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  • : Bernard, retraité, marié avec une femme de l'Isan, souhaite partager ses découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires, culturelles, politiques,sociales ...et de l'actualité. Alain, après une collaboration amicale de 10 ans, a pris une retraite méritée.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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24 mars 2021 3 24 /03 /mars /2021 22:54

 

Nous avons il y a quelque temps abordé une question fondamentale en pays bouddhiste, celle de la non-violence. Qu’en est-il dans cette religion d’amour et de compassion et ne faut-il pas aborder la question avec un certain recul ? (1)

 

 

Il y a incontestablement des aspects ou des épisodes de violence dans le bouddhisme.

 

 

Nous retrouvons la  notion de « mal nécessaire » : Le pasteur théologien  Dietrich Bonhoeffer a écrit : « Il y a pire que faire le mal : être mauvais. » En ces mots, il a défendu sa participation à un complot visant à assassiner Adolf Hitler pendant la seconde guerre Mondiale. Un assassinat est un mal, mais certains, notamment Bonhoeffer, avaient estimé que dans le cas présent, c'était un mal nécessaire au vu du mal bien plus grand.

 

 

Nous allons retrouver cette notion de « mal nécessaire » en surabondance dans la Bible même, religion d’amour (!).

 

 

Le meurtre, mal nécessaire.

 

Dieu avait dicté à Moïse le 5e commandement du décalogue « tu ne tueras pas ». Peut-on faire le mal pour arriver à ce que l’on considère comme un bien ?

 

 

Citions cet exemple biblique de ce qui fut un génocide organisé par Dieu lui-même : « Or, au milieu de la nuit, le Seigneur fit périr tout premier-né dans le pays d’Égypte, depuis le premier-né de Pharaon, héritier de son trône, jusqu'au premier-né du captif au fond de la geôle, et tous les premiers-nés des animaux »  (2). Ce fut la dixième plaie d’Égypte à la suite de laquelle le pharaon libéra les Hébreux des chaînes de l’esclavage.

 

 

 

 

Le mensonge, mal nécessaire.

 

Le huitième commandement nous dit « tu ne mentiras pas ». Il n’y a pas de mensonge excusable disent les théologiens chrétiens et pourtant Rahab la prostituée a menti au roi de Jéricho afin de protéger les espions hébreux cachés sous son toit (3). Par la suite, quand Israël a détruit la ville, Dieu a épargné Rahab et sa famille. Ses mensonges étaient-ils un « mal nécessaire » ? 

 

 

Ces exemples bibliques pourraient assurément se retrouver dans les écrits bouddhistes canoniques mais nous avons plus de facilités à feuilleter la Bible que les Jatakas. Nous ne nous lancerons pas non plus dans un débat philosophique (4). Nous avons essayé de décrire de façon sereine des situations dans lesquelles ou devant lesquelles une partie significative des bouddhistes thaïs a pu préconiser et se lancer dans la violence extrême.

 

 

LE MOUVEMENT NAWAPHON (ขบวนการนวพล  - khabuankan nawaphon).

 

 

C’est un premier mouvement ouvertement paramilitaire que l’on pourrait qualifier d’activiste ou comme appartenant à la « droite extrême ».

 

Il en est deux traductions possibles : le « mouvement des forces nouvelles » ou « le mouvement de la neuvième force » (5). Le 9 fait évidemment référence au roi régnant, 9e de la dynastie.

 

 

Le mouvement a été créé en 1974 par Watthana  Khiaowimon (วัฒนา เขียววิมล)

 

 

...à l’instigation probable du Commandement des opérations de  sécurité intérieure  (กองอำนวยการรักษาความมั่นคงภายใน - kongamnuaikan raksakhwamankhongphainai) et avec le concours du lieutenant-colonel Suraphon Chulalaphram (สุรพล จุลละพราหมณ์) commandant de la police des frontières (การตำรวจตระเวนชายแดน - kantamruat trawen chaidaen),

 

 

le général Saiyud Kerdphol  (สายหยุด เกิดผล),

 

Le lieutenant général Wanlop Rojanawisut (พล.อ. วัลลภ โรจนวิสุทธิ์), chef des services d’information de l’armée (เจ้ากรมข่าวกองทัพทหาร - chaokromkhao kongthapthahan)

 

 

et le lieutenant-général Samranphaythayakun (สำราญ แพทยกุล)

 

 

...en collaboration plus ou moins étroite avec Thanin Kraivichien (ธานินทร์ กรัยวิเชียร) devenu premier ministre en 1976 et anti-communiste virulent.

 

 

Le mouvement tout à la fois bouddhiste, royaliste et nationaliste, en coopération avec l’OTASE  (Organisation du Traité de l'Asie du Sud-Est ou pacte de Manille) est mis en place entre 1954 et 1977, en soutien à la monarchie et la lutte contre le communisme.

 

 

Le mouvement, tout en étant hostile à la démocratie parlementaire, participa néanmoins aux élections de 1976 sous le nom  « parti Thammathipat » (พรรคธรรมาธิปัตย์).

 

 

On lui prête  un rôle majeur dans les massacres du 6 octobre 1976.

 

 

Wattana Khiaowimon était  né le 11 septembre 1944 dans le district de Nong Khae dans la province de  Saraburi  (อำเภอหนองแค จังหวัดสระบุรี). Son éducation primaire se fit au temple de son village (wat khonchangok - วัดขอนชะโงก).

 

 

Nous le retrouvons ensuite au lycée Mansriwittaya à Bangkok (โรงเรียนแม้นศรีวิทยา กรุงเทพฯ)

 

 

puis au lycée catholique Malasawan dans le district de Ban Na, province de Nakhon Nayok (โรงเรียนมาลาสวรรค์ - อำเภอบ้านนา แจังหวัดนครนายก),

 

 

puis au lycée Amnuay Silpa à Bangkok (โรงเรียนอำนวยศิลป์).

 

 

Puis ensuite il va aux États-Unis où il obtient un diplôme d’ingénieur en 1966 à l’Université de Becker Field en Californie. Il obtient ensuite un diplôme d’ingénieur en économie à l’Université de Sacramento en Californie.

 

 

Il obtient encore en 1969  une maîtrise en étude des civilisations asiatiques et africaines de l’Université de Sital Hall dans le New Jersey

 

 

...et enfin en 1970 il obtient un doctorat en administration et gestion de l'Université Walden à Minneapolis.

 

 

Bardé de diplômes, il était devenu Président de l’association des étudiants thaïs aux États Unis. Il a ou aurait en  cette qualité côtoyé le vice-Président Spiro Agnew et eu des contacts étroits avec la CIA qui participa probablement au financement de son mouvement.

 

 

Au retour de Wattana Kiewvimol en Thaïlande en 1974 ces liens ne manquèrent pas d’impressionner les organisations militaires locales. Ses liens étroits avec l’agence de renseignement américaine lui donnèrent accès à des informations secrètes ou confidentielles qui lui assurèrent son succès auprès des militaires d’autant qu’engagé dans la sauvegarde de la nation, de la monarchie et du bouddhisme et la défaite du communisme et  n’était pas un  parti politique il échappait au mépris traditionnel attaché aux partis engagé dans de futiles querelles parlementaires.

 

 

Son mouvement reçut le soutien de la classe commerciale et du monde des affaires ainsi que d’une partie au moins du clergé bouddhiste hostile à d’éventuelles réformes sociales pouvant porter atteinte à leurs privilèges. Il reçut le soutien prestigieux du moine Kittiwuttho Bhikkhu (กิตติวุฑ โฒภิกขุ) sur lequel nous allons revenir.

 

 

Il aurait été désigné comme consul honoraire du Tanganyika, ce qui est singulier et du Portugal, ce qui l’est beaucoup moins (6).

 

 

La question de son financement faute de documents précis, ne peut reposer que sur des hypothèses : C.I.A très probablement, Portugal vraisemblablement, fourniture officieuse de matériel de la part de certains éléments de l’armée.

 

 

Au milieu des années 70, le mouvement aurait compté 500.000 adeptes. Il a joué un rôle clé dans l'agitation anti-communiste  qui a conduit au massacre de l'Université Thammasat  connu sous le nom « événements du 6 octobre 1976 » (เหตุการณ์ 6 ตุลา hetkan hok tula), dans lequel des membres de l'organisation furent directement impliqués. Après le coup d'État militaire qui suivit sa popularité diminua.

 

 

Partant de l’idée que les Thaïs considéraient la politique et les partis politiques comme des institutions corrompues, les dirigeants de Nawaphon qualifièrent toujours le groupe de  « mouvement » et surtout pas de « parti politique » soulignant que s’il s’impliquait dans les « affaires d’état »  (kan chat  - การ ชาติ), il ne s’intéressait pas à la politique (kan muang - การเมือง).

 

 

Comme le Centre national des étudiants de Thaïlande (sunnisitnaksueksa  haengprathetthai - ศูนย์ นิสิต นักศึกษา แห่ง ประเทศไทยขauquel il était plus ou moins lié, son action débordait Bangkok, s’adressant aux villes de province et aux districts plus qu’aux villages par l’organisation de réunions de masse.

 

 

Structuré d’une façon similaire au parti communiste, en cellules indépendantes entre elles, ils cherchèrent à recruter des acteurs potentiels  au niveau local. Il revendiqua après 1975 avoir plus d'un million de membres actifs. Bien que ce chiffre ait pu être gonflé, il ne fait aucun doute qu'en moins d'un an, Nawaphon était devenu une nouvelle institution politique ultranationaliste très puissante.

 

Si les sources de financement n’ont jamais été claires, il est certain en tous cas que le mouvement ne connut jamais de difficultés financières.

 

Doté d’un incontestable talent oratoire, Wattana concentrait son énergie en organisant des réunions dans les villes de province : Sur l'estrade devant la foule se trouvaient le drapeau national et des photographies du roi et de la reine. Microphone à la main, il exhortait les foules sur un ton de colère et de loyauté : « Aimez-vous votre roi? Aimez-vous la Thaïlande? Détestez-vous le communisme ? ». La réponse à chaque question était un rugissement d'assentiment. « Alors allez-vous signer une pétition pour votre roi et votre pays avant que les communistes n’envahissent la Thaïlande ? »

 

 

Les signatures arrivaient par centaines et chacune était considérée  comme une adhésion à Nawaphon. Des membres étaient sélectionnés pour suivre des cours de formation politique. Dans de nombreuses réunions, on aurait remarqué des membres de l’armée ou de la police en tenue civile.

 

 

Chaque « Nawaphon » - le mot était aussi utilisé pour désigner les membres - était responsable du recrutement de dix membres supplémentaires. Les membres d'un groupe, reprenant la structure cloisonnée du Parti communiste clandestin, pouvaient ne pas se connaître de groupe à groupe. Idéalement, chaque groupe de village devait réunir 50 membres, chaque sous-district 1000 membres et chaque district 10.000 membres.

 

Les organismes officiels militaires ou policiers ont probablement cessé de soutenir officiellement et officieusement Wattana et Nawaphon. Quel que fut le régime que connut la Thaïlande après les événements de 1976, il fut toujours un régime militaire plus ou moins musclé et les militaires ont tout à craindre d’un mouvement de masse animé par un chef charismatique pouvant s’opposer à la clique militaire…

 

 

 

LE MOUVEMENT DES BUFFLES ROUGES (ขบวนการกระทิงแดง - khabuankan krathingdaeng)

 

 

Le mouvement apparaît comme la branche « jeunesse » du précédent même si les origines furent différentes. Il a été fondé après les événements du 14 octobre 1973 par le commandement de la sécurité intérieure (กองบัญชาการรักษาความมั่นคงภายใน - kongbanchakan raksakhwammankhongphainai) pour lutter contre le communisme.

 

 

Ses dirigeants auraient été en rapports directs avec les services secrets américains, et le colonel Sutsai  Hatsadin (สุตสาย หัสดิน)

 

 

et un civil, Phadet  Duangdi (เผด็จ ดวงดี)  

 

 

...coiffaient essentiellement des étudiants de Bangkok. Spécialisés en quelque sorte dans les bagarres de rues, nous les retrouvons lors des événements du 14 octobre 1973 et les massacres de l’Université Thammasat du 6 octobre 1976. Le rouge est leur couleur, celle qui symbolise la nation dans le drapeau tricolore thaï. Leur mot d’ordre est simple « lutte contre l’impérialisme communiste » (แนวร่วมต่อต้านจักรวรรดินิยมคอมมิวนิสต์ - naeoruamtotanchakkrawatniyom khommionit).

 

 

Ils sont réputé avoir participé à de nombreux combats de rue contre des gauchistes. On leur attribue le 21 mars 1976 le lancement d’une bombe contre des manifestants de gauche qui aurait entraîné la mort de quatre militants étudiants (7). Ils bénéficiaient ouvertement de l’immunité pénale.

 

 

LES VILLAGES SCOUTS (ลูกเสือชาวบ้าน  - luksuachaoban)

 

 

C’est une organisation beaucoup plus respectable. Parrainé par le Roi et la Reine à partir de 1971 pour promouvoir l’unité nationale, il avait été créé en 1954 par la police des frontières (ตำรวจตระเวนชายแดน - tamruattrawen chaidaen), des sortes de milices villageoises  destinées à assurer la sécurité dans les villages face à la menace aux frontières du parti communiste.  Il s’est ensuite répandu sur tout le territoire. A partir de 1974, il est sous la responsabilité du Commandement de la sécurité intérieure (กองอำนวยการรักษาความมั่นคงภาย - kongamnuaikan raksakhwammankhongphai).

 

 

Ils avaient suivi le modèle des organisations de défense « de base » du Sud-Vietnam. Leur chef suprême était le Roi qui visitait souvent leurs unités et leur remettait foulards et drapeaux. Ils étaient les yeux et les oreilles du Ministère de l’intérieur. Entre 1971 et 1985, plus de dix millions de Thaïs adultes avaient suivi leur formation.

 

 

Lors des événements du 6 octobre 1976, le groupe fut comme les deux précédents impliqué dans le lynchage d'étudiants à l'université de Thammasat ce qui fut le prétexte à leur dissolution après le coup d’État de 1976.

 

 

LE SOUTIEN DU BOUDDHISME « ACTIVISTE »

 

 

Phrathepkittipanyakhunthemkittisak Charoensathaporn (พระเทพกิตติปัญญาคุณ นามเดิม กิติศักดิ์ เจริญสถาพร) et surtout connu sous le nom de  Kittiwuthotphikkhu (กิตติวุฑโฒ ภิกขุ). Il fut abbé assistant au temple royal de première classe Watmahathatyuwararangsaritratchaworamahawihan (วัดมหาธาตุยุวราชรังสฤษฎิ์ราชวรมหาวิหาร) à Bangkok

 

 

et directeur du Chittaphawan College (จิตตภาวันวิทยาลัย) dans la Province de Chonburi (จังหวัดชลบุรี)

 

 

 

Il naquit  le 1er juin 1936 dans le sous-district de Bangsaipa (บลบางไทรป่า), district de Banglen, dans la province de Nakhonpathom (จังหวัดนครปฐม) dans une famille nombreuse. Il fit ses quatre premières années d’études à l’école de Banglen. Il étudia ensuite le Dharmakaya sous l’égide  de Phra Mongkhonthepmuni (พระมงคลเทพมุนี)

 

 

et fut ordonné le 14 juin 1957 au temple de Paknam Phasicharoen (วัดปากน้ำ ภาษีเจริญ) à Bangkok à l’occasion du 2500e anniversaire de l’ère bouddhiste.

 

 

Il étudia ensuite la métaphysique à l’école Phraapidhammamahathatwittayalai (พระอภิธรรมมหาธาตุวิทยาลัย) du temple Wattmahathatyuwaratrangsarit (วัดมหาธาตุยุวราชรังสฤษฎิ์) toujours à Bangkok.

 

 

Il est nommé professeur de métaphysique le 1er juin 1960. En compagnie d’autres érudits, il contribua au développement de l’éducation monastique et de l’étude des textes sacrés. En 1967, il fonde le  Chittaphawane College (จิตตภาวันวิทยาลัย) à Chonburi  et atteint une notoriété nationale.

 

 

 

Dès avant les incidents de 1973 et 1976, il déclarait volontiers que tuer un communiste n’était pas un  péché (ฆ่าคอมมิวนิสต์ ไม่บาป  - Khakhommionit  maibap) s’attirant la sympathie des membres de Nawaphon et des Buffles rouges, leur slogan favori contre les étudiants qui protestaient contre le retour du maréchal Thanom Kittikachorn. Sa dialectique était claire : tuer un communiste ou un gauchiste ne faisait pas perdre des mérites car il ne s’agissait pas d’êtres humains.

 

Ceux qui s’attaquent à la nation, la religion ou la monarchie,  ne sont pas des êtres humains. Les tuer, c’est tuer le diable Mara (มาร), c’est un devoir pour tous les Thaïs. Si un meurtre fait perdre des mérites, cette perte est légère par rapport aux mérites que l’on gagne en faisant un  acte qui sert la nation, la religion et la monarchie. Il a une comparaison audacieuse : « quand nous tuons un poisson pour le faire cuire et le placer dans le bol d'aumône d’un moine, nous prenons une vie et perdons des mérites, mais lorsque nous le plaçons dans le bol d'aumône d'un moine, nous gagnons beaucoup plus de mérite ». Si à l’origine, son bouddhiste militant ne semblait pas avoir une saveur explicitement anticommuniste, il semble que ce soit les événements de la période entre octobre 1973 et vers le milieu de 1975 qui l'ont conduit à devenir farouchement anticommuniste et à soutenir les mouvements qui cherchait à détruire, par la force si nécessaire, les ennemis de la religion, de la nation et de la monarchie.  Son rôle actif au soutien de Nawaphon intervient après les victoires communistes au Sud-Vietnam et au Cambodge en avril 1975.  À la fin de cette année-là, il se déclare ouvertement chef spirituel du mouvement Nawaphon, légitimant ainsi l'organisation aux yeux des fidèles bouddhistes. La presse « libérale » et quelques députés  ont appelé le patriarche suprême et la hiérarchie à enquêter sur lui et à le réprimander mais finalement aucune action n'a jamais été entreprise à son encontre. Néanmoins à la fin de 1976, il modifia sa position agressive au profit d’une attaque idéologique intensifiée contre le communisme en tant qu'ennemi de la nation, de la religion et de la monarchie mais ses propos restèrent explosifs (8).

 

 

Les religions « de paix » confrontées à la violence ?

 

Né dans un contexte de non-violence dès sa naissance, le bouddhisme n’a pas manqué de céder à la violence, c’est une question  que nous avons longuement traitée (1).

 

Le christianisme marqué en particulier par le « sermon sur la montagne »

 

 

...et le précepte du Christ « Si l'on vous frappe sur la joue droite, tendez la joue gauche » a également marqué par la violence notamment au cours des Croisades (9). 

 

 

Aucune religion n'a le monopole de la guerre ni celui de la paix. Elles ont toutes été confrontées à cette question en ce compris les plus pacifiques, le bouddhisme n’y a pas échappé.

 

 

SOURCES

 

Nous avons consacré plusieurs articles à cette période chaotique qui vit le régime trembler sur ses bases.

 

228. COMPRENDRE LA RÉVOLTE POPULAIRE DU 14 OCTOBRE 1973 EN THAÏLANDE QUI MIT FIN À LA DICTATURE DU MARÉCHAL THANOM.

http://www.alainbernardenthailande.com/2016/04/228-comprendre-la-revolte-populaire-du-14-octobre-1973-en-thailande-qui-mit-fin-a-la-dictature-du-marechal-thanom.html

 229-1 - LES ÉVÉNEMENTS POLITIQUES DE 1973 A 1976 : DU 14 OCTOBRE 1973 AU 6 OCTOBRE 1976, TROIS ANS DE CHAOS : PREMIER ÉPISODE.

http://www.alainbernardenthailande.com/2016/05/229-1-les-evenements-politiques-de-1973-a-1976-du-14-octobre-1973-au-6-octobre-1976-trois-ans-de-chaos-premier-episode.html

 229 – 2. LES ÉVÉNEMENTS POLITIQUES DU 14 OCTOBRE 1973 AU 6 OCTOBRE 1976, TROIS ANS DE CHAOS (SUITE).

http://www.alainbernardenthailande.com/2016/04/229-2-les-evenements-politiques-du-14-octobre-1973-au-6-octobre-1976-trois-ans-de-chaos-suite.html

 229 – 3 - LES ÉVÉNEMENTS POLITIQUES DU 14 OCTOBRE 1973 AU 6 OCTOBRE 1976, TROIS ANS DE CHAOS (SUITE ET FIN).

http://www.alainbernardenthailande.com/2016/04/229-3-les-evenements-politiques-du-14-octobre-1973-au-6-octobre-1976-trois-ans-de-chaos-suite-et-fin.html

 230. LA DICTATURE « CIVILE » DE THANIN KRAIVICHIEN (6 OCTOBRE 1976-20 OCTOBRE 1977.

 http://www.alainbernardenthailande.com/2016/05/230-la-dictature-civile-de-thanin-kraivichien-6-octobre-1976-20-octobre-1977.html

Et bien sûr :

A 256. BOUDDHISME ET POLITIQUE EN THAÏLANDE, SELON ARNAUD DUBUS.

http://www.alainbernardenthailande.com/2018/05/a-256.bouddhisme-et-politique-en-thailande-selon-arnaud-dubus.html

En ce qui concerne le financement interne évidement occulte de ces mouvements soit en argent soit en matériel, les sources manquent. En ce qui concerne le financement des mouvements anti-communistes par la CIA, la pseudo déclassification par le Président Obama, nous laisse évidemment sur notre faim.

En ce qui concerne les mouvements « activistes » et Kittiwuthotphikkhu, nous avons consulté de  nombreux sites Internet en thaï. Il se pose évidemment la question de leur fiabilité, beaucoup sont ouvertement partisans. Par ailleurs les nombreuses références citées, toujours en thaï, nous sont le plus souvent inaccessibles.

NOTES

 

(1) Voir notre article A 415- BOUDDHISME ET NON-VIOLENCE : MYTHE OU RÉALITÉ ?

 

(2) Exode 12 : 29.  Ce génocide planifié est d’autant plus difficile à admettre que tous les historiens contemporains estiment qu’il n’y a jamais eu d’esclaves dans l’Égypte pharaonique

 

(3) Josué 2.5

 

(4) voir l’article « Is Violence Justified in Theravada Buddhism? » par Mahinda Deegalle in Social Affairs: A Journal for the Social Sciences, volume  1 numéro 1 de 2014

Le seul fait que les érudits se posent la question est déjà la preuve  que le problème existe !

 

(5)  นว (nawa) peut signifier « nouveau » ou « neuf’ en thaï archaïque

 

(6) Le Portugal, en proie aux insurrections indépendantistes plus ou moins marxistes en Angola et au Mozambique finançait de façon plus ou moins occultes les mouvements anti communistes notamment dans le monde estudiantin. C’est une histoire qui reste à écrire !

 

(7) กมล แซ่นิ้ม (Kamol Saenim) นิพนธ์ เชษฐากุล  (Nipon Chetakul) แก้ว เหลืองอุดมเลิศ  (Kaew Luangudomlet) et เขมะอุดม  (Khema Udomthanet)

 

(8) Frappé pendant de longues années d’une maladie cérébro-vasculaire, il mourut d’un infarctus aigu du myocarde le 21 janvier 2005 à 12 h 51 à l'hôpital de Chonburi , il avait 68 ans et  234 jours.

 

(9) Saint Bernard de Clairvaux, donnant ses consignes aux Chevaliers du temple était si l’on peut dire nuancé. Rome en fit un « Docteur de l’Église » en 1830 :

« Pour les chevaliers du Christ, au contraire, c'est en toute sécurité qu'ils combattent pour leur Seigneur, sans avoir à craindre de pêcher en tuant leurs adversaires, ni de périr, s'ils se font tuer eux-mêmes. Que la mort soit subie, qu'elle soit donnée, c'est toujours une mort pour le Christ : elle n'a rien de criminel, elle est très glorieuse… Pourtant, il ne convient pas de tuer les païens si l'on peut trouver un autre moyen de les empêcher de harceler ou d'opprimer les fidèles. Mais, pour le moment, il vaut mieux que les païens soient tués, plutôt que de laisser la menace que représentent les pécheurs suspendus au-dessus de la tête des justes, de peur de voir les justes se laisser entraîner à commettre l’iniquité » (Bernard de Clairvaux « Éloge de la nouvelle milice du temple » (Liber ad milites de laude novae militiae), 1129

 

 

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