Bernard, retraité, marié avec une femme de l'Isan, souhaite partager ses découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires, culturelles, politiques,sociales ...et de l'actualité. Alain, après une collaboration amicale de 10 ans, a pris une retraite méritée.
Le futur Rama II est né le 24 Février 1767, un mercredi au crépuscule, c’était l’année du cochon. Il reçut à sa naissance le nom de ฉิม Chim avant de recevoir celui de พระเจ้า อิศรสุนทร Prince Itsarasunthon lorsque son père monta sur le trône, puis celui plus officiel et plus pompeux de มเหศวรสุนทร พระพุทธเลิศหล้านภาลัย
Mahesuansunthornphraphutthaloetlanaphalai et de régner sous celui de
พระบาทสมเด็จพระบรมราชพงศ์เชษมเหศวรสุนทร พระพุทธเลิศหล้านภาลัย
Phrabatsomdetphraborommarajabongjetmahesvarasundornphrabuddhaloetlanabhala, beaucoup plus simplement sous celui de Rama II (1).
Sa naissance eut lieu dans l’actuel amphoe de อัมพวา Amphawa (province de Samut Songkram). Le lieu présumé de sa naissance est actuellement marqué par le « Rama II memorial park ».



Après ces épisodes religieux et amoureux, il accompagne en 1793 son père guerroyer à Tavoy pour la seconde fois. Ce fut la dernière campagne à laquelle il participa directement.
Son épouse principale fut la reine ศรีสุริเยนทร Suriyen (6).

Née le 21 septembre 1767, elle est sa propre cousine et lui donne deux fils, มงกุฎ Mongkut, le futur roi Rama IV né le 18 octobre 1804, et ปิ่นเกล้า le prince Pinklao né le 4 septembre 1808, qui joua un rôle politique important sous le règne de son frère.

C’est Rama IV qui conféra à sa mère lors de son couronnement le titre de reine-consort Si Suriyen.
En 1806, il a 40 ans, notre prince Itsarasunthon est élevé par son père dans la hiérarchie princière qui fait de lui l’Uparat, le prince héritier (7). L’Uparat en titre, frère cadet du roi, le Prince Mahasurasinghanat (8) est en effet décédé en 1803 (9).

Le roi Rama II.
Son père meurt en 1809. Il est l'aîné mâle survivant, fils légitime de Rama Ier. Il monte immédiatement sur le trône et est couronné le 7 septembre 1809.
Il se heurte immédiatement à une révolte ourdie par Kasatranuchitn, dernier survivant mâle et le plus jeune de la nombreuse progéniture de Taksin qui se prétendait héritier légitime et une sœur de Taksin. La révolte est réprimée (dans le sang évidemment) par le prince Tap, fils aîné du roi né de ses amours avec sa concubine. (Et futur roi Rama III). En remerciement son père le nommera กรมเมือง krommuang, équivalent de ministre des affaires étrangères.
A cette date, le roi birman Bodawpaya « roi des éléphants blancs »

va tenter de profiter de l’occasion pour envahir une fois encore le Siam par Chumpon et Phuket, qui sera rasée. Les troupes birmanes sont rapidement défaites par les armées siamoises, mais ce n’est pas le roi qui en a pris la tête, il n’a pas la fibre guerrière. Il en a confié la charge à son oncle, le prince Senurak (10). A cette date, les deux héroïnes de Phuket étaient mortes (11).

Nous avons de l’attaque de Phukhet une pieuse version provenant des archives des Missions étrangères nous apprenant comment les chrétiens furent épargnés dans des conditions miraculeuses (12) : Un missionnaire, Jean-Baptiste Rabeau, arrivé en 1799 pour évangéliser le Siam, quitte Bangkok en 1809 pour se rendre à Penang. Il fait alors escale dans l’île de Jongselang (13) pour y rencontrer la petite communauté chrétienne. « La nuit même de son arrivée, les Birmans envahirent l’île, mirent le siège devant la ville qu’ils prirent et incendièrent ».

Les Birmans se conduisent comme à leur habitude, tels des Huns (pillages, massacres, incendies, viols). Prenant la fuite avec ses chrétiens, le père Rabeau est sauvé des Birmans menaçants en brandissant la croix du Christ et une image de la Vierge tout en s’écriant : « Je suis un prêtre du Dieu vivant et je n’ai jamais fait de mal à personne ». Les Birmans les épargnent. Un miracle ? Dieu avait-il touché leur cœur ? C’est possible, mais on peut aussi noter que la flotte birmane était sous les ordres d’un Français, Jean Barthel auquel les chrétiens durent la vie ?
Pour cet aventurier au grand cœur qui se propose alors de les conduire à Penang, « un compatriote était un ami ». Le père Rabeau et le mercenaire français seront toutefois assassinés sur la route de Penang par l’équipage birman composé de musulmans haïssant les chrétiens et jetés tous deux à la mer pieds et mains liés. Le père Rabeau est inscrit au martyrologue des Missions étrangères comme « martyr de la foi » (14).
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La campagne de Phuket marqua la dernière tentative d’invasion birmane au Siam.
Les Birmans durent alors affronter non plus les Siamois mais la puissance anglaise : Leurs velléités conquérantes les avaient conduits vers l’ouest sous le règne du roi Bagyidaw. Ils s’emparèrent de l’Assam

et du Manipur

en en faisant des états tributaires (où ils se conduisirent comme au Siam) mais surtout les mettant en contact frontalier direct avec les intérêts des Anglais aux Indes. Les Britanniques convoitaient les richesses de la Birmanie depuis longtemps, ce fut le début d’une guerre coloniale féroce (les Anglais se conduisirent en Birmanie à peu près comme les Birmans au Siam) qui dura plus de 60 ans, de 1824 jusqu’en 1885, date de la colonisation complète de la Birmanie. La glorieuse armée des Indes y laissa toutefois des dizaines de milliers de morts. Ce qui fit le malheur des Birmans (la colonisation de la Birmanie par les Anglais fut immonde) assura la tranquillité des Siamois sur leur frontière occidentale (15).
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Pour notre incontournable Monseigneur Pallegoix, il « régna paisiblement pendant 14 ans » (16). Il en est de même pour Bowring qui se contente de parler d’un « règne paisible de 14 ans » (17).
Il va donner au Siam son premier drapeau officiel, un drapeau rouge supportant une chakra blanche représentant la dynastie Chakri (18).

Son règne « paisible » va commencer : s’il ne fut pas un guerrier, il fut un grand roi.
– Un règne paisible –
Il possédait trois éléphants blancs, ce que les Siamois considéraient, nous le savons, comme de bon augure. Son peuple l’appelait alors « le roi aux éléphants blancs ».
Il a une haute conception de ses fonctions (19) – omni potestas a deo – mais la menace des voisins Birmans ne pèse plus sur le Siam.
Sa politique étrangère :
Sous son règne, le Siam va se rouvrir lentement à l’étranger et à l’occident.
En 1810, il envoie une ambassade auprès de l’empereur de Chine Jiaqing (de la dynastie Qing) probablement pour un acte d’allégeance purement formel.

Depuis la révolution de 1688, la présence de l'occident au Siam s’était réduite comme une peau de chagrin, les rois siamois cessant d'encourager l'influence étrangère à une époque où les guerres napoléoniennes faisaient que les Français, les Anglais et les pays occupés par les Français n’avaient que des préoccupations européennes.
En 1786, avons-nous vu, les Anglais se sont installés à Penang, « vendu » par le sultan de Kedah aux Anglais (en réalité un bail à long terme au profit de la Compagnie des Indes orientales pour échapper à l’emprise siamoise) sans protestation du Siam (20).

Les Anglais s’installent ensuite plus confortablement dans le sultanat de Seberang Perai en 1798 et plus tardivement à Singapour, en 1819, ce qui leur ouvre la route du commerce avec la Chine. La première imprimerie au Siam aurait alors été fondée par un de leurs missionnaires la même année ce qui reste sujet à caution et plus encore. Le premier contact formel du Siam avec l’occident sera l’envoi d’une ambassade du gouverneur de Macao en 1818 : Carlos Manuel da Silveira reçut un accueil princier et conclut avec le roi un accord commercial en 23 articles. Aux termes de cet accord, Carlos da Silveira fut nommé consul en 1820, le premier consul occidental au Siam, avec droit de hisser son drapeau national sur les locaux du consulat.

Il n’en fut pas de même pour l’ambassade britannique Crawfurd, envoyée par le Gouverneur Général de l’Inde, M. le marquis d’Hastings, basé à Calcutta. M. Crawfurd fut certes reçu par le roi en avril 1822, mais il ne fut pas entendu. Ce sera un échec retentissant que nous vous raconterons. Elle repartira mi-juillet 1822 pour la Cour de Hué, où elle subira l’affront de n’être même pas reçue par le roi. Rama II avait sans doute été étonné que cette ambassade lui proposât un traité de commerce, alors que l’année précédente le Siam avait envahi le Kedah et crée le sultanat de Perlis en le détachant de Kedah, qui était auparavant soumis à la suzeraineté conjointe du Siam et du sultanat d’Aceh (21).

Le royaume du Cambodge, plus ou moins tributaire du Siam, ne causa pas de difficultés majeures au roi. Ang-Chan fut couronné roi du Cambodge au Siam en 1806. Vers 1810, il envoie des deux jeunes frères à Bangkok, où le roi leur conféra la qualité d’Uparacha (Uparat) et une tentative d’émancipation de la tutelle siamoise échoua lamentablement (22).
Les Laos pour leur part ne causèrent pas non plus de difficultés au roi mais, supportant mal la tutelle siamoise, leur révolte fut noyée de façon sanglante par le Général Bodindécha en 1828 sous le règne de Rama III. (Cf. notre article prochain sur la politique étrangère du roi Rama III).
Un bouddhiste pieux et un pieux artiste.
Bouddhiste dévot, il surveillait attentivement la morale de ses sujets, de ses fonctionnaires et des membres de sa famille sans favoriser personne : De nombreux décrets royaux prévirent des peines sévères (de dures flagellations au rotin) contre les joueurs, notamment ceux qui organisaient ou participaient à des combats de coqs ou de poissons.
Il fit encore traduire le Tripitaka bouddhiste du pali en thaï pour que les dévots comprennent ce qu'ils récitaient, continuant en cela l’œuvre de son père (23).
Il envoya encore une mission de moines au Sri Lanka pour y étudier le bouddhisme dans ce pays qui est probablement à l’origine du bouddhisme thaï.
Il fit encore construire (bâtisseur comme ses prédécesseurs)

de nombreux temples bouddhistes et aurait sculpté de ses mains la grande statue de Bouddha dans la chapelle du « temple de l’aube » à Bangkok (วัดอรุณราชวรรารามราชวรมหาวิหาร Watarunratwonraramratchaworamahawihan) ou plus simplement le Wat arun

dont il commença la construction qui se termina sous le règne de Rama III. Pour le prince นริศรานุวัดติวงศ์ Naritsaranuwattiwong l’un de ses petits-fils,

grand amateur d’arts, elle éclate plus de grâce et rayonne plus de bonheur que celles sculptées sous les règnes précédents.

Notre monarque est lui-même en effet un artiste accompli spécialiste de la sculpture sur bois.

Les portes du วัดระฃังโฃสิตราม wat rakangkositaram ont été sculptées de ses mains.
Le musée national conserve nombre de ses sculptures, masques ou monstres provenant de l'épopée du Ramayana.
Il a également continué la construction commencée par son père et terminée par son successeur du วัดสุทัศน์เทพวราราม Wat Suthat thepwararam dont les sculptures polychromes des portes seraient également faites de ses mains.
Il fut enfin l’ordonnateur en 1811 des cérémonies funéraires de son père selon le rituel rétabli qui est toujours en vigueur (24). La même année, le pays fut frappé par une épidémie de choléra, le roi inaugura la cérémonie religieuse qui devait l’écarter.
Le poète protecteur des poètes

Sous son règne, à l’écart des guerres permanentes qui assombrirent celui de son prédécesseur, les poètes bénéficièrent de sa royale protection, lui-même étant un poète raffiné.
Nous connaissons évidemment son favori, พระอภัยมณี Phra Aphai Mani

connu sous le nom de Sunthorn Phu (25). Ne parlons que de lui puisqu’il est le seul dont une partie de l’œuvre poétique a été traduite en français.
Son œuvre poétique est importante, il continua l’adaptation pour le théâtre et pour la danse du Ramakian commencée par son père (26).

Pour la danse ? Il est en effet lui-même un musicien accompli, jouant, dit la tradition, à la perfection du violon à trois cordes

et auteur à la suite d’un rêve d’une hymne à la lune qui fut l’hymne national jusqu’en 1913 : บุหลันลอยเลื่อน Bulanloiluean que l’on pourrait traduire « la lune flotte dans les cieux » (27). Ecoutez-le :
En 1968, l’UNESCO le déclara pour son œuvre culturelle « World Heritage Person » que l’on peut traduire par « personne appartenant au patrimoine mondial ».
– Sa mort et sa succession –
A l’inverse du précédent et du suivant son règne se déroula sans incidents majeurs. Il mourut subitement à 58 ans le 21 juillet 1824 avec de soupçons retranscrits sans la moindre justification par des sources anglaises d’assassinat (poison ou strangulation) (28).

Il n’y avait pas d’Uparat désigné. Pour autant qu’il y ait alors une règle de succession en vigueur, le trône aurait du revenir au fils de la Reine Sri Suriyen, le prince Mongkut alors âgé de 20 ans, mais son demi-frère aîné, le prince Tap, devenu เจ้าอยู่หัว Chao Yuhua, beaucoup plus âgé et expérimenté comme chargé des relations étrangères s’imposa comme successeur sans difficultés avec – semble-t-il – l’accord au moins tacite de son demi-frère cadet et légitime. On peut sur ce sujet gloser à perte de vue, mais il est probable que le jeune prince alors sous la robe safran souhaitait tout simplement la tranquillité ? Les « observateurs » occidentaux y auraient vu une usurpation (29).
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Tous les ouvrages thaïs s’accordent à dire qu’au cours de ses 16 ans de règne, le royaume a connu l'harmonie, la paix et la prospérité et que le peuple a vécu heureux sous un règne articulé autour de la bonté et de la paix et qu’il est de son devoir de rester fidèle à la dynastie des Chakri cœur et âme (30).
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Notes
Nous avons naturellement consulté et utilisé les sources visées dans notre article 116 « Rama Ier 1782-1809 », en particulier : « พระบาทสมเด็จพระพุธเลิศหล้านนกาลัย », second volume de la série consacrée aux neuf monarques de la dynastie (ISBN 978-974-07-19874-8). « พระราชประวัติ ๙ รัชกาล » (« monographie des rois de la dynastie Chakri », non daté et sans références ISBN.

« Lords of the lifem the paternal monarchy of Bangkok, 1782 – 1932 with the earlier and more recent history of Thailand » Londres, Alwin Redman, 1960 et ประวัติศาสตร็ ๖ sans références ISBN.
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(1) Sur ces titulatures effroyablement complexes (mais l’étiquette ne permettait pas d’en utiliser d’autres) voir l’article d’Eugène Gibert « la famille royale de Siam » in « Bulletin de la société académique indochinoise », octobre 1883 et l’article d’Albert Savine « Les princes royaux du Siam » in « La nouvelle revue », n° de juillet-août 1902, page 114 s. Les traductions que ces deux érudits donnent de ces titres, par exemple « Prince venu des cieux pour gouverner », « Très excellents rejetons du sage seigneur » « Celui qui est bien né paternellement et maternellement et qui descend d’un sein pur » à distinguer (évidemment) des « Enfants royaux de première classe », des simples « Enfants royaux » ou des « Jeunes gens royaux » (trois catégories strictement et subtilement hiérarchisées (rien que pour ce que nous appellerions les bâtards royaux) est sans rapports avec la relative simplicité de la hiérarchie des titres nobiliaires à la cour des rois de France, même vue par Saint-Simon. Cette étiquette proviendrait d’un « édit de Ramathibodi de 1359 » constituant le règlement intérieur du palais dont il existe une copie manuscrite du XVIIIème siècle à la bibliothèque nationale de France, mais sans garantie d’origine (voir notre article 44 « Avez-vous trouvé le code de Ramathibodi Ier ? » Il y a au moins une certitude, c’est que dans l’ancien Siam, les noms courts étaient peu estimés, plus le personnage est de haut rang, plus la tirade de ses titres devait garantir le protocole.
(4) Dans notre article 90 « Des étrangers au service des rois du Siam » nous avions écrit trop vite « … Ce général Bodin fera encore parler de lui (en mal) au Cambodge quelques années plus tard. Commandant en chef des armées siamoises, son nom laisse à penser qu’il s’agit probablement d’un mercenaire français sur lequel, malheureusement, nous ignorons tout ». Le lecteur nous pardonnera cette erreur mais faute avouée doit être pardonnée. Rendons au Siam ce qui appartient au Siam, ce général Bodin, en réalité เจ้าพระยาบดินทรเดชา สิงห์ phrachao bodindécha sing (« le lion ») est l’un des plus grands guerriers siamois dont les vertus guerrières ne se révéleront pas sous le règne pacifique de Rama II mais sous celui de son successeur.
(5) Continuons les « Histoires d’amour de l’histoire du Siam » : celle-ci était issue d’une famille musulmane du sud, son nom serait la transcription siamoise du très musulman « Myriam ». Cette liaison aurait vivement irrité le roi (bien mal placé pour donner à son fils des leçons de morale conjugale) L’histoire est reprise par Heinz Duthel (« Duthel Thailand guid IV – Chakri dynasty », à Bangkok 2013. A sa montée sur le trône, notre prince toujours amoureux l’installa au palais royal où elle devint chef des cuisines royales.
(6) Toujours nos « histoires d’amour … » : Née เจ้าฟ้าบุญรอด princesse Bunrod, elle est de sang royal, fille de la princesse เจ้าฟ้ากรมพระศรีสุดารักษ์ Chaofakromphra Si Sudarak propre sœur de Rama Ier, mariée à un noble chinois เจ้าขรัวเงิน Chaokruangoen (voir « Chinese Society in Thailand - an analytical history » par George William Skinner, Cornell University Press, 1957). Elle vivait avec sa mère au grand palais et fut élevée avec ses cousines maternelles, les filles de Rama Ier. Elle eut alors une liaison, une « affaire » comme disent les Thaïs, avec son cousin et prince héritier, que le roi-père découvrit en 1801 alors qu’elle était grosse de quatre mois. Il la bannit du palais. Toutefois, le roi se réconcilia ultérieurement avec son fils sur l’intervention de Kam Waen sa royale concubine et installa le couple marié au vieux palais. Le bébé mourut à sa naissance. Elle mourut le 18 octobre 1836.
(7) Titre complet (note 1) :
กรมพระราชวังบวรสถานมงคล Kromphraratchawangbawonsathanmongkhon.
(8) Titre complet (note 1) :
สมเด็จพระบวรราชเจ้ามหาสุรสิงหนาท Somdetphrabawornrajchao Mahasurasinghanat
(9) Il aurait souhaité que ses titres et fonctions reviennent à son propre héritier né d’une concubine cambodgienne ? Source invérifiable, Wikipédia.
(10)สมเด็จพระบวรราชเจ้ามหาเสนานุรักษ์ Somdetphrabawornrajchao Maha Senanurak,

né le 29 mars 1773 fils de Rama I et de la reine Amarindra, le prince ne jouit toutefois pas des faveurs de son neveu : marié à l’une des nombreuses filles de Taksin, สมเด็จเจ้าฟ้าหญงสำลีวรรณ la princesse Saleewan,

celle-ci fut exécutée pour trahison pour avoir participé au complot de son frère lors de la montée de son neveu sur le trône. Il mourut écarté de la cour le 16 juillet 1817. Voir déjà cité Heinz Duthel (« Duthel Thailand guid IV – Chakri dynasty », à Bangkok 2013 et deux sites de généalogies royales thaïes (selon lesquels il existe une abondante descendance de Taksin par les femmes) :
http://members.iinet.net.au/~royalty/states/thailand/thailand_thonburi.html
http://members.iinet.net.au/~royalty/states/thailand/thailand_thonburi.html
(12) Adrien Launay, archiviste des missions étrangères « Siam et les missionnaires français » 1896 et deux volumes de pièces justificatives extraites des archives, « Documents historiques », publiés en 1920.
(13) Phuket devint Phuket sous Rama V. C’est tout simplement une « montagne » en langue malaise et l’ancien nom de Jongselang, toujours en malais, est une « montagne de cristal ». Attribuer la première description de l’île à Ptolémée flatte peut-être l’orgueil des habitants de l’île mais relève probablement de la fantaisie.
(14) Sur l’histoire aventureuse de ce missionnaire, voir Abbé Guillaume Meignan « Un prètre (Rabeau) déporté en 1792, épisodes de l’histoire de la révolution et de l’histoire des missions » Paris, 1862.

(15) « Les Anglais en Birmanie » article de Joseph Chailley-Bert in « Revue des deux mondes » 1891, tome 108.
(16) « Description du royaume thaï ou Siam » volume II page 98.
(17) « The kingdom and people of Siam » à Londres, 1857.
(18) Ses prédécesseurs depuis probablement Naraï utilisaient un simple pavillon rouge. La chakra est un symbole hindouiste dans les subtilités de laquelle nous n’entrerons pas. Le drapeau à l’éléphant blanc fut créé par Rama IV et l’actuel drapeau tricolore date de 1917. Voir «ธงไทยเล่ม ๑ » (Thong Thai – Laem 1) par Chawingam Macharoen, 2002, Bangkok. ISBN 974-419-454-5.
(19) « The Siamese old conception of the monarchy » par le prince Dhanimm article publié dans le journal de la Siam Society volume XXXVI, 1946.
(20) Voir notre article 116 « Rama 1er. (1782-1809) ».

(23) Les livres de prières thaïs comportent actuellement et toujours les textes en pali transcrits en caractères thaïs et en face leur traduction en thaï. Les catholiques thaïs furent moins favorisés puisqu’il leur fallut attendre le concile Vatican II en 1962 pour pouvoir prier non plus en latin mais en langue vernaculaire.
(24) « Siamese state ceremonies – Their history and fonctions » par Horace Geoffrey Quaritch Wales à Londres 1931. L’auteur fut conseiller à la cour du Siam dans les années 20 sous les règnes des rois Rama VI et Rama VII et responsable de nombreux articles sur l’ancien art siamois dans le bulletin de la Siam society.
(25) Voir nos articles A 119, A 120 et A 121 sur ce poète – le seul – qui a été traduit en français.
(26) Pratiquement rien n’en a été traduit, elle est difficile d’accès et qui plus est, la langue utilisé à cette époque est difficile à comprendre même pour un thaï érudit, comme peut l’être pour nous, par exemple, la lecture de Montaigne dans le texte.
Et une version différente de celle de son père pour le théâtre de กลอนบทละครเรืองอิเหนา klonbotlakonruanginao, l’histoire d’Inao, un épisode du Ramakian.

(27) Nous n’en avons malheureusement pas retrouvé les paroles. En 1913, il fut remplacé par สรรเสริญพระบารมี Sansoenphrabarami, un hommage à la dynastie. Après le coup d’état de 1932, le gouvernement du maréchal Plaek Phibunsongkhram lança un concours dont le lauréat pour la musique fut Peter Feit, d’origine allemande connu sous son nom thaï de ปิติ วาทยะกร Piti Wathayakon puis anobli sous le nom de พระเจนดุริยางค์ Phra Chenduriyang. Les paroles suivant exactement le cahier des charges imposé par le maréchal sont de หลวงสารานุประพันธ์ Luang Saranuprapan. Le premier vers donne le ton, très « Thaïland über alles », de ce que les thaïs entendent tous les jours à 8 heures et à 18 heures depuis 1939 :
ประเทศไทยรวมเลือเนื้อดชาติเชื้อไทย - Le pays thaï, c’est l’union du sang et de la chair des hommes de race thaïe. Le mot « race » est soigneusement caviardé de toutes les traductions anglaises ou françaises que l’on trouve partout.

(28) Roberts Edmund « Embassy to the Eastern courts of Cochin-China, Siam, and Muscat : in the U. S. sloop-of-war Peacock ... during the years 1832-34 » Harper & brothers. p. 300. Reprint à Londres en 2012.
(29) Voir l’article de William Bradley dans le journal de la Siam Society « The accession of king Mongkut », 1969 volume I.
(30) C’est évidemment une vision angélique. La question de savoir quel est la notion du bonheur dans l’esprit d’une population composée à 99% d’esclaves est difficile à cerner pour nos esprits occidentaux.
