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  • : Le blog des Grande-et-petites-histoires-de-la-thaïlande.over-blog.com
  • : Bernard, retraité, marié avec une femme de l'Isan, souhaite partager ses découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires, culturelles, politiques,sociales ...et de l'actualité. Alain, après une collaboration amicale de 10 ans, a pris une retraite méritée.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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17 août 2021 2 17 /08 /août /2021 15:04

 

Nous avons déjà rencontré un moine atypique, Phra Isaramuni (พระอิสระมุนี) qui fut le « directeur spirituel » de Thaksin Chinawat (ทักษิณ ชินวัฒน์) l’ancien premier ministre, et de son épouse (1).

 

 

Ce moine eut une vie personnelle tumultueuse en totale infraction avec l’obligation primordiale des moines bouddhistes, celle de s’abstenir de l’œuvre de chair ce qui lui valut de lourde sanction du Sangha puisqu’il fut défroqué. Il conserve toutefois de fervents admirateurs tant pour ses homélies diffusées sur cassettes ou Internet que par ses nombreux ouvrages de spiritualité bouddhiste.

 

Nous retrouvons la famille Thaksin avec Khruba Siwichai. Il fut le moine le plus célèbre de tout le nord du pays. Il est « Tonbun Haeng Lana » (ตนบุญ แห่ง ลานา), « le Saint du Lanna », toute la partie nord-nord-ouest du pays. L’ancienne premier ministre, Yingluck Chinawat, (ยิ่งลักษณ์ ชินวัฒน์), originaire du nord, a commencé son éblouissante campagne électorale de 2011 par un pèlerinage au sanctuaire du célèbre Wat Phrathat Doi Suthep dans la province de Chiang Mai (วัดพระธาตุดอยสุเทพ) se recueillant spécialement devant sa statue.

 

 

Ce temple, avons-nous vu, est l’un des quatre grands centres spirituels du bouddhisme thaï (2).

 

Beaucoup pensèrent que l’ascension de son frère Thaksin entre 2001 et 2006 tint au fait, ce qu’il n’a jamais contredit bien au contraire, que dans une précédente existence, il était né en 1949, 10 ans après la mort du Saint, il avait acquis de grands mérites en suivant fidèlement l‘enseignement de Khruba Siwichai.

 

 

N’oublions pas que nous sommes en Thaïlande et non en Occident où il serait singulier de voir un homme politique arguer de ce qu’il aurait été dans une vie antérieure fervent disciple du Curé d’Ars ou de Saint Bernard ! Ces rumeurs ont en tous cas été prises très au sérieux par la Presse de l’époque.

 

 

QUI ÉTAIT-IL ?

 

Il naquit le 11 juin 1878, année du tigre, au cours d’un violent orage en saison des pluies, dans une famille pauvre vivant dans un village de la province septentrionale de Lamphun. Il fut alors nommé Inta Fuean (อินตาเฟือน) « celui qu’Indra a créé » ou encore Ai Farong (อ้ายฟ้าร้อง) « le garçon du tonnerre ». Les traditions locales veulent en effet que la naissance d’un saint (Tonbun – ตนบุญ) soit annoncée par le Dieu Indra par des signes naturels, tremblements de terre ou violents orages. Ses parents auraient été d’origine Karen (กะเหรี่ยง). Jeune déjà, il faisait preuve de compassion en refusant de tuer les animaux ou demandant à son père de relâcher ceux qu’il capturait.

 

 

Il acquiert rapidement dans son district la réputation de Phumibun (ผู้มีบุญ) c’est-à-dire d’une personne ayant gagné des mérites ou tout simplement un Saint homme.

 

 

Il pensait aussi que sa naissance dans la pauvreté tenait au fait qu’il n’avait pas acquis assez de mérites dans ses existences antérieures. Il fut ordonné novice (Samnaen – สามเณร) au temple de son village (Wat Banpang – วัดบ้านปาง). Il y étudie jusqu’à 21 ans. Il fut en 1899 alors ordonné dans la chapelle du temple de Ban Hong Luang (วัดบ้านโฮ่งหลวง) dans la province de Lamphun sous le nom de Siwichai (สีวิเชยฺย) et porta désormais le nom de Phra Sriwichai (พระศรีวิชัย) Phra est un terme générique pour désigner les moines, Sriwichai signifiant « Victoire » en pali mais il est le plus souvent appelé Kruba Sriwichai (ครูบาศรีวิชัย), Kruba désigne un maître respecté. Il manifesta toujours des pratiques d’ascète, ne prenant qu’un repas végétarien par jour et en s’abstenant de produits créant une accoutumance, mâcher du bétel ou fumer et bien sûr alcool. Manifestant une grande compassion pour ses semblables, il fut rapidement considéré comme le « moine du peuple ».

 

 

Il est par beaucoup considéré comme un Bodhisattva (พระโพธิสัตว์) c’est-à-dire un bouddhiste ayant franchi tous les degrés de la perfection sauf le dernier qui ferait de lui un Bouddha.

 

 

Après avoir étudié la méditation au temple de Ban Hong Luang, il revient au temple de Ban Pang. Il en est désigné abbé en 1904. Les légendes locales lui prêtent des pouvoirs surnaturels, rêves prémonitoire, pouvoirs télépathiques, ne pas être mouillé par la pluie ou marcher sur les eaux. Une légende amusante veut que recevant d’un villageois l’hommage d’une vigne grimpante il le refusa considérant qu’il était impur. Stupéfait, le villageois retourna à ses vignes et constata que les racines empiétaient sur les terres d’un voisin. À une autre occasion, un homme cruel qui avait battu ses parents apporta à Srivichai une offrande de noix de coco et de divers fruits. Mais celui-ci refusa de l'accepter, disant que l'intérieur des noix de coco était rempli de du sang. L'homme rentra chez lui, fendit les noix de coco et trouva leur l'intérieur était en effet pourri et suintait d'un liquide rouge couleur de sang

 

Il prend souvent la direction des villageois pour entreprendre des constructions, la plus célèbre étant celle de la route qui rejoint le célèbre Wat Phrathat Doi Suthep sur près de 12 kilomètres entre 1934 et 1935.

 

 

Il avait commencé par la reconstruction du temple de son village, début d’une carrière impliquant la réparation et la construction de plus d'une centaine de projets religieux et non religieux tels que des temples, des routes et des ponts.

 

Entre 1920 et 1930, il a ainsi aidé à construire ou à restaurer environ 250 établissements religieux dans toute la région (3).

 
Son charisme attirait des foules immenses partout où il passait. On estime qu’il bénéficiait alors du soutien de 80 pour cent de la population.
 
La rumeur publique fit par ailleurs état d’une nouvelle extraordinaire, une épée avec un fourreau en or était tombée du ciel sur l’autel de son temple, l’épée du Dieu Indra. Indra est le chef du Panthéon cosmologique bouddhiste theravada. Son nom est associé au tonnerre et pluie, il est souvent représenté tenant un éclair et l'épée de la victoire symbolisant la victoire de la justice sur l'oppression. L’affirmation de la possession de l'épée d'Indra par ses incidences ne va faire qu’aggraver ses difficultés avec la hiérarchie religieuse et politique centralisatrice de Bangkok.

 

 

LE CONTEXTE DE LA LUTTE CONTRE LE POUVOIR CENTRAL

 

Sa réputation de Phumibun est acquise sans d’ailleurs qu’il ne s’en soit jamais doté et se soit auto proclamé. Ces Saints hommes sont connus selon les régions sous le nom de Nakbun (นักบุญ), Phuwiset (ผู้วิเสท), Tonwiset (ตนวิเสท), voire d'arahant (พระอรหันต์) ou de Boddhisatva (พระโพธิสัตว์), sans entrer dans des détails sémantiques, tous ces termes peuvent se traduire par « Saints hommes » ou « Hommes ayant acquis de grands mérites ».

 

 

Or, le souvenir de la « révolte des Saints » au débit du XXe siècle est toujours présent. Nous avons consacré plusieurs articles à ces mouvements de révolte contre les réformes d’un centralisme jacobin entreprises par le roi Rama V (4). Nous en trouvons des traces dans le nord-est jusque dans les années 30 (5). Le Lanna, le nord-ouest a ses particularismes tout autant que l’Isan, le nord-est. Le pouvoir central n’a pas la moindre considération pour les ethnies dont l’existence ne sera officiellement reconnue qu’en 2017 (6). Le Lanna a été au cœur de la révolte des Etats Shans, entre Laos, Chine, Birmanie et Thaïlande entre 1902 et 1904.

 

 

Les malheurs du Lanna

 

Entre 1910 et 1920 la région a été marquée par la pénurie, la famine, la maladie, les catastrophes naturelles, le déclin de la morale, où l’on pouvait reconnaître des signes avant-coureurs d’une apocalypse. La liste en est longue (7).

 

La venue d’un sauveur armé de l’épée d’Indra

 

Nous allons alors constater une tendance millénariste qui n’est pas inconnue du bouddhisme populaire et non du bouddhisme orthodoxe, celle de la venue sur terre du maitreya qui a fait l’objet de multiples interprétations.

 

Phra Sri Ariya Maitreya (พระศรีอริยเมตไตรย) ou Phra Maitraya (พระเมตไตรย) communément appelé Phra Sri Ari (พระศรีอาริย์), qui est-il ?

 

 

 

 

La Prophétie de Maitreya  offre l’espoir à des populations qui ont le sentiment de vivre dans la période finale du dharma où l’ordre social et religieux se dégradent et les catastrophes et les désastres se multiplient, elles attendent un sauveur inaugurant une ère nouvelle.

 

 

Un Bouddha est envoyé sur terre à chaque ère cosmique afin de nous montrer la voie. Le Bouddha historique, que nous connaissons sous le nom de Gautama, était le bouddha de notre ère. Maitreya est ou sera celui qui arrivera à la prochaine ère, au moment où les hommes seront de nouveau perdus et plongés dans les ténèbres et le désespoir.

 

Comment ne pas reconnaître en ce Boddhisatva charismatique, sorti du peuple et nom du sérail, qui a reçu en don du ciel l’épée du Dieu Indra lourde de symboles, ce nouveau Bouddha venu sur terre ?

 

La hiérarchie de Bangkok ne pouvait pas apprendre sans frémissements les rumeurs qui couraient sur cet abbé ?

 

 

Les poursuites

 

Sa réputation et probablement la jalousie conduisit certains moines de la région dirigés par des administrateurs civils de la province de Lamphun, à formuler contre lui plusieurs griefs dont le principal était d’ordonner des moines au mépris des exigences du Sangha dont l’accord était nécessaire en sus de celui des autorités administratives locales. Ce sont purement et simplement des accusations de rebellions. Les accusations de pratiques miraculeuses et de la détention de l’épée d’Indra ne furent pas retenues comme ne faisant l’objet que de rumeurs mais il avait été mis en détention pour la durée de l’enquête.

 

Srivichai a passé sa vie au centre de la controverse politique. Il a vécu pendant la période où les royaumes autrefois indépendants du Lanna ont été incorporés sous l'administration siamoise de gré ou de force. Aucune autre personne ne symbolisait plus complètement la résistance du nord.

 

Il fut détenu dans un temple à plusieurs reprises, dépouillé de ses titres ecclésiastiques, et envoyé à Bangkok en 1920 et 1935 pour enquête se soumettre aux enquêtes diligentées par le Patriarche Suprême.

 

Lors de sa deuxième détention à Bangkok en 1935, les conflits dans le nord étaient devenus si forts que les moines dans leur immense majorité y avaient ouvertement rompu les liens avec leurs supérieurs ecclésiastiques du Sangha et déclaré Phra Sri Vijaya comme leur chef.

 

Il dut accepte de signer un document promettant de respecter les règles du sangha central pour être autorisé à retourner vers le nord. Sa signature marque l'incorporation difficile du Lanna dans l'État central de la Thaïlande.

 

Des accusations de messianisme furent portées contre lui. Lors de son premier voyage à Bangkok, il fut dénoncé comme un rebelle, traître à sa religion et à son roi. Si les accusations portées contre lui concernaient au principal celle de mener des ordinations non autorisées, l’une d’entre elle concernait la rumeur selon laquelle une épée avec un fourreau en or était tombée du ciel sur l'autel de son temple et qu'il en avait conservé la possession. L’accuser de posséder l'épée d'Indra, c'était, en fait, l’accuser lui d'être le fer de lance d'une révolte millénariste. Cette accusation fut renforcée par le soupçon qu’il ait été un phi bun donc un chef messianique.

 

 

La population du nord avait des raisons de se chercher un sauveur et le tribunal central thaïlandais avait des raisons de craindre les liens l’unissant derrière la puissance tonitruante de l'épée d'Indra.

 

Pendant sa détention à Chiang Mai avant d'être envoyé à Bangkok, il recevait des centaines de visites. Lors de son retour de Bangkok en juillet 1920, il en était de même à chaque étape. A son arrivée à Lampang le 22 juillet ils étaient des centaines à l’attendre. 15.000 personnes l’accueillirent au temple de Lamphun.

 

Boddhisatva ou pas, Maitreya ou pas, Phumibun - il a toujours récusé ces qualificatifs – sa popularité fut immense.

 

Des statues, des photographies et des amulettes se trouvent dans les temples bouddhistes de la région ainsi que dans de nombreuses habitations et débordent même dans le reste du pays.

 

La mort d’épuisement et de maladie

 

Elle fut, passé ses 60 ans, l’occasion – encore - d’un événement surnaturel. Il l’avait prévue et décéda en versant de l'eau symbolique sur le sol en disant : « Je remets tout le monastère aux soins du sangha ». Tandis que les moines qui l'entouraient chantaient alors qu'il rendait son dernier souffle, le 20 février 1938 au Wat Ban Pang, également l'année du tigre, le ciel s'assombrit et se couvrit de nuages sombres.… Puis des torrents de pluie tombèrent comme pour le baigner. Sa dépouille resta un an au temple avant d’être transférée au Wat Cham Thewi (วัด ชำเทวี) dans la province de Lamphun. La crémation fut tardive, le 21 mars 1946, devant une foule immense. La crémation n’ayant pas été complète, les reliques qui purent être récupérés furent réparties entre divers temples de la région par les autorités (3).

 

Ses statues, photographies et des amulettes se trouvent dans les temples bouddhistes de la région ainsi que dans les habitations et débordent même dans le reste du pays.

 

 

Sa dilection pour les humbles explique évidement le culte que lui voue Thaksin et sa sœur dont la foi bouddhiste ne peut être mise en doute, eux-mêmes ayant voué leur combat politique à la défense des populations déshéritées du nord-ouest et du nord-est.

 

Qu’il me soit toutefois permis de chantonner avec un demi-sourire « Il n’est pas de sauveur suprême, ni Dieu ni César ni tribun » (8)

 

 

NOTES

.

(1) Voir notre article A 430 - L’AFFAIRE DE PHRA ISARAMUNI, DIRECTEUR SPIRITUEL DE THAKSIN CHINNAWAT.

https://grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-blog.com/a-430-l-affaire-de-phra-isaramuni-directeur-spirituel-de-thaksin-chinnawat

 

(2) Voir notre article A 404 - L'EXEMPLE DE QUATRE TEMPLES, SYMBOLES DE LA FUSION DU BOUDDHISME ET DE L’IDENTITÉ NATIONALE THAÏLANDAISE.

https://grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-blog.com/2020/11/a-404-l-exemple-de-quatre-temples-symboles-de-la-fusion-du-bouddhisme-et-de-l-identite-nationale-thailandaise.html

 

(3) Nous en connaissons 41 dans sa province d’origine, Lamphun (ลำพูน), 86 dans la province de Chiangmai (เชียงใหม่), 63 dans la province de Lampang (ลำปาง), 54 dans la province de Chiangrai (เชียงราย), 26 dans celle de Phayao (พะเยา), 2 dans la province de Phrae (แพร่), 4 dans la province de Maehongson (แม่ฮ่องสอน), 1 dans la province de Tak (ตาก) et 1 dans la province de Sukhothai (สุโขทัย).

La liste complète des temples qu’il construisit et de ceux qui conservent ses reliques est donnée sur la page Wikipédia qui lui est consacrée (en thaï) : https://th.wikipedia.org/wiki/ครูบาศรีวิชัย

 

(4) Voir nos articles

H 32 - LES SOUVENIRS DU PRINCE DAMRONG SUR LA « RÉVOLTE DES SAINTS » (1900-1902), SAINTS OU BATELEURS ?

https://grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-blog.com/2019/05/h-32-les-souvenirs-du-prince-damrong-sur-la-revolte-des-saints-1900-1902-saints-ou-bateleurs.html

 

140. La Résistance à la réforme administrative du Roi Chulalongkorn. La révolte des "Saints".

https://grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-blog.com/article-140-la-resistance-a-la-reforme-administrative-du-roi-chulalongkorn-la-revolte-des-saints-123663694.html

 

A 419- กบฏผู้มีบุญ - LA RÉVOLTE DES « SAINTS » DANS LE NORD-EST DE LA THAÏLANDE EN 1900 : DES MAGICIENS ET DES PROPHÈTES ?

https://grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-blog.com/2021/02/a-419-la-revolte-des-saints-dans-le-nord-est-de-la-thailande-en-1900-des-magiciens-et-des-prophetes.html

 

(5) Voir notre article

A 305- LA RÉBELLION DE SOPHA PONTRI « LE MUSICIEN » DANS LA PROVINCE DE KHON KAEN (1932-1942).

https://grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-blog.com/2019/02/a-305-la-rebellion-de-sopha-pontri-le-musicien-dans-la-province-de-khon-kaen-1932-1942.html

 

(6) Voir notre article

INSOLITE 25 - LES ETHNIES OFFICIELLEMENT RECONNUES EN THAÏLANDE POUR LA PREMIÈRE FOIS EN 2017.

https://grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-blog.com/2018/04/insolite-25-les-ethnies-officiellement-reconnues-en-thailande-pour-la-premiere-fois-en-2017.html

 

(7) Les malheurs du Lanna pendant cette période ont été très largement décrits dans un très bel article de Katherine Bowie, de l’Université du Wisconsin-Madison : « The Saint with Indra’s Sword: Khruubaa Srivichai and Buddhist Millenarianism in Northern Thailand » in Comparative Studies in Society and History, 2014. Il repose en particulier sur une analyse minutieuse de la presse de l’époque. En ce qui concerne le millénarisme, il est appuyé par une volumineuse bibliographie et par de longues enquètes effectuées sur place.

 

Le Lanna avait déjà connu des périodes de famine, en 1891 et 1892 dans la province de Lampang. Ces périodes devinrent fréquentes entre 1910 et 1920 dans les provinces de Phrae, Lamphun, Lampang, Chiantmai. Les populations sont parfois réduites à manger des racines et de l’herbe verte. Elles sont en outre lourdement endettées et durent souvent donner à gage leurs récoltes futures sur plusieurs années. Ce fut le cas en 1907, 1912, 1913, 1914. Quand il n’y a pas sécheresse, il y a inondation catastrophiques. La malnutrition aggrave les maladies déjà endémiques comme le paludisme. En 1912 éclate une épidémie de variole, de dengue en 1915 et de choléra en 1919. Pour reste de besoin, la région sera frappée par l’épidémie mondiale de grippe en 1918.

 

En plus des maladies affectant les humains, le pays doit subir des épidémies chez le bétail. En 1910, 1911, 1914. 1915, épidémie de charbon et de peste bovine qui tuent les bêtes par milliers. La contagion se répand chez ceux qui mangent les bêtes mortes de maladie.

 

Plusieurs tremblements de terre en 1912 et en 1914 et, fait exceptionnel, des tempêtes de grêle en 1913, 1914 et 1916.

 

La loi sur la conscription militaire de 1905 et appliquée au Lanna en 1914 laisse les travaux des champs aux femmes et aux vieillards.

 

La Première Guerre mondiale est économiquement catastrophique pour la région, bloquant les transports commerciaux entre le Lanna et la Birmanie notamment pour les exportations de bois de teck.

 

Cette situation génère une recrudescence de la délinquance, les vols de bétail en particulier se multiplient.

 

(8) Les paroles de ce chant internationalement bien connu ont été traduites en Thaï. Ces deux versets l’ont été de façon plus ou moins fidèle : « Aucun Dieu n’est jamais venu nous aider – Nous ne pouvons espérer d’aide de personne » (เคยมีหรือ พระเจ้าที่มาโปรดช่วย - หวังอำนวย จากใครไม่ได้).

 

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