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  • : Le blog des Grande-et-petites-histoires-de-la-thaïlande.over-blog.com
  • : Bernard, retraité, marié avec une femme de l'Isan, souhaite partager ses découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires, culturelles, politiques,sociales ...et de l'actualité. Alain, après une collaboration amicale de 10 ans, a pris une retraite méritée.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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30 octobre 2022 7 30 /10 /octobre /2022 06:13

 

 

La présence ancienne de royaumes ou principautés khmers dans le nord-est est attesté par la présence de nombreux vestiges inventoriés par le s par le commandant Lunet de Lajonquière dans son Inventaire descriptif des monuments du Cambodge, tome II (1902) partiellement consacré à ce qu’on appelait alors le Laos siamois. Il a été complété par Erik. Seidenfaden : Complément à l'Inventaire descriptif des monuments du Cambodge pour les quatre provinces du Siam Oriental. In: Bulletin de l’École française d'Extrême-Orient. Tome 22, 1922. pp. 55-99. Vestiges architecturaux dont peu sont remarquablement conservés, comme le site de Phimai ou vestiges épigraphiques dont le défrichement pose des difficultés aux érudits, ils nous apprennent peu de choses sur l’histoire de ces royaumes, il nous reste les légendes qui reflète peut-être une vérité souvent mêlée à de l’invraisemblable. Telle est celle qui s’attache au lieu le plus sacré du bouddhisme dans la province de Sakonnakhon (สกลนคร), le temple Wat Phrathat Choeng Chun (วัดพระธาตุเชิงชุม) souvent appelé dans le langage familier le temple aux quatre empreintes (วัดพระพุทธบาทสี่รอย). Cette légende est probablement liée à celle liée à la cité engloutie dans le grand lac de Sakon, le lac Nong Han (ทะเลสาบหนองหาน),

 

 

duquel émerge seulement une île, Ko Donsawan (เกาะ ดอนสวรรค์) « l'île du paradis »  sur laquelle subsistent quelques vestiges que Seidenfaden  considère comme incontestablement khmers. Nous avons conté en son temps l’histoire de cette cité disparue, légendaire ou pas (1).

 

La légende

 

 


 

Il existait un grand prince khmer, Phraya Khom (พระยาขอม), qui régnait sur une grande ville du nord-est appelée Nakhon Ekkachathita (นครเอกชะทีตา), Elle semblerait avoir été située dans l'actuel district de Phonnakaeo (อำเภอ โพนนาแก้ว) situé face à la ville actuelle de Sakon Nakhon sur la rive Est du grand lac. D’autres versions de la légende du temple parlent de la ville d’Indraprasat (อินทรปรัสถ์) le temple d’Indra et attribuent un autre nom au monarque mais le fonds reste le même

 

 

Ce roi avait deux fils auquel il dit un jour « Vous êtes maintenant assez âgé pour quitter mon palais. Je voudrais que vous fondiez tous les deux de nouvelles villes ». L’un d’entre eux construisit sa ville là où se trouve aujourd'hui la ville de Kumpawapi (กุมภวาปี). Le second sur les rives du lac. Un jour Bouddha vint sur ces rives. Il trouva la ville belle et paisible et s’y attarda pour dispenser son enseignement. Quelque temps plus tard, des habitants découvrirent des empreintes de pas sur une colline et furent surpris car elles étaient gravées dans la pierre et non dans le sable. Ils allèrent alors en informer le roi. Celui-ci trouva la chose étrange et décida d’interroger le maître en lui demandant si c’étaient ses empreintes ? Le Bouddha regarda le prince et répondit : « Une seule des empreintes de pas est la mienne. Les autres appartiennent aux trois illuminés qui m'ont précédé ». Nous savons que Bouddha par les Jataka qui sont canoniques (ชาดก) a connu 547 vies terrestres soit sous forme humaine, prince ou mendiant, prêtres ou artisan, soit sous forme animale. D’autres textes non canoniques nous apprennent qu’il a été précédé par d’autres sains qui ont atteint le stade le plus élevés dans l’évolution spirituelle, il en est de multiples versions mais l’une d’entre elle donne une liste de 28 dont les 3 derniers, des pré-bouddha en quelque sorte le précédent auraient été Phra Tanhangkon (พระตัณหังกร), Phra Methangkon (พระเมธังกร) et Phra Kkonakmon (พระโกนาคมน), lui-même étant Phra Gotama (พระโคตม).

 

D’autres versions tout aussi peu canoniques font référence à un nombre de bouddhas incalculable et attribuent aux trois précédents des vocables différents.

 

 

Bouddha ajouta alors « la quatrième est la mienne car je suis le quatrième homme éclairé dans ce monde. Ils doivent rappeler à votre peuple l'histoire passée du monde, et aussi l'avenir du monde. Car, avant que le cinquième éclairé, Siaryanetai (ศรีอารยานไต) puisse venir, ce monde doit être détruit pour que le monde puisse renaître ».

 

N’allons pas plus avant, Bouddha lui-même a dit qu’il est de choses que l’on ne peut appréhender avec une logique ordinaire.

 

La construction du temple

 

Le prince fut impressionné et voulut faire connaître à son peuple cette histoire et afin que nul ne l’oublie, il fit construire un sanctuaire à l’emplacement des empreintes. On l’appela le temple aux quatre empreintes, il est aujourd’hui situé dans l’enceinte du Wat Phrathat Choeng Chun. On y trouve un prasat khmer (ปราสาท) daté du 10e ou 11e siècle et partiellement abrité et recouvert sous l’actuel chedi.

 

 

L’aspect le plus sacré des lieux est marqué par le nom du monastère qui fait explicitement référence au chedi (Phrathat – พระธาตุ). Ce chedi qui fait 24 mètres de haut recouvre sous sa structure blanche l’ancienne construction khmère abritant les quatre empreintes. Les vestiges khmers sont pratiquement invisibles. Le sommet est en or pur et pèse 247 bahts soit très exactement 3 kilos 744,52 grammes (2)

 

 

Signe de son prestige pour le royaume, une représentation du Phrathat figure au verso des pièces de dix centimes de bahts (satang - สตางค์) qui existent mais ne sont pas en circulation effective au quotidien (3).

 

 

Il existe encore dans l’enceinte du temple un puits sacré (bonamsaksit- บ่อน้ำศักดิ์สิทธิ์) qui serait relié au lac. Le temple enfin vit sous la protection d’un naga qui vit dans les entrailles de la terre mais parfois rejoint le lac par cet intermédiaire sans passer sur terre, le lac étant tout proche.

 

 

Le temple est d’ailleurs tout proche de la rive Est du lac. Certains prétendent d’ailleurs l’avoir vu batifoler dans les eaux du lac et d’autre, avoir jeté un seau dans le puits et l’avoir retrouvé quelques temps plus tard dans le lac.

 

 

Que conclure de cette légende ? Sakonnakhon fut de toute évidence un puissant royaume khmer dont le roi pouvait envoyer l’un de ses fils créer ou plutôt envahir un nouveau royaume à Kumpawapi qui est à plus de 100 kilomètres vers l’ouest. La structure même de la ville ancienne, en forme d’un carré de plus d’un kilomètre de côté laisse à penser que cela correspond à une vaste enceinte fortifiée sur laquelle s’est construite la cité actuelle.

 

 

Les vestiges d’un pont de pierre khmer, malheureusement vandalisés par l’un des maires de la ville, d’une longueur de 16 mètres sur 4 de large et dont il reste 5 arches connu sous le nom de pont de pierre (Saphan himสะพานหิน) ou pont khmer (Saphan khonสะพานขอม)

 

 

.... annonce le départ d’une voie de circulation importante vers l’est en direction du That Phanom (ธาตุพนม) sur les rives du Mékong, ou les vestiges khmers sont nombreux.

 

 

Sans un autre registre, la croyance prophétique en la venue d’un nouveau bouddha aussi appelé Maitriya (ไมตรียา) qui semble n’être apparue dans le bouddhisme théravada que tardivement rappelle évidemment la croyance des chrétiens au retour du Christ sur terre et tout comme chez les chrétiens surgissent de « faux Christs et de faux prophètes », que ce soit au Népal

 

 

....ou à Montfavet dans le Vaucluse, ce ne sont que des exemples

 

 

NOTES

 

(1) A 310 - NAKHON EKKACHATHITA, LA CITÉ KHMÈRE ENGLOUTIE DANS LE GRAND LAC DE SAKON NAKHON : MYTHE OU RÉALITÉ ?

https://grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-blog.com/2019/03/a-309-nakhon-ekkachathita-la-cite-khmere-engloutie-dans-le-grand-lac-de-sakon-nakhon-mythe-ou-realite.html

(2) Le système métrique n’est pas utilisé pour la mesure de l’or et de l’argent. L’unité de compte est le bath qui équivaut à 15 ,16 grammes

 

(3) Les pièces de monnaie sont de 10, 5, 2 et 1 bath et pour les centimes, de 50, 25, 10, 5 et 1 satang. Elles comportent à l’avers le portrait du roi et au revers, systématiquement un monument religieux.

 

 

Les pièces de 1, 5 et 10 satangs ne sont généralement pas mises en circulation mais utilisées dans les systèmes comptables uniquement. Elles sont vendues dans des boutiques de numismates beaucoup plus cher que leur valeur faciale.

 

 

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