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  • : Le blog des Grande-et-petites-histoires-de-la-thaïlande.over-blog.com
  • : Bernard, retraité, marié avec une femme de l'Isan, souhaite partager ses découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires, culturelles, politiques,sociales ...et de l'actualité. Alain, après une collaboration amicale de 10 ans, a pris une retraite méritée.
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Pourquoi ce blog ?

  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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Merci d’être venu consulter ce blog. Si vous avez besoin de renseignements ou des informations à nous communiquer vous pouvez nous joindre sur alainbenardenthailande@gmail.com

30 janvier 2022 7 30 /01 /janvier /2022 03:59

 

Lorsque je me suis installé en Thaïlande il y a plus de 20 ans, il y a un siècle, un hasard providentiel m'a permis de faire la connaissance de Raymond Vergé qui nous a quitté le 16 octobre 2013. Natif de Lourdes, installé à Pattaya depuis 1997, il était d'une profonde érudition. Ses connaissances linguistiques en particulier étaient étendues, du sanskrit à l'hindi, puis au pâli et au thaï. Il jetait un regard acéré sur l'humanité claudicante de nos compatriotes installés dans le pays ainsi que des touristes qui y déferlaient avant l'épidémie universelle.

 

 

Je passe rapidement sur son regard attristé par le sinistre réputation de pédophiles ou d'obsédés sexuels que l'on fait trop souvent aux résidents et aux touristes. Merci au Guide du Routard,

 

 

....à la chaîne M6, à Michel Houellebecq et à Emmanuelle Béart qui ont contribué a propager des contrevérités en faisant du sensationnel bien sulfureux sur ce beau monde. Il est suave de recevoir les leçons de morale de cette dernière qui avait commencé sa carrière cinématographique dans un film semi pornographique et en montrant ultérieurement souvent son cul qui était alors fort beau (1).

 

 

Il fut chroniqueur journalistique dans de nombreuses publications francophones, la plupart disparues, qui ont fleuri en Thaïlande ces années là. C'est ainsi que je fis sa connaissance et entretint avec lui une correspondance fructueuse. Mon premier contact avec lui fut à l’occasion d’un article qu'il publia il y a fort longtemps dans un journal disparu (encore un) sous le titre « Je me marre », une vision non pas au jus de citron mais au vitriol sur certains de ces phénomènes... de ces animaux sans plumes et à deux pattes comme les appelait Diogène, de ces détraqués que l'on rencontre dans notre petit monde des expatriés. en quelqu'endroit où nous vivions.

 

 

Quelle proportion ? La même très exactement que partout dans le monde, que ce soit chez les expatriés de Thaïlande, dans le secret d’un cabinet d’avocat, dans la salle d’attente d’un salon de coiffure ou dans les loges du stade vélodrome de Marseille (Là aussi, j’en ai entendu de solides !). Mais dans notre petit monde des expatriés où règne l'incontestable tendance à la formation de ghettos, ils sont évidemment beaucoup plus visibles et non plus noyés dans la masse. Raymond supportait difficilement les « conneries » que profèrent certains résidents et manifestait une indulgence charitable pour la misanthropie d'Alceste, le misanthrope de Molière, mais il nous faut bien accepter le monde tel qu’il est.

 

 

Nous convînmes alors de reprendre son article initial à la lumière de nos expériences respectives, lui à Pattaya, moi à Samui d'abord puis en Isan et d'écrire en quelque sorte un journal à quatre mains un peu à la manière des caractères de La Bruyère, le génie en moins et de le compléter au fils des ans. Une première version fut publiée dans le journal « Bonjour », aujourd'hui disparu sous le titre « L'imagination au foutoir - Samui-Pattaya, même combat ! » signé du pseudonyme de Rénouard de Bermond. Il ne nous valut pas que des amis. Je le reprends dans son intégralité en hommage à la mémoire de Raymond avec quelques rajouts de personnages que je n'ai pas eu l'occasion de lui présenter après son départ prématuré pour l'un des paradis bouddhistes.

 

 

On peut tromper quelques personnes pendant quelque temps, mais on ne peut tromper tout le monde tout le temps » (citation de Lincoln reprise par Bob Marley)

 

 

Il n’a guère dû vous échapper que Samui et Pattaya – mais on les trouve partout ailleurs, il faut parfois aller du particulier au général - attirent, entre autres originaux, un certain type d’Homo Farangus Erectus. Outre les spécialités locales qui font tout leur charme et leur réputation, ces deux paradis touristiques se caractérisent par le plus grand nombre de mytho-mégalomanes au kilomètre carré de ce côté oriental du pays. La plupart ne sont pas dangereux et ils constituent des spécimens de choix pour les ethno-socio-psycho-anthropologues que nous sommes tous un peu à nos heures. Car lorsqu’on parle de timbrés et de détraqués, il ne peut s’agir que des autres, bien sûr, et pas de soi-même ! Avant de poursuivre notre délire, précisons que nous ne traitons ici que de sujets francophones, en laissant les autres communautés linguistiques se démerder avec leurs propres déjantés, azimutés, barjos, branquignoles, cinglés, dingues, fadas, fêlés, fondus, frapadingues, jobards, décapsulés, dégénérés, etc.…

 

 

Qui d’entre nous n’a pas rencontré un de ces « Tartarins de Pattascon » ? Sans qu’on leur demande rien, ces menteurs invétérés autant que compulsifs essaient de nous en mettre plein la vue pour pas un rond, car ils sont aussi souvent très radins en voulant nous convaincre qu'ils étaient ce qu'ils n'étaient pas.

 

 

Ne parlons pas des exploits sexuels de ces vaillants sexagénaires capables, après leur douzaine de pastis et sans l'aide de Viagra ou de Cialis de contrefaçon ...

 

 

s'il vous plaît, de damner le pion au grand Sultan Saladin, lequel – suivant les préceptes du Prophète – ne buvait que du lait de chamelle et était capable de rendre une femme heureuse six fois la nuit !

 

 

Pour mémoire, l’un d’entre eux a défrayé la chronique en racontant à tout le monde qu’il était détenteur d’un doctorat en économie (bac +10 minimum) et qu’il avait même généreusement fait profiter de sa science les énarques du ministère des finances (garde-à-vous et Bercy beaucoup). A Pattaya, il se la jouait « proche du peuple » et avait ouvert, incognito, un bar avec hôtesses et en toute modestie.

 

 

Seulement, son expertise économique était beaucoup trop sophistiquée pour lui permettre de comprendre le b. a.-ba. Môsieur ne se souciait point des contingences matérielles. Il avait d’autres choses à penser, sans doute beaucoup plus importantes et que le commun des mortels ne soupçonne même pas. C’est ainsi qu’au bout de neuf mois de loyers impayés, la proprio, sino-thaïe comme de bien entendu, a fait quérir la maréchaussée qui est venue procéder à une enquête de routine. Notre savant-poète et prince de la finance était en overstay depuis plus d’un an. Comme il avait malencontreusement claqué tout son blé avec celle qui lui servait de caissière (beaucoup plus calée que lui en économie(s), d’ailleurs), il avait fallu faire la quête dans toute la cité pour lui payer son vol de retour vers la mère patrie (ce n’est pas pris en charge par les autorités thaïlandaises!). Selon des sources bien informées, il n’avait été que simple employé de la RATP. Des p’tits trous, des p’tits trous, toujours des p’tits trous…

 

 

Un autre qui a défrayé la chronique et a même eu sa photo dans le « Pattaya Mail » (rubrique erreurs judiciaires): il tenait des discours d’une intelligence profonde, avec énormément de conviction et d’arguments irréfutables. D’après lui, il fallait prendre l’argent là où il était, mais pas ailleurs ! Je vous laisse réfléchir une seconde, pas plus, sur cet axiome inébranlable, et vous serez sans doute d’accord sur le fait que prendre l’argent là où il n’est pas, c’est un peu plus difficile. D’où l’importance de sa réflexion.

 

Vous comprenez, devant lui, on n’osait pas étaler des théories éculées et passe partout. De toute façon, il balayait vos vaines remarques d’un geste de la main, accompagné d’un sourire en coin, à peine méprisable, condescendant, hautain. Vous n’étiez après tout que du menu fretin. Lui, il se la jouait impériale, genre: ils vont voir ce qu’ils vont voir ces petits cons, ouarf ouarf ! Pendant plus de deux ans, il a tenu salon en se gargarisant de ses trouvailles faramineuses. Vous reveniez le lendemain, après avoir cogité toute la nuit sur ce qu’il vous avait dit la veille. Vous aviez préparé votre petit laïus: thèse, antithèse et conclusion, enfin ce qu’il vous restait de l’école, mais lui, il était déjà passé à autre chose, une nouvelle idée brillante, et vous rentriez la tête dans vos épaules, un peu abasourdi, tout penaud devant cet Olympe de connerie monumentale que vous preniez pour du génie. Vous ne saviez quoi dire pour trouver grâce à ses yeux et pour qu’il daigne enfin vous mettre dans la combine.

 

 

Jusqu’au jour où il a ouvert son petit centre commercial, une sorte de capharnaüm éclectique, en plein dans un carrefour rugissant et pétaradant. « Il y a 2000 véhicules qui passent devant chez moi tous les jours » proclamait-il. Le problème c’est qu’ils ne s’arrêtaient pas et ne laissaient en guise d’espèces sonnantes et trébuchantes, outre leurs insupportables décibels, que des vapeurs d’essence nauséabonde. Un fort joli fiasco qui a entraîné plusieurs personnes dans d’énormes problèmes de perte de temps, d’argent, d’énergie et plus grave, d’espoir. Ah ! Il était beau notre théoricien au verbe inépuisable, tiens !! La débandade, et à Pattaya, qui plus est ! Depuis, il ne fait plus trop le fier. Il doit encore être dans le coin à l’abri du besoin, touchant sa rente de la mère patrie. Si vous le rencontrez, il ne manquera pas de vous rappeler que nous sommes tous des primates et qu’à partir du moment où une fille est réglée (i.e. pubère), même (et surtout !) si elle n’a que douze ans, la nature vous autorise à la déflorer. Scientifique !

 

 

J’ai récemment connu un autre beau-parleur hypnotisé par ses propres discours. C’est un cas pathologique très typique de Pattaya, de Samui et d'ailleurs. On ne s’ennuyait pas avec lui : il est fort nerveux, hyperactif, toujours sur la brèche et très difficile à suivre. Français, il se prétendait commissaire de police, disait gagner, en plus de ses émoluments de fonctionnaire (assermenté ?), un million de bahts mensuels (environ 25.000 euros) avec ses reproductions d’art bouddhique, mais avouait par ailleurs ne pas pouvoir embaucher un farang à vingt-mille bahts par mois pour tenir sa boutique, et encore moins lui procurer un permis de travail. Ce n’étaient pourtant pas les relations qui lui manquaient, ô que non ! Jugez plutôt : il jouait au golf avec les ministres du gouvernement thaï et s’était associé avec le fils (ou le frère?) de Hun Sen avec qui il avait ouvert trois boutiques dans le Hilton de Phnom Penh, rien que ça. Un jour, pendant la conversation, devant une statue en vente dans sa boutique, j’ai voulu faire le malin en lui sortant « Période Sukhothaï, treizième siècle ». Il m’a repris comme un chenapan : « Mais pas du tout, Sukhothaï, c’est le seizième siècle !! ». Pas de bol, je m’étais justement documenté la veille. C’est là que je me suis dit, attention, en voilà encore un autre qui a eu un accident de poussette quand il était marmot. Pathétique…

 

 

 

L’an dernier, dans un restaurant de la Beach Road, j’ai assisté à la scène suivante : un type (encore un francaoui) venait de me dire « Moi, j’ai des affaires aux Philippines et dans les Émirats, je gagne entre quatre cent et cinq cent mille bahts par mois, qu’est-ce que tu crois, je voyage toujours en première, je suis comme ça moi ! ». A moment donné, il a voulu passer un appel interurbain (les portables, ça fait plouc sans doute et c’est pour les pauvres). Le resto disposait d’un appareil à sous. Il sort une pièce de dix bahts (acceptée par la machine) et demande deux pièces de cinq à la caissière qui s’excuse en lui disant qu’elle n’a pas la monnaie. Notre millionnaire fait un scandale: « Mais c’est quoi cette turne? Je ne veux pas gaspiller cinq bahts pour rien moi !! ». Oui oui, en plus ils sont très radins. Et pitoyables.

 

 

Et un autre, jeune oisif celui-là, m’en a sorti une énorme mais qu’allez-vous donc penser ? : il a tenté de me laisser accroire que la police locale lui avait proposé de l’embaucher pour repérer et surveiller les mafias étrangères, pour un salaire, tenez-vous bien, en plus de l’arme de service fournie, de trois cent à quatre cent mille bahts par mois ! Je lui ai rétorqué, en essayant de ne pas éclater de rire: « Tu veux dire par an ? », sachant que même pour dix ans, c’est absolument impossible. « Non non non, qu’il m’a répondu, par mois ! «. « Et t’attends quoi pour le faire ? » Demandais-je ironiquement. « Et bien, tu vois, j’avais rendez-vous avec le maire, Khun Pairat, pour confirmer mon engagement, mais je me suis dit que même pour ce prix-là, ça ne valait pas le coup de se prendre une bastos, et je n’y suis pas allé. Tu sais, ils n’hésitent pas, ces mafiosi ! » . Il est de notoriété publique que les informateurs étrangers ne perçoivent aucun salaire en Thaïlande, tout au plus quelques commissions, parfois importantes, sur les « saisies » opérées par la police grâce à leurs indications. J’ai appris plus tard que ce freluquet avait dû quitter la ville précipitamment après qu’il eût été convoqué comme témoin dans une sombre histoire de meurtre (d’un français). Retour de manivelle !

 

 

Il y a aussi la classique des classiques : le mec qui vous raconte qu’il possède un hôtel-restaurant très côté en France, en plus de ses trois discothèques qui marchent du feu de Dieu. Il vous a quand même indiqué où c’était. Or, ironie du sort, quelques mois plus tard, lors d’un séjour dans l’Hexagone, vous vous rendez dans le coin et vous cherchez à le rencontrer: vous êtes bien emmerdé quand on vous apprend que ce n’est en fait que le portier-videur qui était venu passer ses congés payés à Pattaya. Il n’y a pas de sots métiers…

 

 

Pour rester dans le secteur hôtelier, nous avons connu le « magnifique », l’homme qui n’a naturellement jamais payé une « fille de bar » et qui s’est marié sans naturellement payer le สินสอด (2). Comme le dit l’un de mes amis « celui qui prétend ici ne jamais payer une fille, c’est un menteur ou un misérable ». Il était à la tête d’une « très grosse affaire de matériel hôtelier du côté de Nice» et allait tous les week-ends jouir de sa Ferrari Testarossa sur le circuit Paul Ricard. Vérifications-faites (pas bien difficile) notre homme était permanent au resto du cœur. Bis repetita, Il n’y a pas de sots métiers. Il jouait avec sa Ferrari Dinky toy et se déplaçait en 104 diesel !

 

 

La Gendarmerie semble être attirée par Samui ? Nous y avons déjà rencontré deux ou trois retraités de cette noble arme, ayant appartenu le plus souvent à la garde rapprochée du Président et naturellement, devant être désigné comme Consul honoraire à Samui dans les jours qui venaient. Nous avons même vu des cartes de visite imprimées avec le logo de notre république. Las ! Il nous fallait alors, avant que l'on nous dote d'un consul honoraires à Samui (qui ne venait pas de lla gendarmerie) faire appel aux bons et loyaux services du plus proche; celui de Phuket !

 

 

Ces gendarmes, l'étaient-ils seulement ? L'un d'entre eux – amusant, n'est-ce pas - fut démasqué par l'un de ses anciens clients si l'on peut dire puisqu'il avait été gardien de prison.

 

 

Plus que les autres, ils nous apprennent doctement ce que nous avons déjà, connaissant pour avoir fréquenté Patpong ou Chaweng, la Thaïlande comme leur poche, dissertent doctement sur le bouddhisme et la politique locale, et s’égaillent comme des moineaux au bout de quelques mois après avoir prétendu devoir révolutionner le marché de l’import-export. Je n'ai garde d'oublier ce Commandant de gendarmerie fréquentant les lieux où se retrouvaient les désœuvrés de Samui, parlant haut et fort et tranchant de tout jusqu'aux sujets les plus austères de la religion et de la politique internationale. Vérifications faites, faciles, il avait terminé sa carrière comme adjudant d'une brigade motocycliste, encore un qui voulait prouver ce qu'il n'était pas, il fut en tous cas affublé du surnom de Cruchot comme vous vous en doutez.

 

Bon souvenir aussi de cet « Avocat international », muni d’une carte de viite impressionnante (il était même titulaire des palmes académiques, devenues sous sa plume de fin lettré les palmes « accadémique »), ayant sévi à Samui il y a quelques années. J’ai eu l’insigne honneur d’être présenté à ce maître du Barreau (de Paris, bien sûr) avant qu’il ne doive prendre une fuite précipitée, pérorant dans les bars de Bo Phut sur ses exploits judiciaires. Il me fallu peu de temps pour constater qu’il maniait le Droit comme moi un bathyscaphe. J’ai eu la pudeur de ne pas révéler mes propres qualités d’ancien Avocat (petit avocat d’une petite ville dans un petit département). Vérification rapide sur le site Internet des Barreaux français, qui vous livre les noms de nos chers maîtres  ! Victime d’une regrettable erreur, il n’y figurait pas ! Si le « cher maître » avait fréquenté la barre, c’était probablement celle des prévenus devant la chambre spécialisée dans les affaires d’escroquerie ; S’il remet les pieds à Samui, il y est fermement attendu par ses victimes qui seront probablement moins indulgentes qu’une chambre correctionnelle de Paris si l’on s’y présente muni d’un (vrai) bon avocat.

 

 

La prétention à de fausses qualités c'est d'ailleurs répondue comme une traînée de poudre avec l'expansion hyperbolique de groupes comme Facebook. Le nombre de diplômés de l’enseignement supérieur y dépasse très largement celui de nos compatriotes restés en France. Un exemple parmi mille, j'ai passé quelques années à l'Institut d'études politiques, non pas le prestigieux « Sciences Po » de Paris mais le plus modeste d'Aix en Provence,

 

 

j'y ai coutoyé du beau monde, notamment une très haute personnalité féminine d'un pays bouddhiste voisin (certes, ce n'est pas une résidente), elle est subitement devenue diplômée de l'Institut de Paris, plus distingué il est vrai. Cette faune estudiantine exotique n'avait d’ailleurs aucune peine à obtenir ses diplômes pour éviter l'incident diplomatique.

 

 

Un autre que j'ai également rencontré se dit toujours sur Facebook, « diplômé de l'E.C.P. Bigre, venait-il de la prestigieuse École Central de Paris ? Compte tenu de la haute tenue de ses propos et de son origine géographique, j'ai tendance à penser qu'il venait de l’École communale de Puteaux ?

 

 

Au point où nous en sommes, moi aussi je n'y suis mis, je me suis hasardé à me qualifier sur ma page Facebook de « Docteur honoris causa de l'Université d'Oulan-Bator » sans avoir été démenti à ce jour.

 

 

Continuons à nous marrer !

 

L'autre jour, j'étais dans un salon de coiffure avec ma femme. Et malgré moi, j'entendais la discussion entre les coiffeuses et ma moitié.

 

Malheureusement, je parle un peu thaï, cela ne m'évite pas des mauvaises surprises et ne me permet pas de conserver encore des illusions. Après des années passés ici, avec la meilleure volonté du monde, ou la plus mauvaise, c'est selon, on finit par comprendre, malgré soi, quelques mots. Voici donc ces bribes, un peu volées a mes coiffeuses : «เยอรมัน ใจดี เมา บ่อย ๆ แต่ ใจดี .... X….เหม็น ฝรั่งเศส ขี้เหนียว ไม่มีสตัง  »

 

Naturellement, tout le monde a compris, sauf une personne qui n'est ici que depuis 2 ans, et pour laquelle je vais traduire : « Les Allemands sont généreux, souvent saouls mais généreux …….. (Une communauté non dénommée par charité) sentent mauvais. Les Français sont radins, ils n'ont pas d'argent ! »

 

 

Voici ce que l'on pense de nous, pauvres Français ! Mais ne vous moquez pas, les Belges, les Canadiens et les Suisses, car pour les Thaïs, vous êtes Français !

 

Cela pourrait faire sourire.

 

Ça me rappelle un détail que me confiait un ami de Pattaya : il me citait les restaurants de la communauté francophone qui marchent le mieux dans sa station balnéaire : la P…. P.... menu à 150 bahts, le C…. d'…. menu à 150 bahts, et Chez G…., spaghettis à 80 bahts. Sans parler, bien sûr, du kao man kai, plat préféré de quelques personnes que rigoureusement ma mère m'a défendu de nommer ici... Pourquoi dépenser plus, me disait-il ? La bouffe, quand tu vois ou ça part..

 

Ben oui, cela pourrait faire sourire. Ça me rappelle un autre ami qui me disait posséder quelques million d'Euros, sans parler de ses propriétés, ajoutait-il, nous devions dîner ensemble – il me devait une invitation – où ? Je lui proposai la M….. - Tu es fou, me dit-il ! C'est trop cher ! Cela me fait toujours sourire.

 

 

Brisons-là. Ne pensez pas, vous qui ne connaissez pas le microcosme des résidents français en Thaïlande, que nous sommes tous de cette farine. Nous n'avons cité que quelques uns des phénomènes que génère ce petit monde. Les autres, ils sont la partie cachée de l’iceberg. Plus discrets, nous sommes une immense majorité à mener la vie normale de bons époux et de bons pères de famille. On se marie et on divorce autant qu'en France. Certains travaillent, Ce n'est ici pas facile car les contraintes ne sont pas les mêmes qu'en France mais elles sont lourdes. Les retraités, nous sommes nombreux, ont leurs clubs et leurs associations, des loges maçonniques et des Lion's Club, de bon chrétiens qui fréquentent les églises catholiques ou pour d'autres les chapelle évangélistes, des joueurs de golf, de pétanque, de bridge, de tarot ou de belote. Les bons républicains buveurs de bière ont même, à Bangkok au moins, leur club des alcooliques anonymes. Nous sommes pour la plupart des obscurs et des sans-grade vivant dans ce qui n'est pas un paradis terrestre mais vivant peut-être mieux ou moins mal que dans notre vieille Europe .

 

 

Tous ces mythomanes ont toutefois un maître incontesté, celui qui fut le Commodore Duplessis de Richelieu qui fut maître de la très modeste marine de guerre siamois jusqu'en 1902 et qui se révéla n'être ni Duplessis ni Richelieu et n'avoir pour compétences que celles d'un comnandant de bâteau-lavoir. Elle mérite à elle seule d'être contée, ce que je me propose de faire un prochain jour.

 

NOTES


 

 

- 2 - Pour les non-initiés, le sinsot c’est la dot payée par le futur mari dont le montant varie selon la région, l’état de la marchandise, le nombre de ses enfants etc.… une jeune vierge se dote 1 million de bahts à Bangkok, une vieille déjà utilisée, quelques dizaines de milliers selon les régions, outre en toute hypothèse, de l’or en bijoux, un cochon à rôtir et quelques dizaines de bouteilles de Tchang. Par contre, entendu (souvent !), mais jamais vu de farang qui se fasse entretenir et doter, le métier de gigolpince ne paye pas auprès des thaïes.

 


 

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commentaires

S
Bonjour Bernard, Article jubilatoire qui m'a fait sursauter à la toute fin. Note 2, je cite " une jeune vierge se dote 1 million de bahts à Bangkok, une vieille déjà utilisée, etc..." Un peu misogyne comme réflexion, non, surtout quand on connaît le nombre d'hommes retraités (des vieux déjà utilisés ?) qui s'installent en Thaïlande et convolent en justes noces avec une femme beaucoup plus jeune qu'eux. <br /> Je vous souhaite un bon dimanche, cordialement. Sylvie
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G
La reflexion finale n'est pas de moi mais d'une amie thaie parfaitement francophone que je consultai sur la question quand j'envisqgeai le mariage dit traditionnel