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  • : Le blog des Grande-et-petites-histoires-de-la-thaïlande.over-blog.com
  • : Bernard, retraité, marié avec une femme de l'Isan, souhaite partager ses découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires, culturelles, politiques,sociales ...et de l'actualité. Alain, après une collaboration amicale de 10 ans, a pris une retraite méritée.
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Pourquoi ce blog ?

  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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27 novembre 2022 7 27 /11 /novembre /2022 02:45

 

 

L’histoire de Thao Khulu et Namg Ua  (ท้าวขูลู et นางอั้ว) est une légende de la littérature populaire dont on ne connaît pas l’auteur. Elle s’est transmise de génération en génération avant que l’on en connaisse au moins une version écrite en écriture traditionnelle de l’Isan sur feuille de latanier 

 

 

...au temple de Nam Kham Daeng (วัดน้ำคำแดง) situé dans le sous district de Toei, district de Muang Samsipcho, province d’Ubon Ratchathani (ต.เตย - อ.ม่วงสามสิบ -จ.อุบลราชธานี).

 

 

 

Chaque  district a sa propre  version  mais elles sont toutes plus ou moins similaires et lourdes de symboles. Elle reste une histoire d’amour entre les deux protagonistes ; En des temps anciens,  il y avait deux villages voisins, l’un appelé Ban Khokkong (บ้านโคกกง), le village sur la colline ronde où était situé un verger d’orangers et l’autre Ban Thungmon (บ้านทุ่งมน), le village au milieu des champs ce qui ne nous éclaire guère sur leur localisation précise. Dans  chacun d’eux, deux familles vivaient en parfaite amitié et s’étaient promis que lorsqu’ils auraient des enfants. Ils resserreraient  Un jour, la dame Nang Kasi (นางกาสี) de Ban Khokkong alors qu’elle recevait la visite de sa voisine, lui interdit d’aller cueillir une orange au motif qu’elles n’étaient pas mures. Sous ce prétexte qui n’était peut-être pas futile, la discorde régna entre les voisins qui se jurèrent que leurs enfants, s’ils en avaient, ne se marieraient pas entre eux. Dix-huit ans plus tard, Nang Kasi avait donné le jour à un fils appelé Khulu et sa voisine à une fille appelée Nang Hua. Les enfants grandirent. Un jour, ils se rencontrèrent lors d'un festival et tombèrent amoureux. « Oh Nang Ua, tu es si belle. Je t’aime. Je t'épouserai ». « Je t'attends » répondit Nang Ua.

 

 

Quelques jours plus tard, dit à sa mère et à son père : « Je veux épouser Nang Ua. Veuillez parler à ses parents pour moi ». La mère et le père refusèrent sans discussion possible. Pour couper court, les parents de Nang Ua, tout aussi furieux, projetèrent de marier leur fille à un riche notable voisin, Khun Lang (ขุนลาง). Les deux familles leur interdirent de se rencontrer. Les parentes de Nang Ua commencèrent les préparatifs du mariage. Nang Ua pensait : «  Je ne peux pas épouser un autre homme. Je n'aime que Tao Kulu. Si je dois épouser un autre homme, je me tuerai ». Le jour du mariage, Elle prit son foulard jaune et se  pendit. Lorsque Kulu l’apprit et vit sa dépouille,  il eut un immense chagrin et se dit « Oh ma chérie, pourquoi as-tu fait ça ? Pourquoi? Pourquoi? Comment puis-je vivre sans toi, ma chérie ? »  Puis il sortit  son épée et se suicida.

 

 

Les deux familles eurent grand peine. Ils voulurent faire quelque chose de bien pour leurs enfants alors ils les enterrèrent côte à côte. Sur leur tombe, deux fleurs poussèrent immédiatement. L’une s’appelle Dok Kulu (ดอกกูลู)

 

 

et l’autre Dok Nang Ua (ดอกมางอัว). Les villageois pensent que la tige jaune de cette dernière et que la petite tige de l’autre représente l’épée utilisé par Kulu pour se donner la mort.

 

 

Ces deux fleurs, de très rares orchidées sauvages, poussent toujours ensemble pendant la saison des pluies dans de nombreuses provinces de la région du Nord-est et leur parfum à la tombée du jour est suave.

 

 

Il ne faut évidemment pas voir dans cette légende une histoire de Roméo et Juliette avant la lettre. Signalons au passage que cette tragédie  avait été traduite en thaï par le roi Rama VI.

 

 

Elle est significative des croyances toujours vivantes dans le Nord-est où le bouddhisme côtoie l’animisme et où la croyance en l’esprit des plantes est tenace. Un rituel qui semble avoir aujourd’hui disparu, pour résoudre les questions d’amour et de choix du partenaire entre Khulu, Nang Ua et Khun Lang, était conduit par un chaman qui faisait des offrandes à Phaya Thaen (พญาแถน)

 

 

...un esprit céleste protecteur et bienveillant que certains assimilent au Dieu Indra (พระอินทร์). Il ne faut pas oublier que les deux amoureux qui se sont donné la mort ont commis une faute grave selon les préceptes bouddhistes qui interdisent de prendre la vie de quiconque.

 

 

Intervient ici l’apparition spontanée sur les tombes jumelles de ces précieuses orchidées sauvages. Nous sommes loin de la conception pyramidale, occidentale et traditionnelle du monde : les roches qui sont, les plantes qui sont et qui vivent, les animaux qui sont, qui vivent et qui ont des sentiments, et les êtres humains qui sont, qui vivent, qui ont des sentiments et qui possèdent l'intelligence.

 

 

Dans les croyances traditionnelles toujours vivaces, les plantes, les animaux, les rizières, ont un esprit, un génie protecteur appelé khwan (ขวัญ),  je n’ose dire une âme, auquel on rend hommage et auquel on fait les offrandes rituelles.

 

 

Par ailleurs, l’un des villages est situé au milieu d’un verger d’oranger et l’autre des rizières.

 

 

Ces plantations symbolisent l'environnement qui s’impose aux êtres humains. Ensuite, cette végétation, arbres ou rizières, sont le symbole bouddhiste des piliers du ciel, lien entre le monde terrestre et celui des cieux. Les études récentes sur l’intelligence des plantes sont révélatrices du pouvoir puissant et mystique des plantes qui dépasse encore la compréhension humaine.

 

 

Ces résultats suggèrent que ces légendes impliquent que les humains ne doivent pas profiter de la nature car ils ne la surmonteront jamais. Et n’est-ce pas le cas de la cueillette d’un fruit qui n’est pas à maturité, une offense évidente à l’esprit de l’arbre ?

 

 

 

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