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  • : Le blog des Grande-et-petites-histoires-de-la-thaïlande.over-blog.com
  • : Bernard, retraité, marié avec une femme de l'Isan, souhaite partager ses découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires, culturelles, politiques,sociales ...et de l'actualité. Alain, après une collaboration amicale de 10 ans, a pris une retraite méritée.
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Pourquoi ce blog ?

  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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26 juin 2022 7 26 /06 /juin /2022 05:10

 

 

La construction d’un réseau de voies ferrées au Siam  se situe dans le cadre de la politique de modernisation entreprise sous le règne du roi Rama V. Il en est évidemment un motif économique puisque le réseau routier quand il existait était impraticable en saison des pluies. Le motif politique est tout aussi évident, la politique centralisatrice exige que les déplacements depuis la capitale soient facilités.

 

 

Les travaux, sous responsabilités d'ingénieurs et de sociétés allemandes, débutèrent en 1891 en direction de Khorat puis en direction d'Ayuthaya quelques années plus tard et continuèrent ensuite vers le nord, nécessité  de désenclaver efficacement la région de Chiang Maï , non alors totalement siamisée !

Dans les années  1905 - 1909, le département des chemins de fer entreprit la construction de la prolongation vers le nord de la ligne au départ d'Uttaradit (อุตรดิตถ์)

 

 

Tous ces travaux ont été entrepris par l'entreprise d'état  créée en 1890  par le roi Chulalongkorn,  « Chemin de fer national de Thaïlande »  (การรถไฟแห่งประเทศไทย)  créé en 1890 et entreprise d'état. Les ingénieurs et les techniciens sont des allemands.

 

 

 

Mon propos n’est pas d’écrire l’histoire des chemins de fer siamois mais celle des tristes événements qui se déroulèrent sur un tronçon qui part du  pont ferroviaire sur la rivière Nan (แม่น้ำน่าน) dans le sous district de Ban Dara  (ตำบลบ้านดารา)  et dans le district de Phichai (อำเภอพิชัย) au sud de la province. Il se situe à une trentaine de kilomètres au sud de la capitale et porte le nom de Pont Poramin (สะำพาน  ปรมีนทร์).

 

 

Construit de 1906 à 1909, il est le plus grand pont ferroviaire du  nord et a été inauguré par le roi lui-même le 7 décembre 1909. Il lui donné son nom qui signifie « le plus grand ». 

 

 

C'est  un grand pont cantilever en acier en forme de pont suspendu. Cette technique venue d'Allemagne était alors considérée comme d'avant-garde. Bombardé au cours de la deuxième guerre mondial, il n'en subsiste plus que des soubassements et un nouveau pont a été édifié non loin de l'ancien.

 

 

De là la voie ferrée se poursuit en direction d'Uttaradit, passe par le village de ThaSao  (ท่าเสา) et continue vers le nord jusqu'aux gares de Maephuak (แม่พวก)  

 

 

puis Pakpan  (ปากปาน),

 

 

toutes deux au sud de la province de Phrae (แพร). Nous en resterons géographiquement là.

 

 

Sur ce tronçon de quelques dizaines de kilomètres seulement en aval du pont jusqu'à Pakpan et peut-être au-delà, des milliers de travailleurs venus  du Siam  du Cambodge, du Laos,  de Chine, y furent employés, coolies ou esclaves (l'esclavage n'était alors pas aboli), peu importe. La province est la plus chaude du pays et quand il ne fait pas chaud, il pleut pendant six mois de l'année de mai à octobre.

 

 

Si nous connaissons le coût des travaux d'aménagement ferroviaires entrepris par le roi Rama V, des millions de ticals, nul ne parle de leur coût en vies humaines. Si  j'ai cité le petit village de Tha Sao, c'est que nous y trouvons une réponse au moins ponctuelle.

A l'entrée du temple (วัดดอยท่าเสา)
 

 

....est érigé un stupa
 

 

avec un panneau indiquant ; 

อนุสรณ์สถานรำลึกผู้มีคุณต่อการรถไฟไทย

(anusonsathanramluek phumi khuntokanrotfaithai)

ce que je traduis plus ou moins bien par  « à la mémoire de ceux qui ont contribué aux chemins de fer thaïs »

C'est un bel euphémisme. Probablement 5000 de ces travailleurs sont morts de paludisme, de variole, de choléra ou tout simplement d'accidents. Ils mourraient probablement comme des mouches à tel point qu'une famille chinoise, la famille Siphlakit (ครอบครัว ศรีพลากิจ)  était chargée de ramasser les corps et de les bruler, on préfère ne pas savoir  comment. Ce sont leurs cendres que contient le Stupa. Ce monument a été réhabilité en 2005 par le gouverneur de la province Pricha Butsi (ปรีชา บุตรศรี) qui a alors rendu hommage à ceux qui avaient sacrifié leur vie pour fournir au peuple des moyens de transport commodes. Il est un « éléphant » dans la politique du  nord.

 

 

Il était lui était difficile d'ajouter  qu'on ne leur avait pas demandé leur avis.

Nous savons que la construction de la ligne de chemin de fer depuis Bangkok jusqu'à Khorat commencée en 1897 ne s’est terminée que trois ans plus tard. Elle a coûté la vie à plus de huit mille coolies chinois et à trente-huit ingénieurs ou techniciens européens.

N'épiloguons pas, le roi Chulalongkorn est considéré unanimement comme le père des chemins de fer siamois et il s'agit là de ce l'on pourrait appeler pudiquement des dommages collatéraux.

 

Rappelons sans autre commentaire que l’autre chemin de fer de la mort, celui de Kanchanaburi a coûté la vie à environ 13.000 prisonniers britanniques, australiens, néerlandais et américains et probablement à 90.000 travailleurs locaux qui n’y ont pas leur cimetière et le canal de Suez a probablement 120.000 fellahs qui n’y ont ni cimetière ni monument.

 

 

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