Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog des Grande-et-petites-histoires-de-la-thaïlande.over-blog.com
  • : Bernard, retraité, marié avec une femme de l'Isan, souhaite partager ses découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires, culturelles, politiques,sociales ...et de l'actualité. Alain, après une collaboration amicale de 10 ans, a pris une retraite méritée.
  • Contact

Compteur de visite

Rechercher Dans Ce Blog

Pourquoi ce blog ?

  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

(suite cliquez)   POURQUOI CE BLOG ?

Pour nous contacter . alainbernardenthailande@gmail.com

Merci d’être venu consulter ce blog. Si vous avez besoin de renseignements ou des informations à nous communiquer vous pouvez nous joindre sur alainbenardenthailande@gmail.com

17 juillet 2022 7 17 /07 /juillet /2022 05:43

 

J’ai en ce qui concerne les sources, utilisées celle que j’ai déjà citées. Elles sont précieuses, notamment l’étude de De Young même si elles ont tendance à privilégier la plaine centrale, tout dans ce pays tourne autour de Bangkok, même chez un érudit thaï comme Anuman Rajathon. Infatigable collecteur des vieilles traditions qu'il qualifie de folkloriques de son pays alors qu'elles sont religieuses a certes les qualités d’un immense chercheur mais aussi d’un chercheur qui reste depuis Bangkok un « rat des villes » et oublie souvent qu’à l’époque où il écrit la population de son pays est essentiellement composée de « rats des champs » dont il parle toujours avec une certaine condescendance. Quand il annonce la disparition programmée de ce rite et des cultes et cérémonies qui lui sont associés, il n’a pas pu constater qu’ils perdurent encore ce siècle même sous une forme peut-être simplifiée, au moins dans le pays profond.

 

J’ai utilisé quelques sources essentiellement thaïes :

 

ประเถณีพิธีมงคลไทยอิสาน - Cérémonies de bon augure thaï-isan. Cet ouvrage est daté de 1974 et nous apprend qu’à cette date, des rites que De Young considérait comme obsolètes perduraient encore dans la région.

 

มารยาทไทย – Les bonnes manières thaïes est daté de 1983. Même observation que dessus et 150 pages d’une grande densité.

 

 

อยี่แบบประเพณีไทย – Maintenir les traditions thaïes non daté mais récent (aux environs de 2000) est à l’usage des enfants mais donne une version traditionnelle des cérémonies religieuses dont beaucoup ont été perverties par le tourisme qui s’en est emparé.

 

 

***

Comme dans toute civilisation, la vie d’un homme dans la société paysanne thaïe est marquée par une série d’événements importants : la naissance, adolescence, éducation, vie de famille, vieillesse et mort en dehors de la vie religieuse. Tous, plus les hommes que les femmes, fréquentent également l'école primaire, certains hommes comme novices ou moines dans le temple et comme conscrits dans l'armée, et beaucoup deviennent chefs de famille. Les villageoises thaïlandaises fréquentent également l'école primaire et peuvent, si elles sont veuves, devenir chefs de famille mais les carrières religieuses et militaires ne leur sont pas ouvertes.

 

NAISSANCE

 

Le villageois qui parle librement de sexe, a des relations aussi discrètes que possible, toujours la nuit lorsque les petits enfants de la maison qui ne sont pas sourd sont endormis même si leur propre lieu de sommeil n’est séparé de celui des parents par une simple cloison de bambous tressés ou un simple rideau. Les gamins voient d'ailleurs au quotidien le coq monter sur la poule ou le chat sur la chatte, animal au demeurant précieux puisqu'ils écartent les sourisdu grenier à riz.

 

 

Une pratique de la Thaïlande profonde a totalement disparu même dans notre région reculée qui consistait à calculer l'âge d'une personne à partir du moment de sa conception plutôt qu'à partir du jour de sa naissance.

 

Les enfants sont les bienvenus et occupent une position particulière dans le monde culturel et économiques du paysan et les tentatives d'empêcher la conception sont rares. Les Thaïs sont le plus souvent pudiques mais il est certain qu’ils connaissaient le péché d’Onan (qui n’est pas un péché pour eux) connu déjà du temps de la Genèse, quelques siècles avant Jésus-Christ et que pendant la période d’allaitement maternel qui était alors systématique les femmes étaient temporairement inféconde. Si ce n'est pas un sujet qu'étudie la littérature, il est certain que les matrones connaissaient la recette de tisanes ou de pommades à cette fin, il en était de même dans toute l'antiquité, les romains étaient moins pudiques qui nous les ont transmises.

 

Il est un aspect étonnant dans les campagnes du nord-est, la taille moyenne de la famille y était de 5 personnes, moins que dans les zones urbaines, beaucoup moins que dans d’autres pays d’Asie. Il en est de multiple raisons, un taux de fécondité relativement faible qui est incontestablement lié aux habitudes sanitaires et nutritionnelles, et un taux de mortalité infantile élevé qui a dégringolé de façon massive entre cette époque et le premier quart du XXe siècle.

 

L'avortement délibéré était-il connu ? Il est difficile d'obtenir des informations spécifiques sur l'avortement dans n'importe quelle région paysanne et plus encore dans les zones rurales de la Thaïlande. Les, méthodes pour l'induire étaient connues mais on peut supposer que puisque le contrôle des naissances n'était pas pratiqué, toute limitation délibérée de la taille de la famille était entre les mains des femmes et que l'avortement était pratiqué occasionnellement. Il était alors criminalisé et a été dépénalisé en 2020 jusqu’à 12 semaines. Comme dans nos campagnes françaises qui connurent de tous temps les effets de certaines plantes, les thaïs avaient les leurs . Les sages-femmes, connaissent la valeur abortive de certains médicaments locaux, notamment la quinine utilisée de façon massive dès cette époque pour lutter contre le paludisme endémique et la recette pour accommoder des tisanes à partir de végétaux. Pudiquement, on les appelle « herbes dangereuses pendant la grossesse » (สมนไพรอันตรายยามตั้งครรภ์).

 

 

Aujourd'hui, ces pratiques ont totalement disparu, les préservatifs sont vendus partout et les pilules contraceptives chez l'épicier du coin.

 

 

L'infanticide est tellement impensable selon les normes bouddhistes que quiconque l'a commis serait jugé fou. La haute valeur culturelle attachée au fait d'avoir des enfants est démontrée par la croyance que la stérilité est un péché, puisqu'une femme stérile n'a pas été bénie par Bouddha. Presque toujours un enfant naissait dans la première année du mariage. Une femme enceinte ne suivait aucun schéma de comportement particulier, n'avait aucun tabou alimentaire et s'acquittait de ses tâches ménagères ordinaires jusqu'à ce qu'elle soit prête à accoucher.

 

Une femme du village - matrone ou sage-femme - accouchait les enfants à la maison. La parturiente était allongée sur une natte ou un matelas sur le sol de la chambre à coucher ou dans une petite partie cloisonnée d'une des pièces principales. Elle était soignée par la sage-femme qui n'avait pas reçu de formation médicale moderne, parfois aussi par les femmes les plus âgées du village. Si l'accouchement était difficile, on pouvait faire intervenir le fameux « médecin du village » dont certains avaient reçu des rudiments de formation médicale par le service de santé du district. Mais l'assistance d'un homme à l'accouchement n'était pas coutumière et ne se produisait que lorsque la naissance tardait.

 

Lorsque le bébé était né, la sage-femme coupait le cordon ombilical avec un couteau en bambou acéré, attachait le cordon près du corps du nourrisson, l'éponge et l'enveloppait dans des langes.

 

Actuellement, l’accouchement à la maison ne doit plus guère subsister en raison au premier chef de la multiplication des hôpitaux de district.

 

 

.Beaucoup de pratiques animistes ou chamaniques étaient utilisés pour protéger la mère et l'enfant des mauvais esprits ont peut-être été abandonnés ? Par exemple la sage-femme tapait deux ou trois fois sur le sol dès la sortie de l’enfant. Il y en avait deux raisons, elle était nécessaire pour réveiller le bébé afin qu'il ne soit pas plus effrayé par les bruits. Ensuite, elle annonçait aux esprits qu'un enfant était sur le point d'entrer dans la famille, et s’ils voulaient le revendiquer comme étant des leurs, ils devaient le faire immédiatement ou renoncer à toute prétention future sur l'âme de l'enfant. Une autre coutume tout aussi animiste consistait à enfiler une corde, qui avait reçu des pouvoirs protecteurs du chaman autour de la zone de naissance pour éloigner les mauvais esprits.

 

 

Autrefois, une mère thaïe devait rester près du feu (อยู่ไฝ - yufai) après la naissance. Selon les régions, trente jours sur une natte entourée de feux de charbon de bois dans des réchauds portatifs, dans d’autres pendant au moins quinze jours après la naissance mais cette pratique dont les motifs sont difficiles à cerner, était dans le nord-est limitée à neuf jours. L’emprise de cette coutume sans motif apparent est démontrée par la tentative infructueuse du roi Mouton de l'éradiquer parmi ses épouses royales ou concubines. Ayant eu 82 enfants, il avait quelqu’expérience ! La coutume locale exigeait toujours jusque probablement à la fin du siècle dernier qu'une femme reste allongée à côté de la cheminée ou d'un poêle portatif pendant un jour ou deux. Voilà qui serait bien difficile à l'hôpital.

 

Les mères faisaient taire un enfant plus âgé en le laissant téter pendant qu’elle allaitait un autre bébé pour éviter une petite rivalité ou jalousie fraternelle. Les enfants à partir de deux ans étaient autorisés à jouer librement avec un né et il était alors courant de voir un enfant de deux ans assis sur le siège de sa mère à genoux et l’aider à tenir le bébé qui allaitait

 

La mère choyait et choie toujours le bébé qui bénéficiait de tout autant de caresses thaïlandais par d'autres membres de sa famille, qui partagent tous ses soins. Il est nourri par son père, ses grands-parents, ses frères et sœurs aînés, ainsi que par sa mère ; il est souvent tiré de son berceau et tenu et caressé par quelque membre de la famille. A neuf mois, on le trimballe partout à cheval sur les hanches d'un grand frère ou d'une grande sœur. L'un des spectacles les plus fréquents dans la Thaïlande rurale est celui d'un bébé porté de cette manière par un petit garçon ou une petite fille.

 

Ces caresses et mouvements sont censés aider à renforcer les muscles du dos et des jambes. La plupart des bébés du nord-est développent une excellente coordination motrice à un très jeune âge et apprennent rapidement à s'équilibrer sur les planchers de bambou instables et à ramper de haut en bas sur l'échelle ou escaliers de la maison. Bien qu'aucun accent particulier ne soit mis sur le fait de le forcer à marcher, le bébé est entraîné ​​par des membres de sa famille, qui le tiennent par les bras et autour du corps pendant qu'il fait ses premiers pas. A l'âge de six ou sept mois, un bébé ne peut se tenir debout que partiellement soutenu, mais il n'est pas rare qu'à huit mois il fasse quelques pas soutenu par un membre plus âgé de la maisonnée. À leur douzième ou quatorzième mois, la plupart des bébés thaïlandais marchent sans aide. Les bébés qui vivent le long des cours d'eau apprennent également à nager dès leur plus jeune âge, Les mères enseignent leurs enfants à nager progressivement et sous une surveillance constante, mais pas avant qu'un bébé ait bien plus d'un an et qu'il marche pour qu'il puisse nager.

 

Les enfants ne recevaient pas de noms propres à la naissance, et souvent pas avant l'âge de plusieurs mois. Dans le nord-est, un bébé s'appelle ion (น้อย - petit) jusqu'à ce qu'il soit nommé ; les bébés garçons sont ai ion (ไอ้น้อย - monsieur petit) et les bébés filles sont i noi (อีน้อย - mademoiselle petite). Il faut toutefois prendre garde à l’utilisation de ces préfixes car en thaï standard et ailleurs qu’en Isa ai et i sont proprement insultants ! Ils sont parfois appelés par des termes affectueux tels que « petit cochon » (mu noi – หมูน้อย) ce qui n’a rien de péjoratif, « petit rat » (nu noi - หนูน้อย) ou « petite souris » (หนูตัวน้อย toujours abrégé en nu noi) jusqu'à l’adolescence. Les parents s'entretenaient avec le chaman local, qui établissait un horoscope et choisissait un nom approprié et de bon augure en fonction du signe zodiacal de naissance du bébé.. D’autres – et cela se fait toujours - emmenaient leurs enfants au temple où l'abbé choisit un nom de bon augure dans un livre contenant des cartes basées sur des calculs lunaires et les quarante-quatre consonnes de l’alphabet. : Il note l'heure, le jour, le mois et l'année de naissance, puis étudie les cartes pour trouver un caractère de bon augure. L'enfant reçoit un prénom commençant par ce caractère. Schématiquement, si l’enfant est né un dimanche le prénom commencera par une voyelle. S’il est né un lundi, le prénom commencera par les consonnes k, kh, ng, le mardi ce sera d j, ch, n, y ; le mercredi d, t, th ; le jeudi p, ph, m ; le vendredi s, h, l et le samedi t, th, n. Comme les consonnes thaïes peuvent s’écrire sous plusieurs formes ainsi que les voyelles, les possibilités sont donc de dix pour les voyelles et vingt-huit pour les consonnes.

 

 

Aujourd’hui beaucoup de jeunes parents décident eux-mêmes du nom de leur enfant, bien qu'ils veillent à ce qu’il soit de bon augure.

 

Prénommer un enfant est important, non seulement pour la famille, mais pour le village ; il est maintenant enregistré dans les registres du chef de village et officiellement reconnu comme un membre de la communauté. Les enfants sont souvent nommés sur une base allitérative, c'est-à-dire que tous les prénoms des frères et sœurs commencent par la même syllabe, souvent la syllabe par laquelle commence le nom d'un parent. L'attribution de deux prénoms est ignorée même si elle est pratiquée en zone urbaine et bien sûr chez les rares chrétiens.

 

Des rites autrefois importants, tels que le rasage cérémoniel de la tête à l'âge de quatre semaines et les cérémonies de dénomination continuaient à sa pratiquer mais sont aujourd’hui pratiquement perdues.

 

 

Les bébés des régions rurales de Thaïlande sont entraînés à la propreté progressivement et sans punition. Les nourrissons gambadent nus dans la maison ou ne portent qu'une chemise, de sorte qu'il n'y a pas de problème de couches souillées et d'irritation des fesses.

 

Les dégâts qu'ils font sur le sol ou sur les genoux de la personne qui les câline sont essuyés sans réprimande. Les bébés ont l'habitude d'aller dehors pour aller à la selle : On leur apprend d'abord à utiliser le fossé peu profond souvent situé sous la plate-forme au pied des marches de la maison ; un enfant de dix-huit mois commence à s'y rendre tout seul, et à l'âge de deux ans il va aux toilettes sans aide. Aujourd’hui, il y a des toilettes (à la Thaïe!) dans la plus modeste des demeures.

 

À trois ans, un enfant est généralement entièrement propre. Jusqu'à l'âge de deux ans, un bébé est caressé et choyé même s'il est difficile. À ce moment-là, voit généralement l’arrivée d’un nouveau bébé, et bien que l'enfant plus âgé reçoive encore beaucoup d'attention, il doit s'adapter au fait qu'il n'est plus le bébé de la famille. Ordinairement, cet ajustement se fait avec un minimum de difficulté. Un enfant de trois ou quatre ans commence à être puni pour des actes délibérément méchants, et bien qu'il ne soit jamais soumis à une quantité de châtiments corporels, il peut être légèrement fessé sur les fesses ou les épaules si le châtiment verbal ne fonctionne pas, et peut même être fouetté légèrement avec un bâton s'il est excessivement désobéissant et indiscipliné. Le châtiment verbal est généralement suffisant, et souvent les parents thaïlandais font semblant de répudier un enfant méchant, disant qu'ils l'ont trouvé flottant dans le canal ou l'ont acheté à un Indien ou à l'une des tribus montagnardes. Nous connaissons ces mêmes fariboles en France avec le grand méchant loup et bien d'autres âneries.

 

Un enfant thaïlandais apprend très tôt à respecter ses aînés et à accepter sa place dans la hiérarchie familiale. Il apprend aussi très tôt à faire le wai (ไหว้), le salut traditionnel, geste d'obéissance et de respect - paumes jointes devant le visage. Sa mère ou les membres de la famille placent leurs mains dans cette position si souvent qu'au moment où il marche et commence à parler, il fait le geste automatiquement. Plus tard, on lui enseigne les degrés appropriés d'obéissance - paumes jointes levées vers le front pour les moines et Bouddha, vers le nez pour les anciens du village. Plus les mains sont hautes, plus le respect est profond et à un saï doit répondre un waï. Seuls en sont dispensés les moines qui n'y répondent pas, fut-il celui du roi. L'usage en reste délicat et mieux vaut pour un occidental répondre par un sourire plutôt qu de se rendre ridicule.

 

 

Les enfants du village ne portent pas de vêtements avant l'âge de deux ans et demi ou trois ans, bien qu'ils portent une chemise ou une robe lorsqu'ils sont emmenés au temple. Les garçons courent nus autour de la maison et de la cour jusqu'à l'âge de cinq ou six ans, lorsqu'ils commencent à porter des shorts à l'occidentale. Les filles sont habillées plus tôt.

 

Les filles de trois ans commencent à porter le pasin, une jupe semblable à un sarong. Les cheveux des enfants sont coupés ou rasés jusqu'à leur deuxième année; les garçons de trois ans et plus portent leurs cheveux. .Les cheveux des filles peuvent pousser entre leur deuxième et troisième année, puis sont coupés en un court carré jusqu'au début de leur adolescence.

 

L'enfant du village apprend très tôt la sexualité, ils dorment dans la même chambre que leurs parents jusqu'à l'âge de dix ou douze ans et après dans un coin qui n’en est séparé que par une barrière symbolique. Les enfants jouent souvent avec leur corps et les garçons ne sont pas punis pour avoir joué avec leurs organes génitaux, mais s'ils continuent à le faire en grandissant, ils sont ridiculisés par leurs camarades de jeu. Les jeux sexuels entre garçons et filles sont rares, car les enfants se séparent en leurs propres groupes sexuels à un âge précoce et gardent cette ségrégation jusqu'à leur adolescence.

 

Jusqu'à sa troisième ou quatrième année l’enfant reste avec sa famille et joue dans l'enceinte de la maison ; par la suite, il commence à jouer avec d'autres enfants de son âge dans le village — souvent d’ailleurs il n'y a que deux ou trois enfants du même âge dans un petit village — et peu à peu à se promener librement dans tout le village.

 

 

 

Les garçons labourent des champs imaginaires, font voler des cerfs-volants, tirent des flèches avec des arcs sommaires ou jouent au « buffle aveugle », un joli nom pour colin-maillard. Ou encre à la marelle Les fillettes soignent des poupées en bois, fabriquent des tartes de boue à vendre sur des marchés imaginaires et cuisinent des repas de mauvaises herbes dans des pots en argile. Ils continuent à le faire même s'ils passent aujourd'hui beaucoup de tempes derrière leur tablette. En général, l'enfance est une période heureuse et insouciante, et les enfants n'ont pas de tâches régulières à part s'occuper de leurs petits frères et sœurs, et ils ne considèrent pas cela comme une corvée, car le bébé n'est pour eux qu'un jouet de plus, jusqu'à l'âge de sept ou huit ans. À cet âge, les filles doivent commencer à aider aux tâches ménagères, et les garçons doivent commencer à aider comme surveiller le buffle de la famille, ce qui est généralement une corvée qu'ils peuvent effectuer en groupe tout en jouant à des jeux ou en nageant dans le canal.

 

 

L’ÉCOLE

 

L’école primaire nationale obligatoire vit le jour en 1921, mais ne se généralisa dans les campagnes qu'après la révolution de 1932. Selon la loi, un enfant doit être inscrit à l'âge de huit ans et doit fréquenter l'école jusqu'à l'âge de quinze ans ou jusqu'à ce qu'il ait terminé le cycle primaire obligatoire de quatre ans. De nombreuses écoles primaires du gouvernement étaient situées dans l'enceinte du temple, En 1931, plus de 80 % des écoles primaires publiques étaient situées dans le temple et ce pourcentage a diminué à mesure que le gouvernement et les communautés locales construisaient des bâtiments scolaires permanents. En 1944, 60 % seulement des écoles primaires se trouvaient dans l’enceinte du temple et en 1950, ce chiffre était tombé à environ 48 %.

 

 

Comme tous les villages n'avaient pas d'école, les enfants de trois ou quatre petits villages pouvaient fréquenter une école située au centre. De plus en plus ces dernières années, le gouvernement central construisit des écoles de village sur des terrains publics à proximité de l'artère principale. Les bâtiments scolaires sont de structures rudimentaires en plein air ou des bâtiments en bois standardisés conçus par le ministère de l'Éducation. Ces écoles subissent de lourds handicaps financiers, le gouvernement ne fournissant que les salaires des enseignants et un minimum d'équipement, la plupart d'entre eux laissaient beaucoup à désirer. Les pupitres et les bancs pour enfants étaient souvent faits maison et les salles de classe n’étaient souvent pas cloisonnées. Malgré toutes ces lacunes, l'école primaire obligatoire a eu des effets considérables sur la génération des années 50.

 

 

L'école ouvre à 8 h 45 après la cérémonie du lever du drapeau dans la cour de l'école, toujours en vigueur. Après quoi les enfants entrent dans le bâtiment de l'école et se rendent dans leurs différentes classes, qui peuvent souvent se trouver dans la même pièce. Les cours durent de trente minutes à une heure, selon la matière enseignée; une période de déjeuner ou de repos est de 11h00 à 12h00 ; et les cours reprennent jusqu'à 15h00. A moins que l'école ne soit dans son propre village, un enfant ne rentre pas chez lui pour le déjeuner. Les enfants n'apportaient pas de déjeuners, mais mangeaient généralement après être rentrés chez eux en début d'après-midi. L'heure du midi est utilisée pour jouer. Occasionnellement, une femme du village vend des collations pendant l'heure du midi, mais la plupart des enfants n'ont pas d'argent pour les acheter. Elles sont toujours présentes à l'entrée des écoles. Un enfant doit rester dans la classe pour débutants jusqu'à ce qu'il ait appris à lire et à écrire, et qu'il sache les rudiments de l'arithmétique ; puis il passe dans la première des quatre classes qui sont toutes sensiblement les mêmes, sauf que la matière devient plus avancée et la formation plus intensive.

 

 

L'enfant apprend les rudiments de l'éthique, de l'arithmétique, de la lecture, de la calligraphie, de l’hygiène, de la géographie de la Thaïlande, de la composition, de l'orthographe, de l'artisanat et de l'agriculture. Les études sont sanctionnées par des examens annuels.

 

Avant la loi de 1921, presque toutes les femmes thaïes étaient analphabètes puisqu’elles étaient exclues des seules écoles existantes, celles des temples dirigées par des moines. Seul un petit nombre d’hommes étaient lettrés, qu’ils soient de la ville et de la campagne et dans ce petit nombre seuls quelques-uns - ceux qui restaient au temple comme novices et moines – apprenaient plus que les rudiments de la lecture, de l'écriture et de l'arithmétique. Le financement de la construction d’une école n’était assurée que très partiellement par le gouvernement, il appartient aux autorités scolaires locales de collecter des fonds auprès du village. Dans les villages trop pauvres, les écoles restèrent généralement dans des bâtiments délabrés dans les temples. En 1935, presque tous les villages de Thaïlande obéissaient à la loi sur l'école obligatoire, bien qu'il y ait de grandes variations dans le degré de conformité. A cette époque, seule la moitié des enfants du village entrait à l'école à l'âge de huit ans ; l'autre moitié n’y était inscrite qu'à l'âge de neuf ou dix ans ; la scolarisation à huit ans n'est devenue universelle qu'à la fin de 1952.

 

L’enseignement dans le dialecte central devenu le dialecte standard du pays est obligatoire. Le gouvernement central prépare les manuels et les distribue par l'intermédiaire du bureau de l'éducation du district aux écoles du village, mais ne les fournit pas gratuitement. Les enfants du village doivent acheter leurs propres textes, généralement d'occasion ainsi que les uniformes toujours obligatoires.

 

Peu d'écoles ont des bibliothèques ou des livres à l'exception des manuels scolaires. En 1940, seules 745 écoles primaires sur environ 16.670 avaient des bibliothèques et la bibliothèque se composait de quelques livres usés et de vieux magazines. Les écoles offraient une formation professionnelle, des cours d'artisanat enseignant les méthodes d'abattage des bambous, le choix du le bon type de bois, comment fabriquer de la ficelle à partir d'écorce, comment tisser des paniers, fabriquer des plateaux, des balais et d'autres objets ménagers, toutes choses que les enfants apprenaient autrefois à la maison. De plus en plus l'école du village assumait le rôle des parents dans l'enseignement de ces tâches domestiques si importants dans l'économie de leur ménage. Cette formation n’atteint pas les filles qui apprennent encore les vieilles manières de leurs mères. De nombreuses écoles de village avaient de petits potagers, les légumes cultivés par les écoliers étaient vendus sur le marché voisin, et le produit servait au bénéfice de l’école.

 

Quel fut l’effet de ce nouveau système scolaire sur l’alphabétisation ? Le recensement de 1937 rapporte pour les femmes le chiffre de 31 % et 47 % pour les hommes. En 1947, le chiffre est passé globalement à 54 %.

 

Peut-être faut-il relativiser ces chiffres qui restent théoriques. Une personne qui avait fréquenté l'école et appris à lire et à écrire pouvait être répertorié comme alphabétisée même si elle avait perdu la majeure partie de cet apprentissage. Aujourd’hui, le taux d’alphabétisation est voisin de 94 %.pour les hommes et un peu moins pour les femmes. Je ne donne qu’un exemple : à l’occasion d’une élection du chef dans mon village aux environ de 2010, j’ai assisté une matinée au spectacle du bureau de vote. La participation était massive et une seule personne n’a pas pu signer le registre d’émargement autrement qu’en y apposant son pouce, c’était une très vieille femme.

 

 

CONSCRIPTION

 

Tout homme valide en Thaïlande doit s'inscrire au service militaire à l'âge de dix-huit ans et à vingt et un ans et doit se présenter à son bureau du district pour un examen physique afin de déterminer s'il est apte à la conscription. Les normes de condition physique sont simples : une taille de plus de 160 cm, un tour de poitrine d'au moins 87 cm, une bonne vue et une absence de défauts physiques évidents. La plupart des jeunes sont reconnus aptes. La conscription a lieu une fois l’an, généralement en avril, déterminée par le gouverneur et le commandant militaire de chaque province, et chaque district doit fournir un nombre spécifié de conscrits, généralement un quota bien inférieur au nombre d'hommes disponibles.

 

En 1949 dans un district ayant fourni 242 conscrits aptes, le quota demandé était de 19. Il peut y avoir des volontaires mais le plus souvent, il faut un tirage au sort. Ce système toujours en vigueur donne toujours lieu à quelques abus sur lesquels il est inutile d’insister. La recrue a le choix entre l'armée de terre, la marine ou la police. L’armée a leur faveur puisque la solde y est plus élevée. La durée est de deux ans, les recrues de l'armée sont formées dans les casernes des capitales de province. Le système n'a pas changé.

 

Pour de nombreux jeunes paysans, cette période est le seul moment où ils sont loin de leurs quartiers d'origine et en contact avec la vie citadine avec des découvertes comme les radios, les cafés-terrasses et les films au cinéma. A la fin de leur période de formation, les recrues retournent dans leurs villages et reprennent bientôt la routine rurale, mais ils ont connu autre monde.

 

 

 

A suivre .../....

 

Partager cet article
Repost0

commentaires