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  • : Le blog des Grande-et-petites-histoires-de-la-thaïlande.over-blog.com
  • : Bernard, retraité, marié avec une femme de l'Isan, souhaite partager ses découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires, culturelles, politiques,sociales ...et de l'actualité. Alain, après une collaboration amicale de 10 ans, a pris une retraite méritée.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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2 octobre 2022 7 02 /10 /octobre /2022 03:56

 

La légende de Kaeo Na Ma est l'une des légendes thaïes les plus connues. Elle est populaire car son héroïne est différente des autres héroïnes des contes thaïs, elle brise des normes sociales

Les érudits discutent sur son origine. Ce débat me dépasse. Elle vient probablement des tréfons de l'âme siamoise même si elle n'a été mise en forme » écrite que tardivement

Une intéressante étude mérite d’être citée : « THE MEANINGS OF THE HORSE-FACED MASK IN THE STORY OF KAEO NA MA » par Cholada Ruengruglikit de l’Université Chulalongkorn, publiée en 2005 et numérisée

http://www.manusya.journals.chula.ac.th/wp-content/uploads/2021/06/45.pdf

 

 

La version la plus connue, mais il y en a d’autres, est celle en vers de Son Altesse Royale Kromluang Phuwanatnarinrit (พระเจ้าบรมวงศ์เธอ กรมหลวงภูวเนตรนรินทรฤทธิ์) qui vécut de 1801 à 1856, fils de Rama II. Il est l'auteur de nombreux autres poèmes. Elle fait l’objet de nombreuses rééditions et – à ma connaissance – n’a jamais été traduite. Elle est accessible (en thaï) sur le site de la Librairie Nationale Vajirayana

https://vajirayana.org/บทละครนอกเรื่องแก้วหน้าม้า/บทนำเรื่อง

 

 

Elle a fait et fait toujours l’objet de multiples interprétations, en prose, filmées, dansées, chantées, bandes dessinées et dessins animés. Ce texte est la simple traduction de l'une de ces bandes dessinées à l'uage de tous.

 

 

 

ll était une fois, il y a très longtemps, sur la ville de Mithila (มิถิลา) régnait le roi Phuwadon mongkhonrat (ภูวดลมงคลราช) dont l’épouse s'appelait Phra Nang Nantha (พระนางนันทา). Tous deux avaient un fils nommé Pinthong (ปิ่นทอง). La ville était prospère et paisible.

 

 

Il y avait dans cette ville une famille du peuple dont la fille avait un visage semblable à celui d’un cheval. Avant d’accoucher, sa mère avait rêvé qu’un ange lui apportait un verre en cristal. Elle l’avait do nc nommée Mani (มณี) ce qui signifie pierre précieuse mais on l’appelait aussi Kaeo nama (แก้วหน้าม้า) ce qui signifie cristal à face de cheval.

 

 

 

« kaeo » et « mani » sont deux mots qui ont la même signification, mais ils indiquent une hierarchie différente. « kaeo » est un mot courant. Elle est appelée ainsi lorsqu'elle est simple villageoise avant de devenir reine. Le nom « mani » est d’un rang supérieur à « kaeo ». Ce nom est utilisé lorsque Nang Kaeo change de forme, toute en beauté et lorsqu'elle est deviendra reine, elle sera Nang Mani Sri Mueang (นางมณีศรีเมือง).

Elle était dotée de pouvoirs magiques lui permettant de prévoir le temps ferait ce qui lui permettait de conseiller les paysans sur leurs cultures en fonction des conditions météorologiques. Ses connaissances apportèrent l’aisance à sa famille et à la communauté.

Un jour, le prince Pinthong jouait avec son cerf-volant préféré et un coup de vent le lui arracha des mains. Il tomba aux pieds de Mani qui prit la décision de le garder pour elle. Toutefois, un instant plus tard, les courtisans qui jouaient avec le prince vinrent le lui réclamer. Elle refusa en disant qu’elle ne le rendrait qu’à son propriétaire. Le prince arriva fort en colère contre ces propos mais désirer de récupérer son cerf-volant, il feignit d’être aimable. Il lui promit de la récompenser avec générosité mais elle refusa. Sa seule exigence était que le prince la conduise au palais et l’épouse. Pour récupérer son cerf-volant le prince accepta mais disparut ensuite sans tenir sa promesse. Kaeo l’attendit en vain pendant plusieurs jours. Elle demanda alors à ses parents d’aller interroger le roi sur le sort que son fils réserverait à ses promesses. Le roi et son épouse leur rappelèrent la modestie de leur rang. Quelle audace de prétendre à la main d’un prince !

 

 

Kaeo tomba alors malade et refusa de s’alimenter. Ses parents revirent alors au palais ce qui rendit le roi furieux. Cependant la reine les prit en pitié et leur promit d’interroger son fils sur la promesse qu’il aurait faite. Celui-ci lui raconta l’histoire. Elle lui enjoignit de respecter sa parole et envoya une servante chercher Kaeo pour la conduire au palais. Celle-ci exigea alors que lui soit attribué une litière en or comme celles des membres de la famille royale.

 

 

Elle obtint satisfaction mais le prince ne l’avait toujours pas demandée en mariage.

 

 

Le roi mit alors une condition à son consentement : Si elle était capable d’apporter le Mont Meru (พระสุเมรุ) dans les jardins du palais, il organiserait les cérémonies de ses noces mais si elle ne le pouvait, elle serait mise à mort. Sans réfléchir une seconde, Kaeo accepta avec joie et partit à la recherche du Mont Meru. Elle traversa des forêts et des jungles peuplées de bêtes féroces, en vain. Epuisée par un long périple, elle perdit connaissance et tomba au sol. Lorsqu’elle reprit connaissance elle rencontra un ermite qui la prit en pitié. Voyant qu’elle était trop naïve pour avoir compris le piège que lui avait tendu le roi, l’ermite décida de l’aider. Il lui conféra le don de pouvoir à sa guise retirer son visage de cheval et le remplacer par celui d’une belle fille. Il lui donna également un livre qui pouvait se transformer en char volant ou en serpent et un bâton qui pouvait se transformer en couteau magique.

 

 

Il lui conseilla ensuite de ne prendre qu’une pierre du Mont Meru, ce qui suffirait puisque le roi n’avait pas mentionné toute la montagne ! Ainsi fit Kaew ce qui rendit le roi perplexe. La reine ordonna alors que l’on prépare les cérémonies du mariage ce qui rendit furieux le roi et son fils. Le roi conçut une autre ruse pour se débarrasser de Kaew.

 

 

Il envoya une lettre au roi Phrachao Phromthat (พระเจ้าพรหมทัต) qui régnait sur la ville de Romwithi (โรมวิถี) pour lui demander au nom de son fils la main de sa fille Thatsamali (ทัสมาลี) ce qu’il accepta et consulta alors les augures pour connaître les dates fastes pour organiser la cérémonie.

 

 

Quand le prince Pinthong s'apprêtait à quitter la ville en bateau, Kaew vint lui exprimer son mécontentement et lui reprocha de ne pas lui être fidèle. Le prince en colère lui ordonna de lui donner un fils, il voulait voir son fils à son retour et si elle ne pouvait pas avoir de fils, elle serait mise à mort. Bien qu'elle se soit sentie sentait désespéré, n’ayant jamais connu d’homme, elle se détermina à accepter ce défi. Elle quitta la ville et se rendit à Romwithi sur son char volant magique.

 

 

C’est qu’habituaient ses grands-parents. Après avoir retiré sa face de cheval, elle alla vivre chez près d’une rivière à l'extérieur de la ville. Un jour alors qu’elle s’y baignait, le prince Pinthong la vit et en tomba follement amoureux mais sa nouvelle épouse était allongée non loin. Le lendemain, il sortit du palais, se déguisa en paysan pour aller faire la cour à Kaew en lui disant qu’il voulait avoir des enfants avec elle. Elle consentit d’être à lui de crainte de le perdre et tomba alors enceinte.

 

 

Quant au prince, avant de quitter Romwithi pour retourner à Mithila sans emmener la princesse Tasmali avec lui, il lui donna sa bague. Après avoir attaché l’anneau au bras du bébé, Kaew revint trouver l’ermite qui l’avait aidée. Il était en méditation et eut la vision que le prince Pinthong était en grand danger sur le chemin du retour. Il était qu’il était entouré d’une armée de géants conduite par le roi des géants nommé Phalarat (พาละราช).

 

 

Il transforma Kaew en homme et lui donna le nom de Manop (มานพ) ce qui n’est pas un nom propre, mais seulement un nom signifiant « un homme ». Il lui ordonna d’aller au secours du prince. Kaew réussit à tuer le géant et à s’emparer de sa ville. La reine des géants avait deux belles filles nommées respectivement Soi Suwan (สร้อยสุวรรณ) et Chansuda (จันทร์สุดา) qu’elle offrit en mariage au prince Pinthong. Celui-ci refusa en indiquant qu’il n’avait pas été vainqueur et que les deux filles étaient destinées à Kaew qui accepta sans hésiter. Elle demanda au prince de rester dans la ville des géants pendant quelque temps. Elle conduisit les deux filles du géant à la hutte de l’ermite et lui raconta l’histoire. Elle ramena ensuite les deux princesses à Pinthong pour qu’il les épouse et revint chez l’ermite retrouver son fils.

 

 

Le prince pour sa part ramena ses deux femmes dans sa ville de Mithila et fut surpris d’y retrouver Kaew qui lui présenta son fils. L’anneau attaché au poignet de l’enfant le convainquit et il l’accepta pour son fils. Il le nomma Pinkaeo (ปิ่นแก้ว).

 

 

La princesse abandonnée, Tasmali, pensait toujours au prince Pinthong. Alors elle vint le retrouver dans sa ville mais fut blessée de voir qu’il montrait plus d’amour à Soi Suwan et Chansuda qu’à elle. Elle retourna donc dans sa propre ville, toute à sa colère mais plus tard donna naissance à un fils appelé Prince Pinsinchai (เจ้าชายปิ่นศิลป์ไชย).

 

 

Thao Kaymat (ท้าวกายมาต) était seigneur de la ville de Krai Chak (ไกรจักร). Il était parent de Thao Phalanrat qui avait été tué par Kaew. Plein de ressentiment, il conduisit une armée à Mithila. Pinthong n’avait pas une âme de guerrier. Soi Suwan et Chantsuda pensèrent à demander l’aide Kaew. Celle-ci, alors sur le pont d'accoucher, redevint homme et remporta la bataille sous cette forme masculine. Elle retrouva ensuite sa forme d’origine et devint l'épouse de Pinthong sous le nouveau nom de Mani Rattana (มณีรัตนา) c’est à dire pierre très précieuse. Elle tomba à nouveau enceinte et donna le jour à trois princesses Chemchan, Hiranrat et Prapatsorn (เจมจันทร์ - หิรัญรัตน์ – ประภัสสร). Tout le monde vécut alors en harmonie dans la ville de Mithila. L'histoire va se continuer, longument, toujours dans le même registre. J'en reste là mais à bientôt pour la suite.

 

 

Quel est la morale à en tirer ?

Il est tout d’abord des masques qui cachent la beauté ! Nous retrouvons le vieux conte de « la belle et la bête » ou encore Saint-Exupery « On ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux ». L'héroïne qui cache son vrai visage et sa beauté sous son visage de cheval.

 

 

Avant que l'ermite ne lui apprenne à se défaire de ce visage, nul y compris sa mère et le prince Phinthong, ne pouvait voir sa beauté. La beauté d'une femme peut être dangeureuse : Pendant la guerre à la fin de la période d'Ayutthaya, les femmes siamoises se rasèrent la tête et s'habillèrent en hommes afin de se protéger contre le viol par les envahisseurs birmans.

Kaew utilise toutes sortes de subterfuges pour accéder à l'amour du prince et devient Mani puis Mani Rattana lorsqu'elle est reine.

Mère et épouse aimante, la chatte se transforme en tigresse pour défendre son prince contre les géants, elle devint Manop sous forme masculine avant de retrovuer sa forme de Mani Rattana

Notons enfin que ce n'est pas le héros mais l'héroine qui sauve la vie du héros. C'est elle et non le héros qui protège la survie du peuple de Mithila contre les envahisseurs. A chaque fois qu'elle est attaquée, c'est Manop qui mène l'armée pour lutter contre les ennemis alors même qu'elle est prête à accoucher.

L.'aspect le plus singulier est que cette légende proclame étonnamment la capacité des femmes comme supérieure à celle des hommes.

 

 

La ville de Mithila , située au nord de l’Inde, a reçu à plusieurs reprises l’enseignement de Bouddha. Les autres villes sont imaginaires.

 

 

Le mont Meru est une montagne mythique, considérée comme l'axe du monde dans la mythologie hindoue.

 

 

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