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  • : Le blog des Grande-et-petites-histoires-de-la-thaïlande.over-blog.com
  • : Bernard, retraité, marié avec une femme de l'Isan, souhaite partager ses découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires, culturelles, politiques,sociales ...et de l'actualité. Alain, après une collaboration amicale de 10 ans, a pris une retraite méritée.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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10 mai 2021 1 10 /05 /mai /2021 13:43

 

La publication d’une courte histoire commence dans la livraison du 1er mai 1769 du « Journal encyclopédique » sous le titre « The life and adventures etc… Vie et aventures d’Ambroise Gwinett connu sous le nom du mendiant boiteux et qui en 1734 prit l’emploi de balayeur  du pavé de Spring Garden. Dicté par lui-même », à Londres, chez Gadell, 1769. La fin de ces aventures est publiée dans la livraison du 1er juin. L’ensemble ne fait pas plus que 15 pages. Il ne porte pas de signature.

 

 

La référence à une origine anglaise est pure fiction du journal. Il existe effectivement un ouvrage anglais publié sous le titre « THE LIFE AND UNPARALLELED VOYAGES AND ADVENTURES of AMBROSE GWINNET, écrite par lui-même ». La première édition dont nous trouvions  la trace est de 1830, il y en aurait eu une en 1770, il y en a eu des postérieures, et l’éditeur ne fut pas Gadell mais J.Brydon à Londres. Nous n’avons trouvé aucune trace cette édition de 1770 autrement que de façon allusive.

 

 

La revue « Journal encyclopédique » est connue notamment par ceux qui se qualifient souvent à tort et parfois à raison de « lumières ». Ces deux articles sont ainsi commentés dans un ouvrage essentiellement juridique (« Dissertation sur la composition des lois criminelles » par J.H. de Russel de la Berardière, publié à Leyde en 1775 « Tous les hommes sensibles ont dû lire avec un serrement de cœur l’effrayante histoire d’Ambroise Gwinett rapportée dans les journaux encyclopédiques de mai et juin 1769. Il fut condamné au dernier supplice pour avoir tué un homme qui se retrouvé vivant en Amérique longtemps après. Le malheureux Gwinett avait cependant été exécuté. Il est vrai qu’il eut le bonheur d’échapper à la mort après avoir été pendu. Mais est-ce une excuse ? … Une faute de cette espèce ne peut avoir été commise que par l’impéritie du juge ou la défectuosité de la loi … ».

 

 

Tout est dit, il s’agit en fait d’une diatribe – au demeurant justifiée - sur le système judiciaire de cette époque. La localisation en Angleterre est évidemment un masque pour ne pas parler de la France. Pour être encyclopédiste ou « lumière », on n’est pas assez téméraire pour attaquer le système de front. Il fallait le prestige de Voltaire et ses appuis à la Cour pour se le permettre. Il n’est point dans ces quelques pages question du Siam, mais nous allons très vite le retrouver.

 

 

 

En 1770, l’encyclopédiste et contributeur du « Journal encyclopédique » Jean-Louis-Castillon, avocat à Toulouse, publie à Bouillon, aujourd’hui en Belgique, alors siège d’un évêché souverain et pays d’origine de Godefroy du même nom, « Le mendiant boiteux ou les aventures d’Ambroise Gwinett – balayeur du pavé de Spring Garden d’après des notes écrites de sa main ».

 

 

L’année suivante, le même ouvrage paraît à Francfort et Leipzig sous le titre « Candide anglais ou avantures tragi comiques d’Amb. Gwinett avant et dans ses voyages aux deux Indes ». La préface est signée de « L. Castilton ». La publication en terre d’Empire laisse à penser qu’il s’agit tout simplement d’une contrefaçon ce qui était monnaie courante à cette époque où les droits d’auteur n’étaient pas protégés. Dans les deux éditions, Castillon nous explique que ces « ulcères » de la justice ne sont pas rares. « J’ai pris soin de rassembler plusieurs notes sur la vie d’Ambroise Gwinett écrites par lui-même et trouvées après sa mort dans l’une des poches de son unique, très ancien et déchiré vêtementAvant que de songer à travailler d’après ces notes, j’ai voulu m’assurer des faits et j’ai appris que tout ce qu’elles renfermaient étaient de la plus exacte vérité. J’ai inséré quelques-uns de ces faits dans le Journal encyclopédique supprimant presque en entier la relation des voyages de Gwinett mais cette relation me semblant tout aussi intéressante que le petit nombre de faits qu’on a lu dans cet ouvrage périodique, j’ai cru que le public les verrait avec plaisir ».

 

Le seul justificatif que donne Castillon sur ces sources est une lettre anonyme datée de Londres du 17 novembre 1769. Le manuscrit de Gwinett est de toute évidence un  manuscrit fantôme. Le roman s’étale sur près de 400 pages.

 

 

Ce sont ces voyages qui vont nous faire découvrir le Siam. Leur origine est singulière : ils sont dus à une violente colique de notre héros.

 

 

Ambroise Gwinett est né dans un milieu aisé en Angleterre le 25 septembre 1679 à Canterbury. Après de bonnes études, il entre en apprentissage chez un avocat de la ville. Il a une sœur richement mariée dans le Comté de Kent Il entretient avec son couple d’excellentes relations et lui rendait de fréquentes visites. En octobre 1699, il se rend à pied pour les visiter, mais trop fatigué, il s’arrête pour coucher dans la ville portuaire de Deal proche de leur demeure. Mais le port était encombré des navires de la Reine Anne en raison de la guerre avec les Français et les Espagnols et toutes les auberges étaient occupées.

 

 

Dans l’une d’elle, il demande l’autorisation de prendre du repos au coin du feu de la cuisine. Les aubergistes connaissent de réputation sa sœur et son beau-frère, et avec l’autorisation d’un client et habitué, Richard Collins, ils lui installent un lit dans sa chambre. Dans le courant de la nuit il est pris d’épouvantables coliques, ses gémissements réveillent son voisin auquel il demande où sont situées les commodités. Elles sont comme il se doit au fond du jardin, mais pour soulever le loquet, la ficelle étant cassée, il faut glisser une lame entre deux planches  pour le soulever. Il lui confie un canif à cette fin.

 

 

Il se précipite et pour ouvrir la porte, il déplie le couteau, une pièce était glissée dans la rainure. Il n’y prête aucune attention et glisse le tout dans sa poche. Il reste une grande demi-heure sur le siège. Il remonte dans la chambre et s’aperçoit, sans plus s’en soucier, que son compagnon n’est plus là, peut-être est-il reparti ? A son réveil, il s’habille pour se rendre chez sa sœur. En fin de matinée, trois cavaliers galopent en direction de leur demeure. Ils sont venus l’arrêter. Il apprend qu’il est  accusé d’avoir commis un meurtre la nuit. Au matin, l’aubergiste avait constaté la disparition de Richard Collins, de larges traces de sang sur son lit et la disparition d’un gros sac de guinées qu’il lui avait vu compter. Une fouille rapide permet de découvrir dans les poches de Gwinett le canif et la pièce, que l’aubergiste reconnait comme ayant appartenu à la victime. Ambroise est condamné à être pendu pour avoir tué Collins, caché l’argent et fait disparaître son cadavre probablement emporté par les marées.

 

 

Ses dénégations sont évidemment vaines. Les occupants des chambres voisines avaient entendu des gémissements que l’on attribue à Richard Collins en train d’être égorgé et non aux douleurs de coliques d’Ambroise. Au terme de cette procédure expéditive, le jury le condamne à la pendaison 15 jours plus tard. Nous vous épargnons les détails de son exécution et de sa résurrection, sans doute le bourreau était-il malhabile ? Il avait été mal vendu et survivait à son supplice ! Le gibet était placé en un endroit reculé, il surmontait une prairie sur laquelle le fermier de sa sœur faisait paître ses troupeaux. On le découvre, on le dépend et on le met à l’abri dans la maison de sa sœur. Interrogé par le Shérif sur la disparition du cadavre, le beau-frère admet l’avoir dépendu pour lui donner une sépulture décente (1).

 

 

Une solution s’impose toutefois pour lui éviter d’être pendu une seconde fois avec succès car la nouvelle de sa résurrection s’est répandue dans le village, il faut qu’il disparaisse. Par bonheur son beau-frère connaissait le capitaine d’un vaisseau corsaire qui était encore à quai. Il est embarqué sous un pseudonyme pour un long voyage puisqu’il ne retrouvera l’Angleterre qu’en 1730 ! Au bout de six mois d’une navigation émaillée de péripéties diverses, le navire atteint le Japon.

 

 

Le Japon

 

Les étrangers n’y sont alors que tolérés. Gwinett tient des propos qu’il n’aurait pas dû tenir au sujet de l’Empereur. Condamné à périr dans l’huile bouillante, dans sa grande bonté l’Empereur convertit cette peine en deux cent coups de bâton et à l’exil. Il subit la peine, il en est boiteux. Embarqué sur un navire hollandais, il se retrouve à Ava, la capitale du Pegu, présentement en Birmanie.

 

 

Le Pegu

 

 

Pour de tout aussi futiles raisons, il y est condamné à une nouvelle bastonnade et à avoir l’oreille droite tranchée. Embarqué sur un navire portugais, il se retrouve dans la capitale du Siam qu’il appelle Siyothehin.

 

 

Le Siam

 

Il faut situer cette aventure aux environs de 1710 probablement sous le règne de Phra Chao Sua dont nous n’avons pas un portrait flatteur (2). Il fait la connaissance d’un négociant hollandais avec lequel il sympathise et négocie des diamants qu’il avait ramenés du Japon  pour financer son retour en terre civilisée. Celui-ci lui fait découvrir la ville dont il nous fait une très longue description qui au demeurant ne nous apprend rien que nous ne connaissions déjà ; que les généralités sur les mœurs de Siamois et les coutumes du pays. Jean-Louis Castillon n’a pas de peine à puiser ses sources dans les récits des Français ayant visité le pays au temps du roi Naraï.

 

 

 

Mais l’avocat de Toulouse que fut Castillon va s’appesantir sur la description du système judiciaire et des supplices qui s’y attachent pendant quelques dizaines de pages du récit. Il va ensuite s’étendre très longuement sur un triste épisode de l’histoire du Siam, celui de l’épouvantable tyrannie du roi qu’il appelle Chaou Pasa Tong, pour nous Somdet Phrachao Phrasat Thong (ปราสาททอง), une espèce de Caligula, qui mourut en 1656.  Il fait parler un Siamois imaginaire : « Voici ce que me racontait il  y a quelques jours un Siamois qui voulait me donner une idée du pouvoir de son maître et de l’excès ou, sans craindre pour son trône, il peut porter sa tyrannique défiance », un récit sur 10 pages qui glaça Ambroise d’horreur : La sauvagerie du roi se manifesta en 1650 à l’occasion de la mort de sa fille.

 

 

Il est difficile de ne pas voir dans le récit de ce Siamois une véritable reproduction presque à la lettre de ces événements décrits par le voyageur hollandais Jan Struys qui fut le seul européen à en être le témoin direct et à les reporter en détail.  On ne les trouve en effet  nulle part ailleurs que chez lui  autrement que de façon mois morbide chez Van Vliet et Turpin (3)

 

 

 

Ce Siamois était donc en réalité ce Batave appelé Jan Struys dont le récit fut publié en français en 1691 après l’avoir été en anglais en 1684 sur une première édition en néerlandais de 1676. L’ouvrage connut une diffusion spectaculaire et connut de multiples traductions.

 

Comment un écrivain, dans un ouvrage à narration, peut-il parler de voyages qu’il n’a pas accomplis ou décrire une tempête qu’il n’a pas vécue surtout dans un récit de voyages à demi imaginaires et à demi picaresques ?

 

Ou bien le narrateur assume directement la description ou bien il utilise la délégation d’un témoin compétent.

 

 

Le Congo

 

Quittons le Siam pour suivre très rapidement Gwinett dans ses pérégrinations avec son Hollandais. Il quitte le Siam sans regrets, content de n’avoir reçu que quelques coups de bâton plutôt que d’être ébouillanté, par égard pour sa nationalité, une fois encore pour avoir tenu des propos déplacés à l’égard de la monarchie.

 

 

Nous le retrouvons au Congo où son Hollandais l’abandonne aux mains de Hottentots. Il réussit à s’enfuir avant d’être écorché vif et, sur la côte, attire l’attention d’un navire hollandais qui pratique la traite des nègres et se rend aux Amériques.

 

 

Les colonies espagnoles

 

Le navire est appréhendé par les Espagnols sur les côtes de la Floride. Gwinett d’abord retenu comme prisonnier,  sympathise avec le gouverneur espagnol qui lui témoigne son amitié et le fait sous-gouverneur de La Havane. Il y reçoit des prisonniers anglais au milieu desquels il reconnait Richard Collins et s’en fait reconnaître. Celui-ci lui apprend qu’il avait au cours de la nuit été victime de violents saignements et qu’il avait tout simplement quitté l’auberge précipitamment pour chercher un chirurgien ou un apothicaire pour se soigner. Ils conviennent de s’embarquer dans un navire corsaire à destination de Cadix après avoir retenu leur place sur un navire. Le capitaine, un Irlandais  le persuade qu’il n’a aucun intérêt à retourner en Angleterre 15 ans après sa pendaison. Gwinett s’engage dans leur troupe d’autant que l’un des corsaires originaire de Canterbury lui avait appris que son père avait été ruiné à la suite d’un procès inique. Au bout de quatre ans de course, le capitaine fait de Gwinett son héritier et lui transmet son immense fortune avant de quitter de bas-monde.

 

 

L’Espagne

 

Capturé par un navire espagnol, nous le retrouvons dépouillé de ses richesses et condamné aux galères comme corsaire. Il rame pendant quatre ans en recevant encore  des coups de bâton sur le dos.

 

 

Les barbaresques

 

Son navire est alors capturé par un corsaire barbaresque après qu’un boulet de canon lui eut emporté une jambe. Il se retrouve esclave au Maroc. Après un long et douloureux esclavage à Alger, il fut avec beaucoup d’autres captifs anglais, libéré, par accord entre le Dey d’Alger et l’agent de sa Majesté britannique qui avait eu la bonté de lui faire adapter une jambe de bois.

 

 

Le retour

 

En 1730, revenu en Angleterre, la première chose qu’il fit fut de se renseigner sur ses parents, tous étaient morts et lui-même oublié de tous. Il découvrit aussi que M. Collins n'était jamais rentré chez lui et fut probablement mort lors de son passage. « Bien que n'étant pas un vieil homme, j'étais si affligé par les épreuves que j'étais incapable de travailler; et étant sans aucune forme de soutien, je ne pouvais penser à aucun moyen de gagner ma vie mais en balayant le passage entre la porte Mews et Spring Gardens, Charing-Cross, Londres; et finalement, ne pouvant même pas occuper ce poste, je dépendais de la générosité d'un public sensible et bienveillant ».

 

 

Le plagiat

 

Si la version anglaise date de 1770, elle est en tous cas postérieure aux deux articles publiés dans le Journal encyclopédique en 1769 qui étaiten répandus dans l’Europe entière. Elle est aussi brève, et élude ce qui est intéressant pour nous, l’essentiel du périple de Gwinett d’Angleterre au Japon, du Japon au Pegu, du Pegu au Siam et du Siam chez les sauvages du Congo. Gwinett se retrouve dès sa fuite de l’Angleterre sur un navire corsaire qui tombe aux mains des Espagnols en Floride. Il y retrouve dans les mêmes conditions que ci-dessus, Richard Collins. Ils préparent leur retour en Angleterre et se retrouvent esclaves à Alger. Nous voilà ramenés à l’histoire précédente !

 

Elle est en tous cas reproduction presque intégrale des deux articles du Journal encyclopédique. Pour donner l’illusion d’un véritable document, on trouve parfois un mot manquant avec la mention « illisible sur le manuscrit ».

 

Ce n’est en réalité qu’une diatribe au demeurant justifiée sur le système judiciaire de l’époque, qu’il soit français ou anglais, auquel il manque le souffle du roman picaresque qu’en a fait Castillon.

 

Castillon fut un contributeur de la grande Encyclopédie mais nous n’y avons trouvé aucune rubrique qui porte sa signature. Les pages que cette œuvre consacre au Siam sont consternantes mais portent la signature d’un folliculaire qui travaillait à la page, le chevalier de Jaucourt (4). Ce que Castillon écrit sur le Siam est de bon aloi et provient probablement de sources sérieuses en dehors du trop lourd emprunt à Jean Struys.

 

 

Les longues descriptions du système judiciaire et des sanctions qui s’y attachent dans les pays tyranniques qu’a visités Gwinett sont un évident rappel au système judiciaire français sous l’ancien régime dont les magistrats se couvrirent de honte : absence d’enquêtes sérieuses, utilisation systématique de la torture, condamnation injustifiées.

 

 

Rappelons que nous sommes à l’époque de l’affaire Calas terminée en 1765, aucune enquête sérieuse autrement qu’à charge, utilisation de la torture et condamnation à mort dans des conditions abjectes.

 

 

Castillon y fait allusion dans sa préface, n’oublions pas qu’il était avocat à Toulouse dont le Parlement se déshonora par cette affaire. Celle du Chevalier de la Barre éclate en 1766 dans des conditions similaires.

 

 

Les supplices épouvantables subis par Damien en 1757, issus de l’imagination sadique des magistrats du Parlement de Paris n’ont rien à envier à ceux imaginés par le roi Phrasat Thong.

 

 

Ce n’est qu’en 1780 que la torture sera abolie par Louis XVI.

 

 

Castillon déplore enfin l’absence de réparation du préjudice causé au coupable innocenté par l’impéritie et l’incompétence des juges qui conduisit son héros à finir – quoiqu’innocent – dans la mendicité (5). Il fut la voix qui clamait dans le désert puisque l’indemnisation des victimes d’erreurs judiciaires n’est entrée dans le droit positif français que par la Convention européenne des droits de l’homme du 4 novembre 1950 qui n’a été ratifiée qu’en 1974 (6).

 

 

NOTES

 

(1) Ce phénomène de pendus ressuscités n’est pas inconnu de l’histoire. Ne nous attardons pas sur des détails morbides :

https://listverse.com/2008/12/18/top-10-amazing-execution-survival-stories/

 

 

(2) Voir notre article RH 50 - LE ROI LUANG SORASAK, « LE ROI TIGRE » (Phra Chao Sua). (1703-1709) (Ou Somdet Phra Sanphet VIII (สมเด็จพระสรรเพชญ์ที่ ๘)  Ou  Suriyensapdi Ou  Suraçak )

https://www.alainbernardenthailande.com/2019/11/rh-50-le-roi-luang-sorasak-le-roi-tigre-phra-chao-sua.1703-1709-ou-somdet-phra-sanphet-viii-ou-suriyensapdi-ou-suracak.html

 

 

(3) Voir notre article A 263 - JEAN STRUYS (JAN JANSZOON STRUYS), AVENTURIER HOLLANDAIS AU SIAM EN 1650 ET TÉMOIN DES MASSACRES DE LA MÊME ANNÉE.

https://www.alainbernardenthailande.com/2018/06/a-263-jean-struys-jan-janszoon-struys-aventurier-hollandais-au-siam-en-1650-et-temoin-des-massacres-de-la-meme-annee.html

 

 

(4) Voir notre article A 43. « L'Encyclopédie », Voltaire et le Siam.

https://www.alainbernardenthailande.com/article-a-44-l-encyclopedie-voltaire-et-le-siam-83570407.html

 

 

(5)  « Erudimini qui judicatis terram » disent les écritures (Psaume II – 10) « Instruisez-vous, juges de la terre ».

 

 

(6) Article 3 : « Lorsqu’une condamnation pénale définitive est ultérieurement annulée, ou lorsque la grâce est accordée, parce qu’un fait nouveau ou nouvellement révélé prouve qu’il s’est produit une erreur judiciaire, la personne qui a subi une peine en raison de cette condamnation est indemnisée, conformément à la loi ou à l’usage en vigueur dans l’Etat concerné, à moins qu’il ne soit prouvé que la non-révélation en temps utile du fait inconnu lui est imputable en tout ou en partie ».

 

 

 

 

 

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commentaires

T
si je fais des cauchemars avec cette histoire ... .
Répondre
G
ça tient effectivement du roman noir !