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  • : Le blog des Grande-et-petites-histoires-de-la-thaïlande.over-blog.com
  • : Bernard, retraité, marié avec une femme de l'Isan, souhaite partager ses découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires, culturelles, politiques,sociales ...et de l'actualité. Alain, après une collaboration amicale de 10 ans, a pris une retraite méritée.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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3 juillet 2022 7 03 /07 /juillet /2022 05:41

 

1950, je n’ai pas choisi cette date au hasard. Elle marque le début d’une période de cinq décennies au cours de laquelle la Thaïlande a bénéficié d’une phénoménale évolution démographique, technique et technologique, architecturale autant qu’intellectuelle – en particulier dans l’éducation - et politique notamment dans la politique agraire. Nous connaissons le recensement de 1947 qui a fait l’objet de plusieurs études facilement accessibles en dehors de celles en langue thaï qui le sont moins.

 

Nous bénéficions d’une étude effectuée sur le terrain pendant deux ans (1948-1949) par un anthropologue américain, John De Young, de l’Université de Berkeley concernant au moins pour partie le nord-est et ses unités villageoises compactes, établies de longue date, pratiquant une agriculture de subsistante, économie rizicole autonome et dépendant de cultures secondaires et d’autres sources pour équilibrer leurs faibles revenus. J’ai également utilisé d’autres études universitaires concernant au moins en partie le nord-est et étudiant les résultats du recensement (1).Nous bénéficions d’une étude effectuée sur le terrain pendant deux ans (1948-1949) par un anthropologue américain, John De Young, de l’Université de Berkeley concernant au moins pour partie le nord-est et ses unités villageoises compactes, établies de longue date, pratiquant une agriculture de subsistante, économie rizicole autonome et dépendant de cultures secondaires et d’autres sources pour équilibrer leurs faibles revenus. J’ai également utilisé d’autres études universitaires concernant au moins en partie le nord-est et étudiant les résultats du recensement (1).

 

 

 

Le dernier recensement de 1947 évaluait la population du pays à 17.343.714 habitants. Le pays en compte actuellement 70 millions Les 15 provinces du nord-est comportaient alors 5.850.010 habitants que nous pouvons arrondir à 6 millions (2).

 

Elles sont d’importance inégale, de la plus peuplée, celle d’Ubonrachathani, 856.373 habitants, actuellement un peu plus du double à celle de Loei, 136191 habitants, actuellement près de 650.000.

 

C’est toujours la plus grande des quatre régions de la Thaïlande, d’une superficie de 167.000 km2, un tiers de la superficie totale du pays. Ces 6 millions d’habitants soit 35% de la population du pays y gagnait difficilement leur vie. Très exactement 84,10% vivaient de la terre. Pauvres assurément mais plus de 90% étaient propriétaires de leur terre exactement à l’inverse du reste du pays. Il y avait alors environ 12.000 villages chacun de quelques dizaines de famille, mais leur nombre varie en fonction des nécessités administratives. Il y en actuellement 30.764, une moyenne de 500 habitants par village, peut-être un peu moins nous faisons abstraction des populations des villes qui commençaient lentement à se peupler (Khonkaen, Udonthani, Khorat et Ubonrachathani) bien que n’étant guère que des grands villages : Il faut en effet moduler même si ma source date de 1927, ce n’était probablement guère mieux en 1950. : Khon Kaen, siège d'un Ampheu, a l'allure d'un grand village, bâti des deux côtés d'une large avenue plantée d'arbres. Les bâtiments administratifs sont tous en bois, les anciens sont couverts en tôles ondulées ou en tuiles de  bois, les nouveaux en tuiles de ciment confectionnées sur place » (3)

 

Carte postale des années 40 non située probablement Khonkaen :

 

 

 

Aujourd’hui la région serait peuplée d’environ 20 millions d’habitants. Ce chiffre généralement annoncé est à prendre avec précautions : Les habitants partis chercher fortune dans le reste du pays restent toutefois inscrits dans leur village auquel ils restent profondément attaché et où ils retournent au moins une fois l’an pour les fêtes du nouvel an bouddhiste. Les provinces sont actuellement 20, contenant 334 districts (amphoe), 2642 sous-districts (tambon) et 30764 villages ce qui donne une moyenne de 650 habitants mais si l’on exclut de cette moyenne la population des quatre grandes villes qui sont devenues des mégalopoles tentaculaires, on retrouvera probablement la même moyenne qu’en 1950 soit 500.

 

 

La topographie du nord-est affecte toujours considérablement la température pendant la saison fraîche : bien que les journées soient chaudes, les températures nocturnes peuvent descendre jusqu’à 10 degrés Celsius, parfois moins dans la province de Loei, à la limite du gel. Pendant la saison chaude, entre mars et mai, les températures peuvent atteindre une température supérieure à 38 degrés Celsius. La saison des pluies tombe principalement en Isan entre juin et octobre. La région reçoit moins de précipitations que le reste du pays car les montagnes situées au sud-ouest et à l'ouest agissent en partie comme une barrière anti-pluie mais les inondations y sont fréquentes.

 

Les villages y sont implantés depuis des temps immémoriaux en général autour du temple où se trouve le puits d'eau potable et aujourd’hui le château d’eau. Cette implantation ne se fit pas au hasard, déterminée par l’exigence de l’eau et la proximité de la forêt.

 

Dessins De Young :

 

 

L’EAU A DÉTERMINÉ L’EMPLACEMENT DES VILLAGES

 

Les villages (ban – บ้าน en isan) sont composés de maisons (huan เฮือน en isan) regroupées, il n’y a pas d’habitat dispersé dans nos 20 provinces actuelles comme il peut y en avoir dans la Thaïlande centrale, au centre de vastes propriétés dans les régions de culture intensive du riz. Le choix de l’emplacement répond à un impératif d’évidence, la présence de l’eau tout simplement. Sur les 15 provinces d’alors, seules celles de Loei (pour partie), Nongkhai (qui incluait l’actuelle province de Bungkan), Nakonphanom, Mukdahan et Ubonrachathani sont riveraines du Mékong. Les villages s’y alignent toujours tout en longueur sur la rive droite. Dans l’intérieur, soumis aux aléas climatiques dont le pire est la sécheresse, il y a plusieurs types de regroupement : un groupe de maisons le long d'une voie navigable ou d'une route, ou un groupe de maisons parmi des arbres fruitiers, des cocotiers et des rizières ou le long d'une large rivière, des maisons construites sur une seule rive, le long d'une rivière étroite, d'un canal ou d'une route, des maisons peuvent être situées des deux côtés; le village peut s’étendre sur un ou plusieurs kilomètres. Rien n’a d’ailleurs changé à ce jour. L'observateur occasionnel ne peut souvent pas dire où un village s'arrête et où commence le suivant bien qu’il y ait une démarcation administrative entre les limites.

 

Toute la vie tournait autour de l’eau. Il est permis de penser que cette implantation autour d’un point d’eau suffisait alors aux besoins quotidiens puisque l’absence de gouttières destinées à recevoir les eaux de pluie de la toiture était alors constante. Leur apparition sur les toitures en matériaux modernes destinées à alimenter les énormes cuves en ciment constituant de précieuses réserves d’eau avant l’apparition de l’eau au robinet doit donc dater de la seconde moitié du XXe siècle ?

 

 

N’oublions pas les difficultés de circulation pendant la saison des pluies malgré une expansion constante du réseau routier dans le dernier quart du siècle dernier. En saison des pluies, une grande partie du transport se faisait toujours par voie d’eau. Et on n’avait pas peur de marcher à pieds ! Mon épouse (née en 1959) se rappelait avec un vieux cousin qu’il leur arrivait d’aller à Kalasin, le chef-lieu à 30 kilomètres à vol d’oiseau, à travers champs lorsqu’ils devaient y accompli quelques démarches faute d’avoir les moyens de se payer une bicyclette !

 

L’extension du réseau de voies ferrées depuis Bangkok n’a atteint Khonkaen qu’en 1938,  938, Udonthani en 1941 et Nongkhai en 1958. Les projets d’extension depuis Khonkaen jusqu’à Nakhonphanom n’ont jamais vu le jour et ne le verrons probablement jamais compte tenu de l’actuelle densité du réseau routier et de la pléthore de transports en commun routiers.

 

 

Il existait certes un réseau de transports aériens commencé probablement dès la fin de la grande guerre qui reposait sur des aéroports dont le coût de construction était dérisoire compte tenu des exigences des appareils de l’époque, de simples pistes. Il y eut ainsi des « aéroports » - en réalité de simples pistes - à Nongkhai, Loei, Sakhonnakon, Nakhonphanom, Khonkaen, Mahasarakham, Kalasin, Roiet, Chayaphum, Buriran, Sisaket, Khorat, Surin et Ubon mais ils ne concernaient que des services internes au Siam (courriers et éventuellement médicaments) mais ni le transport des marchandises ni celui des personnes.

 

 

 

Deux éléments ponctuels justifient cette importance de l’eau dans une région qui subit la sécheresse plus durement que dans le reste du pays:

 

- Lorsque les hasards de la climatologie ou de la géologie font surgir une source, elle devient volontiers immédiatement « Bonam Saksit » (บ่อน้ำศักด์สิทธิ์) en quelque sorte, traduction libre, « source miraculeuse » et se trouve aussi vite placée sous la protection des moines. J’en ai eu l’exemple vivant avec celle de Ban Nonsung dans le district de Yangtalat dans la province de Kalasin (บ้านโนนสุง -อำเภอยางตลาด จังหวัดกาฬสินธุ์), après sa découverte il y a quelques années, elle fut rapidement insérée dans le périmètre d’un temple construit par des moines venus du prestigieux sanctuaire de Nakhonphanom.

 

 

- Plus généralement sur le plan de l’onomastique, quatre de nos vingt provinces actuelle font référence à l’eau : Kalasin (กาฬสินธุ์) « les eaux noires », Buengkan (บึงกาฬ) « l’étang noir » (alors district de la province de Nongkhai), Nongbualamphu (หนองบัวลำภู) « le lac des lotus » et Nongkhai (หนองคาย) « le lac qui crache » (?). Nous le retrouvons dans tout le pays, puisque sur les 7.500 districts de la Thaïlande, 652 portent le nom de huay (ห้วย) « le ruisseau », 33 celui de bo (บ่อ) « la source », 70 celui de nam (น้ำ) « l’eau », 42 celui de bueng (บึง) « l’étang », 501 celui de nong (หนอง) « le lac » et 145 celui de klong (คลอง) « le canal ». S’il existe une liste officielle des districts, nous ne bénéficions pas (à ma connaissance du moins) de l’équivalent français du « dictionnaire des communes » qui me permettrait de peaufiner cette recherche !

En dehors des besoins domestiques et de ceux de l’irrigation, c’est l’eau qui fournit également partie de la nourriture, les poissons, les anguilles et les grenouilles au premier chef, et diverses espèces végétales de nos jours en voie de presque disparition en Isan du fait de la pollution des cours d’eau. Je connais les algues d’eau douce, une gourmandise appréciée Ces kaipaen (ไคแผ่น) ne coûtaient que la peine de les ramasser dans les cours d’eau et de les préparer mais elles ne prospèrent que dans des eaux claires et aérées et que tel n’est hélas  plus le cas des rivières de l’Isan intérieur. On en trouve encore difficilement sur les marchés locaux.

 

 

LES RESSOURCES DE LA FORÊT

 

Je ne parle pas du bambou qui pousse partout comme et aussi vite que du chiendent et de diverses plantes souples qui servent toujours à la confection de multiples objets du quotidien, cage pour les poules , nasses pour la pêche, nattes pour le coucher, paniers, ustensiles de cuisine, récipients, tuyauterie, etc…

La forêt était proche partout et omniprésente. Elle procurait des compléments alimentaires appréciés, champignons, fruits sauvages et bien sur le gibier. On chasse à l’arc ou à l’arbalète, quelques rares artisans locaux savent encore les confectionner. Elles sont probablement utilisées puisque silencieuses pour braconner. L’élasticité du bambou est utilisée pour la confection de nombreux pièges destinés à attraper le gibier à plumes et à poil. L’ingéniosité des paysans dans la confection de ces pièges est sans bornes. Il y a ceux qui étranglent, ceux qui transpercent par le jet d'une flèche acérée et ceux qui assomment par la chute d'un lourd rocher en équilibre instable. Elle a fait l’objet d’un bel article illustré dans le très érudit journal de la Siam society en sa partie Histoire naturelle en 1932 (4).

 

 

 

Elle était la source principale des matériaux servant à la construction.

Ce n’est plus possible aujourd’hui à la fois en raison de la construction des barrages qui ont noyé des milliers de kilomètres carrés (3) et aussi de la législation sur la protection du domaine forestier.

 

Les habitations

 

Je ne reviens pas sur un sujet que nous avons longuement traité en son temps (5)

 

Il y avait en réalité plusieurs styles de construction des maisons (huan – เฮือน) en Isan en fonction de leur utilisation : les constructions temporaires, en réalité des abris (chuakhrao) Leur construction ne fait intervenir que du bois, la brique ou la pierre sont réservées aux temples.

 

 

Elles comportent toutes des terrasses couvertes qui sont les véritables pièces à vivre.

 

La maison était située en général au milieu d’une enceinte clôturée où l’on trouvait un potager et quelques arbres fruitiers, cocotier, bananier, papayer, palmier à bétel ainsi que le grenier à riz. Il s’y trouvait également un petit lieu de baignade sans toiture mais avec une enceinte en bambou tressé atteignant la hauteur des épaules.

 

 

La volaille (poulets et canards) caquette et roucoule en jouissant des bienfaits de la vie au grand air en cherchant sa nourriture au hasard des épluchures accumulées par le balais des ménagères et ne regagnent leur abri dans l’enclos que le soir tombé.   

 

Si le village était éloigné d’une voie d’eau ou d’un étang, ils se trouvaient des puits à utilisation collective le plus souvent dans l’enceinte du temple. C’était cependant toujours là que l’on allait chercher à dos d’homme (ou de femme) l’eau à boire et pour la cuisine.

 

Dans les régions mieux desservies en eau, une cour de ferme contenait souvent un petit étang servant à la fois d'approvisionnement en eau pour irriguer le potager et de vivier à poissons pour la nourriture.

 

On ne trouvait jamais ni latrines ni feuillées. Si l’on sait que Rama V s’est escrimé tout au long de son règne à organiser une politique de défécation à Bangkok, il est permis de se demandent ce qu’il en était dans nos campagnes… Un coin du champ un peu éloigné de la maison. Nous savons en effet que les habitants de Bangkok pissaient et déféquaient partout, y compris aux portes du palais ou des temples, y compris dans les canaux de la ville où ils se baignaient et se lavaient. .

 

 

Traditionnellement, la construction des logements était affaire de coopération villageoise, la vie sociale y était intense : Amis, cousins et voisins, ceux qui aidaient également aux plantations et aux récoltes, se réunissaient à la famille pour couper les bambous ou les arbres de teck (maisak - ไม้สัก) dans la forêt ou pour tisser les nattes et les cloisons. Toutes ces constructions sont faites par emboîtage et chevillage sans utilisation de clous. Ceci explique la présence d’un important outillage.

 

Elles sont en outre parfaitement démontables, transportables et reconstructibles. De nombreuses maisons de bois dans la région ont été démontées et vendues vers d’autres régions, ainsi le propriétaire se donnait les moyens de construire une nouvelle maison « moderne ». J’ai été stupéfait en lisant pour divers motifs des journaux siamois du début du siècle dernier d’apprendre que les tribunaux avaient souvent à juger des affaires de vol de maison.

 

Dans la dernière moitié du siècle dernier, cette pratique coutumière disparut peu à peu et l’intervention d’artisans professionnels commença à se généraliser. Les autorités locales se battaient alors pour interdire les coupes sauvages de bois dans les forêts. La première loi destinée à lutter contre la déforestation et les abattages sauvages date du 14 octobre 1941. Il ne restait plus guère que la possibilité de construire une simple maison en bambou au toit de chaume ce qui ne prenait jamais plus de deux jours, les matériaux étant abondants et sinon gratuits du moins peu onéreux. La construction des deux gigantesques barrages dans le nord-est essentiellement sur des surfaces boisées a coupé l’accès à une immense source d’approvisionnement en matériaux essentiels pour la construction de la maison traditionnelle, le bois dur qui est le premier composant de l’architecture traditionnelle (6).

 

Il y avait peu de meubles même dans les ménages aisés, puisqu’on vit et dort le plus souvent par terre.

 

à suivre .......

 

 

 

L’ELECTRIFICATION FUT UNE REVOLUTION MAIS N’INTERVIENDRA QUE DANS LE DERNIER QUART DU SIECLE DERNIER.

L’électricité en 1950 était inexistante dans nos campagnes. Elle n’a atteint mon village et celui d’Alain qu’aux environs de 1980. On s’éclairait à la lanterne à pétrole (takiang – ตะเกียง) ce qui n’est pas dramatique puisque l’on vivait essentiellement dehors, dans les champs ou sur la véranda mais les jours tombent vite en Isan, on se couche avec le soleil et on se lève avec lui. La situation de la région fait, qu’à une demi heure près ce qui n’est pas dramatique, le jour point à 6 heures et le crépuscule à 18 heure.

 

Avec l’arrivée de l’électricité va suivre celle de l’eau courante avec l’édification des châteaux d’eau. L’eau de la ville (namprapa - น้ำประปา – « l’eau publique » ou namkok -  น้ำก๊อก - « l’eau du robinet ») existait dans les villes dès le début du XXe siècle.

 

 

Aujourd’hui, le coût excessif du bois et aussi la nécessité d’un entretien méticuleux entraîne l’utilisation systématique de matériaux classiques : piliers en béton ferraillé, parpaings ou briques, charpentes métalliques et tuiles industrielles mais nous retrouvons quelques constantes, l’omni présence des terrasses couvertes qui restent les pièces à vitre.

 

Que penser de la construction fréquente dans nos campagnes de spectaculaires maisons répondant plus ou moins aux standards occidentaux ? Tout simplement qu’une maison de Pompéi est charmante sous le ciel de Naples et pour des gens qui vivaient il y a deux mille ans, ce n'est pas une raison pour qu'elle convienne à notre temps et à notre climat.

 

 

 

NOTES

 

(1) Voir :

John E. De Young : «Village life in modern Thailand », Institute of East Asiatic Studies - University of California, étude publiée tardivement en 1955.

Jean-Pierre Lainé « La réforme agraire en Thaïlande ». In: Cahiers d'outre-mer. N° 139 - 35e année, Juillet-septembre 1982. pp. 293-305;

Pascale Phélinas « La fin de la frontière agricole en Thaïlande » in Economie rurale n° 229, septembre-octobre 1995.

(2) Les provinces sont alors Ubon, Nakhornaratchsima, Khon-kaen, Roi-Et, Srisaket, Surin, Maha Sarakham, Udonthani, Buriram, Kalasin, NakornPanom, Chayaphum, Sakon Nakon, Nongkhai et Loei

        (3) « Le constructeur de routes du Laos français sur les pistes du Laos siamois en 1927 »,      article    signé Mariage in « Éveil économique de l’Indochine » du 11 septembre 1932).

(4) « Note of somes traps by the hill people of siam » par H.B Garett in Journal of the Siam Society - Natural history supplement volume VIII

(5) : A 278 - LES MAISONS TRADITIONNELLES DU NORD-EST DE LA THAILANDE– UN ASPECT DE LA VIE DANS NOS VILLAGES EN 1950. (บ้านแบบดั้งเดิมของอีสาน (ปี 2493)

https://grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-blog.com/2018/10/a-278-les-maisons-traditionnelles-du-nord-est-de-la-thailande-un-aspect-de-la-vie-dans-nos-villages-en-1950.2493.html

(6) La construction du barrage de Lampaodam sur la province de Kalasin terminée en 1968 a créé un plan d’eau qui ferait avec toutes ses ramifications et en pleines eaux près de 7.000 kilomètres carrés, plus vaste que la plupart des départements français et probablement la plus grande pièce d’eau artificielle du pays. Il est d’ailleurs oublié dans le palmarès des plus grands lacs artificiels du monde.

 

 

La construction du barrage d’Ubonrat dans la province de Khonkaen en 1964 a créé un lac artificiel dont les riverains sont très fiers de dire qu’il est plus grand que le lac Léman (ou de Genève si vous préférez), la belle affaire ! Il n’est par rapport au précédent qu’une mare à crapauds de 580 kilomètres carrés.

 

 

Il ne s’agit -bien évidemment- pas de nier de quelque façon que ce soit l’utilité de ces travaux pharaoniques qui ont permis tout à la fois de procurer l’électricité à une région qui en était dépourvue (Ubonrat) et de réguler les caprices des eaux en faveur des paysans (Lampaodam).

Mais l’immersion essentiellement de surfaces boisées a coupé l’accès à une immense source d’approvisionnement en matériaux essentiels pour la construction de la maison traditionnelle, le bois dur qui est le premier composant de l’architecture traditionnelle. Nous ne parlons évidemment pas du bambou qui pousse partout comme et aussi vite que du chiendent

 

 

 

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