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  • : Le blog des Grande-et-petites-histoires-de-la-thaïlande.over-blog.com
  • : Bernard, retraité, marié avec une femme de l'Isan, souhaite partager ses découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires, culturelles, politiques,sociales ...et de l'actualité. Alain, après une collaboration amicale de 10 ans, a pris une retraite méritée.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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23 septembre 2021 4 23 /09 /septembre /2021 07:13

 

L'ancienne capitale khmère d'Angkor, au Cambodge, est l'un des sites antiques les plus grands et les plus reconnaissables au monde en raison de son architecture riche en iconographie et magnifiquement construite. Entre le neuvième et le début du quatorzième siècle, l'influence culturelle et le contrôle politique d'Angkor s'étendaient sur une grande partie du Cambodge, le Plateau de Khorat au nord-est de la Thaïlande et au sud du Laos. Lorsque l'empire khmer s'est effondré, il a laissé derrière lui un paysage couvert de temples et de sites connexes, dont quelque 300 se trouvent en Isan (le nord-est de la Thaïlande) 66. Il en est de majestueux, Phimai ....

 

 

...ou Phanomrung par exemple ...

 

 

... et bien d'autres plus modestes,

 

 

...parfois de simples vestiges abandonnés totalement ignorés de tous les guides et les circuits touristiques.

 

 

La possession de l'un de ces temples périphériques, Preah Vihear, fluctue entre la Thaïlande et le Cambodge depuis plus de 100 ans, étant situé sur la frontière disputée entre les deux pays. Le site se trouve maintenant à 700 mètres au Cambodge.

 

 

Cette question frontalière fit l'objet de traités successifs entre le Siam et la France.

 

Le traité du 5 juin 1867

 

Le Cambodge est incontestablement un état tributaire vassal du Siam. Le Royaume vit donc sous la suzeraineté du Siam et l'influence e l'empire d'Annam y est prégnante. Craignant le dépècement de son pays, le très insignifiant roi Norodom monté sur le trône en 1860 cherche un moyen pour sortir de l'étau formé par ses deux voisins et se place délibérément sous la tutelle de la France. Ainsi est intervenu ce traité, le Siam n'étant pas en mesure de résister à notre pays, nous sommes à l'époque des traités inégaux bien que toujours qualifiés de traités d'amitié. Les termes en sont clairs. La propriété du temple ne se pose pas puisqu'il est inclus dans la province de Siam Raep.

 

 

Article I - Sa Majesté le Roi de Siam reconnaît solennellement le protectorat de Sa Majesté l’Empereur des Français sur le Cambodge.

 

Article III - Sa Majesté le Roi de Siam renonce, pour lui et ses successeurs, a tout tribut, présent ou autre marque de vassalité de la part du Cambodge.

 

Article IV- Les provinces de Battambang et d' Angkor (Nakhon Siemrap) resteront au .Royaume de Siam. Leurs frontières, ainsi que celles des autres provinces siamoises limitrophes du Cambodge, telles qu'elles sont reconnues de nos jours de part et. d autre, seront, dans le plus bref délai, déterminées exactement à l'aide de poteaux ou autres marques, par une commission d'officiers siamois et cambodgiens, en présence et avec le concours d'officiers français désignés par le Gouverneur de la Cochinchine.

 

Nous avons une bonne analyse de la lente domination du Siam sur le Cambodge par l'Universitaire australien Martin Marty (1)

 

Le traité du 13 mars 1904.

 

Il intervient après que le Siam ait subi l'humiliation du traité de 1893 sous la menace de nos canonières braquées sur le Palais royal.

 

Article I - Le Gouvernement siamois cède à la France le territoire de Battambang, Siem-Reap et Sisophon, dont les frontières sont définies par la clause 1 du protocole de délimitation ci-annexé :

 

….. A partir du point ci-dessus mentionné, situé sur la crête de Dang-Reck, la frontière suit la ligne de partage des eaux entre le bassin du Grand- Lac et du Mékong d'une part, et le bassin du Nam-Moun d'autre part, et aboutit au Mékong en aval de Paks-Moun, å l'embouchure du Hue-Doué, conformément au tracé adopté par la précédente Commission de délimitation ….

 

Il n'y a pas d'équivoque, la frontière suit la ligne de partage des eaux et elle situe le temple sur le versant nord de la ligne, donc au Siam.

 

 

Le traité du 23 mars 1907.

 

Il réitère la fixation de la frontière sur la ligne de partage des eaux mais la délimitation prévue par le traité précédent inclut par une erreur probablement d'ailleurs involontaire, le temple du mauvais côté de la ligne de partage des eaux.

 

Avant que n'éclate le contentieux devant la Cour Internationale, il n'est pas évident de savoir lequel des deux pays a effectivement exercé des droits de propriété sur le temple. Les Cambodgiens invoquent le fait que le Prince Damrong se soit rendu sur les lieux en 1930 et y ait rencontré des officiels français arborant le drapeau tricolore sans protester ou de parler d'approbation tacite de la Thaïlande, mais il est constant en droit que qui ne dit mot ne consent pas.

 

 

J'écarte évidemment les arguments ad populum, les Thaïs prétendant qu'il est chez eux, ce qui est probablement vrai mais devenu judiciairement faux et les cambodgiens « Il est à nous puisque nous l'avons construit » ce qui est juste mais un tel argument aurait permis à Mussolini de revendiquer le Pont du Gard !

 

 

La procédure ayant abouti à l'arrêt du 15 juin 1962

 

J'y ai consacré plusieurs articles en ayant longuement consulté sur le site de la Cour de Justice le détail de cette procédure et de ses multiples annexe (2). Il faut le situer dans son contexte temporel. Ce n'est pas un procès entre le Cambodge et la Thaïlande mais entre le Cambodge et la France, le Cambodge n’ayant alors aucun moyen d'organiser un tel déploiement procédural dont le coût dépassait de toute évidence ses capacités. La justice de la Cour internationale est alors incontestablement coloniale ou colonialiste. Il suffit pour s'en convaincre de voir la liste des protestations véhémentes suscitées par une décision de 1966 concernant le Sud-ouest africain, protestations unanimes de l’Égypte, de Madagascar, du Nigeria, de la Côte d'Ivoire, du Tchad, de Ceylan, de l'Urss, du Canada, du Nigeria, de l’Éthiopie, de Pékin, de la Guinée et la voix plus mesurée mais ferme du Président Senghor (3).

 

 

C'est dans ce contexte qu'il faut voir la décision de la Cour d'écarter toute notion d'erreur invoquée par la Thaïlande, sa jurisprudence constante consistant à nier la possibilité d'erreur dans un litige concernant des États souverains. Ne revenons pas sur les conditions dans lesquelles le Siam avait signé les traités de 1904 et 1907, traités évidemment inégaux.

 

 

J'ai été conduit à parler d'une ambiance nauséabonde, je persiste : Son-Sann, premier ministre de l'époque raconte la préparation du dossier, préparation bien singulière puisqu'il avoue avec impudence qu'il a purement et simplement obtenu, par de tortueuses manœuvres avant le procès, le soutien de plusieurs sinon directement des quinze magistrats, du moins celui de leur pays. Il avoue même avoir visité dl'un des juges dont j'ai préféré rayer le nom, "très porté sur l'alcool"

 

 

Il se réjouit avec une égale impudence que son pays ait à ses côtés dans son équipe d'avocats la propre fille de l'un des quinze qui allait donc plaider devant son père, la déontologie en prit un sacré coup...Suzanne Basdevant face à Jules Basdevant....

 

 

Les mémoires de ses manigances, je ne les ai pas inventées, elles sont toujours accessibles sur Internet :

https://www.scribd.com/doc/50243303/Memoire-de-Son-Sann-sur-Preah-Vihear

 

 

La vision sur le terrain

 

Je n'y reviens pas mais j'ai à l'époque oublié ce qui me semble être un élément essentiel, la connaissance in situ. Lorsque j’étais avocat, je ne manquais pas dans ce genre de procédure – en l’occurrence, il s'agissait d'un bornage à grande échelle – non seulement d'aller sur les lieux mais également d'obtenir des magistrats de prendre de leur précieux temps pour organiser une descente sur les lieux. N'ayant pas la possibilité de m'y rendre, j'ai cherché à en avoir une description aussi précise que possible de ses visiteurs.

 

 

Une première constatation m'a frappé. Dans le dossier présenté à l'Unesco pour l’inscription du temple au patrimoine mondial, le Cambodge produit une vue cavalière (« empruntée » sauf erreur de ma part à Lunet de la Jonquières ?)  et une vue aérienne prise également du côté siamois ou nous voyons une pente douce qui descend doucement vers le nord siamois.

 

Pourquoi n'y a -t-il pas de vue côté cambodgien ? C'est justement parce que le temple est pratiquement inaccessible (sous entendu « du côté de chez nous » disent les Cambodgiens) qu'il a été si bien conservé...ce qui n’empêchera pas le Cambodge de revendiquer les œuvres d'art dont la Thaïlande se serait emparé sur le site dans le années 50. Toutefois, lorsqu'Aymonier le visite en 1901, nous allons y revenir, le lieu est à l'abandon mais fréquenté par des pèlerins venus du nord essentiellement du district de Khukhan (ขุขันธ์), actuellement dans la province de Sisaket, le district frontalier le plus proche du temple. Lunet de la Jonquière aussi constatera en 1907 qu'il est à l'état d'abandon. Il n'y a apprememnt pas de pélerins cambodgiens qui ont suffisament à faire avec leurs centaines de temples

 

 

 

 

Comment donc accéder au temple ?

 

J'ai donc cherché quelques descriptions de ses visiteurs que je suppose honnêtes.

 

Depuis la Thaïlande jusqu'au Cambodge, en dehors de l'accès par voie de mer, il n'y a que deux accès qui contournaient le chaîne des Dangrek. Une mauvaise piste partie de Samrong conduit à une passe et surtout à l'ouest une large trouée depuis Sisophon qui fut la voie classique des invasions réciproques dans un sens ou dans l'autre. L'accès au temple ne peut alors manifestement se faire que du côté siamois

 

Sur cette carte du Guite Taupin de 1937, nous voyons Samrong en B  et Sisophone en A, le temple est en C. Nous verrons plus bas ce qu'il en était de  la piste qui y aboutit depuis le sud

 

 

En 1901 dans « Le Cambodge – les provinces siamoises » Aymonier nous le décrit : « La montagne de Preah Vihéar, en saillie de deux cents mètres environ sur le plateau supérieur, descend vers le Nord en pentes très douces et couvertes de forêts ». C'est évidement de là que venaient les pèlerins et non du pied de la falaise. La description qu'il nous en donne démontre à suffisance qu'il y a accédé par la voie sacrée du nord et non depuis le Cambodge et que la jungle n'y était pas d'une densité telle qu'elle en interdisait l’accès.

 

En 1904, il écrit toujours Aymonier écrit dans « Le Cambodge – le groupe d'Angkor et l'histoire » que tous à l'époque s'accordaient à placer la chaîne des Dangrek dans un territoire « notamment siamois ».

 

Quelques années plus tard, le capitaine Lunet de la Jonquières chargé de faire l'inventaire des monuments du Cambodge le fit dans deux épais volumes intitulés « Inventaire descriptif des monuments du Cambodge ». Lui aussi a accédé au temple par la voie sacrée. Il en décrit un total état d'abandon dont il se demande s'il est dû aux ravages du temps mais émets une hypothèse qui a son poids. Les dégradation affectent le sanctuaire seul, à l'exclusion des autres parties du temple qui n'ont eu à souffrir que de l'abandon où elles ont été laissées mais il est aussi possible que ces déprédations soient dues à une réaction contre l'hindouisme des rois cambodgiens, lorsque les envahisseurs eurent été chassés du Siam ? Il est aussi possible, ce n'est qu'une hypothèse, que le temple ait tout simplement servi de carrière comme le fut le Colisée par les Romains ou les pyramides par les arabes, à moins qu'André Malraux ne soit passé par là ?

 

Certes, les travaux d'Aymonier et du Capitaine Lunet de la Jonquières consistèrent à décrire ces monuments, leur architecture, leur décoration et leur épigraphie mais il est singulier de noter qu'ils nous disent y avoir accédé par la voie sacrée au nord qui fait quelques huit cent mètres aménagés en avenue coupée de portiques et d'escaliers, et qui s'étage d'escaliers en paliers. Alors que tous ces temples ont le plus souvent une entrée unique, aucun ne nous parle d'un accès par une voie partant de la plaine cambodgienne plein sud. Il est évident que leurs méticuleuses observations n'auraient pas laissé échapper l'existence d'un autre accès alors probablement envahi par la végétation ? Ils étaient par ailleurs à l’affût de renseignements que fournissait la population locale, Aymonier avait ses interprètes et Lunet parlait le siamois, on peut penser qu'à cette époque les habitants de ce secteur ignoraient totalement cet accès ?

 

Si il existait et il existait, il est probable qu'à cette époque, il était complètement envahie par la végétation tropicale. Le dossier déposé à l'Unesco par le Cambodge pour l'inscription au patrimoine mondial nous dit que le tempe est situé au haut d'une falaise vertigineuse mais ne donne pas la moindre précision sur un accès possible depuis la plaine du Cambodge qu'il se contente de signaler. Il se garde encore de donner la moindre précision sur sa fréquentation du temple par des fidèles venus du sud.

 

 

La première mention de cet accès, nous le devons à l'infatigable Madrolles dans son guide de 1926 « Indochine du Sud. de Marseille à Saïgon ; Djibouti, Éthiopie, Ceylan, Malaisie, Cochinchine, Cambodge, Bas-Laos, Sud-Annam, Siam » (page 136). Je le cite « Prah-Vihear est situé à 730 met. d'alt. sur une crête de la chaîne des Dangrek. Son accès est encore difficile et peu d'étrangers le visitent. On peut s'y rendre par deux voies : I° celle du N. par le plateau gréseux. 2° celle venant des plaines du Cambodge. Cette dernière aboutit à un escalier taillé dans la roche, coupé de paliers inégaux, long de plus d'un kilomètre pour gravir 400 mètres de la falaise abrupte.

 

 

Par cette escalade, on arrive sur le plateau à proximité du premier portique du temple ». L'arrivée est marquée A ci dessous

 

 

S'il décrit longuement la voie sacrée, il ne nous donne aucune précision sur les détails de cette escalade. Il est probable qu'à cette époque, l'escalier taillé dan la roche granitique avait été dégagée de l'envahissante végétation tropicale ?

 

 

Pour entreprendre cette escalade, encore fallait-il savoir comment atteindre le pied de l'escalier ? J'ai au moins un embryon de réponse qui est postérieur de 10 ans : « Gouvernement général de l'Indochine française. Réponses aux vœux émis par le Grand conseil des intérêts économiques et financiers de l'Indochine au cours de sa session ordinaire de 1937 ». Elle concerne la piste qui aboutit au point C marqué sur la carte ci dessus :

 

« Vœu n° 64 tendant, à obtenir la transformation de la piste locale, reliant Kompong-Thom au Pra-Vihear, en une route touristique empierrée et asphaltée : Le Grand Conseil : Considérant que malgré les efforts faits à l'étranger pour faire connaître les merveilles que recèle le Cambodge, les touristes ignorant qu'il existe d'autres ruines d'une valeur égale à celles d'Angkor, connues du monde entier, se contentent de visiter ces dernières seules ; Considérant que notre devoir pour assurer le succès de nos entreprises touristiques, est de retenir le plus longtemps possible les touristes au Cambodge, en leur faisant visiter le plus de choses intéressantes possibles ; Considérant que le Pra-vihear, éperon montagneux, surplombant de plus de six cents mètres, les plaines cambodgiennes, laotiennes et siamoises, sur lequel sont édifiés huit temples magnifiques, en bon état de conservation, malgré leur ancienneté millénaire, constitue un centre d'attraction touristique de premier ordre, et qu'il y a lieu d'y attirer, en plus grand nombre possible, les visiteurs étrangers, Emet le vœu : Que l'Administration du Protectorat et le Gouvernement général envisagent la possibilité d'intensifier la propagande publicitaire à l'étranger, afin de faire connaître à nos futurs visiteurs, ces ruines d'un réel intérêt historique et archéologique, et qu'ils les inscrivent dans leur itinéraire ; Que cependant afin d'éviter toute fatigue inutile à nos visiteurs, qui aurait pour résultat de les décourager, ils envisagent la construction d'une route empierrée et asphaltée, remplaçant l'actuelle piste reliant Kompong-thom au Préa-vihear, car le voyage en automobile, sur ladite piste, outre la trop longue durée (environ douze heures) (aller et retour) est absolument inconfortable ».

 

A ce vœu dicté par la seule cupidité de livrer le temple au tourisme de masse, le Gouvernement répondit :

 

« Le projet de transformation de la route Kompong-thom à Preah-vihear en une route touristique empierrée et asphaltée ne paraît pas présenter d'intérêt majeur au triple point de vue : économique, parce qu'elle traverse une région pauvre et sans possibilités de développement, touristique parce que la distance de Kompong-thom au Preah-vihear est d’environ 280 kilomètres et qu'il est bien peu probable que même avec une route en excellent état le touriste étranger toujours pressé consente, après avoir vu Angkor à faire un crochet supplémentaire de 600 kilomètres pour visiter des ruines, intéressantes certes, mais qui n'offrent pas un intérêt spécial pour le visiteur. Stratégique parce que la transformation de cette route ne présenterait de l'intérêt que si les travaux d'aménagement en route automobilisable étaient effectués en même temps que sur la grande rocade de couverture Sisophon-Svaichek-Samrong, Anlongveng-Cheomkesan-Thalaborivat et la rocade intérieure Siemréap-Beng, Mealea-Kohker, Mélouprey-Thalaborivat, travaux que la situation budgétaire ne permet pas d'envisager/ Économique ; Sous la forme actuelle la piste de Préah-vihear permet la visite de cet intéressant monument pendant toute la saison touristique ».

 

En clair, la route ou plutôt la piste est impraticable en saison des pluies, mais admettant qu'elle doit asphaltée, rien n'est dit sur l'escalade.

 

L'escalier

 

Si l'on en croit Madrolles, il est d'un kilomètres pour gravir 400 mètres ? Il comporterait « seulement »  442 marches pour gravir ces 400 mètres ce qui me semble correspondre à une hauteur moyenne des marches de 45 centimètres. Ce n'est pas un escalier mais une échelle de perroquet. Je fais une comparaison qui en vaut une autre, le plus long escalier du monde d'une seule jetée est l'escalier suisse qui grimpe au Nie sen (dit «la pyramide suisse»), dans l’Orlando bernons. il n'est accessible qu'une fois par année, à l'occasion du «Laurentides», la course qui voit des athlètes du monde entier se lancer à l'assaut de ces quelque trois kilomètres et demi de sueur. Il comporte 11674 marches sur 3500 mètres donc une moyenne de 30 centimètres par marche, ce n'est plus une échelle de perroquet.

 

 

Le plan ci dessus nous montre qu'il ne part pas du pied de la falaise mais sur le flan plein est de la colline et conduit au tout début de la voie sacrée. Il a été doublé actuellement par un escalier tournant à 90° avec des paliers multiples pour adoucir une pente raide mais toujours dans une végétation luxuriante.

 

 

Le dossier déposé par le Cambodge lors de la demande d'inscription au patrimoine mondial est remarquablement discret sur les accès au temple : « L'accès au site peut se faire de deux côtés, cambodgiens comme du côté thaïlandais, depuis le Cambodge par Cham, Ksan (environ 55 km) ou par Along Ven, depuis la Thaïlande via Sisaket par la route 221 (environ 106 km) ».

 

Ainsi donc la Justice internationale a attribué au Cambodge un temple qui est pratiquement inaccessible du côté cambodgien. Le bon sens n'est pas toujours la chose la mieux partagée du monde.

 

Je termine sur une simple supposition qui explique peut-être les raisons pour lesquelles cet accés qui ne fut redécouvert qu'en 1926  : Le temple surplombe la plaine cambodgienne mais il est orienté vers la Thaïlande. Son accès principal vient de cette direction; mais il y a aussi un accès du côté du Cambodge –et cet accès, du fait qu'il est abrupt et difficile - et précisément pour cette raison - doit avoir été conçu délibérément et dans un but précis, pour ainsi dire contra naturam, puisqu'il nécessite une montée de plusieurs centaines de mètres...un pssage sinon secret du moins confidentiel ? Cette raison reste à ce jour mystérieuse.

 

 

NOTES

 

(1)« SIAMESE DOMINATION OF THE LAO-CAMBODIAN FRONTIER REGION». Australian National Thai Studies Conference, RMIT, Melbourne, 12th-13th July, 2001 - Department of History, University of Queensland, Australia.

(2) Voir les articles

24 Affaire Du Temple Vihear : Et Si Les Thaïs Avaient Été Floués ?

https://grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-blog.com/article-25-affaire-du-temple-vihear-et-si-les-thais-avaient-ete-floues-72276720.html

A136. La Décision Du 11 Novembre 2013 De La Cour Internationale Sur Le Temple De Pheah Vihar.

https://grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-blog.com/article-a136-la-decision-du-11-septembre-2013-de-la-cour-internationale-sur-le-temple-de-pheah-vihar-121125783.html

(3) Voir Georges Fischer «  Les réactions devant l'arrêt de la Cour internationale de Justice concernant le Sud-Ouest africain ». In: Annuaire français de droit international, volume 12, 1966. pp. 144-154;

 

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