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  • : Le blog des Grande-et-petites-histoires-de-la-thaïlande.over-blog.com
  • : Bernard, retraité, marié avec une femme de l'Isan, souhaite partager ses découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires, culturelles, politiques,sociales ...et de l'actualité. Alain, après une collaboration amicale de 10 ans, a pris une retraite méritée.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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4 septembre 2022 7 04 /09 /septembre /2022 05:30

 

Le roi Naraï régna de 1656  à 1688 et eut auprès de lui comme premier ministre un aventurier de génie, Phaulkon.  Nous avions dans un article déjà ancien envisagé l’hypothèse d’une origine marseillaise du premier ministre et presque vice-roi de Naraï le grand.  Ce n’était qu’une hypothèse fondée essentiellement sur l’une des versions des Chroniques royales d’Ayuthaya laissant penser qu’il aurait pu appartenir à cette diaspora grecque toujours présente sinon omni présente notamment dans les activités maritimes depuis 600 ans avant Jésus-Christ. Elle reposait sur la relation des Chroniques royales d’Ayutthaya traduites par Wyatt qui relatait l’arrivée d’ « un Français, capitaine d’un vaisseau qui transportait des marchandises dans la capitale du céleste empire ».  Le nom paronymique originaire de Phaulkon sous forme de Gérakis ou Yérakis est toujours porté à Marseille et dans ses environs. Nous fumes alors en rapports avec un érudit grec qui nous permis de nous corriger puisqu’il s’est livré à de savantes études sur Phaulkon Monsieur Panayotis D. Cangelaris dont les recherches confirmaient que les origine se situaient bien dans une famille noble ou notable de Céphalonie. Dont acte, Phaulkon était bien grec avant sa montée en puissance au Siam.

 

 

Une thèse de Walter J. Strach III publiée à l’Université d’Hawaï en 2004 « Constatine Phaulkon and Somdet Phra Narai = Dynamic policy of courts politices in seventeeth century Siam » nous donnent des éléments fondamentaux non seulement sur les origines de Phaulkon qui se situent bien dans une famille de notable de Céphalonie mais encore qu’une partie de sa descendance se retrouve à Marseille.  L’américain a été en rapport avec Jean-Claude Gérakis à Marseille et à Panakis Gérakis, actuellement décédé et homme fort de la politique à Céphalonie.

 

 

Dans la revue (exclusivement en thaï) « L’art et la culture » (ศิลปวัฒนธรรม) numéro d’avril 1997, le professeur Phuthon Phumathon (อาจารย์ภูธร ภูมะธน) nous apprend l’histoire de sa rencontre avec les descendants de celui que les Siamois appelaient okyawichaiyen (ออกญาวิไชเยนทร์) et les Français Constance Faulcon ou Phaulcon, « noble étranger » sous le règne du roi Naraï le grand (พระนารายณ์มหาราช) de 1656 à 1688 dont le nom grec était Κωνσταντίνος Γεράκης qui en romaïque se lit Constantinos Gérakis. Gérakis est un faucon en grec d’où la transcription en Phaulkon ou Falcon.

 

 

La thèse de Walter J. Strach III est une bonne synthèse sur le rôle de Phaullkon en cette époque au Siam. Elle repose sur une abondante  bibliographie. Ne revenons pas sur le rôle majeur qu’il a joué et intéressons-nous à sa descendance.

 

 

Sur les origines

 

Messieurs Panayotis D. Cangelaris,  Walter J. Strach III et  le professeur Phuthon Phumathon s’accordent à considérer qu’il s’agissait d’une famille noble de Céphalonie. 

Le fait qu’en 1689 le roi Louis XIV  lui ait accordé post mortem, ce dont bénéficiait donc sa famille, la nationalité française, peut donc nous permettre d’exclure la supposition qu’il était Français d’origine. Ses lettres de naturalisation ont été régulièrement enregistrées au parlement de Paris.

Par contre, l’attribution  d’un  titre de comte et le collier de l’ordre de Saint-Michel est une erreur, ne reprochons pas à un américain, Walter J. Strach III et à un thaï le professeur Phuthon Phumathon d’ignorer les subtilités du droit nobiliaire français, c’est en  tous cas une erreur que ne commet par Panayotis D. Cangelaris,  Le  sceau  de Phaulcon porte bien le dessin d’un faucon, surmonté de ce qui semble une couronne de comte et entourée de ce qui semble aussi être le collier de l’ordre de Saint-Michel  est donc de pure fantaisie.

 

 

Au demeurant, l’attribution du collier de Saint Michel était à cette époque aussi totalement déprécié que la Légion d’honneur au XXIe siècle. Ces deux distinction accordées à un étranger auraient dû être enregistrées au Parlement de Paris et ne l’ont pas été.

 

 

Si des doutes ont été  émis sur les origines noble, elles émanèrent du seul Chevalier de Forbin qui le détestait et plus encore.

 

 

La descendance directe

 

Après la mort de son mari en 1688, Maria Guyomar fut relâchée et  affectée à la confection des pâtisseries au Palais tout en vivant à Bangkok dans le quartier portugais de Sante-Cruz. Elle mourut en 1703.

 

 

Phaulkon eut deux fils, Jean ou Joao et Jorge ou Georges, le premier mort en 1688. Jorge ou Georges fut missionné » par le roi Boromakot en 1748 pour lui procurer une orgue  mécanique qu’il obtint par l’évêché. Il partit ensuite pour Pondichéry et épousa une portugaise qui mourut en 1754. Ils eurent un fils Joao revenu au Siam. Il  fut emmené en captivité par les Birmans après la chute d’Ayutthaya en 1767, relâché en 1769 il revint au Siam s’installer à Santa Cruz.  Il eut aussi plusieurs filles dont l’une épousa Jean Chi, un officier portugais de l’armée birmane originaire de Macao et une autre fille Philippa marié à Ta Vian qui vivait encore en 1861. Angelina Sap leur autre fille née en 1805 fut mariée à un anglais Robert Hunter en 1825. Leur fils Robert Junior épousa Rosa Ribeiro en 1849 et eurent deux fils, autre Robert (1851 -1889) et Jean (1853 -1891). Leur  fils ainé Robert fut envoyé faire des études en Angleterre et revint au Siam ou il devint interprète officiel de la cour sous le règne de Rama III. Il mourut en 1865 à l’occasion d’une beuverie et se noyant en tombant à l’eau depuis les quais. Robert Harper senior était l’un des amis et des conseillers de Rama III mais fut expulsé du royaume en 1844 pour infraction à la législation sur l’opium. Il retourna en Angleterre et mourut en 1848.

Il existe probablement dans le quartier Siamo-Portugais de Santa –Cruz tout une descendance directe de Phaulkon qui y vit sans fastes loin de la cour.

 

 

Une descendance collatérale en France

 

Dans la revue (exclusivement en thaï) « L’art et la culture » (ศิลปวัฒนธรรม) numéro d’avril 1997, le professeur Phuthon Phumathon (อาจารย์ภูธร ภูมะธน) nous apprend l’histoire de sa rencontre avec les descendants de celui que les Siamois appelaient okyawichaiyen (ออกญาวิไชเยนทร์) et les Français Constance Faulcon ou Phaulcon, « noble étranger » sous le règne du roi Naraï le grand (พระนารายณ์มหาราช) de 1656 à 1688.

Cette rencontre, fruit du hasard, se déroula à Marseille. Le professeur visitait  1990 le Musée national du roi Naraï (พิพิธภัณฑสถานแห่งชาติสมเด็จพระนารายณ์) à Lopburi. Il y rencontra le Directeur qui marchait en compagnie d’un étranger. Il le lui présenta comme un homme qui s’intéressait à  okyawichaiyen. Il lui expliqua qu’il portait le même nom que celui-ci, Gérakis, le nom du premier ministre du roi Naraï en romaïque se lit Constantinos Gérakis  (Κωνσταντίνος Γεράκης).. « Gérakis », signifie en grec « faucon » d’où viendrait la transcription de son nom en « Phaulkon » ou « faulkon ». Je ne reviens pas sur l’Issoire de ce Grec devenu premier ministre du roi Naraï. Nous lui avons consacré de nombreux articles. Nous le savons né à Céphalonie et qu’il en partit à 13 ans pour chercher fortune dans le monde et finit par se retrouver à Ayutthaya. En 1680, il obtint un poste dans l’administration royale et fit la connaissance du roi Naraï jusqu’à en devenir son premier ministre au moins officieux et l’inciter à entrer en rapport avec le royaume de France. Il y trouva la mort après que le trône siamois ait été usurpé par Phétracha (พระเพทราชา) le 5 juin 1688. Notre professeur et le visiteur échangèrent leurs cartes de visite. Il put en 1994 se rendre en France fin 1994 pour y effectuer des recherches sur les relations franco-thaïlandaises et pensa alors à contacter ce français de Marseille qui portait le nom de Gérakis. Il fut accueilli par le coupe et se retrouvèrent dans leur villa avec leur fille passionnée d’histoire. Quel était donc le lien avec Constance Gérakis alias Phaulcon ? Nous connaissons la descendance de Georges.

Les armoiries parlantes que l’on attribue à une  famille Gerachi (la même ?) porte évidement un faucon ce que nulle loi n’interdit mais sont surmontée d’une couronne de comte, ce qui est fantaisiste car « le grand aïeul » n’a jamais été fait comte par Louis XIV comme on le lit trop souvent.

 

 

Monsieur Jean-Claude Gérakis qui entretient – ce qui fort louable – une traduction familiale explique que son grand-père était grec ce qui nous amène donc dans le courant du XIXe siècle, et possédait une ligne maritime entre la Grèce et l'Europe du Nord. Son grand-père avait émigré à Marseille avant la Première Guerre mondiale et son père y était né. A cette époque, la famille ne parlait plus grec. Son occupation consistait dans le commerce du bois entre l'Est et l'Europe. y compris le commerce du teck de Thaïlande.

 

 

Monsieur Jean-Claude Gérakis recueille pieusement tous les éléments sur celui qu’il pense être sinon son ancêtre du moins un arrière-arrière-arrière grand-oncle. Dans une généalogie manuscrite qu’il a remise au professeur et dont l’américain a eu connaissance nous voyons que Constantin eu deux frères et une sœur ce que nous ignorions. Nous ignorons tout des rapports qu’il avait avec eux ? Son frère Andréa, né en 1665, a eu deux enfants dont un autre Constantin né en 1665 eut un fils né en 1766. Celui-ci eut plusieurs enfants dont un autre fils né en 1807. Celui-ci eut plusieurs enfants, des mâles sans descendance, une fille et un Andréa né en 1832. Il est probablement le grand-père armateur dont parle Jean-Claude Gérakis, lui-même dans le négoce du bois. A cette époque, il y eut une forte immigration grecque vers Marseille en raison des persécutions ottomanes.

 

Gérakis possède de famille une peinture ancienne accrochée dans son salon  représentant la réception par le roi Naraï de l’ambassade française au grand palais d’Ayutthaya le 28 octobre 1685 différente des gravures que l’on trouve partout.  Il la tenait de son père et aurait été l’œuvre d’un moine d’Ayutthaya et depuis lors conservée dans la famille en Grèce d’abord puis à Marseille. Le professeur prit de nombreuses photographies qui se sont perdues avec ses bagages lors du vol de retour.

 

 

 

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