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  • : Le blog des Grande-et-petites-histoires-de-la-thaïlande.over-blog.com
  • : Bernard, retraité, marié avec une femme de l'Isan, souhaite partager ses découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires, culturelles, politiques,sociales ...et de l'actualité. Alain, après une collaboration amicale de 10 ans, a pris une retraite méritée.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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20 novembre 2022 7 20 /11 /novembre /2022 04:55

 

La ville d’Udonthani (อุดรธานี) est de création récente, consécutive à la prise de possession du Laos par la France en 1893. Elle reçut ce nom qui signifie – ce n’est pas bien original – la cité du nord. Elle s’est construite et développée autour d’un village appelé Ban Makkhaeng (บ้านหมากแข้งLe Dictionnaire de l’Académie royale, la meilleure source à utiliser en cas de doute, donne au mot makkhaeng (หมากแข้ง) le sens de makhueaphuang  (มะเขือพวง) en précisant qu’il s’agit du dialecte du Nord-est, justement là où nous sommes.

 

 

Makhueaphuang, c’est bien une aubergine de la même famille que l’aubergine mais une aubergine sauvage, Solanum torvum. Le fruit qui ressemble plus à un pois qu’à une aubergine, est fort utilisé dans de nombreux mélanges d’épices comme le curry rouge ou le curry vert, consommée crue ou consommée cuite. Il est évidement que l’on ne peut creuser de tambour dans sa tige ! Ses vertus gastronomiques sont douteuses et plus encore et ses buissons souvent envahissants. Elle est toutefois utilisée comme porte-greffe pour les aubergines plus rentables. Il n’y aurait rien d’étonnant à ce qu’elle ait donné son nom à  un village tout comme il y a des mimosas à Bormes-les-Mimosas.

 

 

Ban Makhaeng (บ้านหมากแข้ง) serait donc le village de l’aubergine ? Ce n’est plus aujourd’hui qu’un quartier du centre d’Udonthani qui porte ce nom. Les français installèrent un vice consulat à Makhaeng qui n’était pas encore Udonthani en 1897. Le premier vice-consul ignorait certainement que son consulat était celui de l’aubergine. Ce nom est d’autant plus singulier qu’il ne s’agissait pas, selon la légende, d’une aubergine-fruit mais d’une aubergine-plante et que selon la légende toujours, celle-ci était géante ! Il y avait dans le village un plan d’aubergine gigantesque qui faisait 40 centimètres de diamètre ce qui fait si mes souvenirs de géométrie sont bons une circonférence de 1,25 mètre. Il existe dans le village un temple appelé Wat Matchimawat (วัดมัชฌิมาวาส). On l’appelait autrefois Wat Non Makkhaeng (วัดโนนหมากแข้งcar il est édifié sur une petite butte (non – โนน).  On trouve dans ce temple un chédi qui aurait été édifié sur le tronc du plan d’aubergine une fois que celui-ci fut coupé dans les circonstances suivantes :

 

 

Le maître de la vie et seigneur du Lang Chang, royaume du parasol blanc (Chaomahachiwithaenglanchangromkhao - เจ้ามหาชีวิตแห่งล้านช้างร่มขาว) en apprit l’existence  et envoya ses hommes l’abattre pour en faire trois tambours. Le premier, le plus gros, était destiné à servir de tambour d’alertes pour la ville de Vientiane (เวียงจันทร์). Le son en était si fort qu’il portait jusqu’aux enfers et devait alerter le roi des Nagas du Mékong (พญานาค) pour qu’il vienne au secours de la ville. Il fallut le détruire subrepticement et par traitrise pour que les Siamois puissent s’emparer de Vientiane en 1828. Le second fut envoyé par voie fluviale à Luang Prabang (หลวงพระบาง). Le troisième, le plus petit, devait être envoyé dans un temple situé au bord du lac d’abord appelé Wat Nong Bua klong (วัดหนองบัวกลอง) le temple du lac aux lotus au tambour.  Quad le tambour disparut, il devint Wat Nong Bua (วัดหนองบัว)  aujourd’hui le temple abandonné du lac aux lotus (Wat Nong Bua rang - วัดหนองบัวราง) et aujourd’hui, réhabilité, Wat Atsurawihan (วัดอาจสุรวิหาร).

 

 

Cette légende est singulière et les siamois du passé n’avaient peut-être pas le sens de la mesure, ils ne l’ont pas toujours aujourd’hui. La légende est répandue à suffisance sur le Net. A la demande ตำนานบ้านหมากแข้ง (la légende de Ban Makhaeng), il y a sur le moteur de recherches de Google un nombre invraisemblable de réponses toutes en thaï et d’après les sondages que j’ai pris soin d’effectuer, toutes font référence à ce pied d’aubergine géant.  Or, si l’aubergine est cultivée dans ce pays, la plante n’a jamais un diamètre de 40 cm. Le troisième abbé du Wat Matchimawat, Phrathepphawisuthachan (พระเทพวิสุธาจารย์), aujourd’hui décédé, donnait une version plus plausible que l’on trouve sans difficultés sur Internet, n’en déplaise aux amateurs de mystère.

 

 

Dans le passé, il y avait dans ce quartier de nombreux palmiers à bétel. Alors, y-a-r-il une erreur de traduction plus ou moins involontaire ? Le palmier à bétel s’appelle en thaï maksong (หมากสง) mais dans le langage familier, son nom est abrégé en mak (หมาก) tout simplement. Quant à Khaeng (แข้ง), il signifie fort. Nous aurions donc un grand palmier à bétel  puisque la taille de l’arbre atteint souvent 10 mètres. Il n’y a rien d’invraisemblable à ce qu’un tambour puisse y être creusé ?

 

 

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