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  • : Le blog des Grande-et-petites-histoires-de-la-thaïlande.over-blog.com
  • : Bernard, retraité, marié avec une femme de l'Isan, souhaite partager ses découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires, culturelles, politiques,sociales ...et de l'actualité. Alain, après une collaboration amicale de 10 ans, a pris une retraite méritée.
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Pourquoi ce blog ?

  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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14 septembre 2021 2 14 /09 /septembre /2021 13:07

 

 

Nous avons raconté dans un précédent article l’une des vies de Bouddha comme singe lors de ses 547 existences antérieures (Voir notre article A 439 - LES VIES DE BOUDDHA LORSQU’IL ÉTAIT ANIMAL : SES DIX VIES COMME SINGE).

 

 

Il ne pouvait manquer de s’incarner en lion. Dans toutes les civilisations depuis que le monde est monde, le lion est considéré comme le roi des animaux par sa force et son courage, il est capable de s’attaquer à des animaux beaucoup plus forts que lui comme le buffle ou l’éléphant, sa sagesse, son intégrité, sa générosité, son côté protecteur et sa fidélité en amour en dehors de son incontestable beauté physique font qu'il est omniprésent dans les traditions des Indes où naquit le bouddhisme il y a plus de 25 siècles.

 

 

Le Dieu Vishnou, le roi des Dieux et protecteur de l’univers est descendu dix fois sur terre ...réincarné, une fois en la personne de Rama et avec l’aide de l’armée des singes d’Hanuman...

 

 

....vainquit démon du mal. Il le fit une fois sous forme de l’homme-lion, Narasimha, pour vaincre le démon.

 

 

Vers 250 av. J.-C. l’empereur indien Ashoka fit placer un chapiteau sculpté représentant quatre lions au sommet d’un pilier sur le site bouddhiste de Sarnath, où Bouddha avait prononcé son premier sermon, l’un des lieux saints du bouddhisme. Le chapiteau est maintenant conservé dans le musée national  de Sarnath.

 

 

C’est aux missions de l’empereur Ashoka que l’on doit la diffusion du bouddhisme dans toute l’Asie. Quoique le bouddhisme ne subsiste plus aux Indes qu’à l’état symbolique, l’État indien a choisi depuis son indépendance les lions d’Ashoka comme son  palladium.

 

 

Souvent situés à l’entrée des temples thaïs comme protecteurs, leur représentation n’est pas toujours fidèle à la réalité, il ne faut pas oublier qu’il n’y a jamais eu de lions dans notre pays. Ces jataka qui nous narrent les vies de Bouddha comme lion situent sa naissance en général au pied de l’Himalaya, là où est né le bouddhisme.

 

 

Dans tous ces jatakas, nous retrouvons une réincarnation du méchant Devadatta, le perpétuel ennemi de Bouddha, dont triomphe le bon Bodhisattva réincarné en lion dans la lutte éternelle du bien contre la mal.

 

 

SIGALA-JATAKA : Chacun doit rester à la place que lui assigne la providence.

 

Ce Jataka porte le numéro 152.

 


Le  Bodhisattva était venu au monde sous forme d’un jeune lion dans la région de l'Himalaya. Dans sa famille, il avait des frères plus jeunes et une sœur. Tous vivaient dans une grotte d'or. Á côté de cette grotte se trouvait une grotte de cristal située sur une colline d'argent où vivait un chacal. Les lions perdirent leurs parents. Les jeunes lions laissèrent  la lionne leur sœur dans la grotte, pendant qu'ils allèrent chercher de la nourriture et la lui la rapportèrent comme ils le faisaient par le passé pour leurs parents.

 


Le  chacal avait aperçu cette lionne et en était tombé amoureux, mais tant que les vieux parents lions vivaient, il ne pouvait s'en approcher. Quand il vit les sept frères quitter leur repaire pour aller chercher de la nourriture, il sortit de sa caverne de cristal et se précipita vers la caverne d'or. Il s'adressa alors à la jeune lionne en ces termes qu’il croyait séducteurs :

 


« O lionne, je suis une créature à quatre pattes, et toi aussi. Alors sois mon épouse, et je serai ton mari ! Nous vivrons ensemble dans l'amitié et l'amour, et tu m'aimeras toujours ! »

 


En entendant cela, la lionne indignée : « Ce chacal est un animal méchant parmi les méchants et vil comme un homme de basse caste. Je suis de sang royal et ces propos sont inconvenants. Comment puis-je vivre encore après avoir entendu de telles horreurs ? Mes frères seront bientôt de retour,  je leur dirai tout, et ensuite je mettrai fin à mes jours, je retiendrai mon souffle jusqu'à la mort. »  


Le Chacal, n’ayant pas eu de réponse se coucha en larmes.


L'un des jeunes Lions avait tué un buffle et après en avoir mangé une part, il en rapporta une part à sa sœur.  « Non, frère » dit-elle, « je ne mangerai pas une bouchée, car je dois mourir ! » « Pourquoi veux-tu mourir ? » Elle lui raconta ce qui s'était passé. « Où est ce chacal ? » demanda-t-il. « Il est allongé dans la grotte de cristal » répondit-elle. Il se précipita alors d'un bond comme seuls peuvent faire les lions, heurta les parois de la grotte de cristal qui étaient parfaitement transparentes et qu’il ne vit pas. Il s’écroula mort au pied de la montagne. Vint un autre lion auquel la lionne raconta la même histoire, il fit comme son frère et  tomba aussi mort au pied de la montagne.  Six lions périrent ainsi, le dernier était le Bodhisattva. Quand elle lui eut raconté son histoire, il demanda où était le Chacal ? « Il est mot d'amour pour moi et dans les cieux au-dessus de sa colline ». « Un chacal ne peut jamais aller au ciel » pensa le  Bodhisattva. « Je sais qu'il se trouve dans une caverne de cristal ». Il se rendit au pied de la montagne, vit des frères morts et pensa « Ce sont des insensés qui ne savaient pas ce qu'est la caverne de cristal. Je vais faire éclater le cœur de ce chacal quand il sera dans sa grotte ». Il rugit alors trois fois de ces épouvantables et effrayants rugissements, le chacal fut effrayé, son cœur éclata et il périt immédiatement ».

 

 

SUKARA-JATAKA : Le lion perd une bataille et gagne la guerre.

 

Ce jataka porte le numéro 153.

 

Le Bodhisattva était alors un lion habitant une grotte dans les montagnes de l'Himalaya. A proximité se trouvaient une multitude de sangliers, vivant au bord d'un lac et à côté du même lac vivait une compagnie d'anachorètes  vivant dans des huttes faites de feuilles et de branches d'arbres.


Un jour, Le lion avait abattu un buffle et, après avoir mangé à sa faim, il descendit boire au lac. Un sanglier  se nourrissait au bord de l'eau. « Il me servira de repas mais un autre jour, je suis repus » pensa le lion. Le sanglier l'avait aperçu et prit peur.  Le lion lui dit alors « Ami Sanglier  aujourd'hui, il n’y aura pas de combat entre nous et je ne te tuerai pas pour te manger » Et sur ces mots, il partit. Le Sanglier songeait à la manière dont il devrait un jour ou l'autre affronter  le lion. Il  en parla à tous ses amis et parents mais tous étaient terrifiés. Le sanglier prit peur à son tour, conscient de sa témérité et de son audace de seulement penser à affronter le lion. Ses proches lui conseillèrent alors de se vautrer dans la fange et le fumier puant des anachorètes pendant toute une semaine avant de retourner sur les rives du lac. « Les lions sont des créatures propres et si vous vous mettez dans le vent, il ne vous approchera pas  ». C'est ce qui se passa et le lion, chassé par la puanteur, retourna dans sa grotte après avoir tué un autre gibier. Mais lorsque le sanglier raconta à sa famille comment il avait fait fuir le lion, tous prirent peur et quittèrent définitivement la région.

 

 

Ce jataka est singulier. Certes, le lion a gagné en définitive la guerre par défaut en raison de la fuite sans gloire de ses ennemis potentiels mais il avait perdu une bataille dans des conditions qui nous laissent à penser comment vivaient les ascètes et les anachorètes dans l'Inde ancienne dans leur déjection, probablement par esprit de mortification. La sainteté doit-elle ignorer les vertus du savon ? L’Église catholique a canonisé Saint Benoît Labre que la vox populi à sa mort en 1783 considérait déjà comme un saint. Sa légende dit qu’il aurait porté les mêmes vêtements pendant 15 ans de suite sans jamais les enlever, ni les laver, vivant dans la crasse ensuite d'un vœu de mortification qu'il aurait prononcé en 1770… Il aurait souvent dit « Qu'il est doux d'avoir des poux ». Il est en tous cas considéré bien naturellement comme le saint patron des clochards.

 

 

DADDARA-JATAKA : Le silence est d'or.

 

Ce jataka porte le numéro 172.


Le Bodhisattva était né comme lion et roi de nombreux lions. Ils habitaient une grotte d'argent et à proximité, un chacal vivait dans une autre grotte.

 

Un jour, après une averse, tous les Lions s’étaient réunis à l'entrée de la grotte en compagnie de leur chef et rugissaient bruyamment en gambadant comme le font les lions.

 

Alors qu'ils rugissaient et jouaient ainsi, le Chacal poussa son glapissement insupportable. « Voici le Chacal qui prétend nous imiter ! » dirent les Lions. Alors ils se turent en signe de mépris.  C'est alors que le petit lionceau fils du Bodhisattva demanda à son père : « Père, tous ces Lions qui rugissaient et jouaient se sont tus en entendant cette créature. Quelle est-elle qui se trahit ainsi par sa voix ? »  Alors le lion lui dit « Pourquoi nous sommes nous tus quand cet animal a poussé son horrible cri ? C'est un chacal, de toutes les bêtes les plus viles, c'est lui qui  poussait ce cri or les lions détestent sa bassesse, c'est pourquoi ils se sont tus ».

 

 

Le chacal est effectivement à l'opposé du lion. Il est charognard et aussi lâche. Seul, il ne s'attaque qu'à des animaux plus petits que lui et jamais à des proies de sa taille. Mal aimé des hommes, il l'est aussi des lions ! Certes, le Bodhisattva naquit une seule fois comme chacal mais ce fut pour fuir cette vie (Sigala Jataka – No.148). Né comme chacal, il  rencontra le cadavre d'un éléphant, dévora ses chairs et s'installa à l'intérieur de sa dépouille. Lorsque le corps fut complètement asséché, il est resta prisonnier et fit des efforts désespérés pour s'échapper. Un orage éclata enfin humidifiant la peau lui permettant de sortir par la tête, mais non sans avoir perdu toute sa fourrure. Il résolut alors de quitter cette vie de chacal. Pour autant que la liste des jataka suive une chronologie dans les existences successives de Bouddha, dans le suivant il se fit brahmine (Ekapaṇṇa-jataka  No 149).

 

 


SIHAKOṬṬHUKA-JATAKA : Il faut savoir se taire.

 

Ce jataka porte le numéro 188.


Le Bodhisattva était né lion dans les montagnes de l'Himalaya et il avait un petit d'une femme chacal avec laquelle il s'était accouplé. L'enfant ressemblait en tout à son père, fourrure, crinière, griffes mais il avait la voie de sa mère.


Un jour, après une averse, tous les lions gambadaient ensemble en rugissant . Le petit pensa qu'il aimerait rugir aussi mais  glapit comme un chacal. En entendant cela, tous les lions firent silence. Un lionceau du même père mais d'une mère lionne, son demi-frère, dit alors  « Père, ce lion est comme nous sauf par la voix. Qui est-il ? Griffes de lion et pattes de lion mais le cri d'un chacal ».


Le Bodhisattva lui répondit  « c'est votre frère, le petit de la femme chacal, il me ressemble en tout mais il a la voix de sa mère ».


Il donna alors un conseil à l'autre petit fils de la femme chacal : «  Mon cher fils, tant que tu vivras ici garde ta langue dans ta tête. Si tu la dévoile, ils découvriront tous que tu es un chacal ».


Après ce conseil, la créature mi lion mi chacal n'a plus jamais essayé de rugir.


Je ne sais s’il existe des produits  issus de l’accouplement d’un lion  avec une femelle chacal ?

 

 

 

 

 

DADDABHA-JATAKA : Les effets pervers des rumeurs.

 

Ce jataka porte le numéro 322,


Le Bodhisattva est venu à la vie comme un jeune lion et une fois adulte vivait dans un bois. A cette époque, il y avait près de l'océan occidental un bosquet de palmiers mêlé de vilva. Un  lièvre  y vivait sous un jeune palmier, au pied d'un vilva. Un jour, ce lièvre après s'être nourri vint se coucher sous le jeune palmier. Et une pensée le frappa : « Si la terre était détruite, que deviendrais-je ? » Et à ce moment, un fruit mûr de vilva tomba sur une feuille de palmier. A ce bruit, le lièvre pensa : « La terre s'effondre », et en partant, il s'enfuit, sans même regarder derrière lui. Un autre lièvre le vit  partir en courant, comme s'il était mort de peur, et lui demanda la cause de sa fuite de. « Priez et ne me demandez pas » dit-il. L'autre lièvre cria : « Je vous en prie, monsieur, qu'y a-t-il ? » et il continua à courir après lui. Puis le lièvre s'arrêta un instant et dit sans se retourner : « La terre se brise ». Et là-dessus, le deuxième lièvre courut après l'autre. Et ainsi un lièvre puis un autre l'aperçurent en train de courir, et se joignirent à leur poursuite jusqu'à ce que cent mille lièvres s’enfuirent tous ensemble. Ils furent vus par un cerf, un sanglier, un élan, un buffle, un bœuf sauvage, un rhinocéros, un tigre, un lion et un éléphant. Et quand ils demandèrent ce que cela signifiait, on leur dit que la terre était en train de se briser, ils  prirent aussi la fuite. Ainsi, peu à peu, cette foule d'animaux s'étendit sur la longueur d'une lieue.

 

Quand le Bodhisattva vit cette fuite en avant et a entendit que la cause en était  la fin du monde, il pensa : « La terre n'est pas en train de s'effondre si je ne fais pas un grand effort, ils périront tous. Je leur sauverai la vie »

 

Ainsi, avec la vitesse d'un lion, il les précéda jusqu'au pied d'une montagne, et comme un lion rugit trois fois. Ils eurent terriblement peur du lion, s'arrêtèrent dans leur fuite en se tenant tous blottis les uns contre les autres. Le lion leur demanda pourquoi ils s'enfuyaient. « La terre s'effondre » répondirent-ils. « Qui l'a vu s'effondrer ? » dit-il. « Les éléphants savent tout » répondirent-ils. Il a demandé aux éléphants. « Nous ne savons pas », dirent-ils « mais les lions le savent ». Mais les lions dirent « Nous ne savons pas mais les tigres le savent ». Les tigres dirent «  Nous ne savons pas mais les rhinocéros le savent ». Les rhinocéros dirent : « Les beufs sauvages ». Les bœufs sauvages, « les buffles ». Les buffles, « les élans ». Les élans, « les sangliers ». Les sangliers, « les cerfs ». Les cerfs dirent : « Nous ne savons pas mais les lièvres le savent. »  Lorsqu'il interrogea les lièvres, ils lui montrèrent l'un d'entre eux : « C'est lui qui  nous l'a dit ». Alors le Bodhisattva lui demanda, « est-il vrai que la terre se brise ? » « Oui,  je l'ai vu » dit le lièvre. «  Où  viviez-vous, lorsque vous l'avez vu ? » demanda-t-il. « Près de l'océan, dans un bosquet de palmiers mélangés à des arbres de vilva.  Et à un moment précis, j'ai entendu  le bruit de la terre qui éclatait et j'ai pris la fuite ». Alors le lion pensa immédiatement  qu'un  fruit mûr de vilva était tombé sur une feuille de palmier et fit ce bruit sourd, que le lièvre avait sursauté et crut alors que la terre touchait à sa fin, et s'était enfui. « Je découvrirai la vérité », dit-il alors.

 

Il rassura le troupeau d'animaux, et dit : « Je vais prendre le lièvre et aller voir exactement si la terre touche à sa fin ou non, à l'endroit qu'il m'a indiqué. Jusqu'à mon retour, restez tous ici ».   Puis plaçant le lièvre sur son dos, il s'élança avec la vitesse d'un lion, et le déposant dans la palmeraie, il  lui dit : « Viens, montre- moi  l'endroit que tu disais ». « Je n'ose pas, Seigneur » dit le lièvre.  « Viens, n'aie pas peur, » dit le lion. Le lièvre, n'osant pas s'approcher de l'arbre vilva, se tint au loin et cria : « Là-bas, seigneur, est le lieu de ce bruit épouvantable ».

 

Après avoir entendu ce que disait le lièvre, le lion alla au pied de l'arbre vilva, et vit l'endroit où le lièvre était couché à l'ombre du palmier, et le fruit mûr de vilva qui était tombé sur la feuille de palmier, et après s’être assuré que la terre ne s'était pas brisée, il plaça le lièvre sur son dos et avec la vitesse d'un lion revint bientôt au milieu des animaux qu'il avait laissé.  Il leur raconta toute l'histoire et dit : « N'ayez pas peur ». Ayant ainsi rassuré les animaux, il les laissa partir. En vérité, s'il n'y avait pas eu le Bodhisattva,  toutes les bêtes se seraient précipitées dans la mer et auraient péri. Il leur a permis d'échapper à la mort.

 

 

Le vilva est le nom pâli du Aegle marmelos que les coloniaux d'Indochine connaissaient sous le nom de cognassier du Bengale.Dans la religion des Indes anciennes et son fruit faisait les délices du Dieu Shiva, et chaque jour la déesse Lakshmi cueillait mille fleurs pour les offrir le soir à une statue du Dieu,

 

 

Un jour, elle s'aperçut qu’il lui en manquait deux. Il était trop tard pour en cueillir d’autres car le soir était venu et les lotus s’étaient refermés pour la nuit. Elle se rappela que Vishnu avait une fois comparé sa poitrine à des  éclos. Elle décida donc de les offrir en remplacement des deux fleurs manquantes. Lakshmi ôta l’un de ses seins et le plaça sur l’autel avec les autres fleurs. Avant qu’elle ne s’ôte le second, Shiva, qui était très ému par tant de dévotion, apparut derrière elle et lui demanda d’arrêter. Le dieu transforma alors le sein en fruit de Bael et l’envoya sur terre avec sa bénédiction pour qu’il fleurisse près des temples.

 

 

L'arbre ne pousse que dans le sud de la Thaïlande et mesure plusieurs mètres de haut, Le fruit qui est aussi dense qu'un coing pèse au minimum 300 grammes, La page Wikipédia qui lui est consacré précise « Lors de la saison de maturité des fruits, il convient de prendre garde à la chute de ces derniers qui sont durs et relativement lourds et peuvent blesser les personnes ou endommager les objets ou véhicules se trouvant en dessous ».

 

 

Le bon La Fontaine ne pouvait laisser un tel sujet sans fabuler, « Les femmes et le secret » est l'histoire d'un homme qui raconte à sa femme qu'il a pondu un œuf,  « Rien ne pèse tant qu'un secret – Le porter loin est difficile au dames - Et je sais même sur ce fait - Bon nombre d'hommes qui sont femmes ». En moins d'une journée un nombre considérable de personnes furent au courant.

 

 

 JAMBUKA-JĀTAKA : La punition des orguilleux


Ce jataka porte le numéro 335


 Le Bodhisatta était né comme un jeune lion, et habitait dans une grotte de l'Himalaya. Un  jour après avoir tué un buffle et mangé de sa chair, il  rentra chez lui. Un chacal le vit et, effrayé mais  incapable de s'échapper, se coucha sur le ventre. Le lion  lui demanda: « Quesque cela signifie, chacal ». « Seigneur, je souhaite devenir votre serviteur » dit le chacal


Le lion lui dit: « Eh bien, viens donc », et le conduisant à sa grotte, il lui apportait chaque jour de la viande et le nourrissait. Quand le chacal se fut bien engraissé de la nourriture que lui apportait le lion, un jour un sentiment d'orgueil s'empara de lui,  il s'approcha du lion et lui dit : « Mon seigneur, je suis toujours un obstacle pour vous . vous me nourrisez, aujourd'hui, restez ici. J'irai tuer un éléphant, et après avoir mangé à ma faim, je vous apporterai  de la viande ». Le lion  lui dit : « Ami chacal, ce n'est pas bon. Tu n'es pas issu d'une souche qui se nourrit de la chair des éléphants qu'il tue. Je vais moi même tuer un éléphant et t'apporter sa chair. L'éléphant est trop grand pour toi, n'entreprends pas ce qui est contraire à ta nature, ses défenses sont longues, tu es chétif et tu n'es pas en état d'affronter un éléphant ».

 

Le chacal brava ce conseil, sortit de la grotte et poussa trois fois le cri de chacal. Et en regardant vers  la montagne, il aperçut un éléphant noir se déplaçant en dessous, et pensant tomber sur sa tête, il bondit, voltigea dans les airs et tomba aux pieds de l'éléphant. Celu-ci se cconrenta de soulever une patte qu'il planta sur la tête du chacal et lui brisa le crane.


L'éléphant s'éloignat en claironnant. Le Bodhisatta avait vu comment le chacal avait rencontré sa mort, et dit, «  C'est par son orgueil mal placé que ce chacal est mort »

 

 

MANOJA-JATAKA : Il ne faut pas fréquenter les malfaisants.

 

Ce jataka porte le numéro 394.


Il était une fois où un lion qui  vivait avec une lionne dont il avait eu deux enfants, un fils et une fille. Le fils s'appelait Manoja. Quand il fut grand, il prit pour épouse une jeune lionne.  Ainsi ils devinrent cinq  à la maison. Manoja chassait pour nourrir sa famille, ses parents, sa femme et sa sœur.


Un jour, dans son territoire de chasse, il vit un chacal appelé Giriya, incapable de s'enfuir et couché sur le ventre. Par pitié, il emmena le chacal dans sa tanière.


Le Bodhisattva le voyant lui  dit, « Cher Manoja, les chacals sont vils, méchants et donnent de mauvais conseils ; vous avez eu tort de l'emmenez ici ». Manoja passa outre. Un jour, le chacal voulut manger de la chair de cheval et dit à Manoja : « Manoja, à part la chair de cheval, il n'y a rien que nous n'ayons déjà  mangé ; prenons un cheval pour goûter. »  « Mais où sont les chevaux, mon ami ? » « A Bénarès au bord de la rivière ». Manoja l'y accompagna et ils virent des chevaux qui se baignaient dans la rivière. Il s'empara d'un cheval et le jetant sur son dos, il arriva très vite à l'entrée de leur tanière. Son père mangea de la chair de cheval et lui dit  «  Cher enfant, les chevaux sont la propriété des rois, les rois ont de puissants moyens, ils ont des archers habiles. Les lions qui mangent de la chair de cheval ne vivent pas longtemps, désormais ne prenez plus de chevaux. ». Le lion ne suivit pas les conseils de son père et continua à chasser les chevaux.  Le roi, apprenant qu'un lion s'en prenait à ses chevaux, fit construire un enclos pour eux à l'intérieur de la ville. Mais le lion continua à les chasser. Le roi fit construire une étable dans l'intérieur de sa ville. Le lion put franchir le mur et y attraper des chevaux.


Le roi fit appeler un archer d'élite et lui demanda s'il pouvait atteindre lion. Il lui dit qu'il le pouvait et sa posta pour attendre le lion. Celui-ci vint et se précipita pour s'emparer d'un cheval. L'archer pensa que sa vitesse était trop grande mais alors que le lion s'éloignait après avoir pris un cheval, gêné par son poids, l'archer l'abattit d'une seule flèche. Le chacal voyant la scène se dit : « Mon camarade a été tué, il n'y a pas d'amitié avec les morts, je vais maintenant retourner dans mon ancienne maison dans le bois ».


Le lion réussit à se traîner jusqu'à l'entrée de la tanière et jeta le cheval avant de tomber mort. Son père, sa mère, sa sœur et sa femme le voyant, dirent «  La fortune ne sourit pas à ceux qui fréquentent les méchants. Il avait de mauvais camarades. Il en est de même de l'homme qui ne suit pas les conseils de ses vrais amis et des sages. »

 

 

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