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  • : Le blog des Grande-et-petites-histoires-de-la-thaïlande.over-blog.com
  • : Bernard, retraité, marié avec une femme de l'Isan, souhaite partager ses découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires, culturelles, politiques,sociales ...et de l'actualité. Alain, après une collaboration amicale de 10 ans, a pris une retraite méritée.
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Pourquoi ce blog ?

  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

(suite cliquez)   POURQUOI CE BLOG ?

Pour nous contacter . alainbernardenthailande@gmail.com

Merci d’être venu consulter ce blog. Si vous avez besoin de renseignements ou des informations à nous communiquer vous pouvez nous joindre sur alainbenardenthailande@gmail.com

28 mai 2012 1 28 /05 /mai /2012 03:02

tr0405 suriyotai1Pourquoi le roi Rama IX et la famille royale ont rendu un hommage à la reine Suriyothai en ces jours historiques ?

 

Le roi de Thaïlande, Rama IX, a effectué sa première sortie en dehors de Bangkok depuis son hospitalisation de septembre 2009, pour une visite « symbolique » à Ayutthaya.


Tous les journaux de Thaïlande saluent « l’événement » : la « bonne santé du roi », « l’hommage du gouvernement et des autorités » « le peuple heureux de voir son Roi », « l’unité du pays » … Une visite royale qui se veut symbolique, après le coup d’Etat de 2005 et les manifestations « sanglantes » qui ont déchiré le pays et les terribles inondations d’octobre 2011.        

 

Le protocole  a prévu plusieurs visites, comme celle de la rizière et du palais de Thung Makham Yong, et un hommage rendu au monument de la reine Suriyothai , « qui avait sacrifié sa vie pour son mari lors d’une bataille de la guerre entre le Siam et les Birmans de 1548 ».*

 

Or, nous avons déjà évoqué ce que représente la reine Suriyothai, dans notre article consacré au film  La Légende de Suriyothai réalisé par le prince Chatrichalerm Yukol en 2001:


http://www.alainbernardenthailande.com/article-a-51-cinema-thailandais-la-legende-de-suriyothai-95050366.html

 

Nous rapportions les propos du réalisateur : « le Prince  Chatrichalerm Yukol, a précisé que la reine Sirikit était à l’origine du film, et qu’elle voulait que par ce film, le peuple thaïlandais ait une meilleure compréhension et soit fier  de son Histoire, et qu’il éveille à l’étranger, une belle réputation  pour l’esthétique et l’Histoire de la Thaïlande. »


Mais nous disions que ce film était plus  qu’un film. « Il avait aussi la fonction idéologique de raconter « officiellement »  l’Histoire  d’une période  du Siam (cautionnée par le soutien et l’aide de la reine), à travers l’ « héroïsation » d’une de ses reines, en rappelant au passage une victoire en 1548, sur « l’ennemi héréditaire », les Birmans  …   (qui raseront et anéantiront le royaume d’Ayutthaya en 1767). »


Mais surtout nous avions découvert qu’en fait nous ne connaissions rien de cette reine (Cf. notre article). Aucun document historique ne relatait sa vie. « Pour le grand historien thaï Thongchai Winichakul, l’ histoire  a été écrite il a 100 ans, non sur la base d’ une histoire réelle , mais sur les conventions d’un genre et d’ un idéal féminin. »


Alors pourquoi avoir « inventé » et choisi cette héroïne ?


Nous indiquions que cette héroïne représentait un symbole dans le combat idéologique de la construction de l’Identité thaie, de son unité, de sa lutte contre toute agression étrangère. Elle faisait partie de l’Histoire nationale « officielle »,  une Histoire thaïe avec ses « Héros », ses symboles. (Cf. notre article : http://www.alainbernardenthailande.com/article-14-les-nouveaux-mythes-thais-les-heros-nationaux-98679684.html


« Comme tous ( ?)  les pays, la Thaïlande a ses « héros nationaux », personnages historiques (ou légendaires) à qui on attribue des actions et des qualités « exemplaires » (réelles ou fantasmées) qui doivent servir à légitimer le régime et proposer des modèles », surtout aux moments « tragiques » que traversent le Pays.


Rama IV (1851-1868) l’avait fait autrefois face au colonialisme.


Rama IX dans son fameux discours de 1997  proclamait bien solennellement la nécessité d’un retour à la culture « authentique » thaïe, aux valeurs locales, à l’autosuffisance économique. Le film La Légende de Suriyothai s’inscrivait ainsi comme un acte de résistance face à une invasion étrangère et  un autre exemple « royal » pour préserver la souveraineté nationale.

On peut comprendre alors pourquoi le roi Rama IX après plus de deux ans d’hospitalisation, a consacré sa première sortie en dehors de Bangkok, pour rendre un hommage solennel à la reine Suriyothai à Ayutthaya, en présence du gouvernement de la Première ministre Yingluck Shinawatra.

Il s’agissait bien d’unité nationale, de réconciliation nationale. Un acte « exemplaire ».

 

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Y.F. (http://www.lepetitjournal.com/bangkok.html) vendredi 25 mai 2012, ROYAUTE – Visite symbolique du roi à Ayutthaya

 

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14 mai 2012 1 14 /05 /mai /2012 03:04

femme 01Un fait divers  récent en ce mois de mai 2012 à Udon Thani nous rappelle que le sponsoring « sexuel » en Thaïlande, peut tuer.

Un résident allemand a tué de 17 coups de couteau sa petite amie thaïe de 34 ans qui était en train de discuter via internet avec un « ex-futur » petit ami français.

Nous avions déjà dans un article sur « l’apport économique des filles tarifées d’Isan »*, proposé un rappel historique de la prostitution en Thaïlande,  décrit les composantes de l’industrie du sexe, une « industrie » qui touche toutes les villes et bourgs de Thaïlande, « consommée » aussi bien par les Thaïlandais que les  étrangers, et dont les revenus sont considérables. Nous avions  également montré que la prostitution constituait pour de nombreuses  filles d’Isan (et d’ailleurs) un moyen d’aider la famille au village, que le mariage avec le farang était considérée comme une « réussite sociale ». Nous avions énuméré les pratiques tarifées multiples et complexes, dans les bars, massages, bordels, karaoké, discothèques, mia noï … et ses formes plus modernes que sont les rencontres via internet et les « sponsorings ».


Le sponsoring sexuel ?


Si vous résidez en Thaïlande, si vous pratiquez le « tourisme » sexuel,  ou si vous avez pris des informations en vue d’un futur voyage, vous connaissez cette pratique du « sponsoring » fondée sur la promesse d’un mandat mensuel en échange de la « fidélité » de votre partenaire, rencontrée pourtant  dans un lieu de plaisir. Elle peut aussi vous « vendre »  son désir de « s’en sortir » et son projet qu’il faudra financer.


La naïveté des touristes qui croient au coup de foudre et à l’amour déclaré, après un court séjour, est consternante. Ils pensent vraiment, après deux semaines ou un mois, acheter ainsi la « fidélité » de leur nouvelle compagne. Ils ne peuvent croire que le soir même de leur départ, elles seront en chasse d’un autre touriste. Ils ne peuvent croire que leur promise puisse  avoir plusieurs sponsors.

Les autres oui, mais pas la leur.


Internet est en train de changer la donne.


La pratique est courante, connue, et elle tend à se multiplier, vu l’utilisation généralisée d’internet par les jeunes générations (et les moins jeunes). Un sondage récent révèle que l’on consacre en Thaïlande 4 heures par jour pour le mobile et internet. En effet, de plus en plus de filles de bar utilisent internet et je peux vous assurer que celles que vous voyez dans les cyber-cafés ne sont pas en train de donner des nouvelles à leur famille.

Plus, les « rencontres » via internet, les mariages via internet, ne sont plus l’apanage des seules filles de bar. Ce « sponsoring »  high tech va devenir un fait de société.

 Il y a tant de célibataires en France, tant d’hommes seuls. Il y a tant de filles en Thaïlande à la recherche de gogos et/ou de maris.  Internet va faire le lien.


Une nouvelle tendance se confirme pour les retraités. De plus en plus utilisent internet et rêvent de trouver leur jeune âme sœur.  Les demoiselles ne sont pas gêner par la différence d’âge et avouent même qu’ils sont moins fatigants au lit. Mais le « sponsoring » change de grandeur. On parle voiture, de maison désormais. Toutes les semaines nous entendons des cas. Ils nous écrivent « après », après les « achats », qui une réparation de la maison familiale, qui une opération médicale, qui une voiture,  une maison … Que sais-je ?  les demoiselles ont beaucoup d’idées. Ils ont alors le sentiment d’avoir été bernés, mais ils ne sont pas encore sûrs. Leurs compagnes les assurent encore de leur amour !

 

Trouver des nouvelles raisons au "sponsoring".


Si vous vivez en France, vous devez vous demander pourquoi vous devez « sponsoriser »  votre nouvelle compagne thaïlandaise, mais de grâce, ne croyez plus « à l’exclusivité », à la fidélité. Elles ne croient pas à la vôtre.


Pour beaucoup, il vous suffira de montrer la photo aux copains. Après tout, le regard d’envie des copains vaut bien une contribution. Après tout, autrefois les riches bourgeois avaient leurs bonnes œuvres, aujourd’hui vos pouvez soutenir une brave fille qui va aider sa famille.

Ne lui demandez pas en plus de vous aimer, surtout si elle a moins de 30 ans, et encore moins si elle a 20 ans !!!


Et vous, les nouveaux retraités qui avez l’intention de trouver une jeune compagne thaïlandaise, l’aventure est possible même si elle est risquée, mais n’achetez rien avant au moins de vivre un certain temps au Pays.

On sait maintenant qu’il faut se protéger dans les rapports sexuels, il faut aussi prendre ses précautions pour éviter de se faire plumer. Ou vivez votre passion, mais ne pleurez pas ensuite.


Le constat du  multiple "sponsoring" ne tue pas tous les jours, mais il est courant. Il est même une source de prestige pour les filles.

 


 

 

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*http://www.alainbernardenthailande.com/article-17-l-apport-economique-des-filles-tarifees-en-isan-76544762.html

**Une excellente étude de Jean Baffie, La prostitution féminine en Thaïlande, Ancrage historique ou phénomène importé

Jean Baffie, Femmes prostituées dans la région du Sud de la Thaïlande – IRASEC  n° 6, 2008.

 

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3 juin 2011 5 03 /06 /juin /2011 03:19

elections ab vs yi L’Histoire va-t-elle se répéter ? 

Dans un mois donc, le 3 juillet 2011, devrait avoir lieu des élections « libres ». Dans un article précédent

(http://www.alainbernardenthailande.com/article-a26-elections-en-juillet-2011-en-thailande-les-tueurs-a-gage-seront-surveilles-72730920.html) nous avions  « ironiquement » relaté  la conférence de presse des généraux en chefs des corps d’armée du 5 mars 2011 qui démentait toute rumeur de Coup d’Etat :  « Nous vous demandons de ne pas croire ces rumeurs (…) Le Public peut être rassuré que les  militaires n’interferont pas avec les affaires politiques », a déclaré le Commandant en chef Songkitti Jaggabarata. Auparavant le 1er ministre s’était dit confiant dans le fait que le Chef des Armées ne complotait pas pour le renverser.


elections 4Il est sûr qu’ après le coup d’Etat en Thaïlande du 19 septembre 2006 qui  mettait fin  à près de 6 années de démocratie parlementaire,  on pouvait être rassuré. Surtout qu’il venait après 17  coups d’Etat qui se sont succédés sous le règne du roi Bhumibol, couronné en 1946 (soit env. un coup d’  Etat tous les 3 ans !).

On pouvait s’interroger sur l’origine de cette confiscation du pouvoir politique par les militaires, qui n’est pas dû à un particularisme culturel  particulier. L’Histoire,  comme souvent, pouvait donner quelques clés.


1/Une continuité historique


La Thaïlande, contrairement aux autres pays asiatiques, n’a pas été colonisé et a pu maintenir une monarchie absolue, jusqu’en 1932, là où ailleurs, la monarchie avait été supprimée ou bien marginalisée par les puissances coloniales. Elle a aussi échappé aux guerres de libération nationale comme  au Vietnam, Cambodge, Laos, et en Chine.  La Thaïlande a même échappé, aux conséquences de sa « collaboration » avec les Japonais durant la 2 ème guerre mondiale.


De la monarchie absolue à la dictature


2/Une révolution de palais met fin à la monarchie absolue le 24 juin 1932 et aboutit à la mise à l’écart des « civils » et à une prise en main du Pouvoir par les militaires.

En effet, le « parti du peuple », composé à part égale d’officiers commandé par Phibun et de civils dirigés par Pridi, formés en Europe, tenteront en vain  de convaincre le roi d’accepter de partager le pouvoir dans le cadre d’une monarchie constitutionnelle où celui-ci conserverait des pouvoirs importants. (Cf. dans notre blog : Les relations franco-thaïes, Entre les deux guerres, http://www.alainbernardenthailande.com/article-29-les-relations-franco-thaies-l-entre-deux-guerres-67544057.html ).


Les années qui suivent mettront aux prises trois clans : les royalistes qui cherchent à rétablir la monarchie absolue contre ceux qu’ils considèrent être des « communistes », et les deux factions du « parti du peuple » au gouvernement, les civils et les militaires. Coups et contrecoups d’Etat se succèdent, sans que jamais le peuple ne se soulève en faveur de l’une ou de l’autre faction. Les royalistes sont les premiers perdants. Après l’échec du coup de 1933, le roi et la plupart des nobles partent en Europe. Le roi abdique en 1935.


Mais les « révolutionnaires » de 1932 ne veulent  pas d’une république qui aurait pu conduire à une démocratisation. Le gouvernement préfère sauvegarder la monarchie et désigne un obscur neveu du roi, alors âgé de 10 ans, comme successeur. Mais pendant 16 ans, jusqu’en 1951, la Thaïlande restera sans roi régnant et vivant sur son sol.


Les civils emmenés par Pridi seront les deuxièmes perdants 

Le prix à payer sera une montée en puissance de l’armée une fois le danger royaliste écarté. Les effectifs de l’armée sont doublés, le budget de l’armée porté à 26% du budget national de 1933 à 1937. Le chef de la faction militaire, Phibun, devient premier ministre en 1938, et cumule les postes de ministre de la défense, des affaires étrangères et de chef de l’armée. Le parlement est soumis, et le budget de l’armée porté à un tiers du budget. Phibun noue des alliances avec le gouvernement japonais et fonde un mouvement de jeunesse ayant les jeunesses hitlériennes comme modèle. Des thèses affirmant la supériorité de la « race Thaï » voient le jour ainsi que des campagnes racistes contre l’importante minorité chinoise de Bangkok et les autres minorités ethniques. (souvent abordé dans notre blog)


 3/L’armée devient un acteur économique majeur.

« Le ministère de la défense crée des entreprises publiques dans le textile et le pétrole. En 1941, un « plan national d’industrialisation » étend l’intervention du ministère de la défense à tout un ensemble d’activités industrielles, agricoles et de transport. L’objectif est de contrôler voire d’exproprier les entreprises existantes dans ces domaines, dont les propriétaires sont souvent chinois, « afin de créer une économie Thaï pour les Thaïs », qui se voient réservés toute une série d’emplois. »

Un code de la nationalité est adopté en 1939, qui oblige les minorités ethniques à « devenir » thaïs, en apprenant la langue, en changeant leur nom et en envoyant leurs enfants dans des écoles thaïs. Beaucoup d’entrepreneurs chinois deviendront ainsi « thaïs » et dirigeront les nouvelles entreprises publiques. Le nationalisme permettra ainsi une jonction de la bourgeoisie industrielle et commerçante avec l’appareil politique civil et militaire.

Révolution de palais, l’établissement de la monarchie institutionnelle va marquer durablement la Thaïlande. Au-delà des nombreuses péripéties qu’entraînent les nombreux coups et contre-coups dans les années suivantes, tous ces éléments continueront de déterminer la vie politique de la Thaïlande

.

elections 074/L’instrumentalisation du ROI 

Les généraux permettent le retour du roi en 1951 à la condition qu’il accepte une limitation de ses pouvoirs. Devant son refus, ils organisent un nouveau coup d’Etat pour lui imposer ce partage au moyen d’une nouvelle constitution et nommer la majorité des députés au parlement. Le lèse-majesté n’existe pas encore.


La restauration de la monarchie est organisée de concert par les Etats-Unis et les militaires afin de renforcer l’unité nationale et la stabilité politique.

 On remet en vigueur les rituels d’antan. Le roi Bhumibol se déplace dans les provinces, où il multiplie les œuvres de charité et les projets de développement agricole,pour apparaître comme le défenseur des paysans pauvres, laissés pour compte de la modernisation industrielle. Une véritable propagande, un endoctrinement systématique, est mis en oeuvre dans les écoles et de nouveaux manuels présentent le roi comme le père de la nation et les Thaïlandais comme ses enfants,  les « invitant » à respecter « le roi, la religion, et la nation ». Les Etats-Unis apportent leur contribution en reproduisant à grande échelle des portraits du roi qui sont ensuite distribués dans tout le pays.

En 1957, le général Sarit va se servir de la popularité grandissante du roi pour rendre légitime le coup d’Etat qu’il organise pour renverser Phibun, surtout  qu’il s’engage à abroger une loi décidée à limiter  la concentration des terres et qui mettait directement en cause les intérêts fonciers de la famille royale. Le roi le nomme « défenseur de la capitale »et le soutient publiquement.

 A l’avenir, pratiquement tous les coups d’Etat seront organisés avec l’accord explicite ou implicite du roi, accréditant ainsi l’idée que les coups d’Etat  militaires rétablissaient l’ordre, face au « désordre démocratique ».


5/Le rôle des Etats-Unis.

Les Etats-Unis feront de la Thaïlande un bastion de la lutte anti-communiste. 45 000 soldats américains stationneront en Thaïlande en 1969. Les trois quart des bombes lancés sur le Nord-Vietnam et le Laos entre 1965-68 viendront de Thaïlande. 11 000 soldats thaïlandais combattront au sud-Vietnam et des milliers seront enrôlés comme mercenaires pour combattre au Laos. Dès 1953, l’aide militaire US représente 2,5 fois le budget de la défense de la Thaïlande, ce qui renforcera la possibilité des factions militaires qui la reçoivent de réussir le coup d’Etat qu’elles projettent. De nouveaux secteurs de l’industrie et des services se développent pour fournir l’armée américaine faisant la fortune de la bourgeoisie thaïlandaise mais aussi des généraux qui, dans la continuité des années 1930, créent des entreprises pour profiter directement du boom économique ou bien multiplient les postes dans les conseils d’administration pour s’enrichir indirectement.


6/ La révolution industrielle tardive  et la répression sociale.


La révolution industrielle, (comme dans la plupart des autres pays d’Asie du sud-est) ne débute véritablement que durant les années 1955-1970, avec une accélération dans les années 1980 et 1990, avec une  classe ouvrière  très minoritaire face à la paysannerie et qui ne pourra jouer  un rôle politique majeur du fait de la répression qu’elle va subir , facilitée –encore aujourd’hui- par  sa concentration géographique à Bangkok et différentes zones industrielles proches, du faible taux de syndicalisation, et surtout sans appartenance politique.

Déjà en 1933, si la formation de partis politiques avait été autorisée  et les travailleurs obtenu le droit de créer des syndicats, mais dès la première grève des moulins à riz, les dirigeants syndicaux avaient été arrêtés et les syndicats supprimés. Les partis politiques seront aussi interdits après la tentative des royalistes de créer leur propre parti pour obtenir une majorité de députés à l’assemblée. On peut comprendre que les différentes dictatures qui se sont succédées,  la lutte anticommuniste des années 70, la  répression terrible sur les syndicats minoritaires ouvriers, l’ « isolement » et la pauvreté paysanne, les pratiques « corruptrices » des élites  ne vont pas permettre  l’émergence d’une opposition « démocratique ».


7/ La « révolution démographique », le passage d’une économie « rurale » à une économie secondaire et de services, l’émigration rurale dans les villes et surtout à Bangkok, vont modifier tous les paramètres.  

« La population de Bangkok passe de 780 000 à 2,5 millions de 1947 à 1970, soit un triplement en 23 ans. Entre 1960 et 1970, la classe ouvrière et la « classe moyenne » employée surtout dans les services augmentent de 49% contre une augmentation de la population active de 22% et entre 1970 et 1980, ces chiffres sont respectivement de 85% et 38%. La population étudiante passe de 18 000 en 1961 à 100 000 en 1972. Cette nouvelle population ouvrière, étudiante et urbaine en croissance rapide manifeste et fait grève. Les statistiques officielles qui sous-estiment la réalité enregistrent 34 grèves d’une durée moyenne de 2,6 jours impliquant 7603 ouvriers en 1972, en pleine dictature militaire. »


En octobre 1973, on assiste à un soulèvement en faveur de la démocratie, avec une manifestation qui, à l’initiative des étudiants, a rassemblé 500 000 personnes à Bangkok pour demander le rétablissement de la constitution et d’un parlement élu. Une délégation est reçue par le roi. Mais le matin du 14 octobre, l’armée tire sur la foule des manifestants qui ne se sont pas encore dispersés, tuant 77 personnes et en blessant 857.

Malgré cette répression féroce, les grèves se poursuivent de 1974 à 1976.  Et de nombreux étudiants rejoignent la guérilla. ( En 1969 déjà,  l’armée thaï estimait que la guérilla comptait 8000 combattants, contrôlait 412 villages). D’autres, en 1974, venaient en aide aux 6000 ouvriers du textile en grève. Les paysans n ‘étaient pas en reste  et fondaient la Fédération des Paysans de Thaïlande (FPT) qui rapidement regroupera 1,5 millions de paysans dans 41 provinces.


En 1974, la terreur s’organise 

« A partir de la fin 1974, des milices fascistes, le « mouvement des villages scouts » et un mouvement de « vigilants » parcourent les campagnes en demandant : « aimez-vous la Thaïlande ? Aimez-vous votre roi ? Est-ce que vous haïssez les communistes ? » Ces deux mouvements créés par la police des frontières et les unités de l’armée engagées dans la lutte contre la guérilla communiste, se déplacent dans les zones urbaines. Ils y organisent des camps où passent près de deux millions de personnes incluant des chefs d’entreprise, des officiels du gouvernement et leurs familles.


Ces milices fascistes organisent une campagne de terreur, attaquant les manifestations, assassinant systématiquement les dirigeants paysans, ouvriers, le secrétaire général du parti socialiste, des députés de gauche, des attentats à la bombe au siège des partis de gauche. Des appels aux meurtres sont lancés tous les jours sur les radios contrôlées par l’armée. »

 Cette campagne d’assassinats culmine avec le massacre des étudiants de l’Université de Thammasat le 6 octobre 1976. Les « scouts des villages », les vigilants et des unités de la police des frontières attaquent à la roquette, aux missiles anti-char et à la mitrailleuse le campus. Officiellement, 43 étudiants sont assassinés sans compter les blessés, les viols et les brulés vifs. 8000 arrestations ont lieu. Cette nuit- là, un nouveau coup d’Etat est légitimé par le roi. Le mouvement paysan est anéanti, et environ 3000 étudiants et ouvriers rejoignent la guérilla communiste autant par conviction que par survie. (La plupart des unités du PCT se rendent entre 1982 et 1983)


A la fin des années 1980, les élites au pouvoir parviennent à leurs fins. Le mouvement populaire est décapité. Il n’existe plus d’organisation syndicale centralisée des ouvriers, ni de mouvements paysan unifié d’ampleur nationale. Sur le plan politique, il n’existe plus de parti politique de gauche ni réformiste, ni révolutionnaire. Le mouvement ouvrier est à reconstruire.


Au cours des années 1980, de nouvelles luttes sociales apparaissent : luttes de villageois pour la préservation des forêts, lutte de paysans contre la construction de barrage, lutte d’ouvriers dans les usines pour l’augmentation des salaires. Mais ces luttes restent sectorielles et éclatées.


En mai 1992, l’armée réprimait encore brutalement  des manifestations démocratiques, mais devant le tollé général, se voyait contrainte de rentrer dans ses casernes et de s’engager à se « dépo­litiser ». Le général Suchinda, responsable de cette tragédie, est renvoyé par le roi Bhumibol. Des hommes d’affaires qui n’appartenaient pas aux élites tradi­tionnelles vont alors entrer en politique.


elctions 58/ l’Histoire ne sera plus comme avant : L’avènement de Thaksin !

Nous ne pouvons que vous renvoyer à notre 1er article de notre  blog http://www.alainbernardenthailande.com/article-pour-comprendre-la-crise-actuelle-la-thainess-63516349.html qui reconnaissait que la lecture « Thaïlande, Aux origines d’une crise », Carnet n°13 de l’Institut de recherche sur l’Asie du sud-est (IRASEC) « nous avait permis de mieux comprendre la crise profonde que traverse la Thaïlande en rappelant que derrière le « combat » entre les « rouges » et les « jaunes » ou plus récemment, les « événements sanglants « d'avril et l’occupation du centre économique et commercial de la capitale se profilait une «révolution  politique et sociale » qui remettait en cause fondamentalement le pouvoir politique et économique mis en place par les élites urbaines depuis les années 60 et « habillé » par l'idéologie du Thaïness ».

« L'arrivée au pouvoir de Thaksin comme 1er ministre en janvier 2006 va bouleverser l’échiquier politique et social, mieux, délégitimer la Thaïness et remettre en cause les pouvoirs installés. Il ne s’ agit pas ici de juger la fortune colossale acquise, ni des moyens qu’il a dû employer pour l’acquérir, mais des effets de ses actions, contre la hiérarchie installée depuis des lustres (certains ont même vu une remise en cause du pouvoir royal), et pour la fierté retrouvée du peuple du Nord et du Nord-Est. Son action reconnue (remboursement du FMI, reprise en main des jeunes, lutte contre la drogue, accessibilité aux soins, gel des dettes, prix soutenu du riz, certains médias enfin favorables, majorité au Parlement…) leur permettait d’oser enfin aborder des questions taboues, de briser le consensus, de prendre en main leur « destinée », de prendre leur « revanche », ou plus simplement de ne plus accepter qu’on leur confisque leurs « votes ».

Le coup d’ Etat militaire du 19 septembre 2006, la victoire aux élections législatives du 23 décembre 2007 par les pro Thaksin, puis les démissions « forcées » des 1ers ministres Samak et de Somchaï, avec les manifestations du PAD (les «jaunes») et la prise des aéroports de Suvarnabhumi et Don Muang et plus la dissolution de trois partis politiques du 2 décembre 2008 et la chute du gouvernement, avec la prise du pouvoir le 15 décembre par Abhisit grâce à un jeu d Alliance… peuvent expliquer que les «Rouges» réclament de nouveau des élections. »


Elles auront donc lieu le 3 juillet 2011. L’Histoire va-t-elle se répéter ? 


 

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Nous nous sommes « largement inspirés » des analyses de Danielle Sabai et Pierre Rousset, Enjeux de la crise thaïlandaise, Publié dans revue Tout est à nous, 13 sept 2010 de NPA et de Développement capitaliste sans révolution démocratique, vendredi 27 octobre 2006.

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6 mai 2011 5 06 /05 /mai /2011 03:06

 

 


tueur 02Article 26 : Elections en juillet 2011 en Thaïlande ! Soyons rassurés : les tueurs à gage seront surveillés !

Après le coup d’Etat de 2006, le 1er ministre Abhisit a promis des élections législatives en juillet 2011. Les électeurs peuvent être rassurés. Les généraux en chef ont promis de ne pas faire de coup d’Etat. La police a promis de suivre les 50 tueurs à gage, qui d’habitude, vont commettre des assassinats politiques. Les chemises jaunes ont décidé de  ne pas y participer. Et à la frontière cambodgienne gronde le canon avec ses morts et ses déplacements de population.  

En effet, les généraux en chefs des corps d’ armée  ont   donné le 5 mars 2011 une conférence de presse  pour démentir les rumeurs d’un coup d’Etat. « Nous vous demandons de ne pas croire ces rumeurs (…) Le Public peut être rassuré que les  militaires n’interferont pas avec les affaires politiques », a déclaré le Commandant en chef Songkitti Jaggabarata. Auparavant le 1er ministre s’était dit confiant dans le fait que le Chef des Armées ne complotait pas pour le renverser.


Mieux la police va surveiller 50 tueurs à gage !  « La Division de Répression du Crime (CSD) a été priée de suivre de près des tueurs à gage qui pourraient être engagés à l'approche des élections pour éliminer des rivaux politiques, rapportait hier le Bangkok Post. Près de 50 tueurs, souvent employés par des politiques ou des personnes d'influence pour éliminer leurs rivaux, sont sur la liste noire de la CSD, a indiqué Supisan Pakdinaruenart à la tête de ce service. Une attention particulière sera donnée aux provinces où les assassinats de politiques sont fréquents, comme Phetchaburi, Chon Buri et Nakhon Sawan. La CSD va également surveiller les transactions financières suspectes faites par les personnes influentes de chaque région du pays. La commissaire électorale Sodsri Sattayatham a demandé au gouvernement de régler rapidement le conflit avec le Cambodge afin que les soldats postés à la frontière soient déployés dans le royaume pour aider au bon déroulement des élections. (http://www.lepetitjournal.com/bangkok.html) mercredi 27 avril 2011 »


De plus, les Chemises jaunes (APD) ont décidé dimanche  (20 avril 2011) de ne pas participer aux élections générales prévues pour juillet, par la voix de leur porte-parole, Samran Rodpetch. On se  souvient que leur campagne  de 2006 avait créé le climat propice au coup d’Etat qui avait chassé du pouvoir le 1er ministre Thaksin. De plus,  les leaders de l'APD ont récemment déclaré que le pays devrait être gouverné sans une élection pour les quatre ou cinq prochaines années …

 

Il y a effectivement de quoi être rassuré, quand on entend leurs discours télévisés  presque quotidiens contre l’attitude « défaitiste » du 1er ministre  et qui encouragent les militaires à répondre fermement à « l’agression »  des Cambodgiens à propos des frontières du temple de Preah Vihear. Beaucoup d’observateurs estiment que cette « guerre » frontalière, avec morts et déplacement de milliers de personnes, pourrait être un moyen pour les militaires de reporter les élections et de maintenir au pouvoir un gouvernement docile.

 

Et pour « calmer » le jeu, la police thaïlandaise a fait savoir par le colonel de police Supisarn Pakdinaruenart, qu’elle avait fait le 26 avril 2011, des descentes dans plus d’une douzaine de stations radios communautaires supposées sympathisantes du mouvement anti-gouvernemental des « Chemises rouges ». Jatuporn Prompan, l’un des leaders des "Chemises rouges" et député sous la bannière du parti Phuea Thai  a d’ailleurs déclaré à l’AFP : "C’est un signe de dissimulation de l’information vis-à-vis de la population en vue d'instiguer un coup d’Etat.

 

Il n’est pas facile dans ce climat de tension extrême, entre les Cambodgiens et les Thaïlandais , entre l’Armée et les civils , entre les jaunes et les rouges,   d’espérer des élections démocratiques « pacifiées ».  Les 50 tueurs, souvent employés par des politiques ou des personnes d'influence pour éliminer leurs rivaux, inscrits sur la liste noire de la CSD, devront peut-être trouvé d’autres tâches et d’autres sponsors !

 

 tueur 01

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Cf .  le Petit journal et  Franco-Thaï

Affrontements Thaïlande/Cambodge: Douze morts,26 Avr 2011, 23:46

La politique thaïlandaise envenime le conflit, 26 Avr 2011, 23:50

http://www.rfi.fr/asie-pacifique/201104 ... e-cambodge

Thaïlande: les Chemises jaunes visent l'abstention, 26 Avr 2011, 23:48

http://fr-ca.actualites.yahoo.com/tha%C ... 06593.html

ELECTION – La police surveille 50 tueurs à gage

 (http://www.lepetitjournal.com/bangkok.html) mercredi 27 avril 2011POLITIQUE - L’opposition dénonce des raids policiers sur des radios "rouges"
(http://www.lepetitjournal.com/bangkok.html avec AFP) mercredi 27 avril 2011

 

 

 

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29 avril 2011 5 29 /04 /avril /2011 03:03

Ecologie, tourisme ?  logo

Une paire de mots à la mode ou une fallacieuse conjonction ? Les préoccupations liées à l'environnement ont, à une vitesse incroyable, envahi notre vie quotidienne ; les jeunes surtout y sont sensibles. Soumis en permanence à un lavage de cerveau qui interdit toute réflexion, dépourvus d'éducation scientifique, ils ne rêvent que de « sauver la planète ». Ce n'est pas une mauvaise chose en soi, et cela les occupe. Essayons de savoir de quoi nous parlons.


Tourisme ? Cette notion est récente : du temps des diligences et des coches d’eau, il n’y avait que des voyageurs. L’un de mes aïeux faisait son testament avant d’emprunter le « coche d’eau » qui le conduisait d’Avignon à Lyon. Taine, il y a 150 ans, distinguait six espèces de touristes, au ramage et au plumage différent.

La première est née au XVIIIe avec Jean-Jacques Rousseau qui donna un excellent exemple de touriste, longs voyages pédestres en Suisse et en Italie, sac au dos (déjà !), bâton à la main, se nourrissant de pain bis, de laitages et de cerises. C’est à cet espèce qu’appartiennent les pionniers qui ont découvert le « Laos siamois » il y a un siècle et demi.

La seconde variété, le touriste réfléchi, guide en mains – la Loi et les prophètes – mange le poisson où il le lui ordonne, respecte les stations qu’il lui conseille, se dispute avec l’aubergiste qui réclame plus que n’indique le guide et ne s’extasie que lorsqu’il lui dit de s’extasier. Nous ne les voyons guère puisque la quasi-totalité des 20 provinces de notre région est ignorée des guides usuels.

guide

La troisième, c’est la cavalcade tranquille de la famille, parents, enfants, une belle-mère et deux cousins. Elle est remarquable par sa prudence, ses instincts culinaires et ses habitudes économiques. Le ciel nous en préserve, s’ils savaient que le coût de la vie chez nous est de la moitié ou du tiers de ce qu’il est dans les zones touristiques « qu’il faut avoir vues ».

Sans titre-2

La quatrième est celle des touristes dîneurs- bouffeurs-buveurs (la pudeur m’interdit d’aborder un autre type de « consommation », réputation imméritée de la Thaïlande) qui cherchent, pas toujours avec bonheur, la table où ils pourront à 10.000 kilomètres de chez eux, déguster le salmis de pintade comme le leur mitonne bobonne et boire la bouteille de leur Bordeaux préféré. Ceux-là non plus, nous ne les voyons guère. Pour fréquenter les karaokés de nos campagnes, il faut tout de même une certaine expérience.

 

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La cinquième, c’est le savant à la recherche de la plante rare ou du scarabée inconnu.

savant


La sixième est celle du sédentaire qui ne bouge pas de son hôtel, il y trouve tout sous la main. Difficile à trouver ici ! Taine ne parla pas de la septième, dont il était, le touriste intelligent qui voit autre chose que les hôtels, qui ne calcule pas ses émotions au nombre de bouteilles vidées, de barracudas dévorés ou de siamoises honorées, qui s’amuse des désagréments du voyage, du ridicule de ses compagnons et qui trouve dans ces quelques semaines de vie errante une diversion salutaire à ses soucis quotidiens.

 

L’écologie, qu’est-ce que c’est ? Le mot n’a guère plus de 150 ans. Etymologiquement venu du grec « οικοσ λογοσ – oikos-logos », la « science de la maison », et par extension, l’étude scientifique des relations entre les êtres vivants et le milieu naturel où ils vivent.

Nous sommes quotidiennement harcelés par ce qui est partiellement au moins un mythe, peut-être même une mystification sinon une imposture. Faites votre mea culpa et effectuez votre « prise de conscience environnementale » : Malheureux touristes pollueurs, vous contribuez au « réchauffement climatique » : combien votre avion depuis Paris jusqu’à Bangkok a généré de dioxyde de carbone, de CO2  ou rejeté de méthane ? 1 milliard de touristes parcourent le globe chaque année, ils contribuent à l’accroissement du réchauffement climatique global. Le mot est lâché, il faut, pour vous faire pardonner, payer une « taxe CO2 » ! Ne voila-t-il pas que le Prince, qui attend depuis 1956 d’être Calife à la place de sa mère, a annulé ses vacances en Suisse pour réduire ses émissions de dioxyde de carbone ? Grotesque. Nos experts en blouse blanche ignorent tout simplement (ou le feignent-ils ?) qu’en même temps que l’Empire français, les banquises côtières ont craqué et disparu… Des icefields, en 1816 et 1817, ont dérivé sous le 40ème parallèle, le long des côtes portugaises, des icebergs de 60 mètres de haut sont signalés partout dans l’Atlantique venus des falaises de glace qui étreignaient les terres polaires. William Scoresby, célèbre baleinier anglais, écrit à Sir Joseph Banks, compagnons de Cook, et explorateur boréal, que depuis deux ans, il ne trouve plus de glaces sur les côtes grœnlandaises, entre le 74ème et le 75ème d° de latitude nord. Pareille occasion d’atteindre le pôle en longeant la côte du Groenland ne se représentera pas de sitôt ! Au début de l'ère chrétienne, on cultivait la vigne aux environs de Stockholm. On se demande avec délectation quelle serait la réaction de nos experts si pareil phénomène climatique se renouvelait ? La faute partielle aux touristes pollueurs ? Les vrais scientifiques sont à l’heure actuelle incapable de dire si le réchauffement, d’ailleurs mesurable, a pour cause principale l’activité humaine.

Gardons donc les pieds sur terre sans nous culpabiliser ni faire de l’auto–flagellation sur nos prétendues émissions de je ne sais quel gaz. Par contre faisons de la véritable « écologie » en respectant notre environnement, quelques petits efforts simplement. De bonnes actions valent mieux que de bons mots. Cela commence par ramasser ses déchets et les déposer dans les lieux adaptés. Combien d'argent pourraient économiser les collectivités locales et redistribuer pour la préservation de la nature si nous commencions par ne pas jeter nos mégots par terre ? Laissons le paysage tel que nous le trouvons à notre passage, soyons attentifs à la faune et à la flore, sur terre et dans la mer en ne la dérangeant pas. Ramasser un brin de corail,

 

090221 Corail biodiversit

déguster au restaurant une espèce marine protégée comme le Saint-Sacrement (c’est malheureusement fréquent à Samui, je pense aux malheureux limules), ce sont de bien vilaines actions.

12c crab 1434446

Evitons certaines zones sauvages où la flore est endémique pour mieux la préserver.

Respecter le milieu du pays que nous visitons, c’est faire du « tourisme écologique » en économisant les grands mots. Contentons nous d’être des « voyageurs » responsables dans un environnement naturel où ressources et coutumes des populations sont respectées. 

 « Tourisme écologique » ? Il s'agit d'une prière lancée dans une langue incompréhensible à un dieu qui n'existe pas.

 

Ces propos n’engagent que leur auteur.

megots plage ecolo

 

 

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23 avril 2011 6 23 /04 /avril /2011 03:04

 

22/04/2011 - THAÏLANDE - CAMBODGE
Après deux mois d'accalmie, de violents combats ont opposé pendant quelques heures les troupes thaïlandaises et cambodgiennes à la frontière. Les deux pays se disputent une zone comprenant les ruines de deux temples datant du XIe siècle. 

Article 24 : Affaire du temple de Preah Vihear,  les dés  étaient-ils pipés (?) 

 dés pipés

Nous avons brièvement relaté (article 8), l’historique du contentieux entre la Thaïlande et le Cambodge à propos du temple de Preah Vihear.

 

 En 1954, lors du départ des Français et de l’accès du Cambodge à l’indépendance, le gouvernement thaïlandais fit occuper le temple par ses forces armées. La protestation du Cambodge aboutissait à la Cour Internationale de justice de La Haye, qui lui attribuait, le 15 juin 1962,  la propriété du temple de Preah Vihar. Mais le fait que la Cour n’ait pas  statué sur les terres environnantes ne pouvait aboutir qu’à une revendication des deux parties et devenir une source de conflit permanent. Une carte de google et surtout le classement du temple au patrimoine mondial de l’Unesco en juillet 2008 exacerbaient les nationalistes des deux bords.

 

Y-a-t-il, au delà de ces querelles historiques, géographiques et juridiques, une explication à la décision de la Cour Internationale de Justice ?

 

Peut-être ?

A cette époque, Norodom Sihanouk, actuel « roi-père » du Cambodge n’est plus roi mais chef d’état à vie. Il est aussi le très charismatique chef de file des pays non engagés, il n’a pas avec lui la force militaire mais une incontestable aura internationale, méritée ou pas, dont ne bénéficie pas le pouvoir en place à Bangkok. Il est l’ « ami » tout autant de Léopold Senghor que du Général De Gaulle ou de Mao-tsé-toung. « Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir ». Sa personnalité puissante a-t-elle influencé la décision de la Cour ? Bien malin qui le dira. Au passage, je me contente de faire un peu de mauvais esprit.


J’en étais au stade des suppositions (malveillantes) jusqu’à ce que je tombe par hasard sur les mémoires de Samdach Son-Sann ancien premier ministre du Cambodge de 67 à 69 qui indique froidement comment le procès a été « préparé discrétement » : promesse de soutien des juges issus du bloc communiste (il y avait deux polonais), soutien d’un juge d’ « un grand pays asiatique » par l’intermédiaire d’un « banquier américain ami », promesse du Japon (en échange d’un vote favorable à l’ONU)... ce qu’il appelle une « longue et minutieuse préparation du dossier ».

SonSann

3 des juges (au moins) avaient donc pris partie AVANT d’entendre les plaidoiries et d’étudier le dossier. Les avocats malicieux appellent cela « plaider dans les pissotières ». Reprenons le décompte des voix ci-dessus en faisant fictivement basculer des trois voix de complaisance : 9 – 3 = 6 et 3 + 3 = 6, match nul sur la propriété du temple. Sur le second problème, 7 – 3 = 4, 5 + 3 = 8, la Thaïlande gagne. Un aveu explicte du soutien du bloc communiste et de la finance américaine.

 

 

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Si vous ne me croyez pas, allez donc sur le site où l’ancien premier ministre dont je n’ai aucune raison de soupçonner la parole nous narre les dessous de ce procès !

http://www.taansrokkhmer.com/temple_de_preah-vihear.ws


L’Isan enfin n’est pas frappé par la question majeure des provinces musulmanes du sud. Les minarets des petites communautés mahométanes éparses ça et là coexistent sans problèmes apparents avec les clochers des églises catholiques et les djedis des bouddhistes.

 

Ces questions frontalières peuvent apparaître comme une question internationale de bornage et de mur mitoyen, querelles d’avocats, voila tout ! Mais les querelles de mur mitoyen ne donnent lieu qu’à des questions d’argent, les querelles de frontière ont fait couler autant de sang que le Mékong charrie d’eau dans l’année. Les frontières restent tracées à la pointe du sabre même si le droit international tente d’établir quelques règles.

 

 

 

 

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15 avril 2011 5 15 /04 /avril /2011 03:02

 Les édredons de la honte !


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 Il y a quelques semaines,  mon épouse me prie de la conduire un dimanche après midi à la grande école de l’amphœ pour « assister à une conférence ». Je la récupère quelques heures plus tard toute heureuse de revenir avec deux cadeaux, un magnifique édredon d’abord. Bonne aubaine, c’était le temps où, conséquence du réchauffement climatique évidemment, nous nous gelions en Isan, et une enveloppe contenant deux billets de 100 bahts, encore une aubaine :  nous allions boire l’argent du lobby, mais de quel lobby ?

 

La réponse se trouve dans une petite brochure agréablement illustrée dans la lecture de laquelle je me plonge....C’est le panégyrique du nucléaire pour la Thaïlande ... mieux que le solaire, mieux que les éoliennes, mieux que l’hydroélectrique, mieux que le thermique, comme au Japon et en France (le pays le plus nucléarisé du monde !) leur électricité serait nucléaire, tout cela évidemment sans le moindre danger.

NUCLEAIRE 04

 


Je n’avais à cette date rien à priori contre le nucléaire, je lui explique tout de même que j’avais vécu pendant plusieurs dizaines d’années à quelque dizaines de kilomètres à vol d’oiseau du triangle Cadarache – Marcoule – Pierrelatte et que, de ma résidence familiale, j’avais sous les yeux l’horrible vision des tours de refroidissement hyperboliques de l’usine Eurodif. Je préférais nos vignes.

1448386 3 dd3b le-site-nucleaire-de-tricastin-dans-la-valle 

Je lui explique que cette région était ET reste soumise aux risques de tremblements de terre.

En 1708, la ville de Manosque fut détruite de fond en comble par un séisme dont on ignore la force exacte (voir le site de la ville www.villedemanosque.fr),NUCLEAIRE 01


Deux siècles plus tard Messine et Reggio de Calabre sont détruites de fond en comble (probablement 100.000 victimes), le plus gros séisme historiquement connu en Europe.

NUCLEAIRE 06

NUCLEAIRE 05L’année suivante, la Provence est frappée, grâce au ciel l’épicentre est si bien placé que seule la petite commune de Lambesc est détruite, il n’y a « que » quelques dizaines de morts. Ces deux dernières catastrophes sont encore présentes dans nos mémoires, vertus de la tradition orale transmise par l’un de mes grands pères alors en garnison à Salon-de-Provence et celui d’un de mes amis sicilien. On prie encore dans les familles pieuses de Sicile ou de Provence la Madone de Messine, dont la statue qui domine la Ville fut le seul monument miraculeusement épargné.


 

Et « pour mémoire » en 1923, 100.000 morts au Japon (Tokyo détruite), 1995, au Japon toujours, 5.000 morts à Kobé, restons en là !

Et pourtant, depuis une dizaine d’années, face à la croissance de ses besoins en électricité, la Thaïlande envisageait de construire des centrales nucléaires.

L'Autorité de production d'électricité de Thaïlande (EGAT), disposerait d'un budget de 6 milliards de dollars.... constructeur non encore choisi. Le site potentiel se trouverait dans l’une des huit provinces de Trat, Chumphon, Nakhonsawan, Suratthani, Ubonratchathani, Khonkaen, Kalasin ou enfin  Prachuapkiirikhan.

Et puis, le monde entier a vu exploser le bâtiment qui abrite le réacteur de Fukushima. Il parait qu’en japonais, ça veut dire « L’île du bonheur » ? Mis en service en 1970, c'est l'un des plus anciens au Japon. Il devait être fermé au mois de février. Mais, à la demande de l'opérateur Tepco, les autorités japonaises ont accordé un permis d'exploitation de dix années de plus. On connait la suite : séisme de 8,9 sur l'échelle de Richter, arrêt automatique de la centrale, tsunami qui inonde les installations électriques de secours, échauffement puis fusion partielle du cœur : un scénario catastrophe qui a mis les "experts" en sûreté nucléaire en défaut.  Après la catastrophe de Fukushima, il n'est plus acceptable de mentir sur les dangers du nucléaire, en particulier dans les zones sismiques. L'accident de Fukushima démontre que, même dans un pays réputé pour son expertise en matière nucléaire, le risque zéro n'existe pas. Le nuage nous épargne ... Il file vers l’ouest, 65 ans plus tard, les japonais renvoient la balle aux Etats-Unis.

 

Le site du Ministère des Affaires étrangères nous rappelle judicieusement que la Thaïlande est une  zone sismique. Le dernier séisme significatif a eu lieu le 8 mars 2007 à l'ouet du Loas près de la frontière thaïe (6.1 sur l'échelle de Richter. A la suite du séisme du 24 mars dernier en Birmanie (black out de la junte sur le bilan réel), ressenti en Thaïlande, le Roi (il a bien encore les pieds sur terre) s’est officiellement inquiété de l’impéritie des systèmes d’alerte et de secours.

 

Le 15 mars, 2.000 personnes manifestent dans les rues de Kalasin. 400.000 baths et 2.000 édredons perdus pour le lobby nucléaire ! Le nucléaire thaï est-il enterré ? Le Premier ministre Abhisit Vejjajiva affirme son opposition ferme au projet d'ouverture de centrales nucléaires en Thaïlande D'après le ministère thaïlandais de l'Energie, Abhisit assure que son gouvernement n'étudiera aucune proposition de construction de centrale et laissera la décision au prochain gouvernement qui devrait arriver après les élections attendues en juin ou juillet prochain. « Une centrale nucléaire requiert des mesures de sécurité significatives sur de nombreux plans, spécialement compte tenu de la vague récente de catastrophes naturelles et de l’augmentation du terrorisme » avait déjà déclaré dimanche le Premier ministre.

Sunchai Nilsuwankosit, directeur du département de développement de l'énergie nucléaire à l'université de Chulalongkorn, réagit à la déclaration du premier ministre: « N'utilisez pas l'émotion et la catastrophe pour décider de l'avenir du pays. Il est très difficile pour nous de trouver d'autres carburants que le gaz car il y a trop d'opposition à l'utilisation du charbon ». Il a certes raison. L’ancien président de la Société Nucléaire de Thaïlande, Pricha Karasuddhi, défend le nucléaire thaïlandais en rappelant que les réacteurs japonais étaient vieux de 40 ans et prêts à être déclassés. Il estime que la technologie moderne aurait pu prévenir l'accident de la centrale de Fukushima (http://www.lepetitjournal.com/bangkok.html mercredi 16 mars 2011).  Peut-être a-t-il raison lui aussi ? Je n’ai aucune compétence pour en juger ?

 

 En France, le réacteur le plus ancien est celui de Fessenheim. Il a été construit à partir de 1970 en bordure du grand canal d'Alsace, entre Bâle et Strasbourg, dans une zone d'activité sismique. Il a été construit avec les normes antisismiques des années 60 qui sont très éloignées des normes actuelles.

La ministresse de l'écologie (une polytechnicienne sauf erreur ?) explique que « la centrale de Fessenheim a été construite pour résister au risque sismique maximum constaté sur les 1.000 dernières années, augmenté d'une « marge de sécurité ». Quelle sotte  sirène de boniments ! Voilà bien une structure française typique, de gens qui se considèrent comme des élites, et qui pensent que c'est à eux seuls d'élaborer la stratégie énergétique du pays, et que la question ne concerne surtout pas le peuple. C'est avec les mêmes arguments que les Japonais ont prolongé l'exploitation du réacteur de Fukushima. Le désastre japonais démontre qu'il n'est plus possible de raisonner ainsi.

Ce que je suis assez grand pour comprendre c’est que raisonner sur 1.000 ans à l’échelle géologique, c’est grotesque et voisin de zéro et que « marge de sécurité », cela ne veut rien dire. Il y a eu un déluge universel, Dieu seul sait quand, qui est probablement responsable de la disparition de l’Atlantide et de la Ville d’Ys dont l’existence n’est peut-être pas légendaire. Sans entrer dans les mythes, le premier tremblement de terre historiquement connu avec certitude est celui qui a ravagé Spartes 464 ans avant Jésus-Christ (presque 3.000 ans) et celui qui a détruit Rhodes et son colosse 238 ans plus tard, et le plus meurtrier, celui de Shaanxi  en Chine le 23 janvier 1556 (830.000 victimes).

Ce que je sais, c’est que l’échelle de Richter n’est pas linéaire mais logarithmique et que par rapport à 8,9, on peut faire beaucoup mieux. 6 ce n’est pas 5 + 1 mais 5 x 10 ! Le chiffre le plus fort enregistré serait celui du Chili en 1960 à 9,5 (alors qu’on arrête l’echelle à 9 ?), 7 ou 8 fois plus violent que celui de Fukushima.

Je ne suis pas un anti-nucléaire primaire, mon tout petit bagage scientifique me permet de rester objectif, mais il me semble tout de même qu'on joue avec le feu depuis trop longtemps. D'autant que ceux qui veulent nous faire croire que nous n'avons pas le choix et que le risque reste raisonnable sont tout de même de fieffés menteurs !

« Personne ne pourra jamais garantir qu'il n'y aura jamais d'accident nucléaire grave en France » lâcha il y a quelques jours André-Claude Lacoste, le président de l’Autorité de sûreté nucléaire en France (ASN), il fait frémir.

 

Je suis assez grand pour comprendre, sans faire trop de mauvais esprit, qu’un budget de 6 milliards de dollars permet de faire beaucoup, beaucoup de cadeaux auprès desquels un bon édredon et deux billets rouges pour acheter l’opinion de quelques pauvres Isans, ne sont que broutilles.

« L’histoire du lobby nucléaire est un mythe absolu... S’il existe je ne l’ai jamais rencontré » a dit le 15 mars dernier au micro de RTL le ministre de l’industrie, Eric Besson en dépassant le mur du con.

 Moi, je l’ai rencontré le lobby, je dors sous son édredon.



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8 avril 2011 5 08 /04 /avril /2011 03:01

suthepArticle 21 :  « Je ne respecte pas les farangs » a déclaré le vice-premier ministre .

 

Bigre, celle-là nous l’avons lue dans notre presse francophone il y a quelques jours, c’est ce qu’ aurait déclaré le vice-Premier ministre Suthep Thaugsuban (Voir en particulier http://www.lepetitjournal.com/bangkok.html du vendredi 25 mars 2011).

 

Il faudrait aussi apprendre à lire et à respecter ce que disent les autorités thaïes, avant de jeter l’opprobe, en utilisant une phrase tronquée.

 

Je n’ai malheureusement pas trouvé le texte original du numéro 2 du gouvernement (quel mot a-t-il employé dans sa langue maternelle ?) ce qui m’aurait intéressé compte tenu de l’inimaginable subtilité du vocabulaire thaï pour manifester le « respect ».

Il est indispensable de situer cette phrase dans son contexte, soyons donc complets : « Je ne respecte pas les farangs, (une virgule et non un point !) nous n’avons pas à nous en remettre à eux »  a-t-il déclaré en rejetant la proposition d’observateurs étrangers pour les prochaines élections, annoncées pour début juillet 2011.

 

Il juge en effet « inappropriée » une présence extérieure lors du prochain scrutin, la  Thaïlande n’ayant jamais officiellement autorisé des observateurs étrangers à superviser ses élections.

Nous y voila !

Nous constatons depuis plusieurs années l’envoi massif par la « communauté internationale » (un mot vide de sens à moins qu’il ne fasse allusion à ce que le Général De Gaulle – qui avait le sens de la formule – appelait  « le machin ») ou par les Communautés européennes d’observateurs dans tous les pays non occidentaux à chaque élection pour en vérifier la régularité au motif qu’ils n’ont pas forcément du système « démocratique » la même conception que nous.

 

 

Tintin SovietEt qu’ils n’ont pas non plus de la « liberté » la même conception que les maîtres du monde.

Est-ce là le moyen pour des fonctionnaires internationaux de faire du tourisme à peu de frais ? Qui les paye en effet et combien sont-ils payés ? Silence pesant. Un voyage en Thaïlande aux frais de la princesse, ce n’est jamais désagréable.

La Thaïlandea-t-elle donc besoin d’ « observateurs » internationaux pour surveiller les élections à venir ? 

Rappelons tout d’abord qu’il existe un organisme appelé « Asian network for free elections » ANFREL (« réseau asiatique pour des élections libres ») à l’intervention duquel, depuis sa création (1997), la Thaïlande ne s’est jamais opposée, notamment en 2007, ses rapports sont à votre disposition sur son site  (www.anfrel.org)Thai mission 2007

 

 

« Non aux observateurs étrangers pour surveiller nos élections » martèle la journaliste tunisienne Rakia Moalla-Fetini en continuant « Est-ce que vous imaginez la Grande Bretagne, l’Allemagne, ou les Etats-Unis nous donner à nous, Tunisiens, le droit de surveiller leur scrutin ? ».

Il est clair que la surveillance du processus par des groupes nationaux organisés, observateurs indépendants est un instrument important de garantie de l’intégrité électorale. Ils peuvent recueillir l’information par des équipes d’observation, analyser le déroulement démocratique du processus électoral, évaluer la qualité de l’élection et publier leurs constatations. Ils peuvent être efficaces comme protecteurs de l’intégrité, particulièrement dans les pays en voie de transition démocratique. Par leurs activités, ils encouragent la transparence et contribuent ainsi à donner au public confiance envers l’intégrité du processus. 

Il en est un exemple remarquable lors des élections de 1997 au Kenya. Les organisations de la société civile ont formé plus de 28.000 observateurs nationaux. Ceux-ci ont été placés dans près de 12 600 bureaux de vote et à tous les centres de dépouillement. Cette présence, qui s’est fait sentir partout, a encouragé la participation électorale (Barkan, Joel et  Njuguma Ng’ethe, « Kenya Tries Again », Journal of Democracy, 9, 1998).

Même observation en Indonésie en 1999 où 600.000 observateurs nationaux ont observé les élections et aidé à assurer l’intégrité des résultats par une étroite surveillance du dépouillement

Quels sont les avantages de l’observation nationale, (qui me paraît tout de même une question de bon sens) ?

Il y a peut-être des cas où la présence d’observateurs étrangers est utile, élections en situation de guerre (et encore ? à quoi ont servi les « observateurs internationaux » en Irak, en Afghanistan ou au Kosovo ?)

Les  observateurs nationaux offrent d’immenses avantages par rapport aux internationaux. Ils peuvent plus facilement se présenter en grand nombre, même par milliers. Ils connaissent la culture politique, la langue, l’écriture et le territoire, ils sont capables de voir ce qui peut passer inaperçu aux étrangers. Ils sont mieux à même d’accomplir certains types de surveillance spécialisée : C’est le cas par exemple du registre des électeurs, le processus de plaintes, les cas d’intimidation et de violation des droits de la personne et la surveillance de la presse, toutes opérations nécessitant de savoir lire ! Combien d’ « observateurs internationaux » parlaient et surtout lisaient les dialectes irakiens, afghans ou albanais ?

Les « jaunes » ont été capables de mobiliser des dizaines de milliers de personne pour bloquer le trafic aérien, voila un immense réservoir potentiel d’observateurs possibles. Les « rouges » ont mobilisé des dizaines sinon des centaines de milliers de personne, voila encore un immense réservoir potentiel d’observateurs possibles.

L’armée a réalisé un coup d’état la fleur au canon sans verser une goutte de sang, elle est bien capable d’assurer le respect de l’interdiction de consommation d’alcool le jour du scrutin et, plus sérieusement, de parer à des menaces d’intimidation mais la situation de la Thaïlande en 2011 n’est pas celle du Cambodge en 1998.

Y aurait-il un seul (je dis bien UN seul) « observateur international » capable de baragouiner et à fortiori de lire un seul mot de thaï ?

100 0866Regardez donc ce bureau de vote (des élections locales en 2008) et dites-moi donc s’il n’est pas « transparent » ? Il est comme tous les bureaux de vote que j’ai aperçu dans nos campagnes au fils des années au hasard d’élections.

TintinSommes-nous ensuite bien placés pour donner des leçons de démocratie à la Thaïlande ?Imaginons un moment que (merci Madame Rakia Moalla-Fetini !) la Thaïlande ou la Tunisie avaient envoyé des « observateurs » africains ou asiatiques surveiller nos élections ou celle des autres, quels rapports auraient-ils fait à la « communauté internationale ...... Un observateur de Paris envoi un dessin sans commentaire superflu :

Bien avant, un Tunisien qui trainait ses guêtres aux États-Unis aurait fait rapport à la « communauté internationale »:  « de Washington, ce 9 novembre 1961, le démocrate John Kennedy devient le 35ème président des États-Unis en défaisant le candidat républicain Richard Nixon. Il a obtenu 34.221.349 votes (49,7%) contre 34 108 546 (49,5%), mais devance ce dernier au chapitre des grands électeurs, 303 contre 219. Toutefois, des rumeurs circulent sur le fait que son père, Joe, aurait utilisé ses liens avec la mafia américaine pour que certains comtés décisifs votent bien......»

Nous sommes aux États-Unis toujours, bien des années plus tard, c’est cette fois un thaï qui fait rapport à la « communauté internationale » : « Le républicain George Bush a été élu 43èmeprésidentdes États-Unis en défaisant le vice-président sortant, le démocrate Albert Gore. Bush obtient 50.460.110 votes (47,9%) contre 51.003.926 (48,4%) pour son adversaire, mais il devance celui-ci au chapitre des grands électeurs, 271 contre 266. Il circule de bien étranges rumeurs sur la victoire républicaine qui repose sur une majorité de quelques milliers de votes seulement en Floride. Il y a eu un recomptage controversé qui laisse un goût amer aux démocrates.... ».


M. le vice-premier ministre Suthep aime les déclarations intempestives et souvent provoquantes, mais  il n’a fait ici que revendiquer le droit légitime des Thaïs d’organiser et de  « surveiller » le bon déroulement de leurs  éléctions.

 

On peut penser qu’il y a bien d’autres problèmes bien plus sérieux que celui- là, surtout quand les derniers « résultats » ont été confisqués par l’ Armée.

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4 avril 2011 1 04 /04 /avril /2011 05:57

L400xH293 jpg LogicielsLibres-28281-1dea8Comment Internet dissout la propriété intellectuelle de jean Duvivier, sur Agora vox du 4/4/2011

La notion de propriété intellectuelle n'est, pour moi, qu'un stimuli économique comme un autre sans aucune valeur morale intrinsèque. Internet en montre sa véritable et unique dimension qui est strictement celle d'une arme économique : un monopole exercé comme une contrainte du plus fort vers le plus faible. Condorcet voulait en supprimer la notion à l'époque de la révolution française au nom de l'égalité et de la justice ("tout monopole est intolérable"), Internet , lui, la dissout ; la PI (propriété intellectuelle) n'a plus aucun sens dans la société numérique.


Qu'est-ce que la propriété intellectuelle ?

"La propriété intellectuelle est l'ensemble des droits exclusifs accordés sur les créations intellectuelles. 

Sa première branche est la propriété littéraire et artistique, qui s'applique aux œuvres de l'esprit, et est composée du droit d'auteur, du copyright et des droits voisins. La seconde branche de la propriété intellectuelle est la propriété industrielle. 

Celle-ci regroupe elle-même, d'une part, les créations utilitaires, comme le brevet d'invention et le certificat d'obtention végétale, et, d'autre part, les signes distinctifs, notamment la marque commerciale, le nom de domaine et l'appellation d'origine. (Cf Wikipedia)." (1)

Elle apparait très tôt puisque des droits exclusifs ou monopoles sur les recettes de cuisine dans la grèce ancienne sont déja signalés, mais elle prend réellement son essor dans l'explosion de la société mondialisée libérale où généralement les entreprises dominantes d'un secteur imposent aux entreprises dominées le respect des droits exclusifs qu'ils possèdent, afin de les empêcher de leur faire concurrence à terme. La PI (propriété intellectuelle) est une arme économique offensive avant tout.

En matière de droit d'auteur ou copyright (chansons, textes, écrits), elle a surtout été le prétexte de la mise en place de lois visant à contrôler simplement les dires et les écrits de tout le monde (LCEN. DADVSI. HADOPI en France par exemple) sans que le public y trouve un quelconque interêt.... D'arme économique elle est devenue une arme politique déguisée en "monsieur la morale" (tu ne voleras point).

Paradoxalement les tenants des licences libres au lieu d'écorner ces notions de propriété intellectuelle "arme économique" "confiscatrice" ont créé à leur tour une nouvelle forme de propriété "excluante", en donnant à la PI des vertus "morales" donc plus difficilement attaquables. Les licences libres ont réussi à faire basculer la PI dans le domaine de la morale individuelle au même titre que l'étiquette, le respect de l'autre ....

Ils ont réussi à insuffler les germes d'une PI "existante par elle-même" et s'imposant naturellement comme un axiome de notre société occidentale, libérale et bienpensante.

Solide contre liquide

La PI tire sa force des aspects solides et finis des objets sur laquelle elle porte. Un livre a un début, des pages, une fin ...et il est parfois facile de reconnaitre des copier/coller d'un auteur à l'autre. Bref le Livre est un objet "fini" "quantifiable" et "reconnaissable". Un brevet qui s'exerce sur une plante porte les mêmes qualités : on connait la plante, on peut "la toucher", la cueillir bref...elle a une existence matérielle vérifiée et vérifiable. C'est ce que j'appelle "l'aspect solide du monde" c'est-à-dire celui qu'on peut toucher, voir ou manipuler sans que cette action n'en juge la nature.

Les arguments de la PI sont alors faciles car chacun reconnaitra qu'une absence de livre est palpable, que quand vous coupez la plante elle ne vit plus ..bref... les conséquences des violations de la PI sont faciles à expliquer et là encore "montrables". La copie d'un livre est facile à démontrer car l'objet n'évolue pas en fonction de son lecteur ou de son manipulateur.

Internet - lui - ne permet pas d'opposer les mêmes arguments car le web est liquide. C'est bien pour ça que j'avance le fait qu'il "dissout la PI".

Quand une musique sous forme MP3 est "multipliée" il n'y a aucune preuve que l'original ne s'en trouve péjoré. Des études d'Harvard ou de l'Université de Rennes montreront même que c'est l'inverse qui se produit. (2). 

Quand un article sur internet utilise "le web" c'est-à-dire introduit des liens vers des sites externes, le caractère "fini" de l'objet n'existe plus. Il devient liquide c'est-à-dire que le texte évolue aussi sans que l'auteur initial n'en soit la cause ou en ait la volonté, car ces citations (c'est le cas des sites cités avec des hyperliens) évoluent elles-mêmes sans qu'aucun contrôle ne soit possible dessus. L'article sur article est donc liquide et aucun des attributs traditionnels de la PI ne peuvent logiquement s'appliquer sans des contorsions oratoires.

Quand des internautes posent des commentaires qui illustrent l'article ces contributions externes non voulues par l'auteur finissent par faire parties de l'article au même titre que l'article original. L'oeuvre liquide est forcement collective car elle se nourrit de tous "les autres liquides" qu'elle croise quand elle fait son chemin ("sa diffusion") ; chemin qui est indépendant des desirata de l'auteur original encore une fois. 

L'interaction induite par la discussion ouverte sur un article posé sur Internet fait que l'article évolue et change en fonction des lecteurs à cause de la non linearité de lecture via les hyper-liens ; toute volonté de vouloir en définir un contour fixe - donc copiable et comparable - est vouée à l'échec. 

Pragmatisme contre utopie

Il est impossible de protéger un contenu qui évolue avec le temps, change de support et offre une discussion illimitée et intemporelle. Toutes les tentatives (DRM, ect..) visant à contraindre le contenu à ses attributs commerciaux sont vouées à l'échec car elles vont à l'encontre de ce qui en fait sa valeur : sa diffusion .

Il faut donc partir du constat que vos contenus seront copiés que vous le vouliez ou non et donc les construire dans cette optique en y plaçant un ensemble d'éléments (publicités, liens divers) qui vous serviront directement même si "le sourcing" n'est pas établi. Seul l'ego peut en prendre un coup au passage mais c'est le prix à payer pour profiter du grand océan qu'est devenu le web.

Accrocher des licences visant à établir une "propriété" sur des contenus impossibles à protéger, changeant, s'enrichissant avec vos lecteurs et copieurs est une utopie qui amènera ceux qui s'y accrochent à des désillusions sévères ou des banqueroutes.

Etes-vous propriétaire de l'eau dans votre lavabo avant qu'elle coule et le quitte ? Savez-vous quelles sont les goutelettes d'eau qui vous appartiennent réellement ? Quand vous proclamez qu'un écrit posté sur Internet vous appartient vous êtes à la recherche des ces gouttes d'eau.

Les moines copistes du Moyen âge sont les premiers pirates

Les premiers pirates de l'histoire sont sans doute les moines copistes qui copiérent et copiérent sans que les auteurs originaux des livres copiés ne soient un jour ou l'autre rétribulés, remerciés ou même parfois cités. Ils transmettaient la connaissance, vertu qu'ils considéraient comme supérieur à toute forme d'ego, forcement égoiste et personnel placé dans un écrit. Finalement ces livres copiés doivent leur survie à cette même copie - à leurs diffusions - et non aux écrits eux-même en tant que tels.

Il en va de même d'une partie du savoir actuel que la PI "confisque" pour le seul profit des détenteurs des monopoles. 

Une partie des pirates d'aujourd'hui sont donc certainement sans le savoir les dignes hériters des moines copistes ; la transmission et la diffusion sont des principes plus utiles à nos sociétés que la confiscation, même si l'idée d'une paternité "morale" sur une oeuvre a pris dans nos sociétés une dimension morale.

 

(1) http://fr.wikipedia.org/wiki/Propri...

(2) http://www.agoravox.fr/actualites/e...

par Pierre Jean Duvivier (son site) samedi 26 mars 2011 -  

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1 avril 2011 5 01 /04 /avril /2011 03:05
 

1244-01 Article 20 : 90 % des logiciels piratés en  Thaïlande !

 C’est le « scoop » de ces derniers jours : la Thaïlande devrait être condamnée  car 90 % de ses ordinateurs auraient des programmes « piratés »... La télévision, les quotidiens ou Internet, tous crient  haro sur ce pays indigne.

 Et pourtant le département du commerce extérieur américain a publié le 30 avril dernier une liste des pays « à surveiller en priorité » pour leur usage abusif de la contrefaçon.


La « 
priority watch list » établit le classement des 12 pays présentant le plus de risques pour la « santé financière du pays ».La Russie et la Chine occupent toutes les attentions du communiqué officiel, suivies par l’Argentine, le Chili, l’Égypte, l’Inde, Israël, le Liban, et ensuite seulement viennent la Thaïlande, la Turquie, l’Ukraine et le Venezuela.


Il n’est pas  sûr que les USA  arrivent à nous faire pleurer sur leur santé financière, ni la  télévision française à nous convaincre de l’évidence du vol présumé.

 

Si je vole une pomme ? Elle va manquer à l’arboriculteur. Mais si je « vole » un programme ? va-t-il   manquer à son concepteur, si je « vole » une chanson, va-t-elle manquer à son artiste ? si je vole une idée, disparait-elle ? ou se multiplie-t-elle ?  

 

Le premier homme qui inventa le feu en fit profiter l’humanité tout entière sans breveter son invention pas plus que l’autre génie inconnu qui a inventé la roue. Aucune des inventions de Léonard de Vinci n’ont fait l’objet d’un dépôt de brevet en bonne et due forme.

 

logiciel-pirateDe même, il ne peut pas exister de contrefaçon scientifique puisque les découvertes purement scientifiques ne sont pas susceptibles d'un droit légal......

Il y a de quoi être effaré de la tournure que prend ce débat, tout se passant comme si ces droits, protection des auteurs, compositeurs, inventeurs,  étaient des acquis depuis toujours.Le droit d’auteur n’existe en fait que depuis peu.

Avant que ne soit inventée l’écriture, le conteur s’emparait d’un mythe et l’arrangeait à sa manière ... Moïse, Homère, le Ramayana ...Vint l’écriture, le prix du livre était le prix du travail du copiste et non celui de son contenu.

Arriva Gutenberg. Les artistes vivaient du mécénat. La plupart des œuvres étaient des commandes. Le commanditaire devenait propriétaire de l’œuvre une fois celle-ci payée. L’artiste n’était payé qu’une seule fois pour le travail accompli.

Le droit d’auteur  n’existait pas plus que celui des inventeurs. Le plagiat était monnaie courante mais à l’époque personne n’aurait songé à intenter un procès pour plagiat.

On ne va pas refaire l’historique des lois qui depuis le XVIIIème siècle, vont  ensuite protéger  les auteurs. Certes, la Loi sur la propriété intellectuelle se justifie mais ne se justifie cependant que par la nécessité de trouver un équilibre entre l’intérêt public et l’incitation à innover.

 

Arriva le « Cyber espace » et son big bang avec internet,  la mise en réseau des ordinateurs, la possibilité de télécharger gratuitement , de recopier librement à l’infini, et ses nouveaux « pirates ».  Le choc avec la propriété intellectuelle était inévitable, le choc entre  les propriétaires de logiciels et leurs  consommateurs.

 

images (1)Où est aujourd’hui l’équilibre entre le droit légitime des auteurs ou inventeurs et celui non moins légitime du public ?

 

Les pays ont une approche différente de la propriété intellectuelle, selon qu’ils sont importateurs ou exportateurs tout simplement ! Les Etats-unis se sont séparés de la mère patrie parce qu’ils ne voulaient pas payer de droits à l’Angleterre. 250 ans plus tard, ils adoptent très exactement la position de l’Angleterre à leur égard il y a deux siècles et demi.

Internet est-il seul à avoir déchainé les passions des ayants droit ? Que non pas ! Rappelez-vous donc le foin déclenché par l’arrivée des lecteurs-enregistreur double K7, des magnétoscopes ou des graveurs CD de salon.

L’art devenant une marchandise, le comportement des artistes s’est distingué entre ceux qui cherchent la postérité et ceux qui cherchent le profit immédiat.

Tout ceci pour aboutir à un constat tout simple : 

La protection des droits d’auteur ou inventeur n’a jamais servi les intérêts des vrais talents. Les droits ne servent qu’à ceux qui recherchent le profit : artistes bidon, maisons de disques, éditeurs, commerçants, industriels. Ce n’est plus le talent de l’écrivain qui lui attribue le prix Goncourt, c’est la puissance financière de son éditeur. Les droits  nourrissent les parasites de la création, jamais les vrais artistes ou les inventeurs de génie.

D’une manière générale, le principe du droit d’auteur et de toute propriété intellectuelle, sous sa forme actuelle est mort. Le courage politique aurait voulu que soit lancé un vrai débat sur le statut de l’artiste, de l’inventeur, la création..

L400xH293 jpg LogicielsLibres-28281-1dea8Et la contrefaçon des logiciels, là dedans ? Elle est une activité économique comme une autre.  Elle exige ingéniosité, investissement, labeur et technique commerciale. Le petit informaticien thaï qui travaille dans un hangar près de chez moi et qui est capable de « craquer » en dix minutes un disque original de Windows ou de Photoshop n’est pas un criminel ! Ce n’est en effet ni un crime, ni du terrorisme comme nous le font accroire les capitalistes avides de gros sous. Il devrait en être de même pour toutes les inventions que ce soit dans le domaine technique, biologique, philosophique, artistique ou plus imbécilement du luxe.

On réduit tout à l’argent alors que tout effort devrait servir à la communauté humaine. Non satisfaits d’être bedonnants,  les financiers  tentent de culpabiliser les pauvres en associant le non respect de la propriété intellectuelle au crime et au terrorisme !

On reproche au copieur une concurrence déloyale. Mais déloyale pour qui ? Certainement pas pour le déshérité pour qui copier est un moyen comme un autre de survivre

C’est grâce à la contrefaçon que les pays asiatiques, la Corée, Taiwan, la Chine, l’Inde, la Thaïlande et ailleurs le Maroc, la Turquie, le Mexique ont saisit leur chance pour nourrir leur population en égalant le niveau économique des plus riches.

Si l’on doit condamner un pirate, ce doit être uniquement parce qu’il a mal copié l’original, et qu’il n’a pas respecté les normes de sécurité des jouets par exemple ou si la molécule du médicament n’est pas la bonne. En effet, dans ce cas, c’est dangereux voire criminel.


Alors 90% des logiciels sont piratés en Thaïlande ! Est-ce réellement la faute des pirates thaïs ? Vous avez dû vous rendre compte que nous le pensions pas. 

 


Nota. Utiliser intentionnellement le même vocable, « pirate », pour qualifier le copieur ou l’utilisateur de la copie et le mettre moralement au même rang que le voyou qui pirate les codes d’une banque pour s’insérer dans son système informatique et se remplir les poches est purement et simplement abusif.

 

 

 

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