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  • : Le blog des Grande-et-petites-histoires-de-la-thaïlande.over-blog.com
  • : Bernard, retraité, marié avec une femme de l'Isan, souhaite partager ses découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires, culturelles, politiques,sociales ...et de l'actualité. Alain, après une collaboration amicale de 10 ans, a pris une retraite méritée.
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Pourquoi ce blog ?

  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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6 novembre 2022 7 06 /11 /novembre /2022 05:45

 

Cette légende qui a probablement un fonds historique se situe dans le temps à une époque incertaine, probablement à l’époque du royaume d’Ayutthaya (1351 – 1767) et dans l’espace plus précisément dans ce qui est aujourd’hui la province d’Udonthani (อุดรธานี) l’une des plus importantes de la région du Nord-est (Isan – อิสาน), dans quatre mueang (cités) devenus aujourd’hui des districts (amphoeอำเภอ) ou des sous districts (tambonอำเภอ)  : Mueang Phen (เมืองเพ็ญ la cité de Pheng) s’appelait alors Mueang Nongpedphowiang (หนองเป็ดโพธิ์เวียง). Elle avait pour voisines Mueang  Nongkhai (เมืองหนองคา), Mueang Phungoen (เมืองภูเงิน) aujourdhui Nong Bua Lamphu (หนองบัวลำภู), Mueang Nonghan (เมืองหนองหาน). Ces villes qui ne devaient avoir la taille que d’un village, il est difficile de parler de royaume, étaient dirigées par des princes (chao เจ้า).

 

 

Il est vraisemblable qu’ils étaient comme dans les cités de la Grèce antique, souvent en conflit… La preuve ….

Sur la cité de Nongpedphowiang régnait le prince Worapita  (พระวรปิตตา) marié à la princesse Chantra (พระนางจันทราla princesses de la lune).

Ce règne était paisible pour le plus grand bonheur de la population. Le prince était un  pieux bouddhiste, ne croyait pas aux vertus des guerres, iI n'aimait pas les armées. Il savait que c'était mal de tuer. Il disait à son peuple  : «  Bouddha nous enseigne à ne pas faire le mal. Il nous enseigne à ne pas suivre les voies de la plupart des gens dans le monde, mais à faire du mérite ». Il décida donc que sa cité n’aurait pas d’armée.

 

 

La princesse donna le jour à une fille resplendissante de beauté, belle comme la pleine lune (nous dirions aujourd’hui belle comme le jour). Elle était leur seule enfant. On lui donna donc le nom de princesse Phen (างเพ็ญprincesse pleine lune). La princesse grandit en âge, en sagesse et en beauté et cette réputation déborda bien au-delà les frontières de la cité. C’est alors que plusieurs princes de cités voisines prétendirent à son alliance. Le prince  Khattiyarat (เจ้าชายขัดติยะราช) de la lointaine cité de Fainuea (เมืองฝายเหนือ) proche de Chiangmai, fils préféré et réputé pour sa beauté du prince Thao Khamsing (ท้าวคำสิงห์) et de la princesse Nang Khiaokhom (นางเขียวค่อม), le prince qui dirigeait la cité de  Nonghan, Thao Chaiyasena (ท้าวสุริยน) et le prince Chiangngam (เจ้าชายเชียงงาม), de la cité de Muang Phugoen (เมืองภูเงิน). Le prince Worapita était désemparé car chacun des trois prétendants conduisait une armée pour investir sa ville. Ils avaient convenu qu’il devraient tous se rendre à Nongpedphowiang et que la querelle se réglerait entre eux par les armes, le vainqueur gagnant la main de la princesse.

 

S’il agréait l’un des prétendants, il devait s’attendre à ce que les deux autres ne lui fassent la guerre et ne se la fassent entre eux. La princesse Chantra penchait pour donner la main de sa fille au plus fort et au plus puissant ce que sa fille refusa. Quel que soit le choix de ses parents, il s’ensuivrait des guerres sanglantes. Elle leur dit qu’elle préférait donner sa seule vie plutôt que de voir beaucoup d’autres perdre la leur à cause d’elle. Elle a dit : « Père, nous devons faire quelque chose pour montrer notre foi. Alors le Bouddha nous aidera. Allez au temple et construisez une tour. Il doit faire dix mètres de haut et d'un côté il doit y avoir une porte. Il ne doit y avoir aucune fenêtre et une seule porte donnant sur la tour. Mais vous devez le construire rapidement car il doit être terminé avant l'arrivée des armées ». Worapita fit donc construire le bâtiment. Quand il fut presque terminé, il apprit que les armées des prétendants étaient aux portes de la ville. Il demanda alors à sa fille ce qu’il devait faire.  Elle lui répondit « Enfermez-moi dans la tour. J'y resterai jusqu'à ma mort ». Son père lui répondit « Tu es mon seul enfant, Je ne peux pas te laisser mourir ». Elle lui répondit « Père, je dois mourir. Quand je suis né, je ne voulais pas être belle. Je voulais seulement être bonne. Mais cette beauté fut notre malheur. Si je meurs, alors peut-être que les prétendants verront à quel point ils sont stupides et ils ne se battront pas. Vaut-il mieux pour moi mourir ou les laisser se battre et tuer beaucoup de gens? » Worapita malgré sa peine accepta parce qu'il savait que c'était la meilleure chose à faire. Avant que Phen n'entre dans la tour, elle mit une robe de soie rouge et elle  dit: « Si vous pensez à moi, donnez mon nom à cette ville ».

Bientôt, les trois princes et leurs armées arrivèrent à la ville, pressés d’en  découdre mais ils allèrent d’abord au palais pour trouver le prince et sa fille. Ils virent Worapita en pleurs. « Pourquoi es-tu triste? » demandèrent-ils.

« Je suis triste parce que vous voulez vous battre mais avant que vous ne commenciez, il y a déjà eu une victime, venez avec moi ». Il les emmena devant la tour, puis et reprit la parole : « Si vous ouvrez cette porte, vous serez triste aussi, Phen est là et elle est morte. Elle est morte parce qu'elle pensait que si vous vous battiez pour elle, ce serait très mal. Elle est morte pour que vous ne vous battiez pas et pour que vous ne fassiez pas le mal. »

Ils ne le crurent pas et pensait que Phen était dans la tour, toujours en vie en se cachant et firent ouvrir la porte.

Lorsque la porte fut ouverte, ils virent la belle Phen dans sa robe rouge allongée sur le sol. Ils furent remplis de tristesse et de confusion et l’un d’entre eux dit « Phen avait raison, nous avons été insensés. Worapita, nous avons honte de ce que nous vous avons fait. Pourrez-vous nous pardonner un jour ? »

 

Les trois hommes devinrent  amis et retournèrent dans leur cité après avoir licencié leurs troupes.

Worapita, malgré son chagrin, sut que sa fille avait raison, elle avait sauvé la ville et évité une guerre qui aurait été destructrice.  Aussi décida-r-il de donner à sa cité le nom de Mueang Phen (เมอืงเพ็ญ) et pour marquer leur reconnaissance, les habitants firent construire le chédi tel que nous le voyons …  

 

…et tel qu’il figure sur le seau du district.

 

 

Il porte bien sûr le nom de chédi de la princesse Phen (phra that nang phen – พระธาตุนางเพ็ญ). Un festival en l’honneur de Phen a lieu tous les ans en juillet.

 

 

Le chedi se situe dans l’enceinte du temple Kokaeo (วัดเกาะแก้ว  - wat kokaeo) dans le petit village de Sisawangwong (บ้านศรีสว่างวงค์) sous-district et district Phen (ตำบล เพ็ญ -  อำเภอ เพ็ญ)

 

 

Elle a sa statue dans une petite chapelle

 

Quoique puissant, le royaume siamois d’Ayutthaya connaissait la difficulté des civilisations anciennes à maîtriser leur espace. Pour la seule région  du Nord-est, nous connaissons le détail des mueang, ils étaient plus de 150 (https://th.wikipedia.org/wiki/หัวเมืองลาวอีสาน). Dans le passé, ces cités étaient dirigées par des princes (chao – เจ้า) qui avaient le pouvoir absolu de gouverner leurs terres et le seul devoir d'envoyer des hommages à la cour royale de Siam pour montrer leur loyauté. Comment le pouvoir central aurait-il pu alors à empêcher les cités qui lui étaient soumises à guerroyer entre elles ?

 

 

La croyance des thaïs en la véracité de récit reste constante et comme il se doit, il fait l’objet de nombreux récits illustrés ou de bandes dessinées. Il en est différentes versions qui ne diffèrent que sur des points de détail. Celle que je donne provient du panneau situé dans l’enceinte du temple.

 

 

 

 

 

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