoir et de sa conservation. La « matière première » de ces connaissances fut collectée par l’institution pour sa sauvegarde et sa reproduction. Elle contient tout le patrimoine littéraire du royaume.

 

 

Cela comprenait des manuscrits sur feuilles de palmier (bai Ian - ใบลาน)

 

 

ou de samut khoi (สมุทรข่อ),

 

 

...des inscriptions épigraphiques et, à partir de la fin du XIXe siècle, des volumes imprimés reliés. C'était l'héritage d'une grande diversité de savoirs coexistant dans tout le royaume, discours bouddhistes, brahmanisme, chroniques, contes et légendes, droit et coutume traditionnels, astrologie et divination, magie, médecine, et les nombreux traités ou manuels écrit pour la préservation, l'adaptation et l'application des connaissances pratiques.

 

 

Cette évolution c'est effectuée globalement en plusieurs étapes. La période des menaces coloniales sur le royaume siamois fut à l'origine de ce vent de réformes. En réaction à cette menace, le Siam entreprit ses réformes administratives centralisatrices suivant les modèles coloniaux.

Mais ces mouvements suscitèrent également au moins chez les élites, une vague de recherches sur leur passé.

 

 

Il faut évidemment mentionner la Siam Society dont l'objet annoncé fut d'effectuer des recherches sur les arts, la littérature et les sciences ainsi que sur les relations du Siam avec ses voisins. L'assemblée générale constitutive se tint le 26 février 1904 à l'Hôtel Oriental en présence de tout ce que le Siam comporte d'érudits, tous d'ailleurs étrangers au service du pays. Il est amusant de constater que la première livraison de la revue débute par un article en anglais du Prince Damrong sur la fondation d'Ayutthaya. Nous trouvons la signature d'autres érudits que nous avons rencontrés au fil de nos recherches, Frankfurter, Gérini, et la seule d'un autre siamois, Phraya prachakitkonhak (พระยา ประชากิจกรจักร) qui appartient à la famille Bunnag (บุนนาค) et à la haute administration centrale. Actuellement la revue ne publie qu'en anglais et l'immense majorité des articles restent le fait d'érudits étrangers et parfois Thaïs.

 

 

La colonisation par ailleurs et en parallèle suscita la création d'autres assemblées érudites, l'École française d'Extrême-Orient fondée en 1898 à l'initiative de Paul Doumer alors gouverneur de l'Indochine françaises

 

 

et la Burma Research Society fondée en 1910 mais interdite en 1980.

 

 

La Bibliothèque, plus que la Siam Society, est le pendant de ces organisations « coloniales ». La société ne fonctionnant pratiquement qu'en langue anglaise et n'incluant que des européens n'eut pas le même impact et n'a toujours pas le même impact que la bibliothèque.

Le concept de bibliothèque nationale était inédit à cette époque même s'il existait en dehors des collections privées des collections royales des manuscrits conservées dans les palais, les temples royaux ou les temples du royaume plus ou moins, celles-ci n'avaient pas tout à fait la même fonction. Ils regroupent principalement des ouvrages religieux. Ho Trai (หอไตร), littéralement « la tour triple », c’est la bibliothèque des saintes écritures (phratraipitaka -  พระไตรปิฏก) qui sont triples (mais en quelques centaines de volumes) d’où le nom (ไตรtraï, c’est trois en sanscrit-pali d’où vient notre chiffre trois). Les plus anciennes sont des constructions en bois sur pilotis sur une pièce d’eau pour éviter les attaques des insectes aux attaques desquels les manuscrits traditionnellement sur feuilles de latanier sont sensibles. Tous les temples n’en comportent pas probablement pour la seule raison que l’achat des centaines de volumes de la sainte doctrine est une dépense hors de proportion avec leurs ressources et compte non tenu du fait que fort peu de moines dans les temples de village connaissent encore le pali.

 

 

En fait, tous ces écrits étaient éparpillés et n'avaient jamais été rassemblés en un seul endroit.

La bibliothèque nationale fut donc fondée sur l'idée de conserver toute la variété des œuvres écrites trouvées dans le royaume dépassant bien au-delà l'étude du dharma.

 

 

Par ailleurs les publications de nouveaux livres, manuscrits ou imprimés, se multiplient et ces ouvrages, réceptacles et symboles de la connaissance, la bibliothèque devint un instrument essentiel du processus d'accumulation des connaissances. Au demeurant, ce rôle est devenu essentiel avec l'adhésion du Siam le 17 juillet 1931 à l' « Union internationale pour la protection des œuvres littéraires et artistiques » avec pour corollaire immédiat d'obligation du dépôt légal. Tout ce qui se publie depuis lors en Thaïlande doit s'y retrouver pour protéger ce qu'il est convenu d'appeler le copyright, tout simplement les droits d'auteur.

 

 

Les principales tâches de la Bibliothèque nationale de Thaïlande consistent à collecter, stocker, préserver et organiser la propriété intellectuelle nationale, quel que soit le support. Les collections comprennent des manuscrits thaïlandais, des inscriptions sur pierre, des feuilles de palmier, des livres traditionnels thaïlandais et des publications imprimées ainsi que des documents audiovisuels et des ressources numériques. Elle se présente donc comme source d'information au service des citoyens de tout le pays.

 

 

Il importe de revenir sur les intentions de ses fondateurs qui vont au-delà de ce rôle un peu réducteur.

Le roi Rama V considérait que « l'étude des livres est la forme la plus noble des études » (wicha nangsu pen wicha anprasoet - วิชา นางสุ เพ็ญ วิชา อันประเสริฐ). Telle était l'opinion du « père » de l'histoire thaïe qui fut bibliothécaire en chef de longue date, le prince Damrong, ainsi que d'autres membres de la famille royale ou de la haute hiérarchie religieuse.

 

 

La bibliothèque était alors considérée comme la matière première à partir de laquelle l'histoire pourrait être écrite.

Le roi Rama V lui confia la tâche d'encourager l'écriture de livres en langue thaï. Sous le sixième règne, en 1914, cette responsabilité fut transférée à la Société littéraire (Wannakhadi Samosorn -วรรณคดี สมโสม)

 

 

Pour eux tous, la possession de livres, concrétisée par l'institution de la Bibliothèque, était l'un des attributs d'un pays civilisé ayant une histoire.

La préservation des livres du royaume fut la préoccupation particulière du prince Damrong, qui après sa retraite du ministère de l'Intérieur en 1915, consacra l'essentiel de son énergie au développement de la Bibliothèque. En 1917, le Prince Damrong écrivait «.. il existe de nombreux livres anciens en pays thaï qui n'ont jamais été imprimés. Ces livres sont éparpillés partout et risquent de disparaître complètement à cause du feu, de la pluie, des insectes et des acheteurs de livres étrangers qui les emportent à l'étranger. Ces livres sont un patrimoine important de la nation, et ne se trouvent nulle part ailleurs en dehors de la nation. Ils sont la propriété de la nation thaïe »,

Il faut bien constater que le développement de la bibliothèque Wachirayan à partir des années 1890, en particulier en ce qui concerne l'activité de collecte, coïncida avec la mise en œuvre de réformes administratives destinée à confirmer que le Siam était ou était en passe de devenir un pays civilisé ayant une littérature pas seulement religieuse

 

.

En 1884 et jusqu'en 1945, la bibliothèque publia régulièrement une revue appelée Wachirayan Wiset (วชิรญาณวิเศ) contenant un mélange d'œuvres littéraires siamoises, principalement de la poésie, des nouvelles, des collections de proverbes, des articles rédigés par des membres sur une variété de sujets, y compris la science, l'actualité, la religion, le commerce et l'économie en sus des informations locales et internationales.

 

 

A l'initiative de Son Altesse Royale la Princesse Maha Chakri Sirindhorn, les 38 volumes ont été réédités et numérisés en l'honneur du 80e anniversaire de la Reine Sirikit en 2012.

 

 

En sus de cette revue, la Bibliothèque commença à publier sur ses fonds propres de nombreux ouvrages essentiellement de nature historique ou littéraire. La préface était généralement écrite par le Prince Damrong, expliquant le livre au lecteur, notant le genre et la nature de l'œuvre, l'auteur et la date de composition, la raison de sa composition, l'origine du manuscrit, la raison de sa publication, la valeur scientifique de l'ouvrage pour les lecteurs, etc. Nombre de ces préfaces sont elles-mêmes devenues des classiques !

Ces publications étaient systématiquement transcrites en caractères thaïs alors que de nombreux manuscrits l'étaient dans des écritures non thaïes, notamment les ouvrages religieux.

Nous sommes à l'heure où les discours coloniaux insistaient sur le sous-développement culturel des peuples colonisés ou en passe de l'être, et de la nécessité de leur apporter les bienfaits de notre civilisation occidentale. Les érudits des pays coloniaux constituaient des sociétés savantes examinant d'un œil souvent critique et négatif la littérature et l'histoire de ces peuples.

La création de l'institution tendit à démontrer que le Siam possédait les attributs d'une nation civilisée avec une histoire et une tradition littéraire.

 

 

N'oublions pas le rôle essentiel d'un Français, Georges Coédès. Il noua des liens d'amitié avec le Prince Damrong, qui finit par lui demander d'assumer la charge de Conservateur de la Bibliothèque nationale du Siam. Il y fut détaché par l'EFEO à partir de 1918 jusqu'en 1924 et s'appliqua à moderniser les méthodes de la bibliothèque, à l'alimenter en sources européennes, à organiser les collections de stèles et à susciter un inventaire des inscriptions dans l'ensemble du Siam, dont il publie un premier recueil en 1924. Il est l'auteur de « The Vajiranana national library of Siam ». Nous lui devons l'essentiel de cet article. Quoique toujours sous droits d'auteur, l'ouvrage est numérisé.

 

Nous devons à l’Australien Patrik Jory une étude circonstanciée « Books and the Nation: The Making of Thailand's National Library » publiée dans le Journal of southeeast Asian studies en septembre 2000 qui – étayé sur une bibliographie circonstanciée – situe la création de la bibliothèque dans le cadre des réformes centralisatrices du roi Rama V et du prince Damrong son demi-frère.

 

 

Il faut bien évidemment souligner que, copyright ou pas, le Bulletin de l'école française d'extrême orient est numérisé sur le site

https://www.persee.fr

 

 

Tous les volumes de The Journal of Burma Research Society le sont sur le site

https://archive.org/ probablement la plus grande bibliothèque virtuelle du monde duquel j'ai extrait l'ouvrage de Coedès.

 

 

Tous les volumes du Journal of the Siam Society sauf les années les plus récentes, sont numérisés sur le site de la société

https://thesiamsociety.org/

 

 

Le site parallèle à la bibliothèque numérise des ouvrages selon un classement déconcertant mais il semble que ce ne soient que des balbutiements. On y trouve les Annales historiques et les anciennes chroniques réunies par le Prince Damrong imprimées et transcrites en caractères thaïs ainsi que les ouvrages rares et les manuscrits que l'on peut consulter en ligne

https://vajirayana.org/

Les Universitaires par contre, plus novateurs, ont créé leurs propres bibliothèques digitales ainsi en particulier

l'université Chulalongkorn (http://library.car.chula.ac.th)

l'université Kasesart (http://lib.ku.ac.th)

l'université Mahidol (http://li.mahidol.ac.th)

l'université Thammasat (http://library.tu.ac.th)

l'université de Chiang Mai (http://lib.cmu.ac.th)

De nombreuses bibliothèques digitales ont été créées par des organisations gouvernementales non gouvernementales dans les domaines les plus divers. (Voir l'article daté de 2006 du professeur TASANA SALALADYANANT « DIGITAL LIBRARIES IN THAILAND » :

http://hdl.handle.net/10150/105288

 

 

La Bibliothèque Nationale de France, un exemple à suivre

 

 

La Bibliothèque nationale de France est lointainement issue de la collection de livres de Charles V en 1368. En 1537, François Ier enjoignit aux libraires et imprimeurs d'y déposer tous les imprimés mis en vente, c’est le début du dépôt légal. De bibliothèque royale, elle devint bibliothèque nationale puis bibliothèque nationale de France. Dépositaire de plus de 40 millions de volumes et 12.000 incunables, sur plus de 400 kilomètres de rayonnage, elle est l’une des plus importantes d’Europe après la British Library  détachée il y a peu du British Museum lui-même créé en 1759.

Elle numérise depuis 1997 de nombreux documents, à ce jour du mois de mars 2022, 8.928.467 et le chiffre augmente tous les jours mais uniquement les documents hors droits.

Il est vrai que la BN a un budget annuel de 235 millions d'euros et emploie plus de 2000 personnes. La Bibliothèque Nationale de Thaïlande emploie seulement 162 personnes et a un budget annuel de 93.000.000 de bahts, un peu plus de 2.500.000 euros ! Ses collections ne comprennent qu’un peu plus de 5.000.000 de pièces de quelque nature que ce soit.

En dehors du souci de conservation des documents et collections du patrimoine, elle affiche son premier soucis qui est d'être au service de la politique culturelle du gouvernement et ensuite celui de promouvoir l'habitude de l'amour et de la lecture chez le Thaïs de tous âges.

 

 

Quel avenir pour le « support papier » autre que symbolique ?

 

Je m'en tiens à un seul exemple : De 1904 à 2016, dernière année de numérisation libre, la Siam Society a publié sauf erreur de ma part 291 volumes (plusieurs publications par an), plus de 2000 articles, probablement entre 1 et 2 mètres de rayonnage. La numérisation est parfaite, compris les illustrations en couleur souvent superbes, le tout occupe sur une clef USB grande comme un timbre-poste moins dedeux gigas.

 

 

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24 avril 2022 7 24 /04 /avril /2022 02:37

 

Dans un amusant article publié dans la très sérieuse revue de la Siam Society dans sa livraison de 2021, le professeur Olivier de Bernon qui appartient à l'école française d'extrème orient, donne à l'invention du parachute une très lointaine origine siamoise. Le titre de son article est évocateur : « The Parachute, a French Invention of Distant Siamese Origin » (Le parachute, une invention française de lointaine origine siamoise - ร่มชูชีพ สิ่งประดิษฐ์ของฝรั่งเศสที่มีต้นกำเนิดจากสยามไกลๆ)

 

 

Selon lui, l'invention du parachute appartient au physicien français Louis-Sébastien Lenormand, né à Montpellier le 25 mai 1757. L'idée est née dans son esprit en lisant un passage de la Description du Royaume de Siam de Simon de La Loubère, envoyé extraordinaire du roi Louis XIV à la cour du roi Phra Narai à Ayutthaya. Le 26 décembre 1783, muni d'un attirail de parasols et de perches, Lenormand se lança du haut d'un arbre de six mètres et vérifié la douceur d'une chute qui était comparable aux acrobaties observées par La Loubère. Il entreprit aussitôt les calculs de résistance de l'air, de volumes, et des surfaces appropriées pour une voile de parachute pour obtenir la plus lente descente. Ce faisant, il a transformé un divertissement acrobatique en une expérience en mécanique physique : l'invention du parachute avait eu lieu.

 

 

Effectivement, ce scientifique revendiqua dans la revue « Annales de chimie » du 30 vendémiaire de l'an IX (22 octobre 1800) la paternité à la fois du mot (« parachûte ») et surtout d'en avoir fait l'essai sur sa personne le 26 novembre 1783.

 

 

L'idée lui en aurait été inspiré par une lecture dans un volume de l' « histoire des voyages » (mais il ne dit pas lequel) où il avait lu que des esclaves, pour amuser leur roi, munis d'un parasol, se laissoient aller d'une hauteur assez grande pour se faira beaucoup de mal ; mais qu'ils étoient retenus par la colonne d'air qui étoit comprimée par ce parasoll ». La revue ne contient malheurement pas le croquis de l'engin. Il indique simplement avoir eu un parasol de 30 pouces de diamètre (75 cm) dans chaque main, l'extrémité des baleines attachés à la poignée pour éviter qu'elles ne se replient.

 

 

Les principes de physiques sur lesquels fonctione le parachute sont effectivement bien connus. Mais s'est-il bien lancé de haut de la tour de la Babotte muni d'un parasol d'un dialètre de 30 pouces dans chaque main et atterrit-il sans dommage ?

 

C'est selon toute apparence Louis Figuier qui a répandu l'idée d'attribuer la paternité du premier saut en parachute à Lenormand . Selon lui « Lenormand avait lu dans quelques relations de voyages que des certains pays, des esclaves pour amuser leur roi se laisaient tomber d'une certaine hauteur munis d'un parasol... ». Il en situe également l'origine de l'idée à une anecdote : une fillette tombée d'une échelle fut sauvée par un vent du nord très violent qui s'engouffra dans sa robe ? Figuier qui n'en est pourtant pas avare ne donne qu'un dessin où l'on voit Lenormand accroché à un seul parasol de diamètres évidement supérieur à 30 pouces ? Pour Figuier, il ne pensait pas à permettre au passager d'un aérostat en danger de s'en échapper mais aux habitants d'une maison en flamme de fuir en sautant dans le vide sans dommage.(1).

 

 

Au demeurant, la paternité de cet exploit fut contestée par un érudit de Montpellier, L.H. Escuret en 1961, où se situe est la vérité ? Voici ce qu'il écrit :

« Louis Figuier... et le parachutiste : En 1945, une plaque commemorative fut fixée sur la tour de la Babote à Montpellier avec cette inscription : « A la mémoire du physicien Sébastien Lenormand qui, en 1783, du balcon de cette tour osa le premier saut en parachute. » C'était trop beau pour être vrai ! En réalité, Lenormand avait seulement décrit dans les Annales de chimie, en 1801, les expériences de parachutage qui furent réalisées à cette époque et à cette tour, mais seulement avec des poids et des animaux. C'est l'étourderie et peut-être le chauvinisme d'un Montpelliérain qui avait fait le reste. Ce Montpelliérain ? Un savant bien connu, Louis Figuier, qui avait ainsi « embelli » la vérité en décrivant cet exploit imaginaire dans ses « Merveilles de la science de 1868 ».

En 1958, l'erreur fut démasquée et la plaque modifiée comme il convenait » (2). Cette contestation est sérieuse. En effet, ces parasols ont chacun une superficie d'un peu moins de 2 mètres carrés soit 4 au total. C'est bien inférieur à la superficie de nos parachutes d'une superficie d'environ 10 mètres carrés qui permettent de toucher le sol à 8 mètres par seconde, un peu moins de 30 kilomètres à l'heure. Ceci dit, le « Livre des records » - mais est-ce une bonne référence - fait état d'un atterissage réussi avec un micro-parachute de 3,25 mètres carrés, alors ?

 

 

Dans son article susvisé, Lenormand continue en précisant qu'il a repris son expérience avec un parasol unique mais cette fois-ci de 14 pieds de diamètre soit 4,25 mètres ce qui donne une superficie d'un peu plus de 14 mètres carrés.

 

Que dit donc La Loubère et a-t-il décrit des parachutes au Siam ? Il s'est effectivement régalé du spectacle des acrobates chinois à la cour du roi Naraï et des saltimbanques jugés au sommet de très hauts bambous, les danseurs de bambous (ลอดบ่วง)

« Il en mourut un, il y a quelques années, qui se jetait du cerceau en bas. se soutenant seulement par deux parasols dont les manches étoient bien attachés à sa ceinture : le vent le portait au hasard tantôt à terre, tantôt sur des arbres, ou sur des maisons, et tantôt dans la rivière. Il divertissait si bien le Roi de Siam, que ce Prince l'avait fait grand Seigneur ».

 

 

Nous retrouvons bien là les deux parasols de Lenormand. A-t-il puisé cette idée à la lecture de La Loubère dans le texte ? L' « Histoire générale des voyages » de l'abbé Prevost dont il parle est une énorme collection de 25 volumes publiée à partir de 1746 sous forme de souscription. C'est une compilation de récits de voyageurs qui a connu un fort succès, l'exotisme étant alors fort à la mode. Le récit des voyageurs de l'ambassade de Louis XIV, tome X fut publié en 1752.

 

L'ouvrage a fait l'objet d'une édition abrégée en 1780, peut-être est-ce celle que Lenormand a eu sous les yeux ?

 

 

J'y lis : « On se rappelle qu'à Paris de nos jours un homme a essayé de s'ajuster des ailes et de voler.

 

Si l'on en croit La Loubère, on est plus habile à Siam qu'à Paris. Il vit un saltimbanque se jetant d'un bambou sans autre secours que de deux parasols dont les manches étaient attachés à sa ceinture, se livrait au vent qui le portait au hasard, tantôt sur les arbres, tantôt sur terre et tantôt dans la rivière.... » (3). La Loubère qui avait un joli coup de crayon ne nous a malheureusement pas laissé de gravure.

 

Une invention française venue du Siam qui a sauvé de nombreuses vies et causé de non moins grands ravages puisque les parachutistes d'Hitler en firent un instrument de mort , passant du simple divertissement artistique à l'élaboration scientifique.

 

 

 

NOTES

 

(1) « Merveilles de la science » 1868 repris dans « Les aérostats » 1887

 

 

(2) « Revue de l'histoire de la pharmacie » 1961

(3) « Abrégé de l'histoire générale des voyages », tome VI, 1780

 

 

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27 mars 2022 7 27 /03 /mars /2022 05:15

 

L'histoire du dépècement du royaume de Siam, vision siamoise, première partie (1786 - 1893)

 

 

 

 

Si les rapports entre la France et le Siam ont été marqués par l'arrivée d'une ambassade siamoise en 1686 en France suivi par les ambassades françaises au Siam qui se sont fort mal terminées, elles furent suivies d'un premier traité passé le 15 août 1856 qui est un « traité d'amitié, de commerce et de navigation, fondé sur l’intérêt commun des deux pays... » Tous ses épisodes historiques donnent lieu à des discours angéliques sur cette longue amitié qui n'a jamais été ternie autrement que par d'insignifiantes questions frontalières... et bla bla bla.

 

 

 

Le traité de 1856 n'appartient pas à la catégorie de ce que l'histoire de la colonisation appelle « les traités inégaux », car il est le seul. La suite sera moins angélique.

 

La perte par le Siam de pans entiers de ses territoires, territoires siamois proprement dits ou territoires feudataires qui payaient tribu annuel au roi du Siam a débuté dès le début de l'installation de la dynastie Chakri dans sa nouvelle capitale de Bangkok. Les prétentions du Siam a bénéficier de droits ancestraux notamment sur le Laos, le Cambodge et la partie nord de la péninsule malaise résultaient de droits de conquête dont à celle époque nul ne constatait la légitimité, tels étaient les principes du droit international.

 

 

Pendant des millénaires, le droit de conquête tel qu'il dérive de la guerre fut affirmé dans toute son étendue avec toutes ses conséquences, et l'annexion des pays vaincus y fut présenté comme l'un des privilèges légitimes de la victoire. Ces principes se retrouvèrent en droit colonial français. Nul ne se soucie alors de « droits des peuples à disposer d'eux-mêmes ». L’écrasante majorité des acteurs de la politique coloniale de l'Angleterre et de la France, conseillers du pouvoir, professionnels du droit, législateurs ou ministres, considère que des dispositions particulières doivent être prises dans les territoires de leur empire pour tenir compte de l’infériorité des « indigènes ». Ne parlons évidemment pas du Noir. ce grand enfant,

 

 

« l’Annamite » mystérieux, impénétrable, est considéré comme fourbe dans la presse de l'époque qui parle systématiquement de duplicité des Siamois,

 

il appartient à une civilisation ancienne certes mais inférieure sur bien des points à la notre. Seuls de rares esprits courageux comme Benjamin Constant le considérèrent-ils comme un fléau.

 

 

 


 

La position anglaise consistait tout simplement à utiliser dans ses conquêtes coloniales le droit du plus fort : ainsi fut constitué son immense empire colonial en Asie, Indes, Birmanie, Malaisie ; comme ceux des États-Unis d'Amérique ou les empires coloniaux des Pays-Bas, de l'Espagne et du Portugal.

 

 

 

Les Français, après avoir conquis toujours sur le même principe, l'Annam, le Tonquin et le Cochinchine, conquête commencée en 1858, furent plus subtils en prétendant plus à tort qu'à raison qu'ils devinrent héritiers des droits et obligations de l'Empire annamitique qui possédait ou aurait possédé lui même des droits ancestraux sur les territoires revendiqués par la France. Un habillage juridique le plus souvent fuligineux..... N’épiloguons pas, l'histoire du dépècement partiel du Siam résulte tout simplement du principe de droit international applicable alors en matière, au mois jusqu'à la fin de la guerre de 14, que la force prime le droit. Ce principe est toujours applicable mais hypocritement voilé sous le nom de « droit d'ingérence »
 

 

Cette triste histoire de la Thaïlande fut longue, elle s'est étendue de 1786 à 1962. Nous l'avons détaillée en deux parties. Cette carte numérote ces empiétements successifs  :

 

 


 

Le 11 août 1786 sous le règne de Rama Ier, les Anglais  (1 sur la carte) :

 

Le sultanat de Kedah payait tribu au roi de Siam. Depuis le 17e siècle, les sultans envoyaient les « Bunga mas » (fleurs d'argent et d'or - ต้นไม้เงินต้นไม้ทอง - tonmai ngoen tonmai thong) au Siam en reconnaissance de la souveraineté du roi du Siam.

 


 

Il dépendait de son territoire l'île de Koh Mak (เกาะหมาก) aujourd'hui Penang (ปีนัง). D'une superficie de 375 kilomètres carrés, elle n'était occupée plus ou moins régulièrement que par quelques centaines de pécheurs malais, en réalité une île déserte.

 

 

Un aventurier anglais, le capitaine Francis Light, conscient de son importance stratégique à l'entrée nord du détroit de Malacca obtint du Sultan Abdullah au profit de la Compagnie des Indes orientales qu'elle lui fut cédée. Cette île ne devait alors pas être au centre des préoccupations du roi Siamois qui ne disposait d'aucune marine de guerre et s'occupait surtout d'asseoir l'autorité de sa dynastie sur le Siam et ses états tributaires. L'île fut immédiatement fortifiée par Cornwallis.

 

 

L'île abrite aujourd'hui plus d'un million et demi d'habitants, est devenue une destination touristique prisée après avoir servi de port de guerre aux Anglais puis aux Japonais qui y établirent une base sous-marine. Ce n'est pas en vertu du droit international qu'elle est devenue britannique mais par simple droit d'occupation. Au demeurant, le roi n'avait aucun moyens de défendre militairement une île déserte située à 1.200 kilomètres de Bangkok. L'accès n'en était d'ailleurs pas facile, elle est aujourd'hui reliée à la terre par deux ponts de plus de 13 kilomètres.

 

 


 


 

Le 16 janvier 1793 sous le règne de Rama Ier, les Birmans  (2 sur la carte) :

 

 

Le roi dut céder à la Birmanie le district côtier de Tavoy - Tanintharyi  (ทวาย ตะนาวศรี) où se trouve la capital Tavoy et l'important port de Mergui, territoire Siamois depuis l'époque de Sukhothai. La superficie est d'environ 17.000 kilomètres carrés. Il fut probablement trahi par Mangsaccha (มังสัจจา), le gouverneur qui travaillait dans l'ombre pour les Birmans. Le roi ne put résister aux Birmans qui n'avaient pas perdu leurs prétentions à avaler le Siam après qu'ils en eussent été chassés par le roi Taksin après l'invasion de1767.

 


 

En 1810 sous le règne de Rama II, la France ? (3 sur la carte) :

 


L'inclusion de cet empiétement sur de nombreux sites thaïs m'interpelle : un empiétement qui aurait au lieu en 1810 sous le règne de Rama II, une cession mystérieuse à la France du territoire de Ban Thay Mat - Ha Tien (บันทายมาศ (ฮาเตียน). J'avoue ne rien avoir trouvé à ce sujet d'autant que cette ville (?) est situé dans le district de Kampot (จังหวัดกัมปอต) – le pays du poivre - et, frontalière, était disputée entre les Cambodgiens et les Vietnamiens. Elle était connue des premiers explorateurs sou le nom de Pontoméas ou Panthaimas ou Ponthiamas ou Pontiano

 

 

...avec de nombreuses variantes orthographiques. Ville portuaire, elle est actuellement située au Vietnam. La ville fut historiquement siamoise mais fut ensuite appréhendée par la Cochinchine peut-être en 1810 ? La Cochinchine ne devint français qu'à la fin de sa conquête en 1862. L'emplacement de ce port de guerre est stratégique dans le golfe de Siam. Peu importe en définitive que cette perte soit imputable à la France ou à l'empire annamitique, elle porte sur 100 kilomètres carrés environ. Si d'ailleurs Joseph Bonaparte fut en 1808 désigné comme roi d'Espagne et des Indes, l'archipel était bien inclus dans son royaume mais il ne semble pas qu'il y ait le temps de faire acte de gouvernement depuis Madrid et encore moins de s'intéresser alors au Siam ? Un tentative tourna court : « Le 14 août 1808, une très-petite goélette française, la Mouche, n° 6, fut envoyée de France sous le commandement de M. Ducrest de Villeneuve, lieutenant de vaisseau, afin d'y faire reconnaître l'avènement du roi Joseph Ier au trône de l’Espagne et de ses colonies. Le gouverneur de ces îles, don Fernando Mariano Fernandez de Folgueras, poussé par la population espagnole de Manille, et à l'exemple de ce qu'on avait déjà fait dans des cas semblables en Amérique, voulut conserver la colonie à son souverain légitime Ferdinand VII.

 

 

La Mouche n° 6, ayant mouillé, le 25 mai 1809, dans la baie de atangas, fut prise le 29; son commandant ainsi que son équipage furent faits prisonniers. » (Gabriel Lafond de Lurcy : « Voyages autour du monde et naufrages célèbres ».... Tome 4, 1843-1844). Incapable d'asseoir son autorité en Espagne, Joseph le fut encore moins dans l'immemse empire colonial de son royaume.

 

 

 


 

En 1825 sous le règne de Rama III, les Birmans (4 sur la carte):

 

Le roi dut céder à la Birmanie les districts situé dans les états Shan de Saen Wee (แสนหวี), Muang Phong (เมืองพง) et Kengtung (เชียงตุง) pour une superficie de 62.000 kilomètres carrés. Ce territoire avait été cédé au roi Rama Ier par le roi Kawila (พระเจ้ากาวิละ) de Chiangmai.

 

 

Le roi ne put s'y opposer militairement étant occupé par le révolte de Chao Anu Vientiane (เจ้าอนุเวียงจันทร์) au Laos et des rebellions dans ses provinces du sud, Kelatan et Saiburi (กลันตัน ไทรบุรี)

 

 

 


 

En 1826 sous le règne de Rama III, les Anglais (5 sur la carte) :


 

 

Le Siam doit céder à l'Angleterre un an plus tard l'état tributaire de Pérak (เปรัค), 21.100 kilomètres carrés, situé au sud de Penang qui envoyait aussi le tribut de la fleur d'or et d'argent. La perte fut lourde car l'état est célèbre pour ses mines d'argent. Les Anglais ne se sont pas non plus encombrés de principes juridiques.

 


 

Le 1er mai 1850 sous le règne de Rama IV, la Chine (6 sur la carte) :

 

La province de Sibsongpanna (สิบสองปันนา) et ses 90.000 km2 est limitrophe de la Birmanie (au sud-ouest), du Laos (au sud et à l'est) et du Yunnan au nord devient chinoise sous le nom actuel de Xishuangbanna après une guerre perdue contre la Chine. Les Chinois n'usèrent pas non ,plus d'arguties juridiques

 

 


 

Le 15 juillet 1867 sous le règne de Rama IV, voilà la France  (7 sur la carte):

 


 

Le Siam perd le Cambodge et six îles pour une superficie de 124.000 kilomètres carrés mais conserve sa province de Burapha (มลฑลบูรพา) incluant Siamraep et Sisonphon (เสียมราฐ – ศรีโสภณ), la partie nord du Cambodge qui jouxte le sud du Siam. Le site sacré d'Angkor se situe dans la région de Siamraep et reste siamois. Le monarque soliveau du Cambodge s'était de son plein gré soumis à la « protection » de la France. Tel fut le fruit des habiles manœuvres diplomatiques de l'Empereur Napoléon III et l'on vit apparaître la légende d'anciens droits tutélaires de l'empire d'Annam aux droits duquel se trouverai la France, sur le Cambodge.

 


 

Le 22 décembre 1888 sous le règne de Rama V, la France (8 sur la carte):


 

 

Le Siam perd ce que l'on appelle les 12 districts (sipsong chaothai – สิบสองเจ้าไทย) soit 87.000 km2. Ils sont situés à l’extrême nord-est du Laos à la frontière avec le nord-ouest du Tonkin et doivent leur nom à leur population essentiellement thaïe, Thaïs blancs, Thaïs noirs et Thaïs rouges. C'est là que les légendes situent l'origine mythiques des populations thaïes-laos dans leur berceau de Ðiện Biên Phủ. Le rattachement à la France aurait fait l'objet d'un traité entre Pavie et Deo-Van-Tri, seigneur féodal de la région, du 7 avril 1889 dont je n'ai pu trouver trace mais les Français l'auraient investi dés le mois de décembre précédent lorsque la conquête du Tonkin fut assurée. Il y eut probablement des manoeuvres tortueuses de Pavie avec Deo-Van-Tri, en réalité un chef de guerre sanguinaire qui prétendait à tort ou à raison que son territoire avait toujours été tributaire de l'empereur d'Annam aux droits duquel se trouvaient les Français.

 

 

Pour les Français, Pavie est l'homme qui a conquis les cœurs, pour les Thaïs, il est l'homme qui a mangé le Siam !  C'est de cette époque qu'éclate la rage des Siamois contre Pavie. Si la presse coloniale accusa les Siamois de duplicité et de sournoiserie, les écrits siamois le leur rend avec usure en prêtant aux Français en général et à Pavie en particulier fourberie, hypocrisie et sournoiserie.

 

 

Le roi Rama V ne pouvait résister militairement d'autant qu'il y a environ 1200 kilomètres entre les douze districts et sa capitale. La France s'est ainsi emparé de ce qu'elle ne savait probablement pas être un lieu mythique pour les Siamois : Khun Borom est une divinité descendue du ciel dans le pays légendaire de Muang Then, situé à l'actuel Điện Biên Phủ,.Il apprit aux populations thaïe-lao dont il est le père, à cultiver le riz.

 


 

Le 27 octobre 1892 sous le règne de Rama V, les Anglais (9 sur la carte):

 

La Siam doit abandonner au profit de l'Angleterre cette fois ses territoire de la rive gauche de la rivière Salween pour 30.000 kilomètres carrés (แม่น้ำสาละวิน) peuplée par des populations d'ethnie thaie-ngiao (ไทยเงี้ยว) et karen (กะเหรี่ยง), la perte économique est immense en raison de la richesse notamment forestière de cette région.

 

 

 


 

Le 3 octobre 1893 sous le règne de Rama V, la France (10 sur la carte) :

 

C'est l'annus horibilis pour le Siam. Il perd toute la rive gauche du Mékong, 143.000 kilomètres carrés. Le Laos est devenu français, nous avons longuement parlé de ce traité, un modèle de rêve pour les traités inégaux conclus entre les pays colonisateurs et les pays colonisés. La version siamoise présente quelques différences avec celle des Français.

 


 

Le roi Rama V invoqua des manœuvres séductrices auprès des populations du Laos pour les convaincre qu'il valait lieux être soumis à la protection de la France qu'à la domination des Siamois.

 

Il est certain que les prêtres des Missions étrangères y ont joué leur rôle, l'enfer étant pavé de bonnes intentions. Ils avaient l'immense avantage par rapport aux fonctionnaires français de parler la langue, condition sine qua non pour qu'ils puissent partir en mission. Il est singulier de voir la république laïque, franc-maçonne et violemment anticléricale protéger et utiliser ainsi les missions catholiques. Il fallut quelques dizaines d'années aux populations ainsi soumises à la France pour s’apercevoir que leur sort ne s'était de loin pas amélioré par rapport à ce qu'il était du temps des Siamois. N'oublions jamais ce que disait Monseigneur Pallegoix en 1854, ami du roi Rama IV et vicaire apostolique du Siam-Laos, selon lequel le sort des esclaves au Siam était beaucoup plus confortable que celui des domestiques en France à son époque ! Pour les missionnaires d'ailleurs, Siam et Laos étaient inclus dans le même vicariat apostolique.

 


 

La menace française s'intensifia et opposa des fins de non recevoir à toutes les demandes de négociation. Intervint alors la mort d'un malheureux fonctionnaire civil français, Grosgurin dont la France imputa la responsabilité au gouverneur de Khammouane (คำม่วน) Phra Yod Muang Kwang (พระยอดเมืองขวาง).

 

 

En France, la presse, le parti colonial, les cercles religieux se déchaînèrent et exigèrent que des mesures drastiques soient prises contre le Siam. Ne revenons pas sur ces incidents dont nous avons longuement parlé. Relevons simplement que les circonstances de la mort de Grosgurin restent troubles et que le procès exigé par les Français contre le responsable de sa mort se déroula dans des conditions qui font honte à la justice coloniale français dont les magistrats avaient été pratiquement ouvertement achetés pour rendre des services et non la Justice.

 

Pour les Thaïs Phra Yod Muang Kwang est toujours un héros

 

 

...et Grosgurin est tombé dans les oubliettes de l'histore de France

 


 

Les Thaïs comparent toujours ces agissements à la fable du loup et de l'agneau.


 

 

À suivre …..

SOURCES


 

En ce qui concerne les souffrances que ces pertes de territoires ont causé au roi, elles font l'objet d'un article détaillé (en thaï) sous le titre ความทุกข์ในพระราชหฤทัยรัชกาลที่ 5 เมื่อสยามต้องเสียดินแดน que je traduis « Souffrances au cœur du roi Rama V lorsque le Siam a perdu des terres » sous la signature de Sansanee Weerasilchai (ศันสนีย์ วีระศิลป์ชัย), auteur de nombreux ouvrages historiques, publié sur le site https://www.silpa-mag.com/history/article_15671

 

La liste que je viens de donner correspond à la réalité historique, il en est de même pour celle qui va suivre dans la suite de cet article . Reste posée la question de cette cession de 1810 à la France ?

 

Nous avons consacré deux articles à l'incident de Paknam ayant conclu à la signature du traité de 1893. Dans le premier, nous nous sommes posé la question de savoir si l’affaire n'était pas une simple application du vieux brocard « Qui veut la mort du chien l'accuse de la rage ». Dans le suivant, nous avons constaté, ce ne sont plus des suppositions, que le procès qui fut fait à l' «assassin » de Grosgurin constitua une véritable mascarade de l'avis de tous les spectateurs et que deux au moins des quatre magistrats français ont été purement et simplement achetés. Malheur aux vaincus.

 


 

H 1- L’INCIDENT DE PAKNAM DU 13 JUILLET 1893 : I - LES PRÉMICES : L’AFFAIRE GROSGURIN.

https://grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-blog.com/2016/10/h-1-l-incident-de-paknam-du-13-juillet-1893-i-les-premices-l-affaire-grosgurin.html

H 2 - L’INCIDENT DE PAKNAM DU 13 JUILLET 1893 : II – LE PROCÉS : JUSTICE DES VAINQUEURS OU JUSTICE DE CONCUSSIONAIRES ?

https://grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-blog.com/2016/10/h-2-l-incident-de-paknam-du-13-juillet-1893.html

 

 

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16 janvier 2022 7 16 /01 /janvier /2022 06:43

 

De 1979 à 1989, de perpétuelles opérations militaires menées par le Vietnam qui s'est conduit en état prédateur se déroulèrent sur les provinces limitrophes du Cambodge, d'ouest en est, Trat, Sa Kaeo, Surin, Buriram et Si Saket avec des débordements sur Prachinburi.

 

 

Alors que la « bonne conscience universelle » fut prompte à s’acharner sur les opérations militaires menées à grande échelle par les États-Unis au Vietnam jusqu'en 1975 et son cortège d'horreurs, elle fut beaucoup plus discrète sur la guerre d'agression conduite par le Vietnam au Cambodge et sur la zone frontalière avec la Thaïlande. Voilà un point d'histoire aujourd'hui bien oublié et sur lequel il m'a intéressé de revenir

 

 

 

Un bref retour en arrière s'impose

 

Les Khmers rouges – avatar du parti communiste cambodgien pro chinois - ont pris le pouvoir au terme de plusieurs années de guerre civile, mettant en place le régime politique connu sous le nom de Kampuchéa démocratique.

 

 

Entre 1975 et 1979, période durant laquelle ils dirigèrent le Cambodge, leur politique intérieur fut celle d'une dictature d'une extrême violence chargée, dans un cadre autarcique, de créer une société communiste sans classesethniquement pure, purgée de l'influence capitaliste et coloniale occidentale ainsi que de la religion. Le nouveau régime décrète notamment l'évacuation de toutes les villes du pays, contraignant les populations citadines à travailler dans les campagnes, dans des conditions relevant de l'esclavage. Les persécutions contre les Vietnamiens furent féroces. Le Cambodge vit alors sous un régime d'arbitraire total.

 

 

Des dizaines de milliers de Cambodgien qui avaient pu échapper au massacre planifié se réfugièrent en Thaïlande avec femmes et enfants. Des camps de réfugiés sont organisés par, en particulier, l'agence de l'ONU pour les réfugiés. Le plus connu est celui de  Khao-I-Dang (เขาอีด่าง) qui abrita jusqu'à 160.000 personnes.

 

 

Les dirigeants Khmers rouges génocidaires furent chassés du pouvoir au début de 1979 par l'entrée des troupes vietnamiennes au Cambodge qui « libèrent » la population de ces derniers menèrent ensuite , jusqu'à leur disparition à la fin des années 1990.

 

 

 

Il faut évidemment souligner dans l'arrivée des Khmers rouges au pouvoir le rôle assez nauséabond de Norodom Shianouk ...

 

...qui ne joua pas double mais triple jeu, successivement roi, puis premier ministre puis chef d'état à vie puis « roi père » jusqu'à sa disparition, navigant entre l'URSS, le Chine communiste et la France de De Gaulle – on se souvient du discours ouvertement provocateur, neutraliste et anti américain qu'il tint à Phnom Penh en 1966.

 

Très schématiquement il y a au Cambodge les Khmers roses d'un parti démocrate, les Khmers bleus républicains, les Khmers blancs royalistes et les Khmers rouges qui prirent le pouvoir en 1975 avec l'aide plus ou moins ouverte de la Chine communiste.

 

 

questions frontalières entre le Cambodge et l'Annam datent de plusieurs siècles et persistèrent après la décolonisation, les deux pays furent toujours comme chat et chien. Les conflits religieux n'y étaient probablement pas étrangers, le Cambodge étant pratiquement totalement bouddhiste theravada alors que le Vietnam ne comporte guère plus de 20% de bouddhistes mahayana en dehors de la présence prégnante des chrétiens et des taoïstes. Les hostilités reprennent en 1975. Les persécutions ouvertement racistes contre la communauté viet en furent la cause au moins apparente. Les rodomontades des Khmers rouges n’empèchent pas l'invasion du pays et son occupation pendant dix ans.

 

 

Beaucoup de Cambodgiens avaient fui leur pays à l’arrivée des Khmers rouges, d'autres le font vers la Thaïlande à l’arrivée des Viets. Les Khmers rouges, qu'on les aime ou qu'on ne les aime pas, sont comme les autres, ils ont une famille ! Il se trouvent nombreux dans des camps de réfugié situés incontestablement en Thaïlande et pour les rouges dans les zones frontalières, dans des jungles montagneuses et boisées d'accès difficile. Avec l'aide de la Chine, les troupes de Pol Pot avaient réussi à se regrouper et à se réorganiser dans ces zones , à la frontière thaï-cambodgienne. Au cours des années 1980 et au début des années 1990, les forces khmères rouges ont opéré depuis l'intérieur des camps de réfugiés en Thaïlande, dans le but de déstabiliser le gouvernement pro-Hanoï de ce qui était la République populaire du Kampuchea que la Thaïlande avait refusé de reconnaître.

 

Sur la carte ci-dessous, les zones marquées FUNCINPEC sont celles des neutralistes de Norodom Shianouk et KPNLF celle des républicains de Son San :

 

 

Il faut dire tout de même que la Thaïlande n'avait pas réservé à tous ces réfugiés un accueil chaleureux, considérant à tort ou à raison qu'elle n'était pas destinée à accueillir toute la misère de l’Asie du Sud-est, que ce soit celle de Birmanie avec les Karen, du Vietnam lors de la chute de Saigon en 1975 ou des Mongs anti communistes du Laos

 

 

De 1979 à 1989, date du départ des Viets, jusqu'en 1989 vont se dérouler en permanence des raids vietnamiens en Thaïlande, ce ne furent pas une série d'opérations frontalières ponctuelles mais une véritable guerre d'agression du Vietnam qui revendiquait alors le rôle majeur dans l’implantation du communisme en Asie du Sud-est.

 

 

La Thaïlande et le Vietnam se sont alors affrontés de l'autre côté de la frontière thaïe-cambodgienne avec de permanentes incursions et bombardements sur le territoire thaïlandais tout au long des années 1979-1980 au prétexte viet allégué de la poursuite des guérilleros cambodgiens qui continuaient d'attaquer les forces vietnamiennes moscoutaires.

 

 

Ainsi, entre 1979 et 1989, 10 ans, se déroulent une longue théorie d'opérations offensives du Vietnam avec leur cortège d'horreurs : bombardement systématique des camps de réfugiés situés en Thaïlande, morts, blessés et mutilés chez les réfugiés, y compris femmes et enfants, destruction de villages thaïs, habitations, école et hôpitaux en dehors des pertes humaines, utilisation de gaz de combat, exécution sommaires.... Lorsque les Viets renvoyaient les populations vers l'intérieur de la Thaïlande, ils leur imposaient de partir à genoux. Des centaines de milliers de réfugiés croupirent ainsi dans les camps de Thaïlande. Les troupes viets étant sur-armés de matériel lourd, chars, artillerie lourde, gaz de combat, l'utilisation de napalm a été alléguée mais je n'en ai pas trouvé de traces formelles.

 

 

Je donne en annexe la liste de ces opérations,

 

Entre le mois de septembre et de décembre 1989, les Vietnamiens quittent le Cambodge après avoir surabondamment miné toute la zone qu'ils occupaient à l'intérieur de la Thaïlande pour isoler les bastions rouges du Cambodge. Il y laissèrent en effet entre 4 et 6 millions de mines antipersonnel. Celles qu'avaient posé les Khmers rouges étaient destinées à sécuriser leurs zones. La pose de mine par la Thaïlande n'a jamais été prouvée.

 

 

Ils y étaient entré à la tête de 150.000 hommes qui se seraient retrouvés 875.000 hommes à  une époque où la population du Cambodge aurait été de moins de 6 millions d'habitants. Un poids de 14%. Il y avait en France en 1940 environ 40 millions d'habitants. Sur cette proportion, il y aurait eu 5,6 millions d'occupants teutons. Ils ne furent jamais plus de 200 ou 300.000 et leur présence fut pesante !

 

En dehors des 875.000 viets, on ignore le nombre des troupes de Heng Samrin qui les soutenaient.

 

 

La guerre du Vietnam ou seconde guerre d’Indochine est censée avoir commencé en 1961 et s'est terminée par la défaite américaine en 1975. Les armées de Hanoï étaient aguerries par 14 ans d'une guerre féroce avec les États Unis et sur armés par l'URSS. Quelle qu'ait été sa combativité, l'armée thaïe n'aurait pas eu la moindre chance dans un conflit étendu et fut sauvée par la pression internationale.

 

Les accords de Paris sur le Cambodge de 1991, signés le 23 octobre, visent à mettre fin à la guerre civile entre l'État du Cambodge d'une part et une coalition regroupant les forces khmères rouges (Kampuchéa démocratique), celles du FUNCINPEC (royalistes) et du FNLPK (républicains) d'autre part. Ils firent l’objet d'un accouchement particulièrement douloureux, fruit d'une diplomatie plus ou moins encore confidentielle dans laquelle la France de François Mitterrand et de son ministre des affaires étrangères, Roland Dumas, joué un rôle actif ?

 

 

Quand je lis dans le journal officiel de la bonne conscience universelle en France à la date du 1er janvier 1985 qu' « à la différence de ce qui s'était passé en 1983, l'armée vietnamienne semble prendre le soin de laisser aux civils le temps d'évacuer les camps avant que ne commencent les bombardements d'artillerie ….» je me pose tout de même des questions sur le sérieux de ce follicule ? Tout d'abord les opérations n'ont pas débuté en 1983 mais en 1979.. Ensuite justement, l'année 1985 fut dans toutes ces opérations l'annus horribilis. Enfin il est encore permis de se demander comment les Viets auraient pu prendre le soin de laisser aux civils le temps d'évacuer les camps ».....

 

 

 

ANNEXE ; UN APPERÇU DES OPÉRATIONS

 

J'ai utilisé esseniellement deux sources,

 

La première, en thaï : https://th.wikipedia.org/wiki/เหตุปะทะชายแดนไทย–เวียดนาม

Elle donne quelques références que j'ai pu véfifier.

La suivant, en anglais ;

https://en.wikipedia.org/wiki/Vietnamese_border_raids_in_Thailand

donne plusieurs dizaines de références que j'ai pu, pour la plupart, vérifier. soit anglaise, soit américaine, soit évidemment thaies

Je n'ai malheureusement trouvé aucune source de provenance du Vietnam qui me soit accesible, mais en première analyse, le site de Wikipedia en vietnamien :

https://vi.wikipedia.org/wiki/Xung_đột_Thái_Lan_–_Việt_Nam_(1979–1989)

ne me semble pas – pour autant que le traducteur de Google soit fiable – contredire les précédentes qui ne diffèrent guère que sur des détails : Si la première me dit qu'une expédition viet a conduit à l'évacuation de 27.000 personnes et l'autre parle de 40.000, c'est terrible à dire pour les 13.000 de différence mais cela ne chnage rien malheureuse;ent à cette dure réalité.

Pour situer les lieu de ces combats – ou de ces massacres – ne cherchez pas les villages sur votre carte Michelin mais on les trouve sans trop de difficutés en cherchant sur Internet en écriture thaïe.

 

1979 fut l'année des premières agressions.

Ce fut aussi celle au cours de laquelle les armée chinoises envahirent le nord du Vietnam et se disposaient à aller jusqu'à Hanoï, hasard ?

 

 

En avril 1979 : Un premier groupe de soldats vietnamiens s'est infiltré de nuit sur le territoire thaïlandais à côté du canal d'irrigation près du village de Nong Chan (บ้านน้องชา) situé dans le district de Ta phraya (อำเภอตาพระยา) et la province frontalière de Sa Kaeo (จังหวัดสระแก้ว) pour installer le camp pendant la nuit. Un sergent-chef du renseignement militaire de l'armée thaïlandaise parlant vietnamien leur a ordonna de quitter le territoire.

 

 

En octobre 1979 : Une offensive violente des Vietnamiens contre les caches des Khmers rouges dans leurs sanctuaires de montagne a poussé des milliers de soldats khmers rouges, leurs familles et les civils sous leur contrôle à passer la frontière thaïe, ils s'y retrouvèrent dans le camp de réfugié qui porte le nom de Nong Chan (ค่ายอพยพชาวกัมพูชา).

 

 

8 novembre 1979 : des tirs d'artillerie viets frappent le camp de réfugiés de Nong Chan, tuant une centaine de réfugiés, rouges ou pas avec femmes et enfants.

12 novembre : les attaques vietnamiennes repoussent 5 000 soldats et villageois khmers rouges en Thaïlande. Nombreux se regroupent dans un camp de réfugiés de l'ONU (Kamput Holding Center) dans la province de Sa Kaeo.

 

 

 1980

23 juin 1980 : 200 soldats vietnamiens ont traversé la frontière à 02h00 dans la région de Ban Non Mak Mun (บ้านโนนหมากมุ่น อำเภอตาพระยา) non loin du camp de réfugiés de Nong Chan déclenchant une bataille d'artillerie de trois jours qui a laissé environ 200 morts, dont environ 22 à 130 soldats thaïlandais, un villageois thaïlandais, des dizaines de réfugiés et environ 72 à 100 soldats de l'Armée populaire du Vietnam. Des centaines de réfugiés auraient été tués, beaucoup d'ailleurs par un barrage d'artillerie thaï qui a frappé l'un des camps. D'autres ont été pris entre deux feux. Plusieurs centaines de réfugiés qui avaient résisté aux Vietnamiens furent ligotés et exécutés. Les troupes vietnamiennes ont temporairement occupé deux villages frontaliers thaïlandais dont Ban Non Mak Mun et en ont bombardé d'autres.

 

 

24 juin 1980 : contrôlant toujours Nong Chan, les forces vietnamiennes se battent par duels d'artillerie et d'armes légères avec les troupes thaïs et attaquent les points forts de la guérilla. Les Vietnamiens ont abattu deux avions militaires thaïlandais.

26 juin 1980 : les troupes vietnamiennes s'emparent de deux responsables des secours (Robert Ashe et le coordinateur médical du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), le Dr Pierre Perrin) et deux photographes américains au camp de réfugiés de Nong Chan.

 

 

 

1981

En janvier 1981, l'armée vietnamienne et les forces de Heng Samrin (เฮง สัมริน), un communiste moscoutaire cambodgien, ont pénétré le territoire thaïlandais à 500 mètres de profondeur dans le village de Sadang (มู่บ้านสะแดง) également situé dans le district de Ta Phraya. La bataille s'engage avec les forces thaïes. 2 soldats thaïlandais ont été tués et un blessé,

Le 3 janvier, des tirs d'artillerie lourde frappent le sol thaï causant la mort de 10 fonctionnaires et citoyens thaïs.

Le 4 janvier, les forces vietnamiennes toujours depuis le territoire thaï ont ouvert le feu avec des grenades propulsées par fusées soviétiques et armes automatiques mais les Thaïs réussirent à les repousser. Il y eut deux morts et un blessé côté thaïe. Le même jour, entre 50 et 60 soldats vietnamiens auraient ouvert le feu sur une patrouille thaïlandaise à 800 mètres à l'intérieur de la Thaïlande. Les pertes vietnamiennes sont inconnues.Des renforts de troupes thaïes ont été envoyées à la frontière le lendemain sur l'alerte d'un nouveau raid possible des troupes de Hanoï.

 

1982

11 février : l'armée de l'air du Vietnam a abattu deux Northrop F-5E de la Royal Thai Air Force qui se sont écrasés dans une rizière près de Prachinburi, en pleine Thaïlande, l'un des passagers fut tué.. Les viets effectuaient une mission de collecte de renseignements depuis Phnom Penh. A son plus grand rapprochement avec le Cambodge, la province est à 45 kilomètres de la frontière. On peut se demander quels renseignements les Viets allaient y cherche ?

 

 

Début mars : une série d'incidents le long de la frontière, culminent avec l'intrusion de 300 soldats vietnamiens et le meurtre d'un certain nombre de gardes-frontières thaïs.

21 octobre : des artilleurs vietnamiens ont ouvert le feu sur un avion de reconnaissance thaï près de la frontière, mais sans l'atteindre.

 

 

1983

16 janvier : les troupes vietnamiennes s'emparent d'un hameau à l'est de Nong Chan. Les insurgés du Front de libération nationale du peuple khmer (KPNLF) non communiste s'y étain installés le 26 décembre.

 

 

21 janvier : L'attaque de l'artillerie vietnamienne force la base du KPNLF à entrer en Thaïlande. Les non-combattants reviennent à la fin du mois.

Le 31 janvier et le 1er février, le Vietnam appuyé par des forces gouvernementales cambodgiennes lance une attaque contre un camp de réfugiés cambodgiens situé non loin de de Ban Nong Chan. C'est une offensive majeure contre les trois factions de la résistance. Ils incendient les maisons et les centre de soins. Les victimes cambodgiennes sont nombreuses En brûlant toutes les maisons et les hôpitaux. De nombreux Cambodgiens ont été blessés et tués. Selon les sources, entre 23 000 et 47 000 Cambodgiens doivent fuir avec femme et enfants vers l'intérieur de la Thaïlande. Les tirs d'artillerie viets causèrent de nombreux dégâts aux habitations et un nombre indéterminé de morts et de blessés thaïs.

Avec un soutien d'artillerie lourde, 4 000 soldats vietnamiens blindés lancent l'assaut contre ce qui était l'un des plus grands camps de réfugiés, il fut totalement détruit. Des combats au sol eurent également lieu à l'extérieur du camp entre les troupes vietnamiennes et environ 2 000 guérilleros du KPNLF. Les tirs d'artillerie viets ont tué des thaïs et détruit des habitations et un temple bouddhiste. Probablement 24.000 réfugiés durent se retirer dans la Thaïlande plus profonde.

Le 28 mars et jusqu'au 2 avril, le 1er corps d'armée vietnamien soutenu par de l'artillerie et des chars soviétiques attaque des camp de réfugiés, à Changgako (จังกาโก), Khao Phanom Chat (เขาพนมฉัตร) et le camp de réfugiés en face de Ban Khok Thale (บ้านโคกทหาร) tous dans le district de Sa Kaeo. Il y eut un jet thaï abattu, de nombreuses victimes cambodgiennes et, des hôpitaux et des habitations détruites. 20.000 cambodgiens fuient vers l’intérieur.

Le 3 avril : Au moins 100 soldats vietnamiens sont entrés en Thaïlande et ont combattu au corps à corps avec une patrouille frontalière thaï, tuant cinq soldats thaïlandais et en blessant huit. Un assaut sur le camp du quartier général du KPNLF après que les occupants aient fait exploser les dépôts laissant les envahisseurs à court de carburant.

Le 27 décembre : le Vietnam masse des troupes au sud de la frontière mais il n'y a pas eu la suite attendue par les Thaïs

Il y eut encore des affrontements sporadiques et des actes de piraterie de la marine viet qui ouvre le feu sur une flotte de chalutiers thaïs située bien au delà des eaux internationales. Ils saisissent 5 chalutiers et emprisonnent 130 pécheurs.

 

1984 ; 200 ou 300.000 cambodgiens doivent se replier à l'intérieur de la Thaïlande.

Du 25 mars au début avril : Hanoï a lancé une opération transfrontalière de 12 jours en territoire thaïlandais à la poursuite des rebelles khmers rouges, en utilisant un char T-54 de fabrication soviétique, une artillerie de 130 mm et quelque 400 à 600 soldats. En conséquence, l'artillerie et la puissance aérienne thaïlandaises ont dû être mobilisées, entraînant des dizaines de victimes des deux côtés et la destruction d'un autre avion militaire thaïlandais. Le raid transfrontalier du Vietnam, ainsi que les pertes militaires et civiles thaïlandaises, ont été considérés comme portant gravement atteinte à la sécurité de la Thaïlande. Des affrontements mineurs ont eu lieu dans la zone du camp des Khmers rouges, le col de Chong Phra Palai reliant le Cambodge et la Thaïlande. L’offensive était concentrée sur le village Samrong Kiat (บ้านสำโรงเกียรติ) situ dans le district de Khun Han (อำเภอขุนหาร) et la province de Sisaket (จังหวัดศรีสะเกษ).

 

 

D'autres camps de réfugiés sont attaqués par des fores viets entrées en Thaïlande par les gorges de Phra Phalai (ช่องเขาพระพะลัย) après avoir affronté les Thaïs au corps à corps.

 

 

Le 15 avril, le Vietnam a envoyé des troupes ainsi que de l'artillerie. et des chars attaquer un camp de réfugiés cambodgiens dans le village de Ta Tum (หมู่บ้านตาตูม), le camp de réfugiés d'Ampil (ค่ายผู้อพยพอัมปิล) et le camp de réfugiés de Ban Suksan (ค่ายผู้อพยพบ้านสุขสันต์) En conséquence, environ 80 000 Cambodgiens ont migré vers la Thaïlande.un certain nombre de blessés.

 

 

Fin mai-début juin, les attaques contre des chalutiers thaïs opérant dans les eaux internationale se renouvellent. : la marine vietnamienne a attaqué à plusieurs reprises des chalutiers de pêche thaïlandais au large des côtes vietnamiennes, entraînant la mort de trois pêcheurs thaïlandais.

Le 10 août : L'infanterie vietnamienne, blindés et l'artillerie bombardent à nouveau Nong Chan et Ampil.

Le 28 octobre : La police frontalière thaïe capture 5 soldats d'infanterie vietnamiens entrés près d'Aranyaprathet (อรัญประเทศ) apparemment à la recherche de nourriture ou se livrer au pillage ?

 

 

18-26 novembre : Le camp de réfugiés de Nong Chan est attaqué par plus de 2.000 soldats de la 9e division PAVN et tombe après une semaine de combats, Les viets laissèrent toutefois quelques officiers et des dizaines d'hommes sur le terrain et 30 000 civils ont été déplacés vers des site d'évacuation.

8 décembre : Nam Yuen (ค่ายผู้ลี้ภัยน้ำยืน), un petit camp situé dans l'est de la Thaïlande près de la frontière avec le Laos, est bombardé et doit être évacué.

11 décembre : Le camp de Sok Sann (ค่ายผู้ลี้ภัยสุขสันต์) est bombardé et évacué.

Le 25 décembre : Le camp de réfugiés de Nong Samet (ค่ายผู้ลี้ภัยหนองเสม็) dans la province de Sa Kaeo est attaqué par les Viets qui utilisent des gaz de combat et c'est encore une nouvelle évacuation en masse des civils.

 

 

Le 31 décembre : les troupes vietnamiennes ont tendu une embuscade à deux unités de Rangers thaïlandais dans la province de Buriram (บุรีรัมย์) en blessant six et les immobilisent par des tirs d'armes légères pendant plus de heures

 

 

1985 : Le drame continue.

 

En janvier-février : Une puissante offensive vietnamienne envahit pratiquement toutes les bases clés de la guérilla cambodgienne le long de la frontière, mettant les Thaïlandais et les Vietnamiens en confrontation directe sur de nombreux tronçons.le terrain.

Les 7 et 8 janvier, le camp d'Ampil est à nouveau attaqué après des bombardements intenses.

Les 23 et 27 janvier, nouvelles attaques des camps de réfugiés de la province de Buriram,.

Les 28 et 30 janvier, ce sont de nouvelles attaques des camps dans la région d'Arayaprathet.

Elles se renouvelleront le 13 février.

Ce mois là en effet, les viets lancent des attaques sur des camps situés dans le district : L'artillerie vietnamienne a tiré une centaine d'obus de 130 mm, des mortiers et des roquettes sur des positions de la 320e division des Khmers rouges près du camp de réfugiés de Khao Din à environ 54 miles au sud d'Aranyaprathet. Cela a été suivi d'un assaut d'infanterie sur Khao Ta-ngoc.[58]

Le 20 février, les Viets lancent l'une de leurs offensives les plus violentes dans le district de Ban Kruat (บ้านกรวด) dans la province Province de Buriram .

Toutes ces opérations s'effectuent avec l'utilisation d'artillerie lourde, de chars soviétiques et de gaz de combat.

Le 5 mars 1985, l'armée vietnamienne attaque directement non plus des camps de réfugiés mais les postes militaires thaïs en particulier dans le district de Kantharalak (กันทรลักษ์,) situé dans la.province de Sisaket (Arayaprathet.). Il y a de nombreuses pertes civiles chez les Thaïs.

Les 6 et 7 mars : les troupes et les forces aériennes thaïes repoussent ds intrusions viets sur le territoire thaï et anéantissent partie de leurs troupes.

Le 10 mars 1985, les troupes vietnamiennes envahissent le territoire thaï dans le district de Sangkha (อำเภอสังขะ) et celui de Bua Chet (อำเภอบัว)เชด dans la province de Surin (จังหวัดสุรินทร์). Ce sont les thaïs qui en pâtissent, 7.500 citoyens doivent prendre la fuite après que 40 maisons et une école aient été détruites.

 

 

Le 5 avril : un affrontement a eu lieu à Laem Nong Ian (แหลมหนองเอียน), toujours dans la province de Sa Kaeo après que cinq Vietnamiens se soient introduits à environ un kilomètre en Thaïlande.

 

 

Le 6 avril : des gardes-frontières thaïlandais ont tué un soldat vietnamien en Thaïlande dans le même secteur.

Le 20 avril : Dans la province frontalière de Trat (ตราด), dans le sud-est de la Thaïlande, quelque 1 200 soldats vietnamiens attaquent des positions thaïlandaises situées à 3 à 4 km du golfe de Thaïlande. Au lieu de se retirer, les Vietnamiens ont établi une base permanente sur une colline en Thaïlande, à environ 800 mètres de la frontière, où ils ont posé des mines et construit des bunkers. Les attaques thaïe les repoussèrent mais les Vietnamiens revinrent renforcer leur position.

 

 

Le 11 mai : des chasseurs à réaction thaïlandais et de l'artillerie lourde pilonnent les troupes vietnamiennes occupant une colline à 800 mètres à l'intérieur de la Thaïlande, et les soldats thaïlandais se préparent à un assaut sur la position fortement minée. Les Thaïlandais ont bombardé et bombardé les Vietnamiens avant qu'une opération d'infanterie ne soit lancée dans la chaîne de montagnes Banthad (เขาบรรทัด), à l’extrême ouest de la chaîne des Dangrek où les Viets s'étaient protégés en minant la zone.

 

1986

 

Le 23 janvier : Un barrage d'artillerie vietnamien a visé un avant-poste de la marine thaïlandaise à Had Lek (หาดเล็ก) un village situé à la pointe sud de la frontière dans la province de Trat. Un navire de guerre thaï depuis le golfe de Thaïlande a répondu en bombardant la base d'artillerie vietnamienne.

Le 25 janvier, les Viets lancent une opération de propagande patr haut-parleurs et bombardement de tracts dans la zone d'Aranyaprathet.

 

1987 : La Thaïlande se met en colère

 

Le 25 mars : le commandant en chef de l'armée thaïlandaise, le général Chavalit Yongchaiyudh, annonce une offensive tous azimuts contre les troupes vietnamiennes qui ont pénétré dans le territoire thaïlandais au-delà de la limite fixée de 5 km.

Le 17 avril : les forces thaïlandaises tentent de chasser l'infanterie vietnamienne de Chong Bok (ช่องโบก), une région montagneuse où convergent les frontières de la Thaïlande, du Laos et du Cambodge dans la province de Si Saket. Des pertes à deux chiffres sont signalées des deux côtés.

Le 30 mai : des Rangers thaï patrouillent dans la région de Chong Bok où les combats font rage pour déloger les Vietnamiens des positions retranchées à l'intérieur du territoire thaïlandais.[75]

A la mi mai 1987 la frontière thaï-cambodgienne sur 800 kilomètres avait été entièrement investie des deux côtés de la frontière par les forces vietnamiennes et cambodgiennes.

1988

 

Le 2 avril : les troupes vietnamiennes violent une fois de plus la frontière dans la province de Buriram.

Le 12 juin : Vers 9 heures du matin, dans la même zone, ils déclenchent l'artillerie qui détruit un village thaï situé à 6 kilomètres à l'intérieur de la Thaïlande.

 

1989

 

Le 22 avril : les troupes vietnamiennes franchissent la frontière dans la province de Buriram et sont repoussés.

Le 26 avril : les troupes vietnamiennes bombardent les plus grands des camps de réfugiés abritant 180.000 personnes. Ils en interdisent ensuite l'accès aux responsables de l'aide occidentale et aux représentants de l'ONU.


 


 

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