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  • : Le blog des Grande-et-petites-histoires-de-la-thaïlande.over-blog.com
  • : Bernard, retraité, marié avec une femme de l'Isan, souhaite partager ses découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires, culturelles, politiques,sociales ...et de l'actualité. Alain, après une collaboration amicale de 10 ans, a pris une retraite méritée.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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24 février 2021 3 24 /02 /février /2021 22:04

 

Le « Bangkok Post » qui est – paraît-il - « Le journal qu’il faut lire » comporte  souvent des analyses qui ne sont pas dépourvues d’intérêt, même si elles nécessitent parfois une lecture critique.

 

 

Dans sa livraison du 9 février 2021, un  article concernant les « hauts salaires » est intitulé « IT gets highest salaries at officer level » (« L'informatique distribue les salaires les plus élevés au niveau des cadres »). La source est fiable, il s’agit des données recueillies par la plate-forme JobsDB, une gigantesque entreprise de recherche de personnel et d’offres d’emploi.

 

 

Le rapport sur les salaires 2021 de JobsDB, examine les emplois les mieux rémunérés et les moins rémunérés par poste du petit cadre au cadre supérieur.

 

LES « PRIVILÉGIÉS »

Selon  JobsDB donc, l'informatique se classe au premier rang en ce qui concerne l'emploi le mieux rémunéré au niveau des cadres en Thaïlande avec un salaire mensuel de 23.225 à 41.122 bahts, soit  de 645 à 1.140 euros. (À l’heure où nous écrivons (février 2021), la valeur moyenne d’un euro est d’environ 36 bahts).

 

 

 

Elle est notamment supérieure à celle d’autres secteurs d’activité ainsi « professionnal services » (22.872 – 39.331 bahts) qui suit. Il semble que sous ce vocable se groupent des activités nécessitant une formation spéciale et la possession de diplômes professionnels sanctionnant des compétences spécifiques telles que des architectes, comptables, ingénieurs, médecins, avocats et enseignants. Suit le secteur des télécommunications avec une fourchette de 22.785 à 38.612 bahts

 

 

Le secteur médical navigue entre 21.945 et 37.320.

 

 

Ce qu’on appelle du terme horrible de « E-commerce » c’est-à-dire le commerce pratiqué par Internet offre de 21.599 à 35.283 bahts

 

 

L’ingénierie se situe entre 21.406 et 35.711 bahts La banque est plus modeste, de 21.035 à 37.623 bahts

 

 

L’assurance offre de 21.205 à 34.680 bahts Le négoce classique (merchandising and purchasing) est de peu en dessous : 20.829 à 33.442 bahts. Suit enfin le marketing et relations publiques de 20.524 à 32.589 bahts.

 

 

L’évolution du monde vers le numérique est la raison évidente de cette transformation du marché du travail. Au niveau des cadres supérieurs, le commerce par Internet offre des salaires de 36.857 à 64,787 bahts, suivi par les télécommunications, de  36.541 à 67.134 bahts et l’informatique 36.522 à 66.920 bahts.

 

Au niveau des hauts responsables (« managers »), la rémunération dans les assurances varie de 55. 762 à 90.716 bahts. Dans l’informatique, nous allons de 54.435 à 93.324 bahts, dans la banque de 52.993 à 94.481 bahts,  dans les télécommunications de 52.353 à 94,607 bahts 

 

...et dans les services professionnels de 52.274 à 90.941 bahts.

 

Dans les plus hauts sommets, nous trouvons des rémunérations mensuelles de 113.563 à 164.071 bahts dans les services professionnels, dans le commerce par Internet, de 113.271 à 161.588 bahts et dans la banque 112.917 à 165.114 bahts. Selon  cette enquête, la banque est devenue l'un des  secteurs les plus lucratifs à tous les niveaux. C’est probablement en raison de leur option stratégique de l’informatisation systématique et de l’évolution exponentielle des transactions en ligne.

 

Il n’y a d’ailleurs pas que les grandes organisations qui offrent des salaires élevés, les moyennes et petites entreprises recherchent aussi des talents pour les aider à répondre aux exigences et aux applications de la technologie numérique.

 

Il manque toutefois à ces chiffres  – qui ne sont pas sans intérêt – une précision essentielle -il est étonnant que le journaliste ne s’en soit pas préoccupé- celui de savoir s’ils sont bruts ou nets ce qui peut donner des résultats quelque peu différents. La première source de prélèvement qui est la plus importante est celle de l’impôt sur le revenu qui est comme le nôtre calculé par tranches progressives mais prélevé à la source selon un taux allant  jusqu’à 35% (1). Si aucun des chiffres donnés ne permet de taxer le salarié à 35%, il s’arrête à 25%, sachant que le plus bas (21.205 soit 254.460 par an) sera taxé à 5% soit un peu plus de 12.000 bahts ce qui n’est pas rien. Le plus élevé (165.114 soit 1.981.368) sera selon le calcul par tranches taxé à, sauf erreur (7500 + 20.000 + 37.500 + 50.000 + 245.352) 360.000 bahts ce qui ampute sérieusement un salaire annuel d’un peu moins de 2 millions de bahts (un peu plus de 88.800 euros, 7.400 euros mensuel)

 

Il manque aussi les prélèvements sociaux qui n’ont pas l’importance qu’ils atteignent en France mais existent tout de même comme nous allons le voir.

 

En dehors de ces records en matière de hiérarchie des rémunérations, parmi les secteurs les plus demandeurs, viennent celui de l’informatique (19%), suit le négoce (17%), l’ingénierie (10%), le marketing et les relations publiques (8%), la comptabilité (7%), la gestion des ressources humaines (7%), la banque (5%), la fabrication (3%), les transports et la logistique (3%) et les services professionnels avec 2%.

 

ET « LES AUTRES » ?

 

Le très docte Bangkok Post ne s’en préoccupe pas, ce n’était d’ailleurs pas l’objet de cet article, mais il aurait peut-être pu être l’occasion d’en parler. Quoiqu’il en soit, ils n’appartiennent certainement pas aux lecteurs de ce journal. Nous en dirons donc quelques mots.

 

 

Soyons clairs, nous avons parlé, mais c’était il y a  plusieurs années, de la question de l’utilisation abusive sinon esclavagiste de travailleurs immigrés en général clandestins, sur les bateaux de pêche thaïs (2). Le problème a largement été marginalisé depuis lors même s’il existe encore ce qui nécessiterait une étude approfondie.

 

 

Pour les autres, il est nécessaire de tenir compte d’autres facteurs mais notre propos n’est   pas – rassurez-vous – de vous dévoiler les méandres de la législation sociale. Tous les textes thaïs sont accessibles sans difficultés sur Internet et des versions anglaises officieuses sont accessibles

(par exemple http://www.thailaws.com/index_thai_laws.htm)

 

 

Le salaire minimum (ค่าแรงขั้นต่ำ - kharaeng khantam) :

 

Il est actuellement une obligation légale. Il est  (En 2020) fixé dans quatre zones, celles à 336 bahts par jour, celles où la vie est plus chère qu’ailleurs et celles où il est de 331 bahts par jour, ce qui, compte tenu des règles légales (8 heures par jour pour 24 jours par mois) donne un salaire mensuel  d'un peu plus de 8.000 bahts par mois c’est-à-dire 220 euros pour des salariés non qualifiés, mais la législation autorise les heures supplémentaires et nous savons (d’expérience) que si les Thaïs sont parfois nonchalants, ils savent aussi être parfois d’une activité débordante.

 

 

Mais cela permet d’écrire à des journalistes en mal de misérabilisme que dans ce pays, la plupart des habitants vivent avec à peine plus de 200 euros par mois ce qui peut effarer un esprit occidental mais l’impasse est totale (volontairement ou par incompétence) sur le coût de la vie qui n’a rien à voir avec celui de la France et que est, selon les prestations évidement de la moitié, du quart ou du cinquième.

 

 

La protection du travailleur.

 

Elle résulte de la loi sur la protection du travail (พระราชบัญญัติคุ้มครองแรงงาน   phraratchabanyatkhumkhrongraengngan) dont la dernière version est du 12 février 1998 et la dernière réforme du 9 novembre 2012. Le premier texte significatif en ce sens datait du 16 mars 1972. Elle s’applique à tous les salariés de toutes catégories de quelque secteur que ce soit et ce, qu'ils soient à temps complet ou partiel, saisonnier, temporaire ou occasionnel. Les travailleurs domestiques (personnel de maison) ne relevaient alors pas de la définition de « salarié » et n’étaient pas couverts par la loi sur la main-d'œuvre. Ils le sont désormais mais la question de leur assujettissement à la protection sociale pose à tout le moins des difficultés.

 

 

 

La protection sociale.

 

Elle résulte de la dernière loi sur la promotion de la protection sociale du 24 septembre 2003 (พระราชบัญญัติส่งเสริมสวัสดิการสังคม - Phraratchabanyatsongsoemsawatdikan Sangkhom). 

 

 

Elle couvre les risques maladie-maternité-vieillesse-chômage. Elle n’a certes pas l’étendue de la nôtre dont il ne faut tout de même pas oublier qu’elle est le fruit de plus d’un siècle de luttes sociales même si elle est en cours de démantèlement. Elle a été précédée des réformes de Taksin en 2001 de la « Couverture sanitaire universelle » (หลักประกันสุขภาพถ้วนหน้า lakprakansukkhaphapthuanna) qui permet aux Thaïs les plus nécessiteux d’être soignés de façon pratiquement gratuite dans les hôpitaux publics. Que ce système entraîne une protection à plusieurs vitesses est une certitude ...

 

 

mais qui osera dire qu’il n’y a pas en France, en Angleterre ou à fortiori une politique de soins pour les riches et une autre pour les pauvres  (3).

 

 

Sur ce système de santé à deux vitesses, voir la thèse INALCO un peu trop partisane de Pakpoom Saengkanokkul, universitaire de Chiangmaï « Le système de santé en Thaïlande et l'origine des inégalités en matière de santé: une analyse politico-économique ».

 

 

La protection judiciaire.

 

La réforme est plus ancienne et date du 30 avril 1979, c’est la création d’une juridiction du travail équivalente peu ou prou à nos Conseils des Prud’hommes : Loi sur la création de tribunaux du travail et la procédure devant les tribunaux du travail  (พระราชบัญญัติจัดตั้งศาลแรงงานและวิธีพิจารณาคดีแรงงาน - phraratchabanyatchattangsanraengnganlaewithi phicharanakhadiraengngan). Elle est constituée dans chaque chef-lieu de province et composée de magistrats non professionnels élus dans le collège des employeurs et dans celui des employés. Elle a charge de régler les conflits individuels du travail. Sa création est à ce jour trop récente pour qu’une étude serrée de leur fonctionnement et de leur jurisprudence ait à ce jour été effectuée.

 

 

Les limites.

 

La loi sur la protection sociale a ses limites peut-être expliquée pour des raisons économiques. Elle s’applique en principe à toute personne qui en emploie une autre. Elle exclut toutefois les employés du gouvernement et des entreprises publiques, qui ont  leur régime propre, ainsi que ceux d’un gouvernement étranger ou d’une organisation internationale. Il en est de même pour ceux qui emploient des salariés qui travaillent à l’étranger. Ils doivent – en principe  - bénéficier d’un régime local.  L’exonération bénéficie également aux étudiants et sous-employés par les écoles, les universités ou les hôpitaux. Les étudiants n’ont pas de protection spécifique ! Les employés des cabinets d’avocats sont exonérés (pas de commentaires).

 

 

D’autres organismes que l’on peut qualifier d’organismes de bienfaisance ou d’intérêt public, bénéficient également de l’exonération : l’Institut de recherche Chulabhorn (สถาบันวิจัยจุฬาภรณ์ sathabanwichai Chulabhorn) qui est un institut de recherche biomédicale créé par la princesse Chulabhorn (la plus jeune des sœurs du roi) en 1987 et  financé directement par le gouvernement.

 

 

Suit la Croix rouge thaïe (สภากาชาดไทย saphakachatthai) qui est l’une des organisations caritatives la plus populaire dans le pays

 

 

...et enfin l'agence nationale de développement scientifique et technologique  (สำนักงานพัฒนาวิทยาศาสตร์และเทคโนโลยีแห่งชาติ -  samnakngan phatthana witthayasat lae theknoloyihaengchat). Son nom indique son activité, elle dépend du Ministère de l’éducation nationale.

 

 

Toutes ces exemptions (sauf celle qui concerne les avocats mais ils ont probablement de puissants appuis au cœur du pouvoir ?) sont évidemment justifiées. Les autres nous interpellent non pas sur le plan du principe qui peut s'expliquer mais sur celui des risques potentiels d’abus.

 

Il concerne les entreprises agricoles, les entreprises de pêche, les entreprises  de plantation forestière et celles d’élevage d’animaux qui n'emploient pas de personnel à l'année et qui n'ont pas d'autres activités.

 

 

Toutes ces activités n’exigent pas de personnel à plein temps. Il y a une saison pour repiquer le riz et une autre pour le ramasser, On ne coupe pas la canne à sucre toute l’année et pas plus ne récolte-t-on le latex 12 mois sur 12. Il représenterait 8,7 % du PIB. 

 

 

Il y aurait 6 millions d’exploitations agricoles en Thaïlande comprenant l’agriculture proprement dite, les élevages (crevettes, poissons d’eau douce). Elles occuperaient un  tiers de la population active soit comme exploitants directs soit comme salariés.

 

 

Il y a également une saison pour la pèche qui est tout simplement soumise aux caprices des éléments, que ce soit dans le golfe de Siam ou dans la mer d’Andaman.

 

 

Exonérations aussi pour l’embauche de travailleurs occasionnels ou saisonniers à titre temporaire. Cela recouvre évidemment le secteur du tourisme en particulier qui est très saisonnier et représentait avant la crise sanitaire aux environs de 15 % du PIB.

 

 

Il y a donc toute une catégorie de salariés qui échappent complètement aux statistiques, non déclarés aux organismes sociaux puisque leur employeur en est dispensé et ne bénéficiant probablement pas des revenus imposables donc non déclarés à l’administration fiscale. Il n’est pas permis d’en tirer quelque conséquence que ce soit, car nous ne sommes pas journalistes à la recherche du sensationnel. Disons qu’ils ne sont certainement pas tous des esclaves d’une part et qu’ils ne nagent certainement pas dans l’opulence d’autre part.

 

 

Vivre avec 220 euros par mois ? La question est mal posée. Les chiffres sur les revenus moyens – et ce ne sont plus des salaires – valent ce qu’ils valent et ne portent pas sur une seule personne mais sur un ménage. Dans le Nord-Est, le revenu mensuel moyen d’un ménage serait d’environ 20.000 bahts par mois (555 euros) et d’environ 43.000 à Bangkok (1.194 euros). Lorsqu’on connaît un peu le pays on sait que l’on peut vivre (modestement et plus encore) avec 20.000 bahts par mois en Isan et encore plus modestement avec 1.200 euros à Bangkok.

 

 

Ce raisonnement basé sur le « revenu moyen » a toutefois de sérieuses limites. Imaginez un village dans lequel règne un potentat local qui a des revenus de 1 million de bahts par mois. Il y a dans ce village 100 autres habitants qui gagnent le strict minimum 8.000 bahts par mois soit ensemble 800.000 bahts Les revenus mensuels dans le village s’élèvent donc à 1.800.000 bahts soit une moyenne de 17.821 bahts par personne. Ce raisonnement devient cette fois idiot. Il existe en effet un certain nombre (lequel ?) de Thaïs qui sont milliardaires en dollars ou en euros, de ceux qui peuvent s’offrir des appartements de luxe à 500 millions de bahts à Bangkok (13 millions d’euros)

 

 

...et d’autres qui n’ont d’autres ressources pour se loger qu’un minuscule appartement en forme de cage à poules dans un quartier excentré à 1.000 bahts par mois (27 euros).

 

 

Ne faisons donc pas dire aux chiffres ce qu’ils ne disent pas.

 

 

La hiérarchie des salaires.

 

 

Là aussi, essayons de ne pas faire dire aux chiffres n’importe quoi. Nous avons rencontré un heureux dirigeant bénéficiant d’un salaire de 1.981.368 bahts annuel. Il y a évidemment dans son entreprise quelques femmes de ménages ou hommes de peine qui sont payés au minimum légal soit 96.000 bahts par an (8.000 x 12). La hiérarchie est donc de 1 à 20 en admettant que ce salaire d’un peu moins de 2 millions de bahts soit le plus élevé de l’année de référence en 2020 (4).

 

 

Ce tropisme de transparence totale a pour origine les pays anglo-saxons où les écarts de rémunération y sont beaucoup plus importants qu’en France et où certaines rémunérations ont suscité l’opprobre de l’opinion. Aux États-Unis, la rémunération moyenne des grands patrons serait de 275 à 350 fois supérieure au salaire moyen. En France, les PDG des sociétés CAC 40 ont en moyenne des rémunérations 70 fois supérieures au revenu moyen français. Notons que nous sommes en termes de revenus et non de salaires.

 

 

Cette question n’est pas en passe de trouver une solution en Thaïlande, et elle ne l’est pas encore sérieusement en France (5).

 

 

Les Thaïs en sont-ils seulement soucieux ? Les rouges de Taksin qui ont obtenu un  succès  électoral flatteur dans le Nord et le Nord-est ne se sont jamais souciés des turpitudes fiscales et financières de leur idole et pas plus de sa fortune colossale, plusieurs milliards de dollars ou d’euros ( ?) dont la Justice n’a pu saisir qu’une petite moitié. D’origine modeste, ancien policier, il a pu obtenir par ses anciens collègues un contrat pour équiper toute la police thaï en ordinateurs et, profitant de l'essor spectaculaire de la téléphonie mobile, des liaisons satellites et du boom boursier, il fit rapidement fortune et est devenu aujourd'hui, avec sa famille, la première ou l’une des premières fortunes du pays.

 

 

Pour ses admirateurs tous pieux bouddhistes, il a tout simplement un remarquable karma au bénéfice des mérites qu’il a acquis dans ses existences antérieures.

 

 

Cette situation est évidemment incompréhensible en France. Peut-on une seule seconde imaginer le bénéficiaire de la plus grande fortune française, Bernard Arnault (quelques dizaines de milliards d’euros), qui n’a pas créé sa fortune mais hérité et fait prospérer celle de sa famille, devenir le porte-parole des damnés de la terre.

 

 

Qu’en est-il des oligarques qui nous gouvernent et de ceux qui prétendent à sa succession ? Leur fortune est-elle le résultat de leur karma ? Ce sont par rapport à Taksin de véritables gueux : Nous la connaissons par le biais des déclarations faites à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique.

 

 

Leur Président navigue aux alentours du million d’euros.

 

La plus riche (ou la moins pauvre) des anciens de son gouvernement est une modeste sous-ministresse, Delphine Gény-Stephann, secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie, qui avouait un patrimoine d’environ 16 millions d'euros.

 

Les millions ne sont pas des milliards ! Le porte-parole des damnés de la terre, Jean-Luc Mélenchon, dépasse de peu le million d’euros.  Son meilleur challenger ( ?) Marine Le Pen, a fait une déclaration contestée, elle ne posséderait qu’environ 600.000 euros.

 

 

Tous les autres, sans être bénéficiaires du RSA, naviguent aux alentours de quelques centaines de milliers d’euros. Nous avons un gouvernement de misérables

 

 

 

Les savants écrirons un milliard 109  ce qui ne serait pas parlant pour les Thaïs mais signifie tout simplement 1 suivi de 9 zéros (1 000 000 000 000). C’est l’écriture scientifique utilisée pour les nombres astronomiques En admettant que la fortune de Taksin subsistante aux saisies soit d’un milliard d’euros donc 36 milliards de bahts, nous pouvons l’écrire bien que ce ne soit probablement pas parlant pour un Thaï de l’Isan 36x109 ou de façon traditionnelle 36 000 000 000. Expliquez au Thaï que s’il bénéficiait d’un crédit de 36 milliards de bahts et que s’il dépensait pour son bol de riz 36 bahts par jour, il lui faudrait près de 10 millions d’années pour épuiser le crédit.

 

Imaginons que nous puissions compter sans interruption jusqu'à un milliard au rythme d'un chiffre chaque trois secondes (pour la locution des grands nombres). Nous devrions ainsi compter durant trois milliards de secondes. Pour transformer ces secondes en années, il faut les diviser par 60 (minutes), puis par 60 à nouveau (heures), puis par 24 (jours) et finalement par 365 (années). On obtient 95,1 ans. Il faudrait donc compter sans interruption durant plus de 95 ans pour arriver à un milliard.
 


(Source : intra-science.com)

NOTES

 

(1) Selon le revenu annuel, les tranches sont les suivantes :

- de 0 à 150.000 bahts :                               0

- de 150.001 à 300.000 :                             5%

- de 300.001 à 500.000 :                             10%               

- de 500.001 à 750.000 :                             15%

- de 751.000 à 1.000.000 :                          20%

- de 1.000.001 à 2.000.000 :                       25%

- de 2.000.001 à 4.000.000 :                       30%

- en dessus de 4.000.000 :                          35%

Le contribuable local n’est donc imposable qu’à partir d’un salaire mensuel de 12.583 bahts Mais la législation fiscale ne connaît pas le quotient familial ou l’abattement forfaitaire, deux paramètres qui peuvent diminuer de façon sensible l’imposition des salariés quels qu’ils soient.

 

 

(2) Voir nos deux articles :

A128. Le travail forcé sur les bateaux de pêche thaïlandais.

http://www.alainbernardenthailande.com/article-a128-le-travail-force-sur-les-bateaux-de-peche-thailandais-120167502.html

La crevette thaïlandaise a un arrière-goût d'esclavage.

http://www.alainbernardenthailande.com/article-la-crevette-thailandaise-a-un-arriere-gout-d-esclavage-123882851.html

 

 

(3) Les soins dans les hôpitaux publics sont ce qu’ils sont mais ils sont et c’est leur mérite. On trouve un dispensaire dans chaque sous-district (tambon) ou l’on soigne les bobos pour des sommes dérisoires,

 

 

...un hôpital dans chaque district (amphoe) et un hôpital général dans chaque province où vous envoi l’hôpital local pour les cas les plus sérieux. Tout le monde peut se rendre dans un hôpital public, un Thaï comme un étranger. On y est bien soigné par un personnel formé et compétent et avec un peu de chance, quelqu'un parlera anglais, les médecins en particulier dont beaucoup sont formés aux États-Unis.

 

 

Pour ce qui ne concerne pas les soins proprement dits (nourriture, dortoirs, toilettes, etc..), il faut en prendre son parti. Les prix pratiqués pour les étrangers sont plusieurs dizaines de fois inférieures à ceux des hôpitaux privés.

(4) C’est évidemment un fait du hasard, Au cours de la campagne présidentielle, Jean-Luc Mélenchon proposait d’imposer par la loi un écart maximum de 1 à 20 entre le plus haut salaire et le plus bas.

 

 

(5) Le premier texte à ce sujet est la loi Pacte (Le plan d'action pour la croissance et la transformation des entreprises) promulguée le 22 mai 2019. Tout au plus renforce-t-elle l’information sur les rémunérations des dirigeants des sociétés cotées...

 

 

...et dans un immonde charabia parle dans ses motifs de « démarche vertueuse » et de « ratio d’équité ». Des ordonnances doivent suivre, celle du 24 juillet suivant ne règle pas la question de la transparence des rémunérations.

 

 

 

 

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commentaires

D
Très bon article, merci!
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