Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog des Grande-et-petites-histoires-de-la-thaïlande.over-blog.com
  • : Bernard, retraité, marié avec une femme de l'Isan, souhaite partager ses découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires, culturelles, politiques,sociales ...et de l'actualité. Alain, après une collaboration amicale de 10 ans, a pris une retraite méritée.
  • Contact

Compteur de visite

Rechercher Dans Ce Blog

Pourquoi ce blog ?

  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

(suite cliquez)   POURQUOI CE BLOG ?

Pour nous contacter . alainbernardenthailande@gmail.com

Merci d’être venu consulter ce blog. Si vous avez besoin de renseignements ou des informations à nous communiquer vous pouvez nous joindre sur alainbenardenthailande@gmail.com

19 juin 2022 7 19 /06 /juin /2022 05:10

 

Parmi les drapeaux pris à l’ennemi qui ornent le voûte de Saint-Louis des Invalides, l’un d’entre eux il en est un qui passe un peu inaperçu, c’est un drapeau Siamois, il porte le numéro 42 dans la liste que donne le site du Musée des armées qui nous en dit (1) :

« Un drapeau siamois, présenté dans l’église, a été pris sur les rives du Mékong au Laos méridional par le lieutenant Pourchot lors de la guerre franco-siamoise de 1893 ».

Il est un morceau d’histoire. Il est le seul dont les Français purent s’emparer, lors des opérations de 1893 alors que beaucoup de marins y ayant participé tentèrent de recueillir ce trophée et moins encore lors du conflit de 1941.

 

 

Il serait le plus ancien des drapeaux siamois subsistant à ce  jour  après que l’éléphant blanc ait remplacé sur le fanion le chakra blanc sous le troisième règne (1824-1851).

 

 

Il aurait attiré l’attention du roi Chulalonkorn lors de sa visite aux Invalides en 1897. Singulière bévue des services du protocole, une faute de goût à tout le moins : Nul n'a pensé à décrocher au moins temporairement le drapeau siamois arraché par le Lieutenant Pourchot en 1893.

 

Nous avons rencontré ce lieutenant lorsque nous avons parlé non pas des opérations maritimes, l’affaire de Paknam, mais d’une opération terrestre dont on parle beaucoup moins, la gloire en revient au Capitaine Luc Adam de Villiers mais c’est Pourchot qui a défendu les fortifications de Khone et s’est emparé du drapeau (2).

 

 

Ce que nous savons de lui tient eu peu de choses, essentiellement des documents administratifs tirés de son dossier sur le site de la Légion d’honneur (3). Il est né le 1er février 1863 dans un petit village du Doubs, Désandans, de quelques centaines d’habitants.

 

 

Son père Jacques y est instituteur et sa mère, Catherine Besançon y est « ménagère » c’est-à-dire qu’elle tient sa maison. Nous ignorons tout de sa famille et de son éducation.

 

 

Il s’engage le 5 septembre 1883 au premier régiment de zouaves alors en Algérie, d’abord caporal puis sergent. Il est toujours sergent au 2e régiment de tirailleurs tonkinois en 1886 et 1887. Il suit en 1899 des cours à l’école de Saint Maixent, réservée aux sous-officiers souhaitant monter en grade. Nous le retrouvons le 24 mars 1890 devenu sous-lieutenant d’infanterie de marine puis lieutenant le 24 mars 1892 après qu’il soit entré le 1er janvier 1892 au régiment de tirailleurs annamites. Il y reste jusqu’à la fin de l’année 1895, période au cours de laquelle ses exploits  lui valent de devenir chevalier de la légion d’honneur au titre du ministère de la marine.

 

En 1896 et 1897. Il est au service du 2e régiment de tirailleurs tonkinois

 

 

En 1899, il entre au service du 7e régiment d’infanterie de marine. Nommé Capitaine le 18 mai 1899, il entre le 1er janvier 1900 au service du régiment de tirailleurs sénégalais. Capitaine au 2e régiment d’infanterie coloniale à puis capitaine au 11e régiment d’infanterie coloniale, il meut à l’hôpital de Saigon des suites du choléra le 6 juin 1908. Il a beaucoup navigué et a à son actif la campagne du Tonkin entre 1885 et 1887 et l’épisode du haut-Mékong qui nous le fit connaître.

C’est en définitive le parcours assez terme d’un garçon d’un milieu modeste, sorti du rang. Mort prématurément du choléra à Saigon à 45 ans en 1908,

 

il aurait pu espérer terminer sa carrière comme commandant sauf à se couvrir de gloire plus tard puisqu’il aurait été mobilisable en 1914.

 

Nous ne connaissons qu’une allusion à ses exploits mais largement répandue dans la presse qui parle plus de lui que d’Adam de Villiers :

Ordre du Jour : Le général Duchemin, commandant en chef les troupes de l’Indo-Chine a adressé un ordre du jour aux troupes à l’occasion des événements du  Siam. Il fait le plus grand éloge du  lieutenant Pourchot, pour sa  belle défense du poste de Khone (4).

 

 

La disparition du drapeau ?

Je me contente de citer :

Question écrite n° 20044 de M. Christian de La Malène (Paris - RPR) publiée dans le JO Sénat du 27/02/1992 - page 462

M. Christian de La Malène expose à M. le ministre de la défense que les drapeaux « pris à l'ennemi » qui ornaient la voûte de l'église Saint-Louis des Invalides ont été déposés en 1990 afin, semble-t-il, de permettre le ravalement des murs de la nef et d'effectuer, concomitamment, certaines réfections sur ces glorieux étendards. Il lui demande de bien vouloir préciser la raison qui a motivé la dépose des drapeaux et, compte tenu du temps écoulé depuis le ravalement des murs, quelle raison a empêché jusqu'à présent leur réinstallation. Il lui demande aussi de bien vouloir indiquer dans quel délai on peut légitimement espérer voir la chapelle des Invalides retrouver ces glorieux emblèmes.

Réponse du ministère : Défense publiée dans le JO Sénat du 09/04/1992 - page 865

Les drapeaux et étendards « pris à l'ennemi » qui ornaient la voûte de l'église Saint-Louis des Invalides ont été déposés au cours du mois de décembre 1990 pour permettre le ravalement des murs de la nef achevé le 31 mars 1991. A cette occasion, il a été décidé de restaurer ces précieux trophées dont beaucoup étaient endommagés après plusieurs décennies d'exposition. Cependant, la restauration des emblèmes qui est assurée par l'atelier de restauration des drapeaux du musée de l'armée nécessite des délais importants. Actuellement un tiers des emblèmes, les plus détériorés, reste à restaurer. La remise en place des trophées dans l'église Saint-Louis des Invalides ne sera envisagée que lorsque ces travaux de restauration seront achevés.

 

 

Aujourd’hui, le pavillon a regagné sa place

 

 

Ce pavillon est constitué d’une seule épaisseur de coton rouge, composé de trois lès (pièce textile) d’inégales dimensions. L’éléphant est une incrustation, dont les détails anatomiques sont indiqués par un trait de peinture noir. Il présente une décoloration en faisceau, des plis, des déchirures, et d’anciennes consolidations grossières. Après la micro-aspiration, le démontage des ravaudages et la mise à plat (plaques de verre et poids), le revers a été doublé d’un organza de soie (rouge pour le champ, beige pour l’éléphant), servant de support pour les points de restauration à l’organsin de soie. Il a ensuite été recouvert d’un taffetas de soie rouge, détouré au niveau de l’éléphant en raison des conditions extrêmes d’exposition dans la cathédrale Saint-Louis. L’avers a été recouvert d’une crépeline de soie l’unifiant et la protégeant.

 

 

NOTES

(1) Voir :

https://www.musee-armee.fr/echo-du-dome/39/html-accessible/dossier/emblemes-et-trophees-histoire-et-conservation-dun.html

https://musee-armee.fr/fileadmin/user_upload/Documents/Support-Visite-Fiches-Presentation/MA_drapeaux-cathedrale-st-Louis.pdf

(2) Voir notre article

H16 - LA « MARCHE DU MÉKONG », UNE VICTOIRE DU CAPITAINE LUC ADAM DE VILLIERS SUR LES SIAMOIS EN JUILLET 1893.

https://grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-blog.com/2017/11/h16-la-marche-du-mekong-une-victoire-du-capitaine-luc-adam-de-villiers-sur-les-siamois-en-juillet-1893.html

(3) https://www.leonore.archives-nationales.culture.gouv.fr/ui/patronymes

(5) Voir Journal des débats du 25 juillet 1893 - La  dépêche de Brest du  26 juillet 1893 - Le Petit Bastiais du 27 juillet 1893 – La dépêche de Toulouse du même jour – Le Petit Parisien du même jour – Le XIXe siècle du même jour)

 

 

 

Partager cet article
Repost0

commentaires