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  • : Le blog des Grande-et-petites-histoires-de-la-thaïlande.over-blog.com
  • : Bernard, retraité, marié avec une femme de l'Isan, souhaite partager ses découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires, culturelles, politiques,sociales ...et de l'actualité. Alain, après une collaboration amicale de 10 ans, a pris une retraite méritée.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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3 juillet 2021 6 03 /07 /juillet /2021 04:46

 

Dans des régions sèches comme l'Egypte ou l'Asie Centrale, même les cadavres abandonnés se momifient. Mais dans un pays d'hygrométrie élevée comme le nôtre, le sens commun le mieux partagé juge inconcevable la momification sans utilisation de procédés de nature chimique ou de procédés beaucoup plus élaborés scientifiquement comme ceux sur lesquels plane toujours un secret absolu qui permet la conservation de la dépouille de Lénine depuis 1924.

 

 

Les procédures de momification de l'ancienne Egypte sont connues de longue date, qui permirent à la dépouille de Ramsès II de défier le temps depuis 3000 ans.

 

 

Les cas de momification naturelle sans traitement particulier du corps ne sont pas exceptionnels, les moines de Palerme,

 

 

les Cappuccini de Rome (Santa Maria délia Concezione),

 

 

ou encore le corps momifié de Saint Jean de Rilla en Bulgarie,

 

 

ceux du  Monastère des Cavernes (Poscëvskaja Lavra) de Kiev

 

 

ou celui de Sainte Bernadette, découvert intact lors de son exhumation lors des démarches entreprises pour sa béatification puis sa canonisation, trois reconnaissances du corps ont eu lieu en 1909, en 1919 et en 1925. Sa dépouille demeurée intact, est toujours exposée dans la chapelle principale du Sanctuaire.

 

 

La présence de dépouilles intactes et pieusement conservées de moines bouddhistes est connue de longue date au Japon, en Inde, en Chine, en Mongolie, au Tibet. Nous retrouvons le culte des reliques très répandu dans tout le monde bouddhique, Inde comprise en dépit de l'usage de la crémation, lui aussi d'origine indienne qui réduit en principe les reliques aux résidus de la combustion, ossements, cheveux, dents, ongles.

 

 

Elles seraient liées à une pratique de moines observant une ascèse extrême permettant à leur corps de ne pas connaître la putréfaction. Cette momification du vivant du pratiquant devient la preuve de sa foi et de la force de sa pratique, le moine est considéré comme étant devenu Bouddha en ce corps. 

 

 

Il existe en Thaïlande de nombreuses momies de saints moines restées intactes hors tout procédé de conservation. Elles sont abritées dans des cercueils de verre, si elles ont échappé à la putréfaction, elles n'échapperaient pas aux rats !  L'inventaire en reste à faire car elles ne sont pas au centre des circuits touristiques, ignorées en général des guides ou des sites Internet et objet d'un culte qui est incompatible avec une curiosité morbide comme nous pouvons le voir à Koh Samui.

L'un de nos amis fidèles, Loris Curtenaz anime un site exceptionnel consacré à quelques centaines de temples de Thaïlande qu'il considère comme les plus beaux ou les plus spectaculaires, La plupart sont ignorés de tous les guides ou sites touristiques et son seul site « vaut la voyage » (https://temple-thai.com/), Il m'écrit « En ce qui concerne les moines momifiés, il y en a effectivement beaucoup, au moins une centaine. J'avais trouvé un lien qui les répertoriait mais il ne fonctionne plus ». (Notons au passage qu'il y a environ 35000 temples dans notre pays),, « J'en ai croisé une quinzaine en tout. Comme j'ai perçu que le sujet pourrait intéresser, j'ai aussi mis sur pied une rubrique qui recoupe les temples hébergeant un moine momifié. Voici le lien :   https://temple-thai.com/tag/corps-moine/ ,

Une grosse quizaine, Ils sont situés dans toutes les régions du pays,

Les renseignements à leurs sujets sont rarissimes et ne se trouvent généralement qu'en thaï et les reproductions photographiques ne sont pas nombreux même dans les sites Internet ou les pages Facebook des temples. Elles sont en général exposées dans des lieux de culte ouvert au public lors des fêtes bouddhistes mais non ouverts aux profanes. Si d'autres ne sont pas inaccessibles, elles se situent en des lieux ou bâtiments cultuels  non signalés.

 

 

Citons toutefois le Wat Uphairatbamrungbot à Bangkok (วัดอุภัยราชบำรุงโบสถ์) situé dans le quartier chinois. C'est un temple spécifiquement vietnamien qui contient la dépouille d'un moine naturellement momifié.

 

 

D'autres temples de la capitale  exposent ces dépouilles, citons le  Wat Paknam (วัดปากน้ำ),

 

 

le Wat Wetawanthammawat (วัดเวตวันธรรมาวาส)

 

 

et le Wat Liapratbamrung (วัดเลียบราษฎร์บำรุง).

 

 

Hors la capitale, le temple de Bang Pra (วัดบางพระ) à 50 kilomètres à l'ouest de Bangkok  dans la province de Nakon Pathom contient la dépouille conservée intacte de Luang Phor Pern (หลวงพ่อเปิ่น) mort en 2002 à 79 ans.

 

 

Dans la province de Lampun, citons le Wat Phrabat Huaitom (วัดพระบาทห้วยต้ม)

 

 

où se trouve la dépouille de Pou Khruba Chaiyawongsa (ปู่ครูบาชัยยะวงศา), un moine bouddhiste célèbre dans la région, connu sous le nom de Khru Bawong (ครูบาวงศ์), un ascète bouddhiste vénéré qui a quitté son écorce terrestre le 17 mai 2000, le 17 mai, dont le corps, qui ne s’est point décomposé, fait l’objet d’un culte fervent. 

 

 

Il se trouve également la dépouille d'un autre ascète vénéré, Khruba chaoaphichaikhaopi (ครูบาเจ้าอภิชัยขาวปี) Il n'y a pas à ce jour une exploitation touristique morbide. Il est vrai que le temple est à l’écart des circuits touristiques et que l'exposition des dépouilles au public sorties de leur cercueil de verre ne se fait qu'à l'occasion de fêtes bouddhistes.

 

 

Je ne parle dans ce modeste article que de deux dépouilles que j'ai visitées et surtout sur lesquelles j'ai pu obtenir des précisions qui me permettent d'en parler à bon escien.

 

UNE MOMIE UNIVERSELLEMENT CONNUE ET UNE AUTRE À L'ÉCART DES VISITES INTEMPESTIVES

 

LE WAT KUNARAM DE KOH SAMUI

 

Il en est  un qui est (trop) connu de tous, celui du Wat Kunaram (วัดคุณาราม) dans l'île dite « paradis touristique » de Koh Samui, qui contient la dépouille incorruptible de  Luang Phor Daeng Piasilo  (หลวงพ่อแดง ปิยสีโ) ou Phrakhru Somthakittikhun (พระครูสมถกิตติคุณ) en position de méditation dans une cage de verre, les yeux abrités derrière des lunettes de soleil peut-être parce qu’il est mort les yeux grand ouverts ?

 

 

Originaire de l'île, il passa 29 ans et 8 mois dans ce temple, célèbre par sa vie ascétique, sa piété et sa connaissance du Vipassana Thura(วิปัสสนาธุระ), le travail de méditation. Il mourut à 79 ans et 8 mois ayant annoncé sa mort à ses disciples le 6e mois de 1973 en leur demandant de lui réserver un cercueil dans lequel il serait assis dans la position qu'il aurait eu à sa mort, assis les jambes croisées, ce qu'il advint.

 

 

A cette date, l'île déjà connue des « routards » attirés non pas pour son charme alors sauvage mais tout simplement parce qu'il y prolifère un champignon hautement hallucinogène, le Psilocybe cubensis....

 

 

.....s'ouvrit rapidement au « tourisme de masse » par la multiplication des services de ferries puis la terminaison de la construction de son aéroport en 1989.

 

 

Les autorités du temple firent de cette relique une curiosité touristique fort lucrative. Il y a des marchands dans tous les temples. Pour trouver le site, il suffit de suivre les processions de minibus et d'autocars de touristes, étape obligée d'une visite de l'île pour des visiteurs animés d'une curiosité morbide. Il existe, soit dit en passant, deux autres temples bouddhistes sur cette île qui en compte une trentaine, contenant la relique d'un moine momifié dans des bâtiments cultuels soigneusement fermés au public. Inconnus des guides, je n'ai pu les visiter qu'accompagné d'une personnalité locale mais je n'ai pu recueillir la moindre explication à l'expresse condition de ne pas prendre de photographies. Il y aurait dans la ville même de Suratthani deux autres temples contenant la dépouille non putréfiée de moines vénérés mais je n'ai trouvé aucune précision autre que la quasi-certitude de leur existence.

 

La vie même de ce moine démontre qu'il aurait lui-même de son vivant refusé à ce qu'il devienne post mortem non pas un enseignement aux générations futures pour la méditation mais une source de profits (1).

 

 

LE WAT  KHAO SUWAN PRADIT DE DONSAK

 

Á quelques encablures de Koh Samui, sur le continent, se trouve le village de Donsak (ดอนสัก) où se situe le port d'arrivée et de départ des ferries pour l'île.

 

 

Nul touriste ne s'y arrête. C'est une bénédiction pour le respect dû à la dépouille mortelle d'un autre moine vénérée. La curiosité m'y a conduit sur les conseils, faut-il le dire, du propriétaire d'un restaurant où j'avais quelques habitudes pour y déguster des fruits de mer dont je suis friand à des prix qui ne sont pas ceux que l'île concocte à des touristes.

 

 

On y vénère dans le Wat Khao Suwan Khao Pradit (วัดเขาสุวรรณประดิษฐ์)....

 

 

.... le corps momifié de Phrakhru Suwanpraditkan ou Luang Pho Choi Thitapunyo (พระครูสุวรรณประดิษฐ์การ หลวงพ่อจ้อย ฐิตปุญโญ) mort en 1993 abrité dans un cercueil de verre. Il doit sa réputation tout autant à sa piété qu'aux œuvres purement civiles accomplies avec le soutien de la famille royale (2).

 

 

UNE OU PLUSIEURS EXPLICATIONS SCIENTIFIQUES OU RATIONELLES ?

 

Il peut paraître singulier qu’un corps humain se conserve ainsi au fils des ans sans signe de décomposition et sans qu’il y ait eu un processus manuel de momification. Il n'apparait pas qu'aucune de ces momies ait fait l'objet d'analyses médicales poussées ce qui pourrait d'ailleurs être considéré comme un sacrilège pur et simple. Cela a pourtant été fait au Japon où il y a même eu des momies disséquées ce qu'il n'est même pas permis d'envisager chez nous ! (3)

 

 

L'explication des fidèles se résume à ceci : des états spirituels supérieurs, atteints par une intense méditation, agissent sur la conservation des corps. Cet état spirituel est alors proche de celui du Bouddha historique. La conscience, sous une forme subtile, voyage hors du corps grossier.

 

Nous relevons que ces momies sont celles de bonzes ayant atteint un âge avancé, ayant subi un régime alimentaire ascétique qui les déshydrate, toutes graisses disparaissant de leur corps, ils n'ont plus que la peau sur les os. Leurs pratiques ascétiques favorisent la dessiccation du corps qui deviendra comme la fleur d'un herbier.

 

 

L'explication la plus plausible m'a été donnée par mon vieil ami, le « chimiste » de Koh Samui serait  la formation d'adipocire qui n'est pas incompatible avec le climat tropical interdisant une simple dessiccation. Les lipides du cadavre se transforment en atmosphère humide en ce qu'on appelle « le gras du cadavre » qui recouvre son épiderme.  Cette gangue étanche qui aurait la consistance de la cire empêche les bactéries responsables de la putréfaction de prospérer ? C'est ce qui aurait permis la conservation de la dépouille de Napoléon, intacte à l'ouverture de son cercueil 20 ans après sa mort avant son transfert pour la France. Fort légitimement, le Ministre des armées s'est opposé à toute ouverture de son cercueil pour que des scientifiques puissent le disséquer et rechercher les raisons de sa conservation dont on ne sait si elle subsiste à ce jour.

 

 

Ceci dit, les analyses effectuées sur des moines momifiées au Japon (4) ont révélé que des procédés de conservation chimique avaient été utilisés et que beaucoup avaient été éviscéré ce qui avait été probablement le cas de Napoléon avant sa première inhumation.

 

 

Pour nos saints moines de Thaïlande, il est certain que leurs viscères sont toujours à l'intérieur de leur dépouille, qu'aucun procédé de momification artificielle n'a été utilisé, qu'ils ne seront jamais disséqués et resteront probablement longtemps encore objet de la vénération des fidèles.

 

 

NOTES

 

(1) Né sous le nom de Daeng Sichan (แดง สีชั้น), dans le petit village de  Ban Tapho (บ้านตะพ้อ) dans le sous district de Na Mueang (ตำบลหน้าเมือง), district de Koh Samui (อำเภอเกาะสมุย), province de Surat Thani (จังหวัดสุราษฏร์ธานี), fils de Luang Phithak (หลวงพิทักษ์) et de son épouse Nang Noihit Sangarat (นางน้อยหีต สง่าราษฏร์). Il fut ordonné moine à l'âge de 20 ans et quitta le Sika (สิกขา – la robe) pour se marier à Nang Khiao Thonghip (นางเขียว ทองทิพย์) à Lamai (ละไม), sous district de Maret (ตำบลมะเร็ต) toujours sur son île. Retourné à la vie civile, ils eurent six enfants. À l'époque de la Seconde Guerre mondiale, le riz était rare et la population subissait des restrictions alimentaires. Il se signala par son aide à ses voisins en nourriture, vêtements, médicaments. A la fin de la guerre avec un ami Nai Roi (นายโรย), ils furent tous deux ordonnés moines par Phra Kru Thipajanakunarak (พระครูทีปาจารคุณารักษ์) originairement Mibunsin(มีบุญสิน), l'un des abbés les plus respectés de l'île, en son temple de  Wat Samret (วัดสำเร็จ), probablement l'un des temples les plus anciens de l'île. C'était en 1944, il avait alors 50 ans.

 

Il alla ensuite pratiquer la méditation sur le continent, dans la grotte de Tham Yai (ถ้ำยาย) au pied de la colline de Khao Mangaeng (เขาหมาแหงน), située dans le district de ThungTako (ทุ่งตะโก) dans la province de Chumphon (ชุมพร). Il y suit l'enseignement de Phrakhru Prayut Thammasophit (พระครูประยุตธรรมโสภิต) (ou ทองไหล สิริวฑฺฒโน- Thonglai Siriwattano), abbé du temple de Lamai qui lui enseigne les règles des méditations. Il y vécut deux ans. Il se place ensuite sous la protection de Luang Phod Daeng Tiso (หลวงพ่อแดง ติสฺโ) au monastère de Hua Laem So (หัวแหลมสอ) aujourd'hui connu sous le nom de Wat Phra Chedi Laemso  (วัดพระเจดีย์แหลมสอ).  Ce temple abrite dans son enceinte un chedi contenant des reliques de Bouddha venues de Ceylan

 

 

.....et un ex-voto singulier à rendre jaloux les marins qui ont décoré Notre-Dame-de-la Garde, la réplique d'un navire grandeur nature construite il y a une dizaine d'années par un patron-pêcheur remerciant ainsi Bouddha d'avoir échappé à un naufrage. 

 

 

Il y reste 5 ans et se trouve ensuite au Wat Sila Ngu (วัดศิลางู) à Lamai, où il pratique la méditation dans une modeste cabane pendant trois ou quatre ans.

 

 

Apprenant que Chao Khun Phra Phimoltham (เจ้าคุณพระพิมลธรรม) enseigne la méditation Vipassana (วิปัสสน) au Wat Mahathat (วัดมหาธาตุฯ) à Bangkok il s'y rend pour suivre cet enseignement et entraîner son esprit à parfaire sa pratique de la méditation Vipassana et de l'introspection jusqu'à pouvoir méditer jusqu'à 15 jours sans bouger autrement qu'en prenant un seul repas par jour et avoir un corps dur comme une buche.

 

 

Il acquiert une totale maitrise et le corps professoral du temple le renvoie alors enseigner la méditation sur son île. Le Sangha achète des terres dans le sous district de Bo-Phut (ตำบลบ่อผุด) pour y construire un temple de Vipassana, le Wat Boontharikaram (วัดบุญฑริการาม) ou encore Wat Phang Bua (วัดพังบัว) où il enseignera la méditation à une foule de novices et de moines upasaka et upasikas (อุบาสกและอุบาสิกา) et ce pendant vingt ans.

 

 

Vieillissant, il tomba gravement malade. Les voies de communication sur l'île à cette époque étaient inexistantes et le médecin ne put venir à temps. Remis sur pieds, des disciples et sa famille l'invitèrent à rester au Wat Kunaram (วัดคุณาราม) dans le district de Na Mueang (ตำบลหน้าเมือง), le temple de son village natal. Se sentant mourir, alors que ses proches le savaient vieux mais en bonne santé, il demanda à deux profanes de lui préparer un cercueil ou il pourrait être placé dans la position assise de la méditation. Il annonça sa mort pour le 6 mai 1973. Elle survint à la date annoncée, il avait 79 ans et 8 mois.

 

 

(2) Wat Khao Suwan Khao Pradit (วัดเขาสุวรรณประดิษฐ์) s'appelait à l'origine Wat Khao Lan (วัดเขาล้าน), situé sur une colline du village de Ban Thong Mai (บ้านท้องไม) dans le sous-district et district de Donsak (ดอนสัก) dans la province de Surat Thani (สุราษฎร์ธานี) un lieu où réside selon les croyances locales la déité protectrice de la région, Pho Than Yot khao (พ่อท่านยอดเขา), tout simplement le père de la montagne. A en croire les explications que nous ont donné un sacristain du temple, il aurait délivré la région d'un monstre marin dont le squelette est toujours conservé ? Se non è vero è ben trovato ! Il s'agit probablement d'un rorqual, l'espèce est toujours présente dans le golfe.

 

 

La construction fut entreprise par le premier abbé, Phra Achan Thong Inthasuwanno, (อาจารย์ทอง อินทสุวณโณ), originaire de la province sudiste de Songkla (จังหวัดสงขลา) qui mourut en 1957. Plus tard, l'abbé Phra Det (พระเดช), probablement pour éviter le rappel d'une déité animiste, changea son nom en Wat Khao Suwan Khao Pradit que l'on peut traduire par temple de la montage de bon augure.

 

 

Les rares visiteurs peuvent être attirés essentiellement par la vue imprenable sur les « cent îles » qui émergent de la mer, que l'on a du pied du Chedi où sont conservé des reliques de Bouddha.

 

 

Au bas de la colline dans un petit oratoire à l'écart de la route qui conduit au sommet de la colline et non signalé sur les rares sites consacrés au temple, se trouve donc sur un autel dans un cercueil de verre le corps momifié de Phrakhru Suwanpraditkan ou Luang Pho Choi Thitapunyo (พระครูสุวรรณประดิษฐ์การ หลวงพ่อจ้อย ฐิตปุญโญ) mort en 1993. Né en 1905 dans la province de Songkla et à la suite d'événements familiaux et d'une jeunesse difficiles, son père l'envoya vivre chez une parente à Donsak. Il revint à l'âge de 20 ans à Songkla où il fut ordonné moine temporaire pour la durée du carême bouddhiste. Il se maria et eux neuf enfants et ensuite, revint à Donsak. Il y vécut d'agriculture, de jardinage, de la combustion de charbon de bois et devint ensuite médecin. Le 10 décembre1947, il fut ordonné pour la deuxième fois au temple Don Yang (วัดดอนยาง), sous-district de Tha Thong  (ตำบลท่าทอง), district de Kanchanadit  (อำเภอกาญจนดิษฐ) toujours dans la province de Surat Thani avec en particulier comme professeur Phra Khru Prajak Worakhun (พระครูประจักษ์วรคุณ), abbé du temple Prasop (วัดประสพ) à Kanchanadit et reçoit le surnom de Chitpunyo (จิตปุญฺโญ). Il annonça alors renoncer définitivement à l'esclavage de la vie profane.

 

 

Revenu à Donsak et en dehors de son ministère religieux, il s'occupe activement de la vie du village dirigeant la construction de routes par des accords amiables avec des propriétaires fonciers. Il participe à l'électrification du village. Il organise la distribution d'eau de la ville au robinet. Il effectue d'importants travaux dans l'enceinte du temple, construction d'abris pour les moines, construction d'une école Phra Pariyat Thamma (โรงเรียนพระปริยัติธรรม), construction de bâtiments conventuels et d'un crématorium et naturellement construction du chedi contenant les reliques de Bouddha et construction d'un monument à la gloire de  Son Altesse  le prince  Vibhavadi Rangsit (พระเจ้าวรวงศ์เธอ พระองค์เจ้าวิภาวดีรังสิต), régent en 1946 et qui lui apporta de larges secours ainsi d'ailleurs que la famille royale.

 

 

Bénéficiant de nombreuses distinctions civiles et religieuses, il reçut en 1987 la distinction de prélat royal (พระราชาคณะชั้นสามัญ) seul de la province de Surat Thani. qui ait été élevé à cette dignité. Elle en fit  le moine le plus élevé dans la hiérarchie bouddhiste de la province.

 

 

Durant les 46 ans qu'il passa au temple, son prestige dépassa largement les frontières de sa province : Du 21 au 23 mars 1970, Son Altesse Royale  Vibhavadi Rangsit lui rendit visite au temple.

Le 16 mai 1970, Sa Majesté le Roi et sa majesté Sa majesté la reine virent assister à une cérémonie religieuse dans l'Ubosot.

Le 17 mai 1976, Sa Majesté le Roi, Sa majesté la reine et Son Altesse Royale la Princesse Maha Chakri Sirindhorn vinrent inaugurer le système d'alimentation en eau du village.

Le 20 septembre 1983, Son Altesse Royale la princesse Maha Chakri Sirindhorn vint poser la première pierre  du Chedi Chaturamuk contenant les reliques du Bouddha

Le 26 avril 1985, Son Altesse Royale la princesse Maha Chakri Sirindhorn et le prince héritier sont venus effectuer la cérémonie de l'installation des reliques de Bouddha.

Il mourut paisiblement le 15 février 1993 à l'âge de 89 ans, recevant l'hommage unanime de ses disciples, de la hiérarchie, des fonctionnaires civils et militaires et de la population.

Ses vertus évitèrent la décomposition de sa dépouille toujours intacte.

Le 16 février 1997, Son Altesse Royale la Princesse Maha Chakri Sirindhorn est venu officiellement présider à l'installation  de sa dépouille dans son cercueil de verre et inaugurer son buste.

 

 

(3) Voir l'article d'Andō Kōsei « Des momies au Japon et de leur culte ». In: L'Homme, 1968, tome 8 n°2. pp. 5-18.

 

(4) Voir l'article de Paul. Demiéville  « Momies d'Extrême-Orient ». In: Journal des savants, 1965, n° pp. 144-170;

 

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