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  • : Le blog des Grande-et-petites-histoires-de-la-thaïlande.over-blog.com
  • : Bernard, retraité, marié avec une femme de l'Isan, souhaite partager ses découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires, culturelles, politiques,sociales ...et de l'actualité. Alain, après une collaboration amicale de 10 ans, a pris une retraite méritée.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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Les Derniers Articles

18 mai 2021 2 18 /05 /mai /2021 04:56

 

 

LES BARGES (ou BARQUES)

 

Le mot « balon », alors utilisé par les Européens pour désigner ces bateaux vient d'une déformation du mot rua ballang (เรือบัลลังก์), littéralement  bateau du trône. Les premières descriptions illustrées que nous en ayons sont celles de La Loubère en 1691 (1). 

 

On y reconnaît les modèles de celles qui aujourd'hui sont encore parfois utilisés pour la procession du Kathin (กฐิน).  Elles le furent pour le couronnement du roi Rama X.

 

 

Nous en connaissons l’origine par un ouvrage du prince Damrong sur la marine de guerre siamoise, publié en 1931 (2).

 

 

C’est sous le règne du roi Maha Chakkraphat qui régna à Ayutthaya de 1549 à 1569 que le roi transforma les bateaux sae  (แซ) en bateaux chai (ไชย) ou encore rueasisat (เรือศีรสัตว์). Selon le prince Damrong, les bateaux à tête d'animal étaient ainsi appelés parce que la pièce qui se dressait au-dessus de l'ouverture avant affectait la forme d'un animal, garuda ou singe par exemple, laquelle servait de signe de ralliement lorsque l'armée évoluait. Le Siam était alors plongé dans les guerres avec les Birmans. Si le rôle des rameurs, qui doivent pagayer en cadences était rude, celui du timonier (นายท้ายเรือ) ne l’était pas moins. Il est maître de la longue pagaie de gouverne (จังกูด – Changkut) qui n’est pas un gouvernail. Le rôle de ce timonier est essentiel. Tous les petits thaïs ont appris l’histoire de la mort héroïque de Phan Thai Norasing (พันท้ายนรสิงห์) sous le règne du « roi tigre » dont nous vous avons entretenu (3).

 

 

Dans un pays où les cours d'eau sont nombreux, il est normal qu'on ait utilisé ces bateaux pour les communications intérieures et le commerce en dehors de leur utilisation comme engins de guerre. Elles furent en temps de paix utilisées pour transporter le roi et les membres de la famille royale et le sont encore épisodiquement, la dernière en date fut celle des cérémonies comme du couronnement du roi en 2019 (4).

 

La première photographie connue de nous date du couronnemment de Rama VII en 1927, elle illustre l'ouvrage "SIAMESE STATE CEREMONIES. THEIR HISTORY AND FUNCTION" de H. G. QUARITCH WALES  publié en 1931 :  

 

 

 

 

Bateaux non pontés à fond plat (d’où leur nom actuel de « barges » qui vient de l’anglais) et sans quille, le poids des pagayeurs sert de lest. Elles sont toujours dirigées par un ou deux timoniers selon leur taille.

 

 

Les plus prestigieuses, de véritables œuvres d’art, dont quatre d’une longueur d’un peu moins de 50 mètres, d’un poids d’environ 15 tonnes et maniées par plusieurs dizaines de rameurs, entre 50 et 74.

La barge principale qui transporte le roi et la reine s’appelle rueaphrathinang  suphannahong (เรือพระที่นั่งสุพรรณหงส์).

 

 

Elle est celle du « cygne doré » qui figure à la proue, la monture du Dieu Brahma. La suivante est  rueaphrathinang (เรือพระที่นั่งอนันตนาคราช). Elle est celle du roi des Nagas représenté à sa proue avec ses sept têtes.

 

 

Elle est suivie de est rueaphrathinanganekkachatphuchong (เรือพระที่นั่งอเนกชาติภุชงค์), la plus ancienne puisque lancée sous le roi Rama V. Elle ne porte pas de figure de proue mais des sculptures de Nagas sur les bat-flancs.

 

 

La plus récente est rueaphrathinangnarayanasongsuban (เรือพระที่นั่งนารายณ์ทรงสุบรรณ) fut lancée en 1996 à l’occasion du 50ème anniversaire de l’accession au trône du roi Rama IX.  Sa proue représente un garuda, homme-oiseau de la mythologie hindouiste, monture de Vichnu et emblème de la Thaïlande. Il est surmonté d’une statue du dieu Naraï (Rama) auquel il sert de monture.

 

 

Ces barges de prestige sont encore accompagnées de quelques douzaines de barges d’escorte plus petites mais tout aussi richement décorées. Celles qui dataient du règne de Rama I furent détruites par les bombardements américains lors de la deuxième guerre mondiale. Elles furent reconstruites en collaboration entre la marine royale et le département des beaux-arts en 1967. Les plus belles comportent en figure de proue un Garuda tenant deux nagas. Toutes ont leurs flancs décorées de motifs traditionnels en laque dorée.

 

 

Si le rôle du barreur était, nous l’avions vu, essentiel pour diriger l’embarcation, celui des rameurs ne l’était pas moins. Il leur fallait synchroniser leurs mouvements et pagayer en cadence. De tout temps, il y eut un chef des rameurs, chez les Grecs, les Romains et les galères de Louis XIV, qui par des chants ou en frappant un tambour marquait la cadence. Le pausarius ou hortator chez les romains entonnait le chant (celeusma - κέλευσμα), et battait la mesure, au moyen de laquelle les rameurs ramaient en cadence et frappaient les flots en mesure,

 

 

... le tout alors volontiers agrémenté chez les anciens et les galères de Louis XIV de coups de fouet. Il en fut de même au Siam sur les barges mais si, ni Agamenon ni Jules  César ni Louis XIV ne se souciaient des chants qui martelaient les rythme de leurs galériens, deux princes siamois nous ont doté de chants poétiques rythmant la marche des piroguiers de leurs barges et tout à la fois poèmes d’amour, l’un d’entre eux a précédé le futur Rama II.

 

 

LE PRINCE THAMMATHIBET CHAICHETSURIYAWONG.

 

Nous avons découvert son œuvre poétique grâce à Émilie Testard. Celle-ci, maître de conférences à l’INALCO que nous préférons appeler les « Langues-O », est une spécialiste reconnue de la langue et de la poésie thaïe fut-elle archaïque et a rédigé en sus de sa thèse, de nombreux articles à ce sujet.

 

 

Le prince Thammathibet Chaichetsuriyawong (สมเด็จเจ้าฟ้าธรรมธิเบศรไชยเชษฐสุริยวงศ) ou Chaofa Kung (เจ้าฟ้ากุ้ง), était le fils du roi Borommakot et de la reine Phraphanwasa (krom luang Aphainuchit).

 

 

Nous ignorons la date de sa naissance mais nous connaissons celle de sa mort consécutive à une liaison qu’il entretenait avec l’une des concubines de son père avec laquelle il fut battu à mort en 1755. Nous l’avons rencontré dans deux de nos articles comme fils incestueux mais non comme poète (5). Il est considéré comme l’un des plus éminents poètes de l’époque d’Ayutthaya en créant en particulier les chants de la procession des barges royales. Il n’était pas insensible au charme féminin, ce qui lui coûtera la vie.

 

 

Son poème que l’on peut traduire par « le chant des pagayeurs sur les  barges, du prince Thammathibet » (บทเห่เรือ พระนิพนธ์เจ้าธรรมธิเบษศร) est libre d’accès sur le site de la Bibliothèque nationale (6). Il fait l’objet de nombreuses éditions en thaï,

 

 

...quelques-unes à l’usage des enfants,

 

 

...et de quelques traductions en anglais (7). Il ne semble pas avoir fait à ce jour l’objet d’une traduction en français. C’est ce sur quoi se penche Émilie Testard qui en prépare une édition illustrée. Nous l’attendons avec impatience.

En voici une version simplement audio :

https://www.youtube.com/watch?v=8r8zBgSoW_Y

 

LE PRINCE ITSARASUNTHON, FUTUR RAMA II

 

Nous avons rencontré ce prince (พระเจ้า อิศรสุนทร) qui fut tout à la fois un bon monarque au règne paisible, un mécène protecteur des poètes et des artistes et lui-même musicien et poète, né en 1767 et mort en 1824 (8).

 

 

Il était tombé amoureux de la princesse Bunrot (เจ้าฟ้าบุญรอด) plus tard princesse Suritendra (ศรีสุริเยนทร), sa cousine porteuse de sang chakri et qui devint son épouse principale.

 

 

Il est donc l’auteur d’un chant poétique que l’on peut traduire intitulé « poésie des chants des pagayeurs – de la main royale du roi Rama II » (ประชุมกาพย์เห่เรือ/พระราชนิพนธ์รัชกาลที่-๒) – « éloge des plats sucrés et salés » (กาพย์เห่ชมเครื่องคาวหวาน) accessible sur le site de la Bibliothèque royale consacré aux chants des pagayeurs  (herueaเห่เรือ) (9).

 

 

Avant d’en venir à ce texte, une observation s’impose : Nous avons consacré un article aux difficultés de traduire le thaï en français au vu d’un article de Madame Suthisa Rojana-Anun  de 2016 (10).

 

 

La traduction de la poésie, aux difficultés d’un éventuel langage archaïque, pose des difficultés supplémentaires en raison des différences fondamentales entre la métrique française classique et la métrique thaïe. La versification est un jeu complexe de rimes vocaliques et consonantiques. Remercions Émilie Testard qui nous a signalé un article du grand érudit que fut Émile Lorgeou qui, quoi qu’ancien nous paraît toujours d’actualité (11).

 

Il nous faut bien évidemment citer le regretté professeur Gilles Delouche dans ses conclusions d’un très bel article à l’occasion d’un colloque de 2018,  publié post mortem en 2020 : « …Ces quelques remarques nous amènent à une conclusion qui peut paraître pessimiste, il est impossible de traduire la poésie classique siamoise en français ; il n’en est sans doute pas de même pour ce qui est des œuvres en prose, où les contraintes formelles sont beaucoup moins exigeantes. Cette impossibilité explique que nous préférons parler d’adaptation en français plutôt que de traduction. Si nous pouvons tenter de conserver, le moins mal possible, le message des poètes (encore que nous devions souvent le tronquer, ainsi que certains de nos exemples l’ont prouvé)… Nous ne pouvons que répéter ici une réalité qui vaut pour toutes les poésies du monde et, plus particulièrement pour la poésie classique siamoise, ces œuvres ne sont pas faites pour être lues mais bien pour être entendues » (12).

 

 

Devions-nous pour autant ne pas parler de ce poème destiné aux pagayeurs des barges ? Que non pas !

 

 

Tout d’abord, ce texte a été traduit (ou fort bien adapté, peu importe ?), bien illustré et analysé par Émilie Testard en juin 2020 sous le titre « Trois Chants de bateliers du Prince Issara Sunthorn : gastronomie et amour au palais », ce texte est parfaitement accessible pour être numérisé (13). C’est un hymne tout à la fois à la beauté de sa cousine et à leur amour respectif pour la cuisine. Le premier chant est consacré à la cuisine salée,

 

 
... le suivant aux fruits
 
 
]..et le troisième aux desserts.
 
 
Nous ne nous intéressons ce jour qu’au premier.

 

Ensuite, et pour répondre aux conseils de Gilles Delouche, nous vous donnerons une version « musicale » accompagné, pour vous permettre de la suivre, d’une version romanisée ce texte.

 

 

Nous terminerons par quelques explications et illustrations sur les plats chantés par le prince, la cuisine thaïe raffinée est souvent un plaisir pour les yeux tout autant que pour le palais.

 

 

LA POÈSIE PSALMODIÉE :

 

On le trouve en particulier sur la chaine YouTube à de nombreuses reprises. Le lien vidéo que nous donne Émilie Testard nous a semblé l’un des meilleurs. Le texte thaï est écrit avec de très belles fontes et joliment illustré. Ecoutez donc cette psalmodie au vu du texte romanisé, un peu comme vous regarderiez une vidéo de Karaoké.

 

https://www.youtube.com/watch?v=-Lep3vXG3sc

Matsaman

 

Kaengkaimatsamannuea    Nopphakhun  Phi-oei
Homyirarotchun   Chiapron

Chaidaiboriphokphun          Phitsawat  Wangna
Raengyakyohatkhon   Okhaihuansawaeng  (bis-

Matsamankaengkaeota     Homyirarotronraeng

Chaidaidaikluenkaeng     Raengyakhaifaifanha
 

Yamyai

Yamyaisaisaraphat  Wangchanchatlailueatra

Rotdiduainampla       Yipunlamyamyuanchai
 

Taplek

Taplekluaklontom    Chueanamsomroiphrikthai
Ochachahanai          Maimithiappriapmuenang

Munaem
 

Munaemlaemloetrot             Phromphriksotbaithonglang
Phitsahohenrangchang   Hanghohuanpuanchaihoi

Koikung

Koikungprungprathin           Wangthuenglindindaedoi
Rotthipyipmaproi      Ruechapriapthiapthankhwan

 

Kaeng Thepho

Thephophuennueathong    Penmanyonglongloiman
Nasotrotkhramkhran            Khongsawansawoeirom

Kaengkhom
 

Khwamrakyakpliantha                     Thamnamyayangkaengkhom
Kon-omklomkliangklom      Chommaiwaikhlaikhlaihen

Khaohung
 

Khaohungprungyangthet    Rotphisetsailuk-en
Khraihungprungmaipen   Chenchoengmitpradittham

 

Le Kaengkhuasommupasairakam

 

Luearumupatom   Kaengkhuasomsairakam

Roichaenghaengkhwamkham Chamsuangsaochaotraktrom

 

Phlanuea

Chachaphlanueasot            Fungprakotrothuenhom
Khitkhwamyamthanom   Sanitnueachueasaowakhon

 

Latiang
 

Latiangkhittiangnong           Nontiangthongthammueangbon
Lotlanchanchopkon Yonyaknitkhitnaepnon

 

Rum
 

Henrumrumsuangsao          Rumrumraokhuefaifon
Chepklainai-awon    Ronrumrumklumklangsuang

 

Rangnok
 

Rangnoknuengnasot            Ocharotkwathangpuang
Nokphrakchakrangruang     Mueanriamranghanghonghuan

 

Kaengtaiplasaengwa
 

Taiplasesaengwa    Dutwachakrabitkrabuan
Baisokboksokkhruan  Haiphikhraochaoduangchai

Phakwan
 

Phakchomchuephrophrong            Penchomnongruechomnai
Phakwansansuangnai    Khraikhruanrakphakwannang

LES PLATS DU PALAIS CHANTÉS PAR LE PRINCE.

 

Le chant des piroguiers n’est pas un livre de recettes. Chacun de ces plats est probablement cuisiné à sa façon par toutes les mères de famille du Siam. Nous avons puisé à deux sources thaïes (14). Nous retrouvons pour l’essentiel la trilogie classique de la cuisine locale, poulet-cochon-poisson. Le riz n’est toutefois pas omniprésent dans la gastronomie royale.

Le matsaman (มัสมั่น)

 

est la sauce qui agrémente le poulet. Elle est composée de curry rouge adouci de lait de coco. On y ajoute des arachides, des pommes de terre et éventuellement d’autres épices comme le cumin qui aurait la réputation, l’avait-il au temps du prince qui en vante le goût et les effluves d’être aphrodisiaque ? Le curry rouge est un mélange d’épices venus des Indes et doit sa couleur au piment. Le plat a été introduit à la cour par les Persans lors de leur arrivée à Ayutthaya au XVIe siècle nous précise Émilie Testard.

 

 

Le Yamyai (ยำ ใหญ่)

 

est une salade à la saveur volcanique composée de crevettes, de calamars, d’œufs durs, de bâtonnets de carottes, de foie de porc, d’ail, d’oignon, de jus de citron, de sucre, de tranches de concombre, de sauce de poisson et naturellement de piment.

 

 

Le Taplek (ตับเหล็ก)

 

est à base de foie de porc, ail et oignon, poivre, sel et sucre, vinaigre, sauce de poisson, coriandre et toujours beaucoup de piment.

 

 

Le Munaem (หมูแนม)

 

est à base de viande de porc, poitrine et peau cuit à la vapeur. La sauce est à base de lait de coco et de jus d’orange. Comme toujours, nous y trouvons sel et sucre, poivre, ail et oignon. Il est accompagné de riz et d’arachides.

 

 

Le Koikung (ก้อยกุ้ง)

 

est une salade à base de crevettes crues marinées dans la sauce de poisson et le citron vert lourdement épicée comme il se doit. La version Isan au poisson cru est considérée comme dangereuse pour la santé (15).

 

 

Le Kaeng Thepho (แกงเทโพ)

 

est de la poitrine de porc dans une sauce au curry rouge et lait de coco parfumée au jus de tamarin, au citron vert et au galanga au goût « intense » et qui passe pour avoir des vertus aphrodisiaques.

 

 

 

Le Kaengkhom (แกงขม)

 

est un ragoût au curry rouge et à la courge amère et plus encore appelée khom.

 

 

Le Khao hung (ข้าว หุง)

 

est tout simplement du riz cuit à la vapeur et agrémenté à votre convenance sans oublier le piment.

 

 

Le Kaengkhuasommupasairakam (แกงเผ็ดส้มใส่ระกำ)

 

est à base de viande de sanglier cuit dans une sauce au carry rouge et à l’orange.

 

 

Le Phlanuea (พล่าเนื้อ)

 

est une salade tout aussi volcanique que le yam, à base de viande de bœuf, ail et oignon, citron vert, sel et sucre, sauce de poisson et piment comme il se doit.

 

 

Le Latiang (ล่าเตียง)

 

c’est le menu de la chasse et fonction de ce que contenait la gibecière. Il est présenté sous forme d’aumônière.

 

 

Le Rum (หรุ่ม)

 

Ce sont de petits amuse-gueules joliment présentés sous forme de canapés et dont la composition peut varier à l’infini.

 

 

Le Rangnok  (รังนก)

 

Ce sont des nids d’oiseaux, des hirondelles de mer dont la cueillette des nids gélatineux fait la fortune des régions côtières. C’est une soupe pimentée qui passe pour avoir des vertus aphrodisiaques.

 

 

Le Kaengtaiplasaengwa (แกงส้มแสร้งฟาง)

 

Cette fois-ci, c’est du poisson dans une sauce au curry rouge et les ingrédients d’assaisonnement habituels.

 

 

Le Phawan  (ผักหวาน)

 

ce sont des légumes sucrés comme leur nom le   dit. Lesquels ? Le chant ne le dit pas ! Curieusement, les louanges du prince sur les plats salés se terminent sur le sucré, allez comprendre mais toutes les recettes que nous résumons ci-dessus mélangent systématiquement le sucre de canne et le sel et celle-là aussi enflamme le cœur du prince!

 

 

Nous avons consacré quelques articles à la musique siamoise (16). Nous n’avons pas non plus négligé la littérature sans oublier Sunthorn Phu qui fut l’un des protégés de Rama II (17). Nous n’avons pas non plus négligé la gastronomie et ses accessoires dans de nombreux articles dont beaucoup, il est vrai, sont consacrés à l’Isan où nous vivons (18).

 

Disons pour conclure que nous sommes en Asie et que, poésie, musique ou gastronomie,  restent souvent une bien cruelle énigme.

 

 

 

NOTES

 

 (1) « Du royaume de Siam » tome I – 1691. Dans le chapitre V « Des voitures et de l’équipage en général ». Il en donne une longue description : certains comptent jusqu’à 120 rameurs les uns pagayant à droite et les autres à gauche et il ajoute : « Les pagayeurs, afin de plonger la pagaye de concert, chantent, ou font des cris mesurés et & ils plongent la pagaye en cadence avec un mouvement de bras et d'épaules qui est vigoureux, mais facile et de bonne grâce ».

 

 

(2) คำนานเรือรบไทย Histoire des bateaux de guerre siamois. L’ouvrage original en thaï est numérisé sur le site :


http://eresource.car.chula.ac.th/chula-books/redirect.php?name=clra55_0080

Il a été traduit par Jean-Claude Brodbeck sous le titre «  Somdet Phrachao Borommawongthoe Kromphraya Damrong Rachanuphap. Histoire des bateaux de guerre siamois » in: Arts asiatiques. Tome 34, 1978. pp. 173-237.

 

(3)  Voir nos deux articles

102. Le Roi Thaï Sa. (1709-1733)

https://www.alainbernardenthailande.com/article-102-le-roi-thai-sa-1709-1733-120631771.html

RH 50 - LE ROI LUANG SORASAK, « LE ROI TIGRE » (Phra Chao Sua). (1703-1709)

https://www.alainbernardenthailande.com/2019/11/rh-50-le-roi-luang-sorasak-le-roi-tigre-phra-chao-sua.1703-1709-ou-somdet-phra-sanphet-viii-ou-suriyensapdi-ou-suracak.html

 

 

(4) Voir le très bel article du Bangkok Post  superbement illustré tant des embarcations que des uniformes rutilants des hommes d’équipage :

 

https://www.bangkokpost.com/specials/royal-barge-procession/2019/

 

 

(5) Voir nos articles

103. Les Rois Borommakot (1733-1758) Et Uthumphon (1758). 

https://www.alainbernardenthailande.com/article-103-les-rois-borommakot-1733-1758-et-uthumphon-1758-120704153.html

RH 52- LE ROI BOROMMAKOT (1680, 1733–1758)

https://www.alainbernardenthailande.com/2020/04/rh-52-le-roi-borommakot-1680-1733-1758.html

 

(6) https://vajirayana.org/ประชุมกาพย์เห่เรือ/บทเห่เรือ-พระนิพนธ์เจ้าฟ้าธรรมธิเบศร

(7) Le Journal de la Siam Society,  dans sa livraison de 2016, volume 104, nous livre une traduction anglaise «  »trois  poèmes d’amour sus les trois formes poétiques, un klong  (โคลง) que l’on peut – mutatis mutandis – comparer à notre sonnet, un chalawa he (ช้าลวะเห่)  une mélodie lente utilisée par les rameurs en pagayant et un mulawa he (มูลวะเห่) dont le rythme est plus rapide.

(8) Voir notre article 117. Rama II. (1809-1824)

https://www.alainbernardenthailande.com/article-117-rama-ii-1809-1824-122695598.html

(9) https://vajirayana.org/ประชุมกาพย์เห่เรือ/พระราชนิพนธ์รัชกาลที่-๒

(10) In « Bulletin de l’Association thaïlandaise des professeurs de Français » (ATPF), n°. 131, année 39 (janvier–juin 2016). Les articles du journal sont numérisés sur le site de l’ATPF. Notre article A 377- DES DIFFICULTÉS DE TRADUIRE LE THAÏ EN FRANÇAIS ?

https://www.alainbernardenthailande.com/2020/06/a-377-des-difficultes-de-traduire-le-thai-en-francais.html

(11) « Principes et règles de la versification siamoise » in « Actes du dixième congrès international des orientalistes » tenu à Genève en 1894.

https://archive.org/details/actesdudiximeco00unkngoog/page/n1083/mode/2up

(12) « Peut-on traduire la littérature classique siamoise en français ? » par  Gilles Delouche (†) publié Journal of Liberal Arts, Thammasat University  (วารสารศิลปศาสตร์ ปีที่ 20 ฉบับที่ 1 (มกราคม - มิถุนายน 2563) et numérisé sur le site

https://www.tci-thaijo.org/index.php/liberalarts/index :

 

(13) http://www.inalco.fr/itineraires/8/trois-chants-bateliers-prince-issara-sunthorn-gastronomie-amour-palais

(14) https://www.papamenu.com/category/กาพย์เห่ชมเครื่องคาวหว/เห่ชมเครื่องคาว/

https://www.rosalynth.com/home/กาพย์เห่/

(15) Voir notre article :

A 231- LE « KOÏ PLA » (ก้อยปลา), LA SALADE DE POISSON CRU DU NORD-EST DE LA THAÏLANDE, LE PLAT QUI TUE ?

https://www.alainbernardenthailande.com/2017/07/a-231-le-koi-pla-la-salade-de-poisson-cru-du-nord-est-de-la-thailande-le-plat-qui-tue.html

(17) Voir nos articles

23. Notre Isan : Introduction à la littérature thaïlandaise ?

https://www.alainbernardenthailande.com/article-23-notre-isan-la-litterature-thailandaise-1-79537350.html

24. Que faut-Il lire de la littérature de Thaïlande ?

https://www.alainbernardenthailande.com/article-24-notre-isan-la-litterature-dethailande-2-79537520.html

A107. Histoire et littérature en Thaïlande. 1.

https://www.alainbernardenthailande.com/article-a106-histoire-et-litterature-en-thailande-1-117484345.html

A108. Littérature thaïlandaise et histoire.2

https://www.alainbernardenthailande.com/article-a108-litterature-thailandaise-et-histoire-2-117598775.html

A110. Littérature thaïlandaise et histoire. 3. Les années 1980-2000.

https://www.alainbernardenthailande.com/article-a110-litterature-thailandaise-et-histoire-3-les-annees-1980-2000-118073860.html

 

A.52 Saneh Sangsuk, un grand écrivain thaïlandais.

https://www.alainbernardenthailande.com/article-a-52-saneh-sangsuk-un-grand-ecrivain-thailandais-96922945.html

A119. Sunthorn Phu (1786-1855). L'un des plus grands poètes thaïlandais.

https://www.alainbernardenthailande.com/article-a118-sunthorn-phu-1786-1855-l-un-des-plus-grands-poetes-thailandais-118861232.html

A142. "Chiens fous " de l'auteur Thaïlandais Chart Korbjitti.

https://www.alainbernardenthailande.com/article-a142-chiens-fous-de-l-auteur-thailandais-chart-korbjitti-122456162.html

173. Rama VI, écrivain, traducteur, journaliste, promoteur de la littérature au Siam.

https://www.alainbernardenthailande.com/2015/03/173-rama-vi-ecrivain-traducteur-journaliste-promoteur-de-la-litterature-au-siam.html

A 279 - QUAND MADAME ORATHAI PANYA NOUS PARLE DE LA LITTÉRATURE ÉROTIQUE DE LA THAÏLANDE.

https://www.alainbernardenthailande.com/-

A 371- INTRODUCTION À LA LITTÉRATURE TRADITIONNELLE SIAMOISE PAR LES PREMIERS ÉRUDITS FRANÇAIS.

https://www.alainbernardenthailande.com/2020/05/a-371-introduction-a-la-litterature-traditionnelle-siamoise-par-les-premiers-erudits-francais.html

A 378. DERNIER HOMMAGE À MARCEL BARANG, TRADUCTEUR ET «PASSEUR» DE LA LITTÉRATURE THAÏLANDAISE.

https://www.alainbernardenthailande.com/2020/06/a-378.dernier-hommage-a-marcel-barang-traducteur-et-passeur-de-la-litterature-thailandaise.html

(18) Voir nos articles :

 

27. Gastronomie en Isan ?

https://www.alainbernardenthailande.com/article-27-notre-isan-gastronomie-en-isan-80673180.html

A66. Le Limule, un philtre d'amour en Thaïlande ?

https://www.alainbernardenthailande.com/article-a66-le-limule-un-philtre-d-amour-en-thailande-106061051.html

A 339- LE « PLA RA » (ปลาร้า) DE L’ISAN, UN CONDIMENT VENU DE L’ANTIQUITÉ GRÉCO-ROMAINE ?

https://www.alainbernardenthailande.com/2019/11/a-339-le-pla-ra-de-l-isan-un-condiment-venu-de-l-antiquite-greco-romaine.html

INSOLITE 8 - KHAÏ PHAEN : SPÉCIALITÉ GASTRONOMIQUE DE LUANG-PRABANG ET DÉLICE SUR LES DEUX RIVES DU MÉKONG.

https://www.alainbernardenthailande.com/2016/12/insolite-8.khai-phaen-specialite-gastronomique-de-luang-prabang-et-delice-sur-les-deux-rives-du-mekong.html

A 364- PITIÉ POUR LE PANGOLIN SOUPÇONNÉ D'AVOIR TRANSMIS LE COVID-19.

https://www.alainbernardenthailande.com/2020/04/a-364-pitie-pour-le-pangolin-soupconne-d-avoir-transmis-le-covid-19.html

A 410- LES TRUFFES DE THAÏLANDE ? QUEL AVENIR ?

https://www.alainbernardenthailande.com/2020/12/a-409-les-truffes-de-thailande-quel-avenir.html

Notre Isan 28 : Un aphrodisiaque pour femmes de Thaïlande !

https://www.alainbernardenthailande.com/article-a-39-un-aphrodisiaque-pour-femmes-de-thailande-81582982.html

A 265 - MARIA GUIMAR, ÉPOUSE DE CONSTANTIN PHAULKON ET« REINE DES DESSERTS THAÏLANDAIS »

https://www.alainbernardenthailande.com/2018/07/a-266-maria-guimar-epouse-de-constantin-phaulkon-et-reine-des-desserts-thailandais.html

A 308 - LES DESSERTS DE SONGKRAN (NOUVEL AN BOUDDHISTE) EN THAÏLANDE ET AU LAOS - ขนมส่งความสุขรับขวัญปีใหม่

https://www.alainbernardenthailande.com/2019/03/a-308-les-desserts-de-songkran-nouvel-an-bouddhiste-en-thailande-et-au-laos.html

A 408- LES HUIT DESSERTS DU NOUVEL AN EN THAÏLANDE.

https://www.alainbernardenthailande.com/2020/12/a-408-les-huit-desserts-du-nouvel-an-en-thailande.html

A 385 - LE VIN EN THAÏLANDE, DU MEILLEUR AU PIRE

https://www.alainbernardenthailande.com/2020/08/a-385-le-vin-en-thailande-du-meilleur-au-pire.html

A199 - « MÉKONG », LE WHISKY DE LA VICTOIRE, VOUS CONNAISSEZ ?

https://www.alainbernardenthailande.com/2015/11/a199-mekong-le-whisky-de-la-victoire-vous-connaissez.html

A 207- LA RECETTE DU PHILTRE D’AMOUR RÉVÉLÉE PAR LE ROI RAMA VI

https://www.alainbernardenthailande.com/2016/01/a-207-la-recette-du-philtre-d-amour-revelee-par-le-roi-rama-vi.html

 

 

 

 

 

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