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  • : Le blog des Grande-et-petites-histoires-de-la-thaïlande.over-blog.com
  • : Bernard, retraité, marié avec une femme de l'Isan, souhaite partager ses découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires, culturelles, politiques,sociales ...et de l'actualité. Alain, après une collaboration amicale de 10 ans, a pris une retraite méritée.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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7 septembre 2021 2 07 /09 /septembre /2021 13:06

 

Bouddha, comme tous les êtres d’une grande sainteté, avait la capacité de se remémorer l’ensemble de ses vies passées et n’a pas manqué d’y faire appel pour appuyer certains points de son enseignement. Une toute petite partie du canon pali du bouddhisme theravada contient ainsi, dans la dernière section des sermons, 547 jatakas – les naissances - qui narrent par le menu les vies antérieures de Bouddha, le plus souvent sous forme des naissances du Boddhisattva c'est à dire Bouddha avant son éveil. C'est un corpus hétérogène où l'on trouve des récits brefs, sons forme de fables ou de paraboles dans lesquelles on trouve tantôt de courtes fables, adaptées aux besoins du bouddhisme, et des récits beaucoup plus longs et complexes. La forme même de cet enseignement en dehors de récits qui sont difficiles à comprendre, est la raison de son immense diffusion et de ses débordements probables chez nos fabulistes par l'intermédiaire d'Esope et dans la religion chrétienne à l'occasion des missions de l'empereur Asoka en direction de la méditerranée (1).

 

Ils sont toujours pour les moines un magnifique sujet pour leurs homélies et, d'une simplicité naïve, parfaitement adaptés à un auditoire qui ne se targue pas de métaphysique et plus efficace qu'un complexe discours théologique (2).

 

Les animaux tiennent une place importante dans le bouddhisme, considérés comme égal à l'homme. Tout être vivant et sensible a une attention particulière dans le bouddhisme et chacun se doit d'être respectueux envers la vie, quelle qu’elle soit.

 

Ainsi au cours de ses 547 existences antérieures à sa venue sur terre, Bouddha a connu 75 expériences de vie animale. Il naquit 25 fois sous forme d'une déité ou esprit, esprit de la forêt, esprit des arbres, esprit de l'air, esprit de l'eau ou sous la forme du Dieu Sakka, le roi des Dieux (Indra) qui est par ailleurs omniprésent dans les jataka.

 

 

Lorsqu'il naquit sous forme humaine, le Bodhisattva connut tous les statuts, paria, ouvrier, paysan, artisan, membre d’une famille royale, parfois, ascètes Brahmine souvent.

 

Que ce soit sous forme humaine, divine ou animale, le futur Bouddha a expérimenté à de multiples reprises, sous les formes les plus diverses, la stupidité et à la cruauté de ses semblables et du genre humain.

 

En feuilletant ces récits, en diagonale, je l'avoue, j'ai été étonné de voir que l'animal sous la forme duquel le futur Bouddha renaissait le plus souvent n'était ni l'éléphant (7 récits) ni le lion (7 récits) mais le singe sous la forme duquel le Bodhisattva naquit 10 fois  (3). Ces 10 récits sont d'ailleurs parmi les plus populaires des jataka. Pourquoi le singe ? Il n'est pas pour les bouddhistes un animal de cirque fantasque et capricieux mais symbole de sagesse par rapport aux humains. Il est aussi Hanuman.

 

 

 

Fils de Pavana, le dieu du vent, et de la déesse Anjana, il a l'apparence d'un singe  assez fort pour soulever des montagnes, tuer des démons et rivaliser de vitesse avec Garuda, l'oiseau véhicule de Vishnu. Grand admirateur de Rama, un avatar de Vishnu...

 

 

... Hanuman le rencontre à la recherche de sa femme Sita, perdu dans la forêt de Kishkindha et l'aide à vaincre le roi des démons Ravana, qui avait enlevé Sîta.

 

 

Á la force, il joint la sagesse, ainsi Thot, le dieu singe de l'Égypte antique, le dieu Thot.  

 

 

A Lopburi, à Prachuapkirikan, à Songkla, à Kumpawapi, dans la forêt de Phupan, tous les singes sont des incarnations d'Hanuman. Ils jouissent donc d'une liberté totale malgré les nombreuses nuisances qu'ils créent, il est formellement interdit de les chasser ou de les blesser.

 

 

Toutes ces fables sont le récit de Bouddha à ses disciples en leur rappelant les leçons qu'il avait reçues dans l'une de ses précédentes vies de singe   Dans la plupart des jataka on trouve la phrase « Bouddha disait alors à ses disciples, dans une vie ancienne, j'étais né sous forme de …. »

 

 

....un peu comme nous trouvons dans les Évangiles « Jésus disait un jour à ses disciples… » .

 

 

Les singes et le démon  - La prudence et l’imagination.

 

Il s'agit du Nalapana Jataka, le 20e de la série.

 

A cette époque le bienheureux était né singe de la taille d'un cerf et chef d'une troupe de singes au nombre de 80.000. Il leur avait donné l'ordre de ne manger ni de boire dans un endroit qu'ils ne connaissaient pas sans son consentement. Un jour, les singes étaient altérés et arrivèrent à un lac dans la forêt en un lieu inconnu, mais attendirent l'arrivée de leur chef avant de boire. Lorsque celui-ci arriva, il examina le lac et fixant son attention sur des traces de pas près des rives de l'étang, il vit qu'elles descendaient, mais ne remontaient jamais. Alors il sut qu'il était hanté par un démon quiconque. Il  descendit dans l'eau et dit : « Vous avez bien fait, mes enfants, de ne pas avoir bu l'eau. Cet étang est hanté ! » Quand le démon de l'eau vit qu'ils n'y descendaient pas, il prit la forme horrible d'une créature au ventre bleu, au visage pâle, aux mains rouges et aux pieds rouges, et sortit en pataugeant dans l'eau, et s'écria : « Pourquoi restez-vous assis ici ? Descendez et buvez ! ». Le roi lui demanda « Êtes-vous le démon de l'eau qui hante cet endroit ? ». « Oui ! Je le suis et j'ai pouvoir sur tous ceux qui descendent dans le lac, j'emporte même un oiseau et je ne lâche personne. Vous tous aussi, je vous dévorerai ». - « Nous ne vous permettrons pas de nous manger » - « Eh bien venez »- « Oui, nous boirons mais nous ne tomberons pas entre vos mains » - « Comment y parviendrez-vous ? ».

 

Il fournit alors à tous ses disciples de longs roseaux qui, par la puissance de sa vertu, devinrent immédiatement creux sur toute leur longueur et tous les roseaux autour de ce lac devinrent creux et ainsi ils purent boire sans descendre dans le lac.

 

 

Le singe et le crocodile – La connaissance.

 

Il s'agit du  Vānarinda-jātaka, le 57e de la série.

 

Le Boddhisattva était revenu à la vie sous la forme d'un singe. À l'âge adulte, il était aussi gros qu'un poulain et extrêmement fort. Il vivait seul au bord d'une rivière, au milieu de laquelle était une île où poussaient des manguiers et d'autres arbres fruitiers. A mi-chemin entre l'île et la berge, un rocher solitaire surgissait de l'eau. Étant aussi fort qu'un éléphant, le Boddhisattva avait l'habitude de sauter depuis la berge sur cette roche puis de là, sur l'île. Il y  mangeait à satiété les fruits qui poussaient sur l'île et revenait le soir par le même chemin. Et telle était sa vie au jour le jour.

Or, à cette époque, vivaient dans cette rivière un crocodile et sa compagne. Elle avait été alléchée à la vue du Bodhisattva et conçut le désir de manger son cœur. Elle supplia son seigneur d'attraper le singe. Le crocodile  prit alors position sur le rocher avec l'intention d'attraper le singe lors de son retour le soir.

Après avoir musardé autour de l'île toute la journée, le Boddhisattva  regarda le soir  la roche et se demanda pourquoi elle lui semblait plus élevée que d'habitude. Il soupçonna alors la présence d'un crocodile qui s'y était embusqué. Pour vérifier, il cria comme s'il s'adressait au rocher «  Salut, rocher ! ». Sans réponse, il répéta son cri trois fois. Il s'étonna car le roche répondait toujours lorsqu'il l'appelait. Le crocodile pensa alors que si le rocher avait  l'habitude de répondre au singe, il devait répondre à son tour. Il cria alors « Oui, singe, qu'est-ce que c'est ? » « Qui es-tu ? » dit le Boddhisattva « Je suis un crocodile ». « Pourquoi êtes-vous assis sur ce rocher ? » « Pour vous attraper et manger votre cœur ».  Il n'y avait pas d'autre moyen de revenir sur la berge. Il cria alors au crocodile «  Ouvre ta bouche et attrape-moi quand je saute ». Le Boddhisattva savait que lorsque les crocodiles ouvrent leur gueule, leurs yeux se ferment. Lorsque le crocodile ouvrit sa gueule sans méfiance, ses yeux se fermèrent et il attendit ainsi les yeux fermés et la gueule ouverte.  Voyant cela, le singe  fit un saut sur la tête du crocodile, et de là, avec son ressort vif comme l'éclair, il gagna la rive.

 

La question de savoir si un crocodile qui a la gueule ouverte a les yeux fermés est-conforme à la nature ? Je l’ignore.

 

 

Le fils du roi des singes et l'ogre – la perspicacité et la dextérité.

 

Il s'agit du Tayodhamma-jataka, le 58e de la série.

 

Le Boddhisattva était né fils du roi des singes. Celui-ci avait l'habitude d'émasculer avec ses dents tous ses enfants mâles, de peur qu'ils ne le remplacent un jour, mais la mère du Boddhisattva avait quitté le troupeau avant la naissance de l'enfant et l'avait élevé ailleurs. Quand il eut grandi il vint voir le singe-roi, et celui-ci tenta de l'étouffer dans une fausse étreinte d'affection mais le Boddhisattva était plus robuste que son père et lui échappa. Celui-ci lui demanda d'aller chercher des fleurs de lotus dans un lac voisin qui était habité par un ogre, lui disant qu'il souhaitait le couronner comme roi. Le Bodhisattva devina toutefois la présence de l'ogre. Il cueillit  les fleurs en sautant plusieurs fois d'une rive à l'autre, les saisissant au vol sur son chemin. L'ogre voyant cela exprima son admiration devant cette dextérité et décida de l'accompagner. Lorsque le roi vit son fils revenir avec l'ogre qui portait les fleurs, il mourut le cœur brisé.

 

 

Les singes contre les hommes : la tactique et la stratégie.

 

Il s'agit du Tiṇḍuka-jātaka, le 177e de la série.

 

Le Boddhisattva était né comme un singe au sein d’une troupe de quatre-vingt mille singes, il vivait dans l'Himalaya. Non loin de là se trouvait un village, tantôt habité, tantôt vide. Et au milieu de ce village se trouvait un arbre aux fruits sucrés délicieux. Quand le village était déserté, tous les singes s'y rendaient et en mangeaient les fruits. A l'époque de la saison des fruits, le  village se repeuplait, il était entouré d'une palissade de bambou et ses portes étaient gardées. L'arbre pliait sous le poids des fruits. Les singes par prudence envoyèrent un singe en éclaireur. Il découvrit qu'il y avait des fruits sur l'arbre mais que le village était rempli de monde. Les singes décidèrent de les manger. Ils allèrent prévenir leur roi qui leur demanda si le village était peuplé ou non. Il leur conseilla de se méfier des hommes. Ils répondirent tous qu'ils y iraient au milieu de la nuit quand tout le monde serait profondément endormi. Le roi leur donna son accord, toute la troupe descendit de la montagne et attendit jusqu'à la nuit que la population s'endorme. Ils grimpèrent sur l'arbre et commencèrent à en manger les fruits. Ils furent toutefois surpris par un villageois qui s'était réveillé et furent effrayés. Ils se tournèrent vers leur chef qui leur dit que les hommes avaient bien d’autres occupations et qu’ils pouvaient donc rester. Une fois leur festin terminé, il les rassembla mais s'aperçut qu'il manquait son neveu appelé Senaka. Il pensa alors que si Senaka ne s’était pas joint à eux, c'est qu'il avait quelque idée en tête. Or, Senaka dormait mais en se réveillant, il vit les villageois s'assembler pour poursuivre ses congénères. Il vit alors dans une hutte du village une vieille femme, profondément endormie devant un feu allumé. Il saisit un tison et se tenant bien au vent, mit le feu au village. Alors tous les poursuivants abandonnèrent la poursuite des singes et se précipitèrent pour éteindre le feu. Ainsi sauvés, les singes remirent chacun un fruit à  Senaka pour le remercier.

 

 

Le singe et le crocodile – Victoire sur la bêtise.

 

Il s'agit du Sumsumara jataka, le 208e de la liste.

 

Le Bodhisattva était venu à la vie au pied de l'Himalaya comme roi des singes. Il était fort et robuste et vivait au bord d'une courbe du Gange dans une petite forêt. A cette époque, un crocodile vivait dans le fleuve. Sa compagne avait vu le singe et conçut le désir de manger son cœur. Alors elle dit à son seigneur : « Mon ami, je désire manger le cœur de ce grand roi des singes ! » « Tendre épouse » dit le crocodile « je vis dans l'eau et il vit sur la terre ferme : comment l'attraper ? » « Par ruse » répondit-elle.  « Si vous ne l'attrapez pas, j'en mourrai ». Le crocodile lui répondit alors « ne t'inquiètes pas. J'ai une idée et je te donnerai son cœur à manger ». Le Bodhisattva était assis sur les rives du fleuve. Le crocodile s'approcha et lui dit : « Seigneur Singe, pourquoi vous contentez-vous des fruits de ces lieux vieux ? Sur l'autre rive du Gange, il y a des manguiers et toutes sortes d'arbres portant des fruits doux comme du miel ! Ne vaut-il pas mieux traverser et en manger ? ». Le singe lui répondit  « Seigneur crocodile, le Gange est profond et large : comment vais-je traverser ? ». Le crocodile lui dit alors « Montez donc sur mon dos, je vous ferai traverser ». Le singe lui fit confiance et accepta. Mais dès que le crocodile eut un peu nagé, il se mit à descendre sous les eaux. « Pourquoi me laissez-vous couler  ?» dit alors le singe. Le crocodile lui répondit «  Ne penses pas que je te porte par bonté d'âme, pas du tout ! Ma femme a envie de manger ton cœur, et je veux le lui donner ». « Ami », répondit le singe « mon cœur n'est pas en moi ». « Eh bien, où le gardez-vous ? » demanda le crocodile. Le Boddhisattva lui montra un figuier portant, au loin sur l'autre rive, des grappes de fruits mûrs. Le singe lui répondit «  Vois, mon cœur est pendu dans ce figuier ». « Alors je ne te tuerai pas » répondit le crocodile. Le singe lui répondit  « Amène-moi jusqu'à l'arbre et je te  montrerai où est accroché mon cœur  ». Le Crocodile l'amena. Le singe sauta de son dos et grimpa sur le figuier, s'assit sur une branche élevée et lui dit. « Ô idiot de crocodile ! Si tu croyais qu'il y avait des créatures qui gardaient leur cœur dans la cime d'un arbre, tu es un imbécile, et je t'ai joué ! »  Le Crocodile, se sentant aussi triste et misérable que s'il avait perdu mille pièces d'argent, retourna, affligé à l'endroit où il habitait. Si le bon La Fontaine en avait fait une fable, il aurait conclu « Le crocodile honteux et confus jura mais un peu tard qu'on ne l'y  prendrait plus ».

 

 

Un singe chez les hommes – Ce sont des insensés.

 

Il s'agit su Garahita Jataka, le 219e sur la liste.

 

Le Boddhisattva était autrefois né singe. Un chasseur l'avait capturé dans la forêt où il vivait et donné comme animal de compagnie au roi. Il vécut longtemps dans le palais, faisant consciencieusement des tours, des pirouettes et des grimaces pour le roi et sa cour chaque fois qu'on le lui demandait. Il y apprit beaucoup sur les mœurs des hommes. Satisfait de son service, le roi  demanda plus tard au chasseur de le ramener où il avait été capturé. À son retour, le Boddhisattva raconta à tous les singes d'où il venait et quelle avait été sa vie dans le royaume des humains. Le Bodhisattva ne voulait pas en discuter mais ils insistèrent. Il leur expliqua alors que les humains sont des imbéciles aveugles qui ne saisissent pas l'impermanence des choses et ne s'intéressent qu'à eux. Ils tiennent l'or comme le bien le plus précieux, mais ignorent la religion. Le maître de toutes les maisons se couvre de vêtements magnifiques, se coiffe de coiffures somptueuses mais mènent une vie affligeante pour tous les siens. Les singes demandèrent alors au Boddhisattva de s'arrêter car ils avaient compris, horrifiés de connaître la vie des humains. Les hommes sont des insensés qui ne jettent jamais un regard sur la voie vers la sainteté.

 

 

Les deux singes et le chasseur parjure – les vertus du don de soi.

 

Il s'agit du Cula nadiya Jataka, le 222e de la liste.

 

Nous avons raconté dans un précédent article l'histoire de ces deux singes, Bouddha et son disciple préféré, Ananda, dans une de leurs précédentes existences, qui ont sacrifié en vain leur vie pour sauver celle de leur mère. S'il n'est pas une illustration pour une fable de La Fontaine, il en est une pour la  phrase de Saint Jean dans son évangile (XV-13) Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. Bouddha interdit de prendre la vie mais n'interdit pas de l'offrir (4).

 

 

Le singe et le crocodile – Victoire sur la bêtise (bis repetita).

 

Il s'agit du Vanara Jataka qui porte le numéro 342.

 

Il reprend pratiquement mot pour mot la parabole que nous venons de conter du Sumsumara jataka sous le numéro 208.

Le roi des singes et le manguier – les vertus du sacrifice.

 

Il s'agit du Mahakapi Jataka, le 407e de la liste. Il est l’un des plus populaires.

 

Le Boddhisattva était autrefois né singe, roi d'une troupe de quatre-vingt mille singes. Dans le bois où ils vivaient, il y avait un manguier au bord d'une rivière qui portait des fruits au goût divin. Les singes faisaient toujours attention à ne laisser aucun fruit tomber dans la rivière. Ces fruits étaient dignes d’un roi. Le Boddhisattva le savait et craignait que malencontreusement l’un de ses singes en fit tomber un  dans la rivière et l'emportât jusqu’au palais royal. Un jour un fruit, caché par un nid de fourmis, tomba à l'eau et se retrouva à Bénarès où se baignait le roi. Il y goûta et, lui prit  l'envie d'en manger davantage. Il fit fabriquer des radeaux et remonta le fleuve avec une compagnie de soldats. Ils trouvèrent l'arbre et le roi, ayant mangé à satiété,  couché au pied de l'arbre. À minuit, le Boddhisattva vint avec sa suite et ils commencèrent à manger les mangues. Quelle ne fut pas l'irritation du  roi quand il apprit que des singes se délectaient impunément des fruits qu’il estimait devoir lui être réservés ! Il ordonna à ses archers de cerner le bois et de tirer sur tous les singes dès le lever du jour point du jour. Mais le Bodhisattva était un véritable chef. Il tentait désespérément de trouver une solution, avisa soudain sur l’autre rive un arbre susceptible d’offrir un refuge à sa troupe. Ayant enroulé sa queue à l’une des branches du manguier, il s’élança par-dessus les eaux et agrippa une branche de l’arbre opposé, faisant ainsi de son corps une passerelle vers le salut. L’un après l’autre, les singes empruntèrent ce pont improvisé, s’efforçant de se faire le plus léger possible. Le roi n'en crut pas ses yeux et en oublia de donner à ses hommes l’ordre de tirer. Tous les singes se retrouvèrent en sécurité  sur l’autre rive. Un seul restait, il était la réincarnation d'un être malfaisant. Il  s’attarda et, le regard mauvais, s’arrêta sur le dos de son roi, pesant de tout son poids, sautant  jusqu’à ce que le pauvre animal, les reins brisés, lâcha prise et tombe au sol. Infiniment touché par l’édifiant sacrifice du singe, le monarque envoya quelques hommes le recueillir avec le plus grand soin pour tenter de lui porter secours. Mais il était trop tard. Le noble animal expira dans les bras du souverain qui lui fit donner des funérailles royales.

 

 

Le singe et la punition  du méchant.

 

Il s'agit du Mahakapi Jataka, 516e de la liste, il porte le même nom que celui que nous venons de voir au 407e de la liste, mais l’histoire est différente.

 

Il était une fois à Bénarès, un agriculteur brahmane du village de Kasi. Après avoir labouré ses champs, il détela ses bœufs et se mit à travailler avec une bêche. Les bœufs, tout en broutant des feuilles d’arbre s'éloignèrent  peu à peu dans la forêt. L'homme, découvrant qu'il était tard, posa sa bêche pour aller chercher ses bœufs, et ne les trouvant pas, il fut accablé de douleur. Il erra dans la forêt, à leur recherche, jusqu'à ce qu'il soit entré dans la région de l'Himalaya. Là, ayant perdu ses repères, il erra pendant sept jours à jeun, mais voyant un arbre fruitier, il y grimpa pour se nourrir. Toutefois il glissa de l’arbre et tomba de soixante coudées dans un abîme infernal, où il passa dix jours. À ce moment-là, le Bodhisattva vivait sous la forme d'un singe, et tout en mangeant des fruits sauvages, il aperçut l'homme qu’il sortit de son gouffre.  Sakka qui connut cette action lui indiqua le  chemin du retour avant de disparaître dans les montagnes. Toutefois l’homme, parce qu’il avait péché devint lépreux.

 

 

NOTES

 

(1) Voir nos articles

A 432 - LES MISSIONNAIRES BOUDDHISTES DE L’EMPEREUR ASOKA SUR LES RIVES DE LA MÉDITERRANÉE ORIENTALE VERS 250 AVANT NOTRE ÈRE.

A 276 - LES JATAKA BOUDDHISTES (ชาดก) ONT-ILS MIGRÉ VERS LE CHRISTIANISME ?

https://grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-blog.com/2018/10/a-276-les-jataka-bouddhistes-ont-ils-migre-vers-le-catholicisme.html

A 287- LES JATAKAS BOUDDHISTES ONT-ILS MIGRÉ VERS LES FABLES D’ÉSOPE ET CELLES DE LA FONTAINE ?

https://grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-blog.com/2018/11/a-287-les-jatakas-bouddhistes-ont-ils-migre-dans-les-fables-d-esope-et-celles-de-la-fontaine.html

(2)  J’utilise la traduction du pali vers l’anglais des 6 volumes de la traduction du pali effectuée par une équipe d’érudits sous la direction du professeur Robert E.B. Cowell en 1895. Elle a été numérisée dans son intégralité par de pieux bouddhistes :

http://www.sacred-texts.com/bud/j1/index.htm

http://www.sacred-texts.com/bud/j2/index.htm

http://www.sacred-texts.com/bud/j3/index.htm

http://www.sacred-texts.com/bud/j4/index.htm

https://www.sacred-texts.com/bud/j5/index.htm

http://www.sacred-texts.com/bud/j6/index.htm

 

(3) En respectant l’ordre alphabétique et sauf erreur,  Bouddha fut deux fois antilope, trois fois caille, trois fois cerf, deux fois chacal, une fois cheval, une fois chient, une fois coq, deux fois corbeau, une fois daim, sept fois éléphant, une fois grenouille, une fois iguane deux fois lézard, une fois lièvre, sept fois lion, deux fois oie, 5 fois oiseau, trois fois paon, cinq fois perroquet, une fois pigeon, deux fois pivert,  une fois poisson, deux fois rat, une fois sanglier, dix fois singe, deux fois taureau, une fois vache et quatre fois vautour.

 

(4) Voir notre article   A 438 – DEUX PIEUX BOUDDHISTES S’IMMOLENT PAR LE FEU A BANGKOK EN 1790 ET 1816

 

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