Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog des Grande-et-petites-histoires-de-la-thaïlande.over-blog.com
  • : Bernard, retraité, marié avec une femme de l'Isan, souhaite partager ses découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires, culturelles, politiques,sociales ...et de l'actualité. Alain, après une collaboration amicale de 10 ans, a pris une retraite méritée.
  • Contact

Compteur de visite

Rechercher Dans Ce Blog

Pourquoi ce blog ?

  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

(suite cliquez)   POURQUOI CE BLOG ?

Pour nous contacter . alainbernardenthailande@gmail.com

Merci d’être venu consulter ce blog. Si vous avez besoin de renseignements ou des informations à nous communiquer vous pouvez nous joindre sur alainbenardenthailande@gmail.com

8 décembre 2021 3 08 /12 /décembre /2021 05:14

 

Il fut difficile pour le « Tintinophile » que je suis, lorsque j'ai posé mon premier pied en Thaïlande à la fin de l'année 1999, d'ignorer l'existence de cette BD qui n’appartient pas à la liste officielle des œuvres d'Hervé. Abonné au journal « le journal des jeunes de 7 à 77 ans » en 1951 en récompense de mes bonnes notes au Collège, je lui suis resté fidèle avant qu'il ne prenne une tournure qui me disconvenait après la mort d'Hergé en 1983.

 

 

Elle est – à mon avis – de toutes les parodies de Tintin - il en est une foule - probablement la seule qui mérite d'entrer dans les rayons de nos bibliothèques.


 

Quelle est le parcours de l'auteur ?

 

Son auteur, Baudouin De Duve est né en 1950 ou 1951 en Belgique. Il est dans son enfance bercé par les maîtres de la bande dessinée belge, Il découvre ainsi Franquin qui, à l'époque, travailla dans l'équipe du journal de Tintin avant de rejoindre celle de Spirou. En 1986, il arrive à Chiang Mai et y travaille dans l'industrie cinématographique locale. Il publie alors quelques caricatures dans le magazine de langue anglaise Changmai News, devenu City Life et à partit de 2000 publie régulièrement des caricatures dans Gavroche, le mensuel francophone de Bangkok. C'est un caricaturiste d'un immense talent, il a le trait incisif, lucide et réaliste donc souvent cruel. Je ne vous en donne que deux illustrations.

 

Touristes

 

Résidents

 

 

 

Il en a fait publier un recueil sous le titre de Thai-crayons, en 2012 à la rencontre de deux cultures, férocement caricaturées : déboires de touristes occidentaux en mal d'exotisme ou de résidents au pays du sourire sans que les Thaïs soient épargnés.

 


 

La genèse de sa bande dessinée


En 1994, De Duve a découvert l'existence de la tristement célèbre parodie de Tintin « Tintin en Suisse » (1976), qu'il considérait comme « mal dessinée et très vulgaire».

 

 

C'est d'ailleurs pire encore. Mais cela lui a donné l'idée de créer sa propre parodie « Tintin en Thaïlande », ce qui lui prit six ans en raison de problèmes personnels. En 1999, « Tintin en Thaïlande » est sorti sous son nom de plume Bud E. Weyzer (un jeu de mots sur la marque de bière Budweiser).

 

 

 

Les difficultés judiciaires en Belgique

 

Elles naquirent, semble-t-il, d'une première visite du Prince Philippe de Belgique à Bangkok en 2001. La délégation économique du Prince était accompagnée de la secrétaire d’état belge aux Affaires étrangères Annemie Neyts

 

 

...qui fit alors une déclaration officielle : « Nous ne pouvons pas approuver qu'un de nos héros de dessins animés les plus célèbres soit détourné de cette manière. Nous trouvons cela absolument déplorable ». N’épiloguons pas, elle aurait fait un magnifique sujet de caricature pour De Duve. C'est probablement elle qui a alerté le « syndicat Moulinsart », l'organisme qui gère la succession d'Hergé, les droits d'auteur perçus sur le million d'exemplaire d'albums publié chaque année et prétend percevoir des dividendes sur tout ce qui touche de près ou de loin le héros Tintin d'une façon souvent agressive plusieurs fois judiciairement sanctionnée. C'est effectivement 20 millions d'euros par année de droits sur les seuls albums, un pactole pour le syndicat qui comprend à la fois la veuve de Hergé (veuve joyeuse remariée mais cupide) et la société d'édition. Un véritable opération de commando anti terroriste, alors que De Duve était dans son pays natal, est conduite à Tournai et Anvers, Je vous fais grâce des détails, l'affaire fut en définitive classée par le Parquet de Liège considérant qu'il n' s'agissait pas d'une contrefaçon mais d'une parodie ce qui n'étais pas le cas de « Tintin en Suisse » qui comportait à la fois le nom d'Hergé et celui de son éditeur.

 

 

Le piratage en Thaïlande

 

De Duve n'en avait pas fini avec ses malheurs. Comme tous les artistes, et il en est un en matière de caricature, il ne sait pas se vendre. Et malgré sa longue présence en Thaïlande, il a oublié que ce pays, s'il est le pays du sourire, est aussi celui de la contrefaçon et de la copie hors copyright.

 

« Tintin en Thaïlande » n'était à l'origine destiné qu'à ses amis. Un imprimeur de Bangkok, Farang, avait proposé d'en tirer 1.000 copies dont quelques-unes furent écoulées (entre 25 et 35 euros) pour couvrir les frais. À l'insu du Belge, l'imprimeur en aurait tiré deux nouvelles versions française et anglaise de meilleure qualité et plusieurs milliers d'albums, qui par contre furent vendues.

 

 

De là, la marée s'est répandue, les pirates se pirqtqnt entre euxm copies offset, simples copies scannées et vendues sur lesquelles De Duve ne perçoit pas un centime. L’album se répand dans les milieux francophones et anglophones. On l'aurait même trouvé un temps à l'ambassade de Belgique à Bangkok, là où il fut probablement remarqué par la gracieuse Annemie Neyts.

 

Des centaines de copies se sont ainsi trouvées sur le marché à Bangkok, à Pattaya, à Samui, à Phuket. Pour lutter contre ces malversations, De Duve en fait une ou plusieurs rééditions certifiées originales par sa signature ce qui ne changea rien à rien.

 

 

L'histoire

 

Le scenario ne présente pas la rigueur de ceux qu'Hergé préparait avec soin. Il n'en présente d'ailleurs guère, en réalité une succession de situations donnant l'occasion à l'auteur de nous offirir une caricature, ce dans quoi il excelle ! Quelques temps avant l'an 2000, Tintin et tous ses amis s'ennuient mortellement au château de Moulinsart. Depuis la mort d'Hergé ils ne vivent plus aucune nouvelle aventure. La visite de Ginette Lampion, femme de Séraphin, l'ineffable assureur- casse pieds, va leur permettre de sortir de leur château froid et humide. Elle s'inquiète de ne pas avoir revu son mari, parti 6 mois plus tôt en Thaïlande. Le voyage et les recherches étant totalement financés par Madame Lampion, nos amis se jettent sur l'occasion pour filer au soleil. Nous allons retrouve Tintin, le capitaine Haddock et le professeur Tournesol, toujours sourd comme un débiteur, en vadrouille dans ce pays où ils retrouveront le général Alcazar et la Castafiore et où ils seront rejoints plus tard par Dupond et Dupont. La garde de la demeure est confiée à Nestor, le fidèle majordome et Milou. La version d'origine porte la mention « Imprimerie Ziednaneky » et la plupart des autres pour je ne sais quelles raisons, « Éditions Farang ».

 

Seule la couverture est en couleur, en à plat comme le faisait Hergé.

 

Malgré la critique de De Duve sur « Tintin en Suisse », sa propre bande dessinée n'est vraiment pas beaucoup plus professionnelle ou de bon goût mais s'il donne discrètement dans le graveleux, il ne donne pas dans le pornographique ! Les scène érotiques ne sont pas graphiques en dehors de celle où Milou s'accouple avec le chat siamois du château. Il présente de nombreux dessins souvent maladroitement tracés et nulle part nous ne trouvons la totale maîtrise des gestes et des attitude que nous trouvons chez Hergé. De nombreuses cases sont petites et présentent des gros plans de têtes parlantes à côté d'énormes bulles de dialogue pour éviter d'avoir à dessiner les arrières plans. Ne lui jetons pas la pierre, Hergé bénéficiait de moyens considérables, ne se consacrait qu'à ses personnagse et ses collaborateurs, le plus éminent était Edgard Jacobs, le premier et le plus talentueux de ses assistants. se préoccupaient de l’environnement et d'autres, de la coloration.

 

En réalité, et c'est en cela que j'ai apprécié ce travail, il vaut par quelques scènes caricaturales qui donnent un aspect de la vie dans ce pays qu'il serait peut-être difficile d'apprécier à ceux qui n'y ont pas vécu ?

 

Le voyage en taxi qui conduit nos amis jusqu'au Gogo Bart où ils vont retrouver le général Alcazar. Devenu tenancier de Gogo Bar..

 

 

Il nous donne une version évidemment caricaturale de la population des expatriés occidentaux...

 

 

Il renseigne évidemment nos amis, Lampion est parti vers le nord avec le plus beau de ses kathoy en s'imaginant que c'était une sylphide....

 

 

Coupons court et allons à la rencontre de cette sylphide qui n'est pas un chauffeur de camion mais n'en est pas loin, sans autre commentaire...

 

 

Et pendant ce temps à Moulinsart, Milou se console de ne pas être allé au Siam...

 

 

Quant au brave Nestor, il console Georgette Lampion qui se prend pour la châtelaine...

 

 

Mais après ce bref aperçu, rassurez vous, tout est bien qui finira bien, toutefois sur une reflexion acerbe de Baudoin de Duve sur le petit monde des expatriés en Thaïlande

 

 

 

La version couleur

 

En 2014, Baudoin De Duve a mis sur le marché une version couleur qui ne m'a pas convaincu mais elle est probablement beaucoup plus difficile à scanner et copier que le version noir et blanc. Le coût n'en serait pas le même. Je n'en ai pas trouvé à cette heure de version pirate sur la toile. Elle est en tous cas fort bien présentée avec une couverture cartonnée et un emboîtage également cartonné.

 

Il faut en tous cas faire référence au passage par Hergé aux versions couleur d'après guerre, à l'instigation de son éditeur. Il considérait que tout reposait sur le trait. Toujours est-il qu'il choisirent la technique de l'à plat. Le dessin fait à l'encre de chine et les couleurs sans dégradés par ses coloristes à la gouache ou à l'aquarelle.

 

 

Mais lors du passage à la couleur, Hergé dut remanier ses dessins qui n'étaient parfois pas parfaits dans la version noir et blanc. Je ne vous en donne que deux exemples :

 

Dans l'épisode de « Tintin en Amérique », lorsqu'il escalade la façade de son hôtel de Chicago, Hergé à amélioré son dossier et légèrement modifié l'image en donnant à le version couleur de nouvelles proportion dont le format avoisine le nombre d'or, ce qui n'est pas innocent  : perspective, angle de vue, le dessin a une force assez vertigineuse à laquelle la couleur n'ajoute rien.

 

 

Dans un autre épisode, celui de la visite de l'usine à fabriquer industriellement des saucisses, il a amélioré son dessin et par rapport à le version noir et blanc, l'a rendu « politiquement correcte » ! Bien que ceci ne concerne pas De Duve, rappelons que Hergé avait connu de sombres ennuis à la libération compte tenu de son passé sulfureux, tout autant que son compatriote Simenon ! Mais avec la disparition des Samoyèdes, c'est une pointe d'humour qui disparaît.

 

 

Baudouin de Duve n'a pas les moyens qu'avait Hergé et a travaillé ou fait travailler sur une simple colorisation informatique sans toucher au dessin d'origine. Photoshop contre gouache et aquarelle ?

 

Où le trouver ?

 

Pauvre Baudoin ! Il y a je ne sais combien de sites Internet qui en propose le téléchargement gratuit (évidement) sous format PDF, version française ou version anglaise. Il y a évidemment quelques problèmes avec la,qualité des couleurs de la couverture qui ont pu être plus ou moins bien scannées. Toutes sont des versions pirates. Il en est même une version anglaise sur Youtube ! Je ne le signale qu'à l’attention de ceux qui, sans être tintinophiles, voudraient simplement jeter un coup d’œil.

 

Il y a de nombreux sites Internet qui proposent la vente d’exemplaires papier, tous sont d'occasion et également des piratages. N'y dépensez pas vos sous d'autant que les prix varient entre un minimum de 30 euros jusqu'à 50 et même au delà, plus que vous pourrez payer un exemplaire authentique.

 

Quels que soit les défauts de cet ouvrage, ses qualités me permettent d'affirmer que, parmi les multitudes de parodie, il est le seul qui mérite de figurer dans la bibliothèque d'un amateur de Tintin.

 

Notre ami de l’Épicerie du Siam ne vend pas que de l'épicerie, il vend aussi de bons livres, une édition noire et blanc de bon aloi (https://en.epiceriedusiam.com/)

 

Vous le trouverez aussi (couleur) chez Toine à Bangkok ( toineinbangkok@gmail.com)

 

La version couleur est disponible à l'agence consulaire de Phuket ainsi qu'une version noir et blanc de bon aloi

 

 

Quelques sources

 

Notre ami Patrick a fait une bonne synthèse

 

http://udonthani-en-isan.over-blog.com/article-histoire-de-la-b-d-tintin-en-thailande-46268513.html

 

Deux amis, Jean, de Merveilleuse Chiangmai et le regretté Raymond Vergé de Pattaya ont une vision différente puisqu'ils ont tous deux rencontré Baudoin De Duve

 

https://www.merveilleusechiang-mai.com/tintin-en-thailande

 

https://vignettesdethailande.blog4ever.com/tintin-en-thailande-fin-de-la-saga

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 


 


 

Partager cet article
Repost0

commentaires